L'homme au trench-coat

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Un homme est retrouvé assassiné dans un compartiment du train Paris-Vintimille. Les soupçons se portent sur un individu louche vêtu d’un trench-coat.


Le détective Gaston CERVIER, toujours épaulé par son jeune « secrétaire » Jean TIXIER, se lance sur la piste du suspect, mais l’arrestation ne va pas être aussi simple que prévu...


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EAN13 9782373475982
Langue Français

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AVANT-PROPOS
e Difficile de s'intéresser à la littérature populaire du début du XX siècle sans évoquer le nom d'Arnould GALOPIN.
Il est tout aussi complexe de se pencher sur la lit térature fasciculaire de la même époque sans devoir se focaliser sur le même éc rivain.
Arnould GALOPINné à Marbeuf (Normandie) au milieu des est années 1860 (la date précise de sa naissance est su jette à caution). Il meurt à Paris à la fin de l'année 1934.
Arnould GALOPIN, bien qu'oublié de nos jours, est un auteur qui co nnut tous les succès à son époque.
Succès critique pour son roman« Sur le front de mer »pour lequel il reçut le grand prix de l'Académie française.
Succès public, pour ses romans d'anticipation (« Le Docteur Omega »,« Le bacille »…) et ses nombreuses séries fasciculaires (« Le tour du monde de deux gosses »,« Un aviateur de 15 ans »,« Un poilu de 12 ans »,« Le petit chasseur de panthères »,« Aventures d'un petit Buffalo »,« Le petit détective ») qui comptaient plusieurs dizaines voire centaines d'épi sodes et qui se vendaient dans plus de 28 pays à raison de plusieurs millions d'exemplaires par an. Mais n'oublions pas également ses romans sériels tels le s aventures du gentleman cambrioleur Edgar Pipe (« Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires »,« La résurrection d'Edgar Pipe »,« La dernière incarnation d'Edgar Pipe ») ou bien ceux autour du détective Allan Dickson (« La ténébreuse affaire de Green-Park »,« L'homme au complet gris »,« La sandale rouge »,« Les suites d'un mariage d'amour ») ou encore« Ténébras, le bandit fantôme ».
Par sa production de romans d'anticipation,Arnould GALOPIN sera considéré, en son temps, comme le digne successeur de Jules Verne.
Ses séries fasciculaires autour de jeunes adolescen ts, quant à elles, le placeront à la hauteur d'un Jean de La Hire.
Tandis que son personnage d'Allan Dickson participe ra à l'un des premiers pastiches de Sherlock Holmes en France.
S iArnould GALOPIN est l'auteur de plus d'une cinquantaine de romans, la majeure partie de sa production a été éditée en fas cicules, bien souvent de 16 pages, double-colonne, imprimée sur du papier jo urnal, avec une illustration couleur en couverture et des illustrations noir et blanc à l'intérieur (bien souvent signées Louis Maitrejean).
Ces séries, destinées à la jeunesse de l'époque, so nt nombreuses et luxuriantes, et mettent en scène de jeunes adolesce nts qui vont vivre des
aventures extraordinaires à travers le monde.
Le premier numéro est presque à chaque fois offert afin de toucher un plus large public :
Un tour du monde en aéroplane(160 fascicules)
Le tour du monde en sous-marin(99 fascicules)
Aventures d'un petit explorateur(105 fascicules)
Aventures d'un petit Buffalo(199 fascicules)
Le chasseur de fauves(103 fascicules)
Le petit chasseur de la pampa(107 fascicules)
Le petit chasseur de panthères(203 fascicules)
Une tragique nuit de noces(200 fascicules)
Les aventures d'un écolier parisien(151 fascicules)
Nouvelles aventures de Fifi(99 fascicules)
Colette et Francinet(103 fascicules)
Le tour du monde d'un boy scout(77 fascicules)
Aventures d'un apprenti parisien(100 fascicules)
Le petit mousse(131 fascicules)
Un aviateur de 15 ans(99 fascicules)
r PaturelLes aventures de M (107 fascicules)
… et bien d'autres encore.
Et, bien sûr :
Le petit détective(83 fascicules)
Des milliers de fascicules, des dizaines de millier s de pages, qui font d'Arnould GALOPINdes plus prolifiques auteurs de la littérature  un populaire française toutes générations confondues.
Un grand écrivain, des personnages récurrents, des fascicules, une incursion dans le genre « policier »... Il était do nc temps pour OXYMORON Éditionsvec lade lui rendre hommage, ce qui est désormais fait a réédition numérique de la série :
« Le Petit Détective ».
« Le petit détective » est probablement l'ultime série écrite par Arnould GALOPIN. Elle est originellement composée de 83 fascicules
magnifiquement illustrés par Louis Maitrejean et co nte les aventures du jeune Jean Tixieru métier de détective, quinze ans, qui fait le difficile apprentissage d sous la coupe de son mentor le célèbreGaston Cervier et qui va se retrouver confronté aux pires bandes de brigands que compte l a capitale et ses alentours.
Si la série est, à l'époque, produite et distribuée comme un roman complet découpé en 83 livraisons, elle se compose, en fait, de plusieurs enquêtes facilement identifiables pouvant se lire indépendam ment les unes des autres.
C'est ce que propose de faire, pour vous,OXYMORON Éditions afin de permettre aux lecteurs d'aujourd'hui d'apprécier da ns les meilleures conditions les aventures deJean TixieretGaston Cervier.
En effet, pour respecter l'esprit de la série origi nale,OXYMORON Éditions vous propose gratuitement l'équivalent numérique du tout premier fascicule de la série afin de permettre au plus grand nombre d'entr e vous de découvrir et d'apprécier le style et les personnages d'Arnould GALOPIN.
Mais, au lieu de diffuser, ensuite, des reproductio ns de chaque fascicule, obligeant le lecteur à les acheter les uns après le s autres, les aventures seront éditées en fonction des histoires et non plus en li vraisons.
Ainsi, les autres enquêtes seront proposées, en fon ction de la taille de celles-ci, soit de façon indépendante, soit regroup ées en recueils, afin que jamais le lecteur ne soit pris au piège et se sente obligé d'acheter les autres titres pour connaître la fin de l'histoire qu'il a commencé à dévorer.
Ainsi, vous pourrez profiter pleinement et sans ret enue des trépidantes aventures deJean Tixier,« Le Petit Détective », d'Arnould GALOPIN.
Bonne lecture.
LE PETIT DÉTECTIVE
* 3 *
L’HOMME AU TRENCH-COAT
Roman policier
par Arnould GALOPIN
I
Le crime du rapide 42
Pendant quelques jours, Gaston Cervier n'eut à s'oc cuper d'aucune affaire. On eût dit que les bandits avaient désarmé et de di ables s'étaient faits ermites. Chaque matin, le détective et Jean lisaient les jou rnaux, espérant y découvrir quelque chose, mais ils n'y trouvaient que des fait s sans importance qui ne pouvaient guère retenir leur attention.
— Attendons, dit Cervier, il surgira bien sensationnelle.
avant peu quelque affaire
Cependant les jours passaient et c'était toujours l e calme. Jean qui avait congé une partie de la journée demeurait chez lui o u allait retrouver ses amis du C. A. S. T. Personne ne se doutait que le jeune gar çon s'occupait de police et était le secrétaire d'un détective connu. On croyai t dans sa maison qu'il était employé dans un journal, ce qui expliquait pourquoi il rentrait parfois si tard dans la nuit.
Un matin en arrivant chez son patron où il se renda it tous les jours à neuf heures, Gaston Cervier lui tendit un journal.
— Tiens, lui dit-il.
Mais il n'indiquait pas au jeune homme l'article qu i avait attiré son attention. Jean chercha et finit par tomber sur ce fait divers :
« Hier, dans le rapide 42 Paris-Vintimille qui part de Paris à 19 h 35, on a trouvé un homme assassiné dans un compartiment de p remière classe, un peu avant la station de Laroche. Le vol est le mobi le du crime. Les soupçons les plus sérieux pèsent sur un voyageur qu i est descendu à Laroche. L'employé qui reçoit les billets a remarqu é que celui qui lui a été remis par un individu d'une trentaine d'années portait des traces de sang. À ce moment, l'employé ignorait encore l'assassinat q ui avait été commis dans le train, sans quoi il eût aussitôt alerté les gendarmes de service à la gare. La victime, dont l'identité a été reconnue, e st un industriel du nom de Charles Métivier, demeurant à Paris, 15 cours de Vi ncennes. Quant à l'assassin présumé, ce serait un homme d'une trenta ine d'années, vêtu d'un trench-coat beige et coiffé d'un chapeau melon. La gendarmerie se livre à une enquête et il se pourrait qu'avant peu ce misérable fût arrêté. »
Quand le jeune détective eut lu, il regarda Gaston Cervier. Celui-ci, renversé dans son fauteuil, tirait de larges bouffées de sa pipe.
— Il sera difficile, dit Jean, de retrouver cet ind ividu.
— Peut-être. Il y a un mois, sur la ligne du P.-L.- M. également, un crime semblable a été commis et, chose assez curieuse, on a déjà soupçonné à ce moment un homme d'une trentaine d'années qui portai t, lui aussi, un trench-coat beige. Si c'est le même individu, c'est un maladroi t, car on change de costume quand on a déjà été signalé par des témoins. De deu x choses l'une, ou cet assassin est bien le même que celui qui a été soupç onné, ou nous avons affaire à un autre individu, ce qui est possible.
Gaston Cervier se leva, ouvrit son cartonnier et en tira une chemise verte qu'il posa sur son bureau.
— Je vais, dit-il, consulter quelques notes qui ne me seront sans doute pas inutiles, puis j'irai à Laroche pour y recueillir d es renseignements complémentaires. Il est prouvé que l'homme au trenc h-coat a tué pour voler ; or, il s'agit de savoir ce qu'il a volé, mais auparavan t je vais aller, cours de Vincennes, au domicile de la victime. Là, j'interro gerai ses employés, mais surtout son caissier. On doit savoir pourquoi M. Mé tivier a pris le train et où il se rendait. Tu vas m'accompagner. Tu verras comment on mène une enquête. Pour l'instant, je n'ai en main aucune preuve, aucun ind ice, il faut que j'arrive à me documenter.
M. Gaston Cervier mit son pardessus, coiffa son cha peau et dit à Jean :
— Viens.
Ils prirent un taxi qui, trois quarts d'heure après , les déposait devant le numéro 15 du cours de Vincennes. Il y avait là un g rand immeuble, moitié usine, moitié maison d'habitation, sur la devanture duquel on pouvait lire : Jules Métivier, Machines agricoles.
Gaston Cervier se fit annoncer au fondé de pouvoir que le concierge lui avait indiqué. Ce fondé de pouvoir ne savait rien, si ce n'est que M. Métivier était parti l'avant-veille pour Lyon où il avait une affaire im portante à traiter.
— Avait-il emporté une forte somme d'argent ? deman da le détective.
— Deux ou trois mille francs tout au plus, répondit le fondé de pouvoir. M. Métivier avait d'ailleurs sur lui un carnet de c hèques et s'il avait été obligé de prolonger son voyage, il n'aurait eu qu'à s'adresse r à une banque. Ah ! quelle affreuse chose ! Qui aurait pu prévoir que notre pa uvre directeur finirait de façon si tragique.
— Voyons, cher monsieur, veuillez, je vous prie, ré pondre à mes questions. Je recherche l'assassin et pense arriver à le décou vrir. Auriez-vous quelques
soupçons ?
— Ma foi non, aucun. M. Métivier a été assassiné pa r un misérable qui n'en est peut-être pas à son coup d'essai.
— Votre directeur s'absentait-il souvent ?
— Oui, assez souvent pour ses affaires et c'est sur tout à Lyon qu'il se rendait.
— Ah ! on peut donc admettre que quelqu'un pouvait être au courant de ces déplacements.
— Ma foi, il n'en faisait pas mystère et plusieurs ici étaient au courant de ses voyages.
— Je n'ai pas l'idée, bien entendu, de soupçonner q ui que ce soit parmi votre personnel, mais dites-moi, n'auriez-vous pas été obligé, depuis peu, de vous séparer d'un de vos employés ? Vous pouvez tou t me dire. Je dois tout savoir, si je veux arriver à un résultat. Un détect ive doit recueillir le plus d'informations possible.
Le fondé de pouvoir réfléchit un instant.
— Oui, dit-il enfin, il y a un mois nous avons cong édié un comptable. Nous avions remarqué dans ses écritures de nombreuses ir régularités. M. Métivier pouvait le faire arrêter, mais c'était un homme trè s bon que M. Métivier, il a simplement renvoyé le...
— Le voleur...
— C'est le mot.
— Et comment s'appelle cet individu ?
— Armand Laguiche... Mais ce n'est certainement pas lui qui s'est rendu coupable du crime horrible qui a jeté la désolation dans l'usine.
— Remarquez que je ne l'accuse pas. On peut être un voleur et ne pas devenir assassin, cependant quand on fait une enquê te on doit tout connaître. Voulez-vous me donner, je vous prie, le signalement de ce Laguiche ?
— Il est grand, mince, très brun.
— Et ne porte-t-il pas quelquefois un trench-coat b eige ?
— Oui, en effet, je crois me rappeler qu'il en avait souvent un.
— Ah ! voyez, je n'ai peut-être pas eu tort de veni r vous trouver. Il se peut très bien que cet individu soit innocent, mais voil à déjà des présomptions qui sont assez troublantes. Où demeure-t-il ?
— Attendez... je vais vous le dire, mais qu'il ne s ache pas surtout que c'est moi qui vous ai donné son adresse.
— Je sais, quand il le faut, observer la plus grand e discrétion. Tout ce que vous venez de me dire restera entre nous. Peut-être même ne me servirai-je point des indications que vous venez de me donner, car il est possible que dans une heure ou deux je sois sur une autre piste.
Le fondé de pouvoir cherchait dans un petit livre à couverture de toile noire.
— Armand Laguiche, dit-il, demeure 150 rue Bichat. C'était du moins son adresse quand il était ici.
— Merci, fit Gaston Cervier.
Il salua et se retira en compagnie de Jean.