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L'Intemporel Tome 3

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Description

Après des retournements inattendus, Symrik se retrouve à Sagearbre, la cité du savoir. Malgré de bonnes intentions, il se met les pieds dans les plats et se trouve muté dans un département qui, finalement, s’avère plus en phase avec ses aptitudes particulières.
Toutefois, avant longtemps, son obsession pour le Cachemor reprend le dessus…
Des mensonges le mèneront aux Marais Maussades, où ses rencontres le mettront face aux failles d’un royaume aux apparences idéales.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 novembre 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782925009931
Langue Français
Poids de l'ouvrage 37 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0017€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le cycle du cachemor
Tome III
Copyright © Les éditons ÉdiLigne Inc.
44 de Darvault, Candiac, Québec, Canada, J5R 6X5
Tél. : 514.990.6534
Tous droits réservés. Toute reproducton en tout ou en parte, par quelque
moyen que ce soit, graphique, électronique, manuelle ou mécanique, est
strictement interdite sans l’autorisaton écrite de l’auteur et de l’éditeur.
Catalogage avant publicaton de Bibliothèque et Archives natonales du
Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Titre: L’intemporel / écrit et illustré par : Alex S. Girard.
Noms: Girard, Alex S., 1976- auteur, illustrateur. | Girard, Alex S., 1976-
Douleurs de l’apprentssage
Descripton: Sommaire incomplet: 3. L’ombre maligne.
Identfants: Canadiana 2019003212X |
Vol. 1 (couverture souple) ISBN 9782925009184 (Epdf) ISBN 9782925009917
Vol. 2 (couverture souple) ISBN 9782925009191 (Epdf) ISBN 9782925009924
Vol. 3 (couverture souple) ISBN 9782925009207 (Epdf) ISBN 9782925009931
Vol. 4 (couverture souple) ISBN 9782925009610 (Epdf) ISBN 9782925009948
Classifcaton: LCC PS8613.I693 I57 2019 | CDD jC843/.6—dc23
Dépôt légal - Bibliothèque et Archives natonales du Québec, 2019t Archives Canada, 2019
D’après l’idée originale d’Alex S. Girard
Éditrice : Annie-Claude Larocque
Concepton de la couverture: Alex S Girard et Pierre Rig Rodrigue
Image de couverture : Éléments trés de livre d’Etenne Milete de MilleCuirs
Mise en pages : Annie-Claude Larocque
Illustratons : Alex S. Girard
Révision et correcton : Carine Paradis, André LaRocque
Partcipaton de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide fnancière du gouvernement du Canada par
l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos actvités d’éditon.
Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’éditon de
livres — Geston SODEC.
Créé au Québec, Canada.A ux imprévus Table des matières
Précédemment ....................................................... 9
Un thé chaud 11
Sortir des frontières ........................................... 17
Le village des Mortaks ..................................... 25
Un coup de patte de Matcha ............................ 59
Les saltifors ........................................................ 65
Au cœur d’un septium ....................................... 80
Les forces de la nature..................................... 103
Un goût cuivré ................................................... 107
Parallèles croisés .............................................. 117
Sphères de mémoires ...................................... 123
L’héritage des Misheak .................................... 146
Les marais Maussades 161
Les bienfaits d’un amour imaginaire ......... 171
La botaniste et ce qui vient avec ................. 197
Plans de l’observatoire .................................... 221
Les affres d’un cri ............................................. 247
La mélodie des profondeurs ........................... 293
Annexes ............................................................... 297
Biographie ......................................................... 307Précédemment
Selon les instructions d’Azabessa, son
impératrice, Symrik Helwig s’est mis à l’écriture
de ses mémoires. Il détermina que son obsession
pour le cachemor, une créature légendaire, était
à l’origine de son désir d’aventure. Toutefois,
avant de s’y attaquer, il a dû apprendre à devenir
un Intemporel.
Cette route le mena à rencontrer des Wigans
singuliers. Fyonie, maîtresse du rite entre
l’enfance et l’adolescence, lui montra qu’avec
suffsamment de maîtrise on peut lire dans les
pensées. Elle lui apprit aussi qu’il était un Fendji,
un helwite qui apprend la Volonté par l’instinct
plus que par l’accumulation de savoirs.
Il rencontra le sergent-décadre Geirza, qui lui
apprit les douleurs de l’apprentissage, et lui ft
comprendre qu’il y avait deux sociétés parallèles
dans le royaume Helwite. L’ordre secret des
Makzirs, dont le sergent fait partie et qui serait à
la poursuite des descendants d’une des familles
royales à l’origine des Mille Guerres, les Saymir.
Durant son service sociétaire, Symrik était
assigné à la protection des frontières, mais il
9était tellement concentré à sculpter un cachemor
en bois qu’un intrus pénétra dans les prémices du
royaume Helwite. Cette erreur l’amena à visiter
des cellules poisseuses, mais le ft étrangement
atterrir à la bibliothèque de Sagearbre. Nous
allons d’ailleurs le retrouver à l’instant, mais
quelques millénaires plus tard…
10Un thé chaud
— AH !
Symrik cracha un juron bien senti. Il déposa
prestement, mais précautionneusement, sa tasse
sur la table. Malgré que boire directement à la
bouche d’un volcan ne lui aurait pas semblé pire,
il s’appliqua à ne pas renverser son thé brûlant
sur ses précieux écrits.
11Il se concentra un instant, inspira
profondément et sentit la douleur s’apaiser au
fur et à mesure que ses papilles se débarrassaient
des chairs cuites par sa boisson fumante.
S’essuyant la bouche, il se tourna vivement
vers la porte d’où Mérouk s’était éclipsé après
lui avoir livré son thé.
— J’ai dit « chaud », mais il y a des limites !
cria Symrik.
Mérouk, le géant au service de Symrik, se
pencha dans le cadre du porche, afn de mieux
voir dans le bureau du maître. Manifestement, il
ne s’était pas enfui très loin après son méfait.
— La dernière fois, vous aviez jugé votre thé
trop froid. Vous savez que vous pouvez gérer la
chaleur de vous-même, non ? répondit-il avec un
sourire narquois.
Symrik constatait que le statut de privilégié
menait trop souvent à une forme de paresse.
Il se savait dans le tort, mais il ne voulait pas
l’admettre.
— Mouais, c’est que mpfmbl…
Son explication se confondit dans un
marmonnement inaudible. Mérouk retourna à
ses quartiers en souriant, heureux que son zèle
12ait fait réagir son maître, sans qu’il soit fautif
pour autant.
Comme quoi l’expérience et le renom ne
prémunissent pas contre la bêtise.
***
Symrik regarda sa table de travail, remplie
de carnets classés par époques. Au centre, le
rouleau de son récit pour l’Impératrice. Trois
gouttes de thé maculaient la page de son récit
entamé.
— Au moins, ça n’a pas causé de dégât.
Il en était à coucher sur papier ses premiers
pas à l’extérieur du royaume.
1314151617
Sortir des
frontières18
Le vent hurlait plus fort qu’une meute de
bêtes enragées. Les rafales se déchiraient sur
les aspérités des montagnes qui m’entouraient.
De vertigineux caps de roc jaillissaient des
vallons de neige devant moi. Le froid fgeait
tout autour, même l’odeur, comme s’il se créait
un silence olfactif dans cette vallée glaciale et
sans vie.
La neige me montait aux genoux, malgré
mes raquettes. Les pans de mon manteau et
ma cape claquaient au vent. Ma perception
de l’espace valsait au rythme des bourrasques
gorgées de poudrerie. L’espace d’un instant, un
ciel bleu acier apparaissait au-dessus de ces
microblizzards.
Ce climat extrême avait beau mordre mon
visage et lacérer mes chairs, rien n’y faisait : je
jubilais de joie. Je m’enfonçai plus avant dans
ces hostiles vallons interdits. À cette époque,
je croyais être le premier Helwite à fouler ce
territoire depuis au moins trois millénaires. 19
Mes yeux crépitaient de la fougue des
aventuriers téméraires ayant vaincu de grands
dangers au nom d’un projet supérieur. C’était
la première fois que je franchissais la frontière
de mon royaume et il s’agissait d’un exploit de
taille.
On sait rarement quand une idée semée
éclora dans l’action. Or, une fois plantée, il est
diffcile de prévoir quand cette vision portera
ses fruits. Dans mon cas, avant de pouvoir
mordre dans la chair croquante de la liberté,
j’ai dû faire preuve de patience et d’ingéniosité.Après avoir relu ces lignes, Symrik s’arrêta
un instant pour réféchir à sa tâche. Sur sa
table, trois piles de carnets représentaient
autant de chemins possibles pour raconter
son histoire.
Il avait beau connaître l’Impératrice
depuis longtemps, écrire pour elle le rendait
nerveux. En fait, c’est parce que ses écrits ne
lui étaient pas exclusivement destinés. Elle
voulait s’en servir pour convaincre d’autres
peuples de se joindre à eux avant que les
Faux-Frères ne les asservissent. Mais en quoi
ses récits d’aventures pouvaient-ils l’aider à
cela ?
Dans ses piles de journaux de voyage, il
y avait de la tromperie, des trahisons, de la
violence, et même des morts.
20 — Bah, c’est elle qui l’a demandé, hein !
conclut-il en s’adressant à Matcha.
Confortablement installée sur le manteau
du foyer, sa chatte ailée tourna la tête vers
lui. Elle le regarda un instant, se demandant
pourquoi Symrik avait interrompu sa
précieuse tâche qui consistait à ne rien faire.
Avec style.
21— Bon, et si je débutais avec ma première
interaction avec des Mortaks ?
Matcha comprit que, comme le font souvent
les êtres dit « supérieurs », il ne sollicitait pas
réellement son opinion. Elle se contenta de
miauler un coup avant de déposer sa tête sur
ses pattes avant. D’habitude, cela suffsait à
ce que son interlocuteur poursuive sans plus
la déranger.
Symrik prit un carnet de la pile à sa
droite et plongea sous la surface irisée de ses
souvenirs.
22232425
Le village des
Mortaks
Monts de l’Arnial
4992 A.L.26
e80 jour du premier quart
Après une seule journée de marche hors des
frontières helwites, je remarquai un panache
de fumée jaillissant de derrière une colline
enneigée. J’avais atteint une sorte de vallée au
creux de deux rangées de monts acérés.
J’étais étonné de constater que l’on puisse
vivre si proche de mon royaume. À moins
qu’il s’agisse d’un poste de surveillance non
répertorié ? Je consultai de nombreuses cartes
avant d’entreprendre cette sortie risquée,
mais il se pouvait très bien que j’en aie manqué
quelques-unes. Si cela s’avérait le cas, je me
trouvais en fâcheuse position : je n’appliquais
plus la Volonté à cacher ma présence aux
Guetteurs.
Par chance — ou pas, comme nous le verrons
sous peu — il s’agissait bel et bien d’une
installation non helwite. N’empêche, j’usai de
prudence et me concentrai à être le plus discret
possible.27
Les soleils firtaient avec l’horizon,
embrasant les cieux de couleurs vives. Au détour
d’une colline, je tombai sur un grand nombre de
serpents de givre.
— Woa ! Il y en a beaucoup ici,
m’exclamai-je.
Jusqu’ici, j’avais croisé cette plante
singulière par petites talles. Devant moi, il
devait y en avoir des centaines qui sortaient de
la neige. Leur disposition me laissait présager
l’intervention d’une race intelligente.
Alors que Lektra disparaissait derrière la
chaîne de montagnes qui s’étendait devant moi,
les bulbes au sommet des serpents de givre
commençaient à scintiller d’une lumière bleutée.
Dans mes recherches sur cette plante, j’avais
appris qu’elle se gavait toute la journée de la
lumière de notre soleil électroluminescent. En
l’absence du soleil bleu, les sphères au bout
de leur tige devenaient autant d’écho de son
passage. 28
Dans quelques instants, ce serait bien joli.
La neige, autour, se teindrait de bleu au fur et
à mesure que la lumière du jour s’amenuiserait.
C’est alors que je remarquai des traces
dans la neige. En m’approchant, je remarquai
que deux créatures différentes en étaient les
propriétaires. Un bipède et un quadrupède
s’étaient déplacés entre les rangées de serpents
de givre.
Je poursuivis mon inspection, restant à
l’affût du moindre mouvement. Je vis que
certaines des tiges étaient coupées en biseau.
Visiblement, il s’agissait d’une culture
organisée. Je pris le stiletto à ma ceinture.
Depuis que je l’avais reçu durant mon service
sociétaire, je le portais constamment. Je pinçai
une tige entre mes doigts gantés. Le faire à
mains nues relèverait de la torture puisque la
tige des serpents de givre était recouverte de
petites branches remplies d’épines. Elles la
protégeaient des prédateurs, mais créaient aussi
un espace entre la neige et la tige ; une sorte
d’isolation, quoi.29
Je détachai le bulbe au sommet du plant. Je
perforai le globe luminescent et un liquide tiède
en sortit. 30
J’en bus le contenu. La tête du serpent de
givre pouvait contenir l’équivalent d’une petite
gourde. Son nectar était onctueux et légèrement
sucré. Je me sentis instantanément vivifé.
Dans un climat aussi hostile, où tout cours
d’eau gèlerait à coup sûr, une telle culture
pouvait permettre à une petite communauté de
survivre. Ce qui m’amena à me demander quelle
race pouvait bien en être les jardiniers. 31
Une analyse du paysage, dans la noirceur
grandissante, me permit de réévaluer la
situation. Les traces dans la neige menaient vers
ce que je croyais, de prime abord, être de gros
rochers recouverts de neige. Or, à leur base,
scintillaient des lumières. Je descendis la pente
d’où provenaient les empreintes. Je m’arrêtai à
distance sécuritaire de ce qui semblait être un
petit village. Une douzaine de petites maisons
s’étalaient sur le fanc de la vallée. Au sommet
des toits enneigés, des panaches de fumée
fottaient mollement dans la brise du soir. La
lueur des lunes pâlissait les rondeurs enfumées
et détachait les reliefs des surfaces planes.