La fille à la peau pâle et frêle

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142 pages
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Description

Je suis jeune et belle, mais unique. Une bonne citoyenne qui se fond dans la foule, mais n'obéit qu'à ses propres règles, avançant masquée. Je ne ressens aucune des émotions qui habitent généralement les humains : pas de sentiment, pas de compassion, pas de générosité, pas d'amour ni d'affection pour mes parents, ni pour personne d'ailleurs.


Ma première victime ? Le chat de ma mère. J'avais huit ans...


Mon caractère colérique et mes crises de paranoïa m'ont conduite très jeune chez le psychiatre. Je l'ai vaincu par mon silence. Je perçois les gens comme des êtres maléfiques. Ma mère, psychorigide, ne m'a jamais manifesté son affection. Mon père était indifférent. Déçus par leur fille, qu'ils sentaient différente, ils me frappaient et me punissaient durement.


Je ne veux pas vous effrayer, juste vous faire comprendre. Servez-vous de ces mots pour vous évader, pour vivre ce que vous n'oserez jamais faire, pour vous projeter dans un monde que vous ne connaissez pas.


Le temps d'un livre, continuez l'expérience... Mon expérience.

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Ajouté le 27 septembre 2017
Nombre de lectures 9
EAN13 9782368452523
Langue Français
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©2017–ISEdtion 51rueduRouet.1308Marseile www.is-edtion.com
ISBN(Livre):978-2-36845-251-6 ISBN(Eboks):978-2-36845-252-3
ResponsableduComitédelecture:PascaleAverty Directriced'ouvrage:MarinaDiPauli Ilustrationdecouverture:Shuterstock
Colection«Sueursglaciales» Directeur:HaraldBénoliel
LeCodedelapropriétéintelectueleinterditlescopiesoureproductionsdestinéesàuneutlisation colective.Toutereprésentationoureproductionintégraleoupartiele,faiteparquelqueprocédéquece soit,sansleconsentementdel'auteur,desesayants-droits,oudel'éditeur,estiliciteetconstitueune contrefaçon,auxtermesdel'articleL.35-2etsuivantsduCodedelapropriétéintelectuele.
JENNIFERDELPINO
LA FILLE à la peau pâle et frêle
RÉSUMÉ
Suivez-moi,jevousemmèneaucœurdemavie,ausimystérieuse etdérangeantesoit-ele.Laisez-moivousguideràtraversd’obscurs cheminspourvousmeneràl’inimaginable.
Monespritestefroyable,etjevousyinvite.Pénétrez-leetouvrez-vousàl’impensable,vivezmesaventuresetprenez-yautantdeplaisir quemoi.
Quiestcetefileàlapeaupâleetfrêle?Découvrez-lesans atendre…
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DÉDICACE
Auxauteursquiontsumefaireaprécier l’horeur…Espérantunjourêtreàleurhauteur.
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PROLOGUE
«Danslamortdutombeau,lesansl’ontfaitdescendre.»–Voltaire.
Cetehistoireestcommetoutesleshistoires,elevousconteles aventuresd’unouplusieurspersonnages,elevousemporteau-delà delaréalité,bienqueparfois,cele-cinesoitpassiéloignéequecela. Elecomporteundébutetunefin,maiscetefois,cen’estpasparle débutquevousalezcommencermonhistoire.Cen’estpasparlafin nonplusPastoutàfait.
Cequiestcertain,c’estqu’aufildecespages,vousalezme découvrir,aprendreàmeconnaître,etpeut-êtrevousatacherez-vousàmonpersonnageMaisavanttout,commençonsensemblecebouquetfinal.
*****
Monâmeestenvrac,monespritsensdesusdesous,moncœur hurleaudésespoir,mondésespoiracélèrelesbatementsdemon cœur,messenssontdécuplés,enalerte.Monêtreentierestenalerte. Carj’aicommisunactequiabouleversétoutceenquoijecroyais,
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toutesmesconvictionsetcroyancesquej’avaismistantd’annéesà forger.J’aicommisl’iréparable,unacteiréversiblerépandanttoute lacruautéanimaledanscemondequin’aplusdesens.
Bienévidemment,jeparsduprincipequel’hommen’estqu’animal, etj’ensuislapreuvevivante.Pourtant,jemesenslibre.Librede toutecontrainte,detoutpoidspesantsurmesépaules,cepoids remontantdansmescervicalespourmeprocurerdesdouleursà peinesuportables.Etjemerendscomptequecetecontradictionest finalementtoutel’histoiredemavie.Unecontradictiondelataile dunpanneaupublicitaireimmense,surlequelaparaîtraienten letresgigantesques:«C’ESTÇA,TAVIE!».
Maisjesuislibre.Libredequoi,exactement?Jenel’aipasencore toutàfaitdéterminéendehorsdecequejeviensdevousexprimer.Je suisseulementenmesurederesentircetelégèretéquipénètrepar touslesporesdemapeau,quienvahitchaqueparticule,quinourit chaqueceluledemonorganisme.
Envousracontantcequejeresens,jem’aideàmieuxcomprendre.
Cessensationsm’envahisentdepuisdeuxjours,deuxjoursde délivrance,deuxjoursd’indépendance,deuxjoursmarquésparun caractèreinsaisisable.
Conscientetinconscientfontlapairemieuxquejamais,sibienque toutmeparaîtausiclairqu’embrouilé,etmontroubleestdevenu plusnetquejamais.
Vousdevezmeprendrepourunetimbrée(ouunepasionnéepeut-être),jepeuxlecomprendrevulafaçondontjemedécrisàvous, maiscen’estqueledébutdevotredécouvertedemonpersonnagesi complexe.Cependant,jepeuxvousafirmerunechose:ilyadeux jours,àl’aubedemesvingt-cinqans,jesuisnée!
Dequoimaviesera-t-elefaitedanslesprochainsjours,les prochainessemaines,lesprochainsmois?
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Quelavenirvais-jeréserveràmonêtrepartielementdérangé?Mon destinsaura-t-ilfairedemoiuneprêcheuseconvaincueenbonneet dueforme?
Jen’enaiaucuneidéeencetinstantprécis.Monuniqueenvieestde savourerpleinementchaquemoment,delesvivrecommesils’agisaitdesderniers,d’inspireretd’expirerchaquebouféed’air commesij’alaismourirdemain.
J’aprécietouteslessensationsquiparcourentmoncorps,comme maintenantoùmespiedsnusembrasentlebétondusoldecelieusi incongru,dececaveaudevenumonantre–oubienest-cemonantre quiestdevenucaveau?–,cetendroitquientoutcasm’abritepour quelquesheuresencore,peut-êtreunpeupluslongtemps.
Maisrevenons-enàmessensations.Jenefaispasqueresentircete fraîcheur,jelavis.Jesuislafraîcheur.Jesuiscecourantdelégèreté délicatementfraisaucontactdelapeau.Jesuiscetesensation spontanéeetpurequisefaufileoùsescapriceslaguident,celequi faitsehériserlespoilsdevosbras,révélantlereliefdevotrepeau quel’onapelecommunémentlachairdepoule.
Jevousparlaisdecontradiction,etvoicienpartiecequimefait employerceterme:quatremursquim’entourent,faitseuxauside béton,gris,ternesethumides.Cesmursauseindesquelsjemesuis retranchée,cesmursmorosesquipourtantm’ontvuemourirpour revivre.
Parmieux,jemesuisretrouvée,ouplutôtdécouverte.Cestentouréed’euxquej’aidonnéunsensàmonexistence.Cecontact aveclebétonm’aideàréfléchir,àaérermespenséesparmiliers disipées.
Alongéelà,nue,moncorpsestparcourudefrémisementsau contactdelafroidurecontrastantaveclachaleurdel’extérieur,à peinesuportable,decelequiprocuresueursetvertiges.C’est agréableetapréciable.
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Ilyaégalementcetrquodeueotiucahiemlelesnarines, s’insinuantenmoiàchaqueinspiration,imprégnantmonodorat.Je commencedem’yhabituer,etmêmedel’aprécier.Celafaitdeux joursquejelacôtoie.
Lorsquejel’airemarquée,ouplutôtsentie,lapremièrefois,ele s’aparentaitàuneodeurderenfermé,identiqueàceled'un apartementmalaérédanslequelvivraitunepersonneauxefluves particulièrementdérangeants.Etpetitàpetit,ceteodeurs’est transforméeenfumetdeviandepastrèsfraîche,puisplusdutout fraîche.Durance,dumoisi,delaviandepourie…
Pastrèsétonnantquandonsaitquejesuisentouréedetripesetde boyauxnageantdansunemaredesangcoagulé,répandusunpeu partout,séchanticietlà.
Monregardseportealorssurtoi,ausinuequemoi,toutprèsde moncorps,tesbouclesrousesretombantsurtesseinsausipâlesque lalumièredujour.
Tescheveuxnesesontpasarangéscommeça,d’unsimple mouvementnaturel;ilafaluquejem’enmêle.Çaterendtelement plusbele!
Tonventreausiétaitbeau,plutôtsexymême,platetmarquépar desabdominauxbiendesinés.Cen’estévidemmentpluslecasvuce quiensort.Cecidit,jemesuisasezbiendébrouiléeaveclesmoyens dubord,etjedoisavouerquelerésultatestplutôtartistique.
Tuétaistoutpourmoi.Mavoixintérieure,l’angeetledémon dansantsurmesépaules,leslarmesdusoleilrétractantmespupiles.
Puisunefoliem’aparcourue,traverséedepartenpart.Oh,jen’ai pasvraimentd’explicationàtefournir,etpuistunel’entendraispas detoutefaçon,alorsautantquejenemetracasepasàyréfléchir.
MachèreClaire,j’aifaitdetoiuncadavre,etjet’enaimed’autant plus.Jenemesenspointefrayée,pasmêmeconfuse.
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L’habitudedecetesituationpeuhabitueles’estinstalée;ilme semblequejaitrouvémavoieaprèsquelquesexpériencessavoureuses,bienquepasasezatractives.
Delamort,jem’abîmepourrenaître.Manaisancefutsoufrance, maisquelesoufrance!
Ladécouvertedemaraisond’êtren’aétéquedouleur,etcete douleurestdésormaismadestinée.
Cetedouleur,jevousl’ofresurunplateaud’argent,ladifusanten vousdélicatement,lalaisants’insinuertoutendouceurpourensuite l’acroîtrejusqu’àcequevousnelasuportiezplus.
Votrecerveaus’abandonnealorsàsontristesort,votreesprit abdique,laisantvotreenvelopedechairabîmée.
Jelesais,jesuiscommeça,jesuisunique,authentique.Jesuismoi.
Ça,c’estmavie,etelecommenceici,toutedecontresenssoit-ele, carilyadeuxjours,àl’aubedemesvingt-cinqans,jesuisnée.
Oupeut-êtrel’étais-jedéjàsansm’enêtrerenducompte.
Jet’adoreàl’égaldelavoûtenocturne, Ôvasedetristese,ôgrandetaciturne, Et’aimed’autantplus,bele,quetumefuis, Etquetumeparais,ornementdemesnuits, Plusironiquementacumulerleslieues Quiséparentmesbrasdesimmensitésbleues. Jem’avanceàl’ataque,etjegrimpeauxasauts, Commeaprèsuncadavreunchœurdevermiseaux, Etjechéris,ôbêteimplacableetcruele! 1 Jusqu’àcetefroideurparoùtum’esplusbele!
1.CharlesBaudelaire,recueil«LesFleursduMal»,1857.
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