La Mort à mes pieds

-

Livres
22 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Jean se rend chaque jour au cimetière.


Depuis qu'il se sait rongé par le cancer, il ne parvient à trouver de réconfort qu'en confiant ses angoisses à sa défunte mère.


Car qui, mieux qu'une mère, peut comprendre et apaiser le désespoir de son enfant ?




Nouvelle

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 0
EAN13 9782960223477
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
LA MORT À MES PIEDS
Nouvelle de
SARAH BUSCHMANN
LE MOT DE L'AUTRICE :
«La Mort à mes piedsa été créé lors d'un concours du forum l'Écritoire des Ombres ayant pour joyeux thème "Cimetière". Afin d’en exti rper tout le potentiel festif, je me suis replongée dans ma dernière expérience en ces l ieux et j’ai laissé affleurer toutes les émotions et images associées. Ainsi est né ce t exte, mêlant mes peurs, mes souvenirs et une dose d’imagination morbide. »
LA MORT À MES PIEDS
Sarah BUSCHMANN
— Bonjour, maman. Jean lança un regard gêné autour de lui, s’attendan t presque à tomber sur un sourire moqueur. Mais il était bien seul. Rassuré, il s’assit dans les graviers. Il ne souhaitait pas paraître irrespectueux en prenant pl ace sur la tombe et n’était pas certain des règles en vigueur. L’homme observa la dalle grise. Voilà tout ce qu’il restait de sa mère. De la pierre, froide et lisse sous ses doigts, et des fleurs pres que fanées. Jean hésita à reprendre la parole. Le cimetière éta it petit et le son portait : un passant pouvait l’entendre de la rue. Il se sentait ridicule. Parler à du granit. À un cadavre en décomposition. Mais il en avait besoin c ette fois, et tant pis pour les oreilles traînantes. — Voilà, je suis là. Je ne sais pas si c’est ton cas , si tu peux m’entendre… Je crois que je ne préférerais pas, sinon ce serait égoïste de ma part de venir ici. Et je ne veux pas être égoïste ; j’ai seulement besoin de parler à quelqu’un. Quelqu’un qui me comprendra. Et personne n’est mieux placé que toi. Jean murmurait d’une voix hésitante, qui déraillait à la fin de chaque phrase. Et pourtant, il lui semblait qu’elle s’étendait dans l e cimetière, glissant entre les sépultures. Les mots se bloquèrent dans sa gorge. Une sensation d’étouffement le saisit, son cœur s’accéléra. L’air pénétrait de plus en plus ra pidement dans ses poumons, mais Jean avait pourtant l’impression que ceux-ci demeuraient désespérément vides. Il compta dans sa tête : un temps d’inspiration pou r trois d’expiration. Son souffle ralentit. Il connaissait bien la mécanique, ce n’ét ait pas la première fois qu’il était frappé par la panique. Cela avait commencé à la mort de sa mère. Il fallait que les mots sortent. Il devait les pron oncer. Mais alors, tout deviendrait réel. — Voilà, maman. Le truc, c’est que si tu peux si bie n me comprendre, c’est parce que tu as vécu la même chose… moi aussi, j’ai le ca ncer. C’était dit. Jean jeta un regard angoissé sur les t ombes alentour. Rien ne s’était modifié. Le vent ne...