La vie extraordinaire d'une chienne nommée Cléo

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218 pages
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Bien qu’attachée à Grâce qui l’a recueillie, Cléo doit désormais partir… Pour échapper tout d’abord à la colère de Kévin qui accompagne leur groupe mené par Antoine, mais aussi sur injonction de sa protectrice qui lui révèle qu’elle a une mission à remplir, un chemin à parcourir pour accéder enfin au secret de ses origines. Résolue, la jeune chienne prend donc la route, se détache de ceux qu’elle fréquentait, se laisse porter par son flair. Comme placée sous la férule d’une force bienveillante, l’animal mène ainsi un périple qui la conduit toujours plus près de son passé, au contact d’une disparue prénommée Laura… Empruntant les voies d’un ésotérisme troublant, le roman d’Edwige Wilson a en outre le mérite de restituer de manière originale, instinctive, le point de vue de son héroïne canine. Désarmant, ne laissant jamais deviner ses orientations et ses révélations derrière la candeur et l’innocence de son personnage principal, “La Vie extraordinaire d’une chienne nommée Cléo” réussit le pari de faire d’un animal le cœur d’une œuvre fantastique époustouflante d’audace, de maîtrise et d’inventivité.

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Date de parution 01 juin 2009
Nombre de visites sur la page 21
EAN13 9782748352153
Langue Français

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Lavie extraordinaire d’une chienne nommée Cléo
Edwige Wilson Lavie extraordinaire d’une chienne nommée Cléo
Publibook
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Pour Annabelle et Benjamin
Chapitre I
Cléo se blottit contre le corps chaud de Grâce. Elle sen-tait les petites vibrations qui agitaient celui-ci et elle en était rassurée. Voilà un moment que le bruit des voix s’était peu à peu apaisé pour n’être plus qu’un murmure étouffé. Les sons lui parvenaient assourdis car elle fourrait son nez sous la couverture à l’endroit où les odeurs étaient les plus délicieuses et les plus fortes. Cléo vivait avec sa bande depuis si longtemps qu’elle ne se rappelait pas la vie d’avant. Il y avait sa « mère », Grâce, une jeune femme blonde qui la caressait sans arrêt, l’embrassait sur le museau et lui grattait les oreilles. Mais Grâce avait aussi des amis dont Cléo se méfiait à des de-grés divers. Le grand que l’on appelait Antoine était gentil avec une voix douce et profonde qui lui plaisait. Il l’appelait de temps en temps pour lui donner un bout de biscuit mou mais ne la caressait pas. D’autres amis, à la voix forte, accompagnaient Antoine et Grâce mais Cléo ne les approchait pas. En particulier l’un d’entre eux nommé Kévin qui criait beaucoup et la repoussait lorsqu’il voulait s’asseoir près de Grâce. Cléo ne l’aimait pas. Grâce parlait volontiers à Kévin qui riait fort tout en faisant des bruits bizarres avec sa langue. Un jour, sur le trottoir, Kévin s’était approché de Grâce et avait brutalement écarté Cléo qui avait refusé de bouger. Kévin s’était fâché avec une rage inattendue. Bien que Kévin soit ce que l’on a cou-tume d’appeler un ‘impulsif, tout le monde avait été un peu surpris. Ils étaient nombreux autour d’Antoine, de Grâce et de Kévin. Ils avaient des odeurs fortes que Cléo n’aimait pas, elle préférait l’odeur particulière de Grâce qui lui rappelait les champs et la terre d’il y a longtemps,
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bien longtemps. Elle aimait aussi sa couverture d’où éma-naient des effluves rassurants : ils venaient de la peau de Grâce, du pain, de la sueur et de son odeur à elle, une odeur de chien, qu’elle reconnaissait entre toutes. Donc, Kévin s’était fâché. Kévin avait crié et Cléo avait eu peur mais le désir de rester près de Grâce étant le plus fort, elle lui avait résisté et une envie de se défendre, jusque-là pro-fondément enfouie, avait brutalement surgi. Elle avait retroussé les babines. Un grondement était venu du fond de sa gorge et la surprise entrevue sur le visage de Kévin avait duré assez de temps pour lui permettre de compren-dre qu’elle pouvait assez facilement arrêter la violence humaine, en contrôler les manifestations. Elle avait conti-nué de grogner et Kévin s’était écarté avec un mauvais regard et des lèvres serrées dont aucun son ne sortait. Cléo avait aimé ce recul. Elle avait regardé Grâce à la dérobée : celle-ci ne disait rien. De toute façon, Grâce parlait peu. Elle ne parlait vraiment qu’à Cléo. Des bouts de phrases douces et mouillées qu’elle intercalait de caresses. Cléo trouvait qu’il n’y avait rien de meilleur sur cette terre que ces sons qui prononçaient son nom et ces caresses prodi-guées un peu partout sur le corps. Ce jour-là cependant, Cléo avait deviné qu’elle s’était fait un ennemi. Elle avait soudain ressenti comme un souffle froid et une menace invisible et enveloppante bien qu’aucun son ne soit sorti de la bouche de Kévin. Elle l’avait regardé avec intensité et s’était arrêtée de grogner. Mais on voyait qu’il se mé-fiait et n’osait plus revenir près de Grâce. Il avait lui-même découvert ses dents, juste un peu, mais suffisam-ment pour que seule Cléo le vît et comprît le danger. Mais, cette fois-là du moins, elle avait gagné la partie et une sen-sation de force l’avait envahie. Elle avait remué la queue tout doucement d’abord, puis plus fort. Grâce la regardait en souriant et sa main était venue se poser sur le cou tout noir de la chienne lui communiquant une inébranlable con-fiance en elle. Kévin n’avait qu’à bien se tenir.
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