Larme sélène

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176 pages
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Description

Ses larmes versées récoltées ramèneront à la vie les trépassés et feront goûter aux mortels les saveurs de l'immortalité. Extrait du grimoire des Ombres.



Strandhill, le nom de ce village Irlandais, hantait ses pensées. Elle devait s'y rendre. Pourquoi ? Elle l'ignorait. Mais une force indescriptible l'y attirait.


En quittant Paris pour la verte Erin, Bleunwenn a la certitude d'y retrouver la quiétude et l'inspiration. Mais sa rencontre avec le séduisant Liam l'entraînera dans un tourbillon de révélations. Sorcellerie, écriture automatique, message d'outre-tombe... Bleunwenn devra affronter ses peurs, faire face à l'irrationalité et accepter que sa vie y soit liée.

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Publié par
Date de parution 17 février 2015
Nombre de visites sur la page 39
EAN13 9782365408141
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Larme Sélène
Emmanuelle Lagadec Larme Sélène
« Le Code de la propriété intellectuelle et artisti que n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, qu e les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ay ants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Ce tte représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. » © 2015 Les Editions Sharon Kena www.leseditionssharonkena.com
REMERCIEMENTS
Merci à mon mari qui m’a permis de m’adonner à ma passion, en s’occupant souvent de notre
petit garçon. Grâce à lui, j’ai pu passer des heures devant mon ordinateur !
Un énorme merci à mon amie Hélène sans qui je n’aurais jamais osé tenter l’aventure de
l’édition.
Mille mercis et des bisous à mes bêta-lectrices, Josselyne (ma Jojo), Géraldine, Valérie et
Martine (ma maman) qui ont lu le premier jet de Larme Sélène. Vos retours m’ont été des plus
précieux.
Je remercie également Feather Wenlock pour cette magnifique couverture. Elle est telle que je
l’imaginais.
Un grand merci aux Éditions Sharon Kena qui m’ont donné ma chance.
Et, pour finir, merci à vous, lecteurs.
Table des matières
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Lexique des termes spéciaux
Musiques citées
Astre de la nuit, la lune est le reflet du temps qu i passe. Sa sève est un élixir, le passage de la vie à la mort, de la mort à la vie. E n un mot : la renaissance…
1 Une chaleur intense déferla dans mes veines. Je suf foquais, avec la sensation que mes poumons se cristallisaient. En proie à la paniq ue, je tentai vainement de me réveiller. Mon cerveau était comme paralysé. Je tre mblais. Sanglotais. Une horde de créatures hideuses s’animait derrière mes paupières . Leurs cris lacéraient mon esprit. Une peur indomptable me serra l’estomac. Je devais me réveiller. Fuir l’obscurité. Un chuintement couvrit mon corps de frissons et entraî na mon cœur dans une tachycardie survoltée. Dans un souffle que je pensai être mon d ernier, je poussai un hurlement en me reconnectant brusquement au concret. Mon regard se riva instantanément au plafond. Les membres lourds, j’eus l’impression de m’enfonce r dans mon matelas. Troublée, je passai la langue sur mes lèvres sèches et m’extirpai de mes couvertures. Le sol sembla se dérober sous mes pieds. Nauséeuse, je repris place au bord du lit. Ces cauchemars étaient virulents. Obsédants. Manife stement, mes démons nocturnes avaient pris de l’ampleur. J’appréhendais l’idée de clore mes paupières, redoutant les images ténébreuses qui hantaient mes nuits. Au fil des mois, je m’enlisais dans la mélancolie. Un frisson m’ébranla. Croisant les bras, je tentai de me relever. Le goût acide de la bile emplissait ma bouche. Non sans mal, j’atteigni s l’interrupteur de la salle de bains, inondant la petite pièce d’une lumière blanche aveu glante. Appuyée sur le rebord du lavabo, j’aperçus mon reflet dans le miroir. Je scr utai mon visage cerné, tout en glissant mes doigts dans mes longs cheveux châtains. Mes yeu x bruns en amande ressortaient sur mon teint blanc. J’inspirai et ouvris le robinet. Je baissai la tête et fis couler l’eau fraîche sur ma nuque, pour la dénouer. J’ouvris l’armoire à pharmacie et attrapai la boîte d’anxiolytiques – mes précieux alliés. Une fois le comprimé avalé, je quittai la salle de bains et m’installai sur mon canapé. Un courant d’air glacial me sortit soudain de mes t ourments. Ma bouche se fit pâteuse tandis qu’un tourbillon de voix s’élevait dans mes pensées. Prise d’une migraine soudaine, je plongeai mon visage dans mes mains. Le brouhaha s’accentua, m’arrachant un hurlement ; puis, soudain, le néant. Je me redressai et posai mon regard humide sur la t able du salon où trônait mon ordinateur. D’un bond, je m’en emparai, l’ouvris, c liquai sur mon moteur de recherche et écrivis le mot venant de jaillir dans mon esprit. Je me retrouvai sur un site de voyage irlandais, dé crivant avec poésie Strandhill, un village au bord de la mer, dans le Comté de Sligo. La photo d’une auberge pour le moins atypique retint mon attention. Je devais m’y rendre . Pourquoi ? Je l’ignorais. Cependant, une force indescriptible m’y attirait. J’avais la c ertitude que la plénitude et l’inspiration que je recherchais m’y attendaient. Sans attendre, je validai ma réservation pour plusi eurs nuits. Puis, en deux, trois clics, je me retrouvai avec mes billets d’avion imprimés. ***
Les yeux rivés au hublot, je regardai Paris s’effac er. Loin derrière dans le ciel, les derniers rayons du soleil disparaissaient. Les écou teurs de mon IPod dans les oreilles, je me sentis légère et libérée. Adossée confortablemen t à mon siège, je fermai les yeux et m’évadai en terre celte. À mon arrivée à Sligo, je constatai qu’une pluie di luvienne s’abattait sur la région. Autant dire qu’à ce moment précis, je ne regrettai absolument pas mes achats de vêtements de dernière minute. Je sortis de l’aéropo rt et sautai dans le premier taxi que je vis. Emmitouflée dans mon long manteau à capuche, je reg ardai le paysage défiler. Le taxi traversa le centre ville de Strandhilloù s’alignaient divers commerces, pubs et restaurants. Je fus surprise par les rues désertes. La brochure que j’avais imprimée qualifiait Strandhill de station balnéaire surpeupl ée, en été. Mais, en cette période automnale, l’ambiance rimait plutôt avec tranquilli té et sérénité. C’est sous un véritable déluge que le taxi aborda u n chemin de terre à l’écart, terminant sa course devant une jolie maison avec un toit de chaume et des volets en bois foncé, dont les fondations branlantes donnaien t l’impression qu’elle tanguait. Heureuse d’être enfin arrivée à destination, je sor tis du véhicule pour récupérer mes bagages. La pluie me fouetta le visage. La porte du gîte s’ouvrit sur un homme de forte cor pulence et vêtu d’un ciré noir. Il s’avança vers le chauffeur de taxi qui avançait déj à avec le premier bagage et s’empressa de l’en débarrasser. Derrière, je traîna is avec peine ma valise à roulettes, tentant d’éviter au mieux les énormes flaques d’eau . Ma bonne humeur venait de me quitter. J’avançai en fulminant, pestant et jurant. Pourquoi n’avais-je pas pensé à Honolulu ou Rio de Janeiroavait assailli mon? Si seulement l’une de ces destinations exotiques esprit, plutôt que l’Irlande, je ne serais pas là à patauger sous la pluie ! Je trébuchai sur un caillou et lâchai ma valise qui dévala le chemin. Elle stoppa sa course contre un rocher, s’ouvrit et déversa son co ntenu sur le sol trempé. — Super ! lâchai-je, dépitée. Mes vêtements baignaient dans l’eau. Accroupie, j’e ntrepris de ranger mes affaires, lorsqu’une voix grave m’interpella : — Attendez, je vais vous aider ! Le souffle coupé, je stoppai mon geste. Un homme se tenait à mes côtés, s’activant à ramasser mes effets. Il était vêtu d’un épais blous on à capuche et d’un gros bonnet de laine. L’inconnu releva son visage. Son regard capt ivant, d’un bleu nuit intense, me déstabilisa. Ne pouvant m’en détacher, j’eus soudai n l’étrange sensation qu’un fluide pénétrait en moi. Mon être était sondé, exploré. Afin de me détacher de son emprise envoûtante, je b aissai les yeux, découvrant, embarrassée, ma lingerie étalée sur le chemin. — Très jolies dentelles ! commenta l’homme avec un sourire en coin. J’oubliai la pluie, le froid, et j’eus soudain très chaud. Mon état empira lorsque je constatai que le bel inconnu n’était pas seul. Deux autres jeunes hommes se tenaient non loin de là et souriaient, amusés par la scène. Rouge de honte, je fermai ma valise et me relevai. — Ça va aller ? s’enquit l’étranger en me gratifian t d’un charmant sourire. Vous… Tu veux que je t’accompagne jusqu’à la porte ? — Non, merci, répondis-je en fuyant son regard. Le chauffeur de taxi revint et nous interrompit :