Le monde de Timmy

-

Livres
28 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description


Une adolescente en colère, un petit frère singulier, un monde insoupçonné...




RÉSUMÉ


Sarah est une adolescente en colère qui déteste sa nouvelle existence. Elle sait pourtant que sa mère a agi dans l’intérêt de Timmy, ce petit frère étonnant dont elle se sent à la fois si proche et si lointaine... Parviendra-t-elle à le rejoindre et à apprivoiser son univers hors du commun peuplé d’incroyables créatures ? Une rencontre avec un étrange professeur, un soupçon de magie, et, qui sait, peut-être pourront-ils guérir leurs blessures ensemble...




EXTRAIT


Un souffle glacé se répand subitement dans la vallée, Timmy s’arrête et frissonne. Quelque chose se produit au loin. La peur s’insinue lentement en moi. Mon petit frère est à présent agité de tremblements, son angoisse me tord les tripes. Que se passe-t-il ? L’éclairage s’amenuise, les couleurs palissent, un bruit sourd résonne dans la contrée. Timmy se bouche les oreilles et tombe à genoux. Ma gorge est sèche, je pivote lentement sur moi-même, et je le vois.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 4
EAN13 9791096622511
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0011 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Marie H. Marathée Lemonde deTimmy Nouvelle © EDITIONSPLUMESSOLIDAIRES
© EDITIONSPLUMESSOLIDAIRES ILLUSTRATIONDECOUVERTURE: PIXABAY CORRECTIONSETVÉRIFICATIONSDUBONÀTIRER: AUDREYMOUI COLLECTIONNUMÉRIQUE: PLUMESLIBELLULES ISBN : 979-10-96622-51-1 © TOUSDROITSRÉSERVÉSPOURTOUSPAYS AVRIL2019
Dans la même collection LADANSEDESTATOUAGES— IMANEYITAYO L’APPELDUDESTIN— IMANEYITAYO L’ENFANTAUXMILLESOURIRES— MARIEH. MARATHÉE H — M H. M ÉRITAGE FAMILIAL ARIE ARATHÉE ESMERALDA,MONAMOUR— MARIEH. MARATHÉE L - — M H E RENDEZ VOUS DES MORTS ISS UAKINTHOS L’ — M G ODEUR DU MIMOSA ARGUERITE AUTHIER U — M H. M N PRÉSENT PLUS QUE PARFAIT ARIE ARATHÉE COUPUREDECOURANT— PASCALEQUIVIGER E — A.J L NCHANTERESSE ANOLLI UNSERVICEEXPLOSIF— IMANEYITAYO DESLYSBLANCSPOURÉVA— MARIEH. MARATHÉE
Marie H. Marathée
Lemondede Timmy Nouvelle © EDITIONSPLUMESSOLIDAIRES
Parfois, je voudrais mourir. Vivre signifie se lever tous les matins, affronter les autres, et détourner la tête pour ne plus les voir. Eux, et leur grisaille. Je n’ai pas besoin d’amis ; que perso nne ne m’apprécie dans ce lycée me laisse totalement indifférente. Je n’ai pas demandé à déménager. Je n’ai pas non plus demandé à mes parents de se séparer, et je n’avais pas demandé à naître. Pas plus que Timmy… enfin, Timothée de son vrai prénom. Il n’est pas responsable de ce gâchis, il n’a pas choisi sa différence. Personne n’a souhaité cela. P ourtant, c’est arrivé… Mon regard s’évade par la fenêtre, il glisse vers la cour. Rien ne l’accroche, tout est parfaitement monotone et aseptisé : les bâtiments ternes, le bitume qui écorche, les vieux murs délavés dont les pierres se désagrègent.
La voix de M. Dipurs me parvient à travers les brum es de mon cerveau. Elle me semble lointaine, monocorde, vaine. Je n’écoute pas le cou rs, jamais. Je perds mon temps, ma vie s’écoule. Les minutes fades se succèdent et viennent se heurter à mon corps, cette forteresse de chair qui fait barrage avec le monde extérieur. Machinalement, ma main griffonne. Je griffonne le plus souvent, c’est là que vont mes minutes pâles. Elles donnent naissance à de petits gribouillis qui n’ont aucun sens, des graffitis torturés qui agonisent et se répandent sur les pages de mon cahier. Voilà huit mois que je me débats dans cette nouvelle existence, et elle est vide de tout. Non pas que j’appréciais particulièrement l’ancienne, seulement, au moins, elle avait le mérite de m’appartenir. Ici, rien ne me ressemble, je flotte, je dérive… Parfois, je voudrais m’enfuir avec Timmy. Je me demande où il voyage lorsque son regard se fait vague. Je rêverais qu’il m’emmène loin des disputes qui blessent et qui arrachent un petit bout d’âme. Un tout petit bo ut, mais à chaque fois. Certains mots tuent lentement, à petit feu, ils effritent un être, morceau par morceau. Je suis morte dans ma tête lorsque Lisette est partie. Même si j’ai bien conscience qu e, vu son âge avancé, son départ s’inscrivait dans l’ordre des choses. L’ordre des choses, je le déteste. Pourquoi les choses devraient-elles avoir un ordre ? Ma Lisette, ma grand-mère, comme je chérissais tes rides au coin des yeux, ton sourire doux qui illuminait mon univers. Toi, tu savais les reco ins de mon âme, et tu m’aimais quand même. Tu savais ma solitude, mes souffrances, mes errances… Tu me rattrapais au vol avec tes paroles qui apaisent, tu me remettais sur les rails et me poussais vers la vie. Il n’y a plus personne pour adoucir le monde maintenant. Maman fait ce qu’elle peut, je vo is bien qu’elle lutte et se démène. J’attends les miracles qu’elle a prédits grâce à la nouvelle écol e de Timmy. Les visites de Papa se sont déjà espacées. Il continue à agir comme si de rien n’était, pourtant il traîne dans son sillage une odeur moite de culpabilité. Je préférais son parfum d’avant.
— Mademoiselle Sarah Lenoir ! Voudriez-vous avoir l’amabilité de faire au moins semblant de vous intéresser au cours ?
Allons bon, qu’est-ce qui lui arrive, à Dipurs ? Je ne gêne personne, pourquoi ne me laisse-t-il pas tranquille ? Tous les regards sont à présent braqués sur moi et me transpercent comme de petites aiguilles bien affutées.
— Je n’aime pas faire semblant.
Je sais que cette petite phrase va m’attirer des ennuis, je le vois à la manière dont ses narines frémissent. Heureusement pour moi, la sonnerie providentielle retentit, et la classe explose dans une cohue désordonnée sans attendre l’accord du pauvre M. Dipurs. Pourtant, celui-ci n’en a pas fini avec moi, car il m’interpelle tout de même.
— Mademoiselle Lenoir, vous devriez apprendre la diplomatie. Cela aide, dans la vie !
Je n’ai aucune envie de lutter avec lui, je veux ju ste quitter la pièce, ce que je fais en lui adressant un bref signe de tête. Je ne brigue pas u ne carrière politique, qu’est-ce qu’il croit ? Les diplomates sont des menteurs qui passent leur temps à arrondir les angles des lieux carrés. Un angle droit reste un angle droit, peu importe la forme qu ’on essaie de lui donner. Alors, pas la peine de prétendre...