58 pages
Français

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Le Passage de Reichenberg

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Description

Dans une grande ville d'Europe centrale, un piéton se perd dans un quartier qui n'est pas marqué sur les cartes. Il y rencontre des gens qui ne devraient pas exister, et qui le prennent, lui, pour un fantôme. Les époques s'accrochent. Qui, bon sang, s'est amusé à créer cet entrelacs, et dans quel but ? Dans Le Passage de Reichenberg, Allan E. Berger fait une incursion dans l’Histoire avec un grand « H ». En effet, le récit a pour toile de fonds la célèbre Nuit de Cristal au cours de laquelle les Jeunesses hitlériennes, encouragés par les SS et la Gestapo, ont saccagé des centaines de commerces et de lieux de culte dans les quartiers juifs du Reich. Mais tout le reste est fiction dans ce récit enlevant qui relève davantage du fantastique que du roman historique. Le Passage de Reichenberg est un récit qui se lit d'une traite. Un cri du coeur contre la barbarie du XXème siècle, barbarie dont personne n'est à l'abri aujourd'hui même.


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Berger

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Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782923916668
Langue Français

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LE PASSAGE DE REICHENBERG
ALLAN E. BERGER
© ÉLP éditeur 2013 www.elpediteur.com elpediteur@yahoo.ca
ISBN : 978-2-923916-66-8
Image de couverture : Yoav Nachtailer :Renanim Synagogue Stained glass(détail) via Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
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LE PASSAGE DE REICHENBERG
« Au fond, toute âme humaine est cela : une fragile lumière en marche vers quelque abri divin, qu’elle imagine, cherche et ne voit pas » André Maurois
I
« En passant, apportez donc ce carton à madame Neme c puisqu’il est prêt. Allez, on se remue ! Vous avez l’adresse ?
— Oui monsieur. Klara Nemcová, 17, passage de Lucerne, escalier B.
— C’est bien. Tant que vous y êtes, quand vous aure z fini, allez prendre la commande de monsieur Svoboda qui n’a plus le téléph one. C’est tout à côté, métro Danube, rue de l’Hélice en descendant les escaliers , au 21. De là, vous revenez directement ici, c’est compris ? Pas de marques de rouge à lèvres sur les joues, ça fait pleurer la petite Gigi. Allez ouste, filez ! »
Je travaille chez un marchand de vins fins. Comme j ’ai une jolie tête, on m’envoie chez les bourgeoises porter les bouteilles qu’elles ont commandées, et, surtout, récupérer l’argent qu’elles doivent. Ma petite figu re désolée, quand on me fait des chichis, est, paraît-il, irrésistible, au point que je reviens toujours avec la somme.
À ce propos, trois fois ce mois-ci, ces dames m’ont mis en retard ; car on rencontre de jolies délurées, dans ce métier. En tout cas, je sais que la pauvre esseulée qui périt d’ennui dans son huit-pièces est une pure légende ; la vérité est qu’elles savent s’amuser, et c’est très bien ainsi. Madame Nemec, q ui se répand, au 17 passage de Lucerne, sur des canapés interminables, ne déroge p as à cette règle ; simplement, ce n’est pas avec moi. Tant pis !
C’était une journée comme toutes les autres en cett e saison, grouillante, enrhumée, noire de fumée sous le soleil de janvier, pleine de cris, de piétons, de voitures et de camions grondants, pleine de toute cette grosse cir culation qui n’arrête jamais de faire vibrer la vitrine, du lever jusque tard après le co ucher du soleil. Quand j’avais ouvert la porte pour aller faire ma tournée, toute la clameur de l’avenue était rentrée dans la boutique. Au raffut, Gigi avait levé la tête de ses emballages et m’avait regardé en coin, furtivement.
J’ai six ans de plus qu’elle et quelques dents en m oins, mais cette cruchonne persiste à être raide amoureuse de moi. Pauvre peti t chat trempé ! Qu’est-ce que je pourrais bien faire, moi, d’une Gigi ?
« Je ne la mérite certainement pas » me disais-je s ouvent, très satisfait, tout de même, des regards serrés et aveuglants qu’elle me l ançait sans s’en rendre compte tandis que je me détournais de cette proie si facil e, si dinde, si romantiquement nunuche.
Klara Nemcová, par exemple, c’était autre chose. El le me reçut dans une guêpière noire avec dentelles, que voilait à grand-peine une chemise en soie pâle. Aux pieds, des mules à pompons noirs. Une cigarette au bec, ma is dont l’odeur laissait entrevoir des voyages exotiques. Des yeux mouillés, aux paupi ères lourdes, des ongles en lames de couteau, noirs, magnifiques. « C’est vous ? Déposez ça dans la cuisine. Combien ça fait ? » Elle fouilla dans un sac à main , en tira un billet de cent euros, me le fourra dans une poche. « Gardez tout. Fichez le camp, j’attends quelqu’un. Et motus, hein, ou j’étrangle votre adorable petit cou . Allez, on décanille, vite vite vite ! » Elle claqua dans ses mains. Je me retrouvai dehors sans savoir comment. En voilà une face à laquelle je ne fais pas le poids, c’est clair. Nous ne joutons pas dans la même catégorie.
Tout évaporé par cette confrontation, je partis n’i mporte où. C’est-à-dire qu’au lieu de remonter par la rue de Malte pour attraper le métro à Josefov, je descendis comme un couillon jusqu’à la rue Konev, l’empruntai sans sav oir pourquoi, me réveillai soudain, tournai à gauche pour me rattraper, tournai à droit e pour être plus malin, et me retrouvai complètement perdu, face au numéro onze d ’une rue de l’Équerre que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam.
La porte cochère, à double battant, était ouverte. À sa droite, une plaque indiquait...