290 pages
Français

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Le Semeur d'âmes

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Description


2013


Le commandant Gerfaut, missionné par Interpol, aide l’inspecteur Vasco da Silva à mettre en prison le plus grand tueur en série brésilien, Fausto Negro, alias Le semeur d’âmes.



2015


Da Silva rappelle Gerfaut en urgence. De nouveaux meurtres, avec le même mode opératoire, terrifient la ville de Manaus. Fausto Negro invoque l’erreur judiciaire et ses avocats le feront libérer dans 15 jours. Les enquêteurs, pressés par l’inexorable ultimatum, doivent tout faire pour s’y opposer. Ils livrent alors une bataille sans merci contre le temps tandis qu’Adriana, l’assistante de Gerfaut, cherche des preuves à São Paulo.


Comment Le semeur d’âmes pourrait-il encore tuer alors qu’il est en prison ?


Si ce n’est pas lui, qui est le fauve sanguinaire qui sème des cadavres à Manaus ?


Quand on enquête au cœur de la forêt amazonienne et des ethnies les plus redoutables, on risque aussi de réveiller des forces surnaturelles.


Mais pour le commandant Gerfaut, l’invisible est presque devenu une routine.

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Publié par
Nombre de lectures 42
EAN13 9782374535333
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Exrait

Présentation
2013 Le commandant Gerfaut, missionné par Interpol, aide l’inspecteur Vasco da Silva à mettre en prison le plus grand tueur en série brésilien, Fausto Negro, alias Le semeur d’âmes. 2015 Da Silva rappelle Gerfaut en urgence. De nouveaux meurtres, avec le même mode opératoire, terrifient la ville de Manaus. Fausto Negro invoque l’erreur judiciaire et ses avocats le feront libérer dans 15 jours. Les enquêteurs, pressés par l’inexorable ultimatum, doivent tout faire pour s’y opposer. Ils livrent alors une bataille sans merci contre le temps tandis qu’Adriana, l’assistante de Gerfaut, cherche des preuves à São Paulo. Comment Le semeur d’âmes pourrait-il encore tuer alors qu’il est en prison ? Si ce n’est pas lui, qui est le fauve sanguinaire qui sème des cadavres à Manaus ? Quand on enquête au cœur de la forêt amazonienne et des ethnies les plus redoutables, on risque aussi de réveiller des forces surnaturelles. Mais pour le commandant Gerfaut, l’invisible est presque devenu une routine. Le Semeur d'âmesest la troisième enquête du commandant Gabriel Gerfaut. ***
Gilles Milo-Vacéria une vie bien remplie. Après des études de droit, il vit pendant quelques années de multiples aventures au sein de l’armée puis entame une série de voyages sur plusieurs continents afin de découvrir d’autres cultures. C’est un auteur protéiforme, explorant sans cesse de nouveaux territoires. Le polar ou le thriller, le roman d’aventures inscrit dans l’Histoire ancienne ou plus contemporaine, les récits teintés de fantastique, se sont imposés à lui en libérant complètement sa plume de toutes contraintes et révélant un imaginaire sans limites. Au-delà d’une trame souvent véridique, le suspense et les intrigues s’imposent dans ses romans, apportant une griffe particulière à ses publications. Un pied dans la réalité, l’autre dans un univers étrange où tout peut devenir possible, Gilles Milo-Vacéri surprend ses lecteurs avec des textes au réalisme angoissant. Il aime conserver un lien étroit et permanent avec son lectorat, lors de rencontres dédicaces ou grâce à sa présence sur les réseaux sociaux et son blog officiel qu’il anime très activement. Blog officiel-Facebook-Twitter
LE SEMEUR D'ÂMES
Les enquêtes du commandant Gabriel Gerfaut Tome 3
Gilles Milo-Vacéri
38 RUE DU POLAR
À Caroline,
Je te dédie ce voyage au Brésil, pour te remercier de celui que tu m’offres, jour après jour, au milieu des étoiles.
Le mot de l’auteur
Chères lectrices, Chers lecteurs, Dans ce roman, je cite la prison de Cardinaru qui est fictive, tout en étant l’anagramme de Carandiru, une maison d’arrêt tristement célèbre au Brésil, aujourd’hui démolie et remplacée par un musée à São Paulo. Il ne m’appartient pas de délivrer un jugement sur le système carcéral brésilien, les révoltes régulières qui s’y déroulent et encore moins sur les répressions sanglantes qui leur font réponse. Cela dit, même si ce roman n’est qu’une fiction, les archives libres d’accès parlent suffisamment de la corruption, du manque de moyen, de la vétusté de certains bâtiments et du problème des prisons au Brésil. Chacun se fera son opinion. De même, j’évoque l’Amazonie et les ethnies qui y vivent, principalement les Shuars, véritable nom des Jivaros, les réducteurs de têtes, ainsi que les Tukunas, les Yanomamis… Si certains détails sont absolument réels, il est évident que cette histoire est romancée. Il n’en demeure pas moins vrai que chaque année, la forêt amazonienne subit une déforestation hallucinante qui se solde par la disparition de milliers de kilomètres carrés. En 2017, il reste moins de 80 % de la forêt d’origine et en supprimant ce biotope naturellement riche et diversifié, on pousse à l’exil des peuples qui y vivaient depuis des siècles. Encore une fois, chacun pourra s’informer sur Internet et prendre la mesure de cet immense gâchis. Bonne lecture, Gilles Milo-Vacéri * Note technique À l’origine, ce roman est paru sous un format nouvelle et sous le titreO Semeador de Almas, en mars 2015, dans le recueil papierNouvelles do Brasil(épuisé), publié spécialement par les Éditions Harlequin pour le Salon du livre de Paris. En juillet 2015, cette nouvelle a été publiée au format numérique et sous le titreLe Semeur d’âmes, chez le même éditeur (disponible). C’est avec l’aimable autorisation des Éditions Harlequin et HarperCollins France, que j’ai pu réécrire complètement ce texte au format roman pour en faire une fiction inédite, conserver le même titre et le confier aux Éditions du 38. Je leur adresse mes plus vifs remerciements.
Prologue
Samedi 8 août 2015 - 12 h 15 (Heure locale) Manaus (Brésil) - Rue Quintino Bocalúva Elle se débattait encore bien et cela rendait le viol plus amusant. Il resserra légèrement sa prise. Le fil à couper le beurre qui mordait les chairs de son cou l’étranglait et l’acier avait fini par inciser la peau en plusieurs endroits, provoquant ainsi l’apparition des premières gouttes de sang. Elle pleurait, suppliant d’une voix rauque de lui laisser la vie, puis cessa de se défendre. Sa respiration était saccadée, entrecoupée de gémissements et de râles de douleur. Sa minijupe relevée sur la taille, son string noir abaissé jusqu’aux genoux, il avait une vue parfaite sur ses fesses alors qu’il la pénétrait à grands coups de reins. Sa main gauche tenait les deux poignées du fil, l’obligeant à cambrer sa colonne plus que de raison, l’autre agrippait la hanche de sa victime afin de la forcer à se pencher. Il aimait les soumettre ainsi, dans la souffrance, ce mouvement contraire la contraignant à s’asphyxier elle-même. Lutter contre lui ne faisait qu’aggraver la douleur et exacerber son désir tandis qu’il les violait avec brutalité. En regardant sa main droite, il grimaça fugitivement en apercevant la cicatrice encore rosâtre qu’avait laissée l’amputation pourtant peu récente de son auriculaire. En somme, tout avait été très simple. Il l’avait très vite repérée, depuis deux jours qu’il traînait dans le quartier en quête d’une proie. À midi, elle était sortie de la Casa do estudante, avait emprunté la rue Quintino Bocalúva, était passée devant le garage Posto Ipiranga et avait tourné à gauche dans Pedro Botelho, une rue plus fréquentée. Au bout, elle avait pris son déjeuner dans un petit bar, le Galo Carijó. Elle y était restée moins d’une heure et était revenue sur ses pas, par le même chemin et les mêmes trottoirs. Les avantages de cet atelier de réparation mécanique, au milieu du trajet, étaient nombreux. Abandonnée par les employés entre midi et deux, l’esplanade devant l’établissement était envahie d’un bazar hétéroclite où les vieilles épaves du siècle dernier disputaient la place à des piles de pneus usagés ainsi qu’à une pompe à essence inutilisable. Il y avait tout au fond de la cour un terrain vague assez vaste, couvert d’arbres, de buissons ou encore de détritus, faisant office de no man’s land avant d’atteindre de grands entrepôts de stockage inoccupés, à une centaine de mètres. Il l’avait guettée dans la rue déserte et lui avait simplement demandé l’heure après s’être assuré que personne ne traînait dans le coin ou ne regardait dans leur direction. Alors qu’elle avait baissé les yeux vers son poignet, un rapide direct au menton, pas trop puissant, avait suffi pour l’assommer. Il l’avait rattrapée, jetée sur son épaule puis s’était rapidement enfoncé dans la verdure, bien à l’abri des regards trop curieux. Après une rapide préparation, il lui avait arraché son chemisier et découpé son soutien-gorge. Il l’avait alors jetée à plat ventre sur un ballot de vieux chiffons usagés, en prenant soin de lui écarter les cuisses. Son corps se retrouvait ainsi à quatre pattes et livré à son bon plaisir. Elle n’avait pas eu le temps de crier et dans ces lieux, elle aurait pu hurler, personne ne l’aurait entendue et nul n’aurait osé intervenir. D’ailleurs, le fil d’acier qu’il avait positionné autour de sa gorge ne l’avait guère
ranimée, mais quand il l’avait pénétrée, elle avait grogné et soudain consciente, s’était débattue comme une furie. Il avait suffi de tirer sur les poignées et son unique cri s’était achevé dans un gargouillis que même lui n’avait pas vraiment discerné. Elle était superbe et devait avoir entre vingt et vingt-cinq ans. Les seins déjà refaits au silicone à la mode brésilienne lui conféraient un beau quatre-vingt-quinze C ou D, la peau mordorée, sans marque aucune, attestant d’un bronzage intégral et enfin, soigneusement épilée, avec un joli tatouage sur les reins, tout faisait d’elle la plus belle femme qu’il violait depuis le début… et surtout la plus belle qu’il allait tuer. Une prise de choix et un petit coin tranquille bien ombragé portaient sa folie destructrice au paroxysme de son irrépressible désir charnel. Pris d’une envie furieuse, il se retira et alors qu’elle ne remuait presque plus, il la sodomisa d’un coup très violent. Elle essaya de crier et ses mains tentèrent d’arracher le fil qui serrait de plus en plus son cou. Il put voir ses ongles s’enfoncer dans les chairs déjà meurtries de sa gorge et cela le fit ricaner. Une dernière pénétration et il put enfin jouir avec un râle de contentement. Restant en elle, il saisit les deux poignées. Le brin d’acier étant déjà croisé, il ne restait plus qu’à serrer fermement en intimant un léger mouvement de va-et-vient. La jeune fille convulsa et il sentit ses chairs, ses muscles se tétaniser autour de son membre toujours durci. Comme d’habitude, c’était le meilleur moment, presque mieux que l’orgasme qu’il venait de vivre. Les deux carotides sectionnées, il n’eut qu’une longue minute à attendre pour que l’hémorragie finisse son œuvre en déversant des flots de sang qui imbibèrent les chiffons. Quand les jets diminuèrent, il lâcha enfin prise et abandonna son instrument de torture qui disparaissait dans son cou avant de se relever. Elle ne bougeait plus. Il savait qu’elle était morte sans avoir besoin de le vérifier. Il n’ôta pas son préservatif, remit son sexe à l’abri du boxer et reboutonna son jean soigneusement avant de pousser le cadavre sur le côté. L’étudiante roula à terre, sur le dos et les bras en croix. Le visage cyanosé, les yeux et la bouche grands ouverts, c’était une vision insupportable qui ne lui fit ni chaud ni froid. Il sortit un coupe-choux de sa veste, le déplia lentement et s’agenouilla. Il entama la peau et commença le massacre dont la méticulosité n’avait d’égale que l’horreur. Sa signature était toujours la même et il la connaissait par cœur. Il enfonça le rasoir au-dessus du sein gauche et descendit en ligne droite vers le mamelon… Le corps de la victime étant déjà exsangue, il ne risquait plus de recevoir une projection accidentelle de sang, cependant, il restait attentif et méfiant. De longues minutes plus tard, il avait enfin terminé sa tâche macabre. Le tueur abandonna le corps ainsi que le fil à couper le beurre et le coupe-choux. Il s’éloigna sans se retourner et tout en marchant, ôta le masque chirurgical puis les gants de latex qu’il fourra dans un petit sac en plastique. D’un geste rapide, passant la main entre son ventre et la ceinture du jean, il récupéra le préservatif et le plia soigneusement avant de le ranger avec le reste. Il referma le sachet transparent et l’enfonça dans sa poche. Sentant quelque chose du bout des doigts, il le sortit pour l’examiner à la lumière du soleil. C’était l’oreille droite de la victime. Il sourit et sans plus y faire attention, la remit à sa place. Il brûlerait le tout quand il serait de retour chez lui, mais avant cela, il se dirigea d’un pas tranquille vers la rue et prit la direction du Galo Carijó où, une fois entré, il commanda à la volée une bière bien fraîche. Il
commença par aller aux toilettes se laver les mains afin d’effacer les rares traces de sang qu’il n’avait pas nettoyées. Tout en dégustant sa boisson, il réfléchit et s’accorda deux jours avant de frapper à nouveau. Il fallait tenir le rythme et il espérait que la prochaine serait aussi belle que cette jolie garce qui refroidissait déjà, à quelques pas du bar. Il termina son verre, paya et s’éloigna en marchant tranquillement vers sa voiture garée sur le quai à proximité. Quand il fut proche de son véhicule, il admira les nombreuses vedettes rapides au mouillage, prêtes à appareiller pour naviguer sur le Rio Negro. Il serra les dents puis finit par sourire en s’installant au volant. Il se consola en pensant qu’il aurait bientôt la sienne. Le tueur démarra lentement et s’éloigna vers le nord, en suivant les quais par l’avenue Lourenço da Silva Braga. Très vite, il repéra une épicerie ouverte, se rangea et y entra. Il acheta un pack de six bières et remarqua les titres des journaux. Il s’approcha et prit deux quotidiens,The Brazilianet surtout,A Critica, plus orienté sur 1 les actualités régionales de l’Amazonas et principalement de Manaus. Le titre en majuscules et en gras le fit sourire. Il le lut à mi-voix. 2 O SEMEADOR DE ALMAS ESTA DE VOLTA ! Quand il commença la suite, il ne put s’empêcher de rire franchement. 3 A quinta vítima foi achada em um porão do distrito Santa Luzia. Il secoua la tête. — Ah, les cons ! Il en manque déjà une qu’ils n’ont pas dû retrouver… Celle que je viens de m’envoyer était la septième. Les flics brésiliens sont vraiment des connards dans ce putain de pays. Tant mieux et vive l’Amazonas ! Il jeta une poignée de reais sur le comptoir et ne fit guère attention au regard sombre et dédaigneux de l’épicier. Il remonta en voiture, ouvrit une canette, alluma la radio et s’engouffra dans la circulation. Il écoutait une salsa au rythme très sensuel tout en pensant déjà à la huitième victime. Pourvu qu’elle soit aussi belle que la dernière, telle était sa seule préoccupation du moment. Il mit son clignotant et tourna à gauche pour remonter l’avenue Sete de Setembro. Il fallait recommencer sans tarder une nouvelle opération de repérage des lieux et dénicher une proie facile et isolée. Il éructa et jeta la canette vide par la fenêtre. * Dimanche 9 août 2015 - 17 h 30 (Heure locale) Paris - quai des Orfèvres Le commandant Gabriel Gerfaut arpentait le quai des Orfèvres en se dirigeant vers ce que tous les flics appelaient la Maison, c’est-à-dire le siège historique de la PJ et plus particulièrement celui de la Brigade Criminelle. Il pressa le pas, car comme tous les étés à Paris, le temps venait soudainement de se couvrir et l’orage menaçait. De