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Les Enfants de Pangée - 3 : Jugement dernier

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Description

Ils sont parvenus à faire résonner leur voix. Grâce aux Résis-terre et à un grand nombre de sacrifiés, les Enfants de Pangée ont réveillé l’attention de l’Humanité et suspendu le courroux de la planète. Mais rien n’est encore joué.
Alors qu’ils comptent leurs morts et reforment les rangs pour entreprendre le « grand changement », dans l’ombre, une nouvelle menace se profile. Un nouveau rempart s’opposant à leur influence, un ennemi déterminé à les détrôner pour atteindre les sommets de la toute-puissance.
L’ultime combat que les Veilleurs vont devoir livrer les confrontera à la partie la plus retorse de l’Humanité et les contraindra à aller au bout de ce qu’ils sont… L’heure du jugement dernier est arrivée et, avec elle, le prix à payer.

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Ajouté le 15 août 2018
EAN13 9782370116208
Langue Français
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Les Enfants de Pangée
Tome 3Jugement dernier
Stéphanie Aten
© Éditions Hélène Jacob, 2018. CollectionFantastique. Tous droits réservés. ISBN : 978-2-37011-621-5
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Le secrétaire général de l’ONU entra dans l’immense salle de réunion et se dirigea vers l’estrade. Plus de trois cents représentants d’États avaient répondu à l’appel et l’attendaient déjà, assis dans leurs fauteuils de cuir. L’atmosphère était inhabituellement lourde et le silence tendu. D’ordinaire, les discussions préalables allaient toujours bon train. Cette fois, l’expectative était totale. Bien des situations de crise avaient résonné entre ces murs au cours des décennies passées. Conflits meurtriers, guerres de religion, droits humains bafoués, embargos punitifs, jeux de pouvoir tortueux et complexes… Le secrétaire avait lui-même fait face à un grand nombre de configurations différentes depuis le début de son mandat, toutes plus cruciales les unes que les autres. Mais, pour celle-ci, il n’avait pas dormi de la nuit. Celle-ci ne connaissait pas de précédent dans l’histoire des Nations Unies.Il gravit les quelques marches de la tribune et se posta derrière son pupitre. Face à lui, le monde entier. Dans ses veines, la crainte d’une panique généralisée. Il ouvrit la bouche et sentit qu’elle était sèche. Il but une gorgée de son verre d’eau et s’adressa à l’assemblée d’une voix vibrante : Je vous remercie d’avoir répondu présent aussi rapidement. Comme vous le savez, nous faisons face aujourd’hui, tous sans exception, à une configuration inédite! Quels que soient nos pays, nos cultures, nos différends, le phénomène pangéen nous englobe et vient de prendre une tout autre dimension. Avec leur dernière vague d’attaques, lesRésis-terreont frappé fort… Trèsfort. Non seulement ils sont parvenus à détruire des centaines de sites « jugés polluants » partout à travers la planète, mais, pire que tout, leur mode opératoire a connu un terrifiant bouleversement, par leur recours à l’appui de nombreux enfants. Le monde a assisté à une agression inédite de sa civilisation. Il a vu sa propre progéniture prendre part au soulèvement et se sacrifier dans l’insurrection… L’opinion publique est secouée, ébranlée, et ne sait que penser. L’hystérie et le chaos sont à deux doigts de s’embraser, et le vrai problème… c’est que l’étincelle est imminente. Les trois séismes qui nous ont frappés, il y a quelques semaines, ont généré des perturbations dans le sous-sol, favorisant une remontée de lave dans plusieurs caldeiras. Deux d’entre elles, Yellowstone aux États-Unis et Asoau Japon…pourraient entrer en éruption. Un vent de stupeur passa sur l’assemblée et fit naître une rumeur fiévreuse que le secrétaire
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général s’empressa d’apaiser: Comme vous l’aurez remarqué, la presse n’a pas été convoquée à cette réunion. Elle ne l’a pas été, parce que nous sommes face à un cas de « sécurité mondiale». Étant donné l’état psychologique des populations, amplement aggravé par les propos du phénomène pangéen, il est impératifnous gardions notre calme et une discrétion absolue sur les informations et que échanges qui seront partagés ici. La panique doit être évitée à tout prix, et seul notre sens du secret et des responsabilités saura nous préserver du pire. Une vague de verres d’eau portés à la bouche témoigna de l’effet de cette introduction. Le secrétaire général avait rêvé toute sa vie de devoir un jour gérer une crise « mondiale » aux enjeux colossaux. Voilà qu’à présent, il le regrettait amèrement.Je cède la place au Professeur Reckelman, porte-parole de notre comité d’experts,qui va vous fournir toutes les explications attendues. Il quitta son pupitre comme s’il fuyait un terrain miné. Il croisa le regard de l’éminent chercheur qui montait le relayer et choisit de s’en remettre à son assurance. L’Humanité n’avait plus que la Science pour alliée. Le Professeur Reckelman, lunettes baissées sur le bout de son nez et feuillets à la main, se présenta face à l’assemblée. Il ne donnait aucun signe de nervosité,
comme si ses connaissances avaient le pouvoir de le protéger. Mesdames etMessieurs les Chefs d’État, représentants et délégués, comme vient de le préciser monsieur le secrétaire général, nous ne débattrons pas ici des élucubrations du phénomène pangéen, mais d’une situation bien concrète, avérée, qu’il est de notre devoir de traiter avec le plus de sang-froid et de réalisme possible, et pour laquelle mon équipe d’experts et moi-même avons des solutions à vous proposer. La lumière se tamisa et des images apparurent sur le mur s’étirant derrière lui. Découpes de caldeiras, chambres magmatiques, cheminées volcaniques, envahirent l’espace et toisèrent le scientifique de leur gigantisme. Il devint une ombre minuscule. Presque ridicule. Le supervolcan se trouvant sous le parc de Yellowstone, ainsi que celui d’Aso, au Japon, présentent d’inquiétants signes de réveil. La pression exercée sur la croûte terrestre s’est considérablement intensifiée au cours des derniers jours et menace de la faire exploser. Nous pensons qu’il est primordial de nous préparer à l’éventualité d’une catastrophe naturelle de grande ampleur dans les semaines, voire les jours à venir. Nous avons donc élaboré un scénario précis de ce qui pourrait se produire et de ce qui pourra être entrepris pour gérer la crise. Le représentant du Congo demanda la parole, qui lui fut accordée. Êtes-vous en train de dire que les Pangéens ont raison, et que nous devons bel et bien nous attendre à une fin du monde ?
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Bien sûr que non, répondit Reckelman. Ces enfants sont atteints d’une forme aggravée d’hystérie collective, consécutive aux séismes ayant frappé il y a quelques semaines. Leur panique a été récupérée par Guillaume Delage et a déformé leur sens de la réalité. Nous savons de longue date que la caldeira de Yellowstone, ou celle d’Aso, ou encore celle des champs Phlégréens se réveilleront tôt ou tard. Nous ignorions simplement quand. Mais tout événement peut être géré, Mesdames et Messieurs les Représentants et Délégués. Tout événement, a fortiori lorsqu’il est anticipé, peut être contenu dans ses conséquences et répercussions. Il est bien évident que l’Humanité sera sans doute lourdement impactée par une éruption si cette dernière se produit, mais nous ne disparaîtrons pas pour autant. Explications. Il se lança dans un long exposé sur le déroulement hypothétique d’une catastrophe et sur la façon dont il fallait s’y préparer. Froid, mental, clair, précis, il ne trembla pas, il ne transpira pas, il ne douta pas. Il lui était impossible de concevoir que l’espèce la plus avancée que la Terre ait jamais portée ne trouve pas le moyen de faire face à un cataclysme, lorsqu’il était brillamment devancé. Il développa plusieurs solutions permettant de protéger le monde vivant…une partiedu monde vivant. Dans l’assemblée, le choc fut grand, mais personne n’osa le montrer. Chacun fit mine de s’en remettre totalement aux propos du professeur, avec détachement et self-control. Chacun prit des notes avec application, le visage neutre et l’expression concentrée, alors qu’en fait, tous avaient l’impression de se noyer. Les représentants d’États s’accrochèrent à l’exposé comme des naufragés à une bouée. La tournure de la situation les dépassait largement et ils peinaient à l’accepter. Ils ruminaient questions et angoisses en silence.Jusqu’à ce que la déléguée du gouvernement israélien ne décidede briser le statu quo : Je voudrais revenir sur un point que vous avez omis d’aborder. Nombre de vos homologues ont identifié et isolé des cycles particulièrement réguliers quant aux catastrophes naturelles qu’a connues la Terre au cours des derniers millions d’années. Ainsi, j’ai noté que la caldeira de Yellowstone « dort» depuis un peu plus de 640 000ans, alors qu’elle était censée se «réveiller » au bout de 600millénaires. De la même façon, celle d’Aso explose tous les 30 000ans en moyenne et sa chambre magmatique se remplit à présent depuis 90 millénaires. Pourquoi maintenant ? Je ne saisis pas bien le sens de votre question. Comment se fait-il que ces cycles, et je ne vous parle pas seulement de ces deux exemples, semblent tous s’être «suspendus » pour finalement se recouper au même moment ? Ça ne vous interpelle pas ? Les cycles auxquels vous faites allusion ne sont pas aussi réguliers que vous le pensez,
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Madame la Déléguée. C’est un peu comme chez les femmes, il peut y avoir des décalages. Vous ne trouvez pas étonnant que ces réveils interviennent très exactement au moment où des enfants tentent de nous alerter sur nos fautes et manquements ? Comme je l’ai dit, il n’y a aucunement «concomitance » entre les Pangéens et les cataclysmes en préparation. Ces enfants sont le fruit d’un endoctrinement résultant de séismes antérieurs. Ce sont de jeunes esprits impressionnables, qui ont pris peur et ont tiré des conclusions erronées. Sauf que, si je ne m’abuse, insista-t-elle en relisant ses notes, les premiers signes de leur « hystérie » ont été repérésavantles tremblements de terre, non ? La salle de l’ONU semblaentrer en apnée et Reckelman commença à s’impatienter.Où voulez-vous en venir ? Même lorsque nous pensons savoir, nous découvrons, la plupart du temps, que nous n’avons rien compris. Nous avons fait fausse route de nombreuses fois dans notre étude du monde, du cosmos, de la vie en général. Je dis que le phénomène pangéen et les avertissements qu’il véhicule mériteraient bien une analyse sérieuse et impartiale plutôt que mépris et dénigrement. L’ère anthropocène ne peut plus dissimuler son impact délétère et son échec. Peut-être tous ces événements sont-ils effectivement censés nous forcer à faire preuve d’humilité? Peut-être sommes-nous bel et bien en présence de notre « dernière chance », en lieu et place de notre dernière heure? Pourquoi se préparer à l’imminence d’une catastrophe en snobant les propos de ces enfants, et faire fi du lien qui pourrait les rattacher ? Les fauteuils de cuir se mirent à couiner. Elle venait de formuler tout haut ce que beaucoup n’osaient même pas penser, mais le Professeur se chargea de neutraliser la perplexité: Nous sommes ici pour anticiper l’explosion de deux supervolcans, Madame la Déléguée. C’est concret, réel, ça se passe de toute élucubration. C’est sur ce point qu’il faut nous concentrer, pas sur des théories fumeuses, dont l’étude ne constituerait qu’une pure perte de temps, temps dont nous manquons cruellement ! Et si c’était dans notre prise de conscience de la nécessité d’un changement de civilisation que reposait notre salut ? Mais enfin, qu’êtes-vous en train de suggérer? Qu’une planète a des intentions? Une volonté, des capacités de jugement ? Que des enfants peuvent luiparler et qu’il existe un moyen de la « raisonner »? Tout ça n’a rien de scientifique, il s’agit de délires infantiles! Ce qui est scientifique, en revanche, c’est de prévoir et organiser la réponse que fera l’Humanité à un événement naturel qui pourraitgrandement affecter son état d’espèce avancée. C’est là-dessus que nous devons concentrer notre énergie, pas sur les divagations de gamins prisonniers de
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l’emprise d’un gourou! Il avait presque crié. La représentante israélienne serra les dents. Autour d’elle, par peur, par confort, par fainéantise, on préféra choisir le camp de la science et de la connaissance, pour oublier doutes et atermoiements. Maintenant, si vous le voulez bien, je vais poursuivre, termina Reckelman. La femme s’adossa à son fauteuil en soupirant et l’exposé reprit son cours, sans que plus rien ne vienne le remettre en question.
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Une rage puissante émanait de la maison. Quelque chose de bouillonnant, d’enfiévré, attendait impatiemment de déferler et se jetterait sur elle aumoment même où elle franchirait l’entrée, c’était limpide. Annoncé.Elle gravit les marches comme si elle montait à l’échafaud. La fureur passait à travers les murs, tels des bras noueux cherchant à l’agripper. Elle avait souhaité de toutes ses forces ne jamais avoir à remettre les pieds ici, mais ses actes la ramenaient à son point de départ, cruels complices du désespoir. Sa mère lui ouvrit la porte et, aussitôt, Lily se plia en deux, évitant de justesse la gifle monumentale qui lui était destinée. La main de son père alla claquer le mur et lui arracha un cri hystérique. Espèce de petite garce ! hurla-t-il, en se précipitant sur sa fille. Arrête! tenta de s’interposer Sara.Lily s’échappa à l’autre bout du salon, mais vit son père, les yeux injectés de sang, fondre sur elle. Comment as-tu osé ? Tu nous as trahis ! Tu nous as détruits ! Tu es le diable incarné ! Une erreur de la nature! Tu n’es plus notre fille! Il réussit à la saisir et se mit à la secouer avec violence. Lily eut l’impression d’être happée par un ouragan et brassée dans tous les sens. Des claques puissantes s’abattirent sur l’arrière de sa tête et elle ne parvenait pas à se dégager. Daniel, lâche-la ! Si tu ne la lâches pas tout de suite, je rappelle la police ! Il envoya valser l’adolescente qui chuta sur le sol.Sors d’ici! ordonna Sara à son mari. Sors ! Il toisa Lily de toute sa hauteur, rongé par l’envie de frapper encore. Mais un sursaut de lucidité lui fit soudain quitter la pièce. La porte claqua avec une telle puissance que les murs en tremblèrent. Sara aida sa fille à se relever. Ça va ? Lily se remit sur pied. Sa mère était venue la chercher au commissariat après plusieurs jours de garde à vue, à la suite de la plainte déposée par Daniel pour vol d’informations, effraction, agression, et elle était également soupçonnée de collusion avec un groupe terroriste. Son jeune âge lui avait permis de bénéficier d’un bon de sortie, mais elle se doutait de ce qui l’attendait. Dès
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l’instant où elle avait envoyé les codes d’accès à Rive, elle s’était définitivement rayée de sa propre famille. Sans regret. Tu pars cet après-midi, asséna Sara d’une voix étranglée. Ses vigiles vont te conduire à l’aéroport et te mettre dans un avion pour la Suisse. Je n’ai rien pu faire pour l’en dissuader. Ne prends pas cet air horrifié. Toute autre réaction m’aurait fortement étonnée.Comment as-tu pu nous faire une chose pareille ? Tu nous as plongés dans une situation cataclysmique ! Tu ne devrais pas employer ce mot-là à tort et à travers. Lily, tu réalises que c’est nos vies entières que tu as laminées en un claquement de doigts? Tu réalises que tu vas vivre sans nous, à présent ? Seule, loin de moi ? Je l’ai fait pour vous sauver! On l’a tous fait pour vous sauver! C’est grâce à nous que vous bénéficiez d’un sursis, d’une petite rallonge à mettre à profit, mais vous ne l’avez toujours pas compris. Nous avons calmé la Terre, mais ce n’est que momentané! Si vous persistez à croire que c’est nous le problème, tu découvriras très prochainement de façon très concrète, ce que « cataclysme » signifie réellement. Je refuse d’entrer dans ton délire.Alors, tu vas mourir. Sa mère resta figée dans l’incrédulité. Elle ressemblait à un lapin devant les phares d’une voiture. Lily avait espéré, sincèrement espéré, que son acte entraînerait chez ses parents un électrochoc ranimant leur conscience. Elle avait sincèrement espéré les voir admettre ce qui se passait et entamer le virage à cent quatre-vingts degrés qui pouvait tout changer. Mais non, rien n’y ferait jamais. Ils resteraient embourbés dans le déni et le caprice, à la manière d’enfants puérils et insolents. Elle décida de monter dans sa chambre et de s’y enfermer, pour y attendre son «châtiment ». Elle se laissa tomber sur son lit et, sans même avoir besoin de se concentrer, entendit les vibrations de la toile ! Le « la» qui s’en dégageait était terrible. Sombre, âpre, catastrophiquement négatif. Du monde entier, un inventaire déplorable s’élevait, fait de punitions, sanctions, incompréhension mêlées… Les Pangéens encaissaient de plein fouet le contrecoup de leur implication et, bien qu’ils aient réussi à générer un certain questionnement, ils n’en étaient pas moins devenus la honte de leurs parents, la déception de l’Humanité, le dangernuméro un de la société. Ils étaient désormais considérés au mieux comme des victimes d’endoctrinement, au pire comme des destructeurs inconscients. Mais il y avait une raison à cela. Une raison dont tous percevaient l’influence. L’opinion publique ignorait encore tout de ce que préparait la Terre. Il y avait quelque part une rétention de
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l’information qui conditionnait grandement l’issue des événements. Une rétention qu’il fallait briser de toute urgence. Lily se mit à déambuler intérieurement au milieu de la cacophonie, à la recherche d’une onde précise. Rive. Mais il y avait un tel chambardement qu’elle ne parvenait jamais à le trouver. Tout était enchevêtré, bruyant… Elle avait passé des heures pendant son emprisonnement à tenter d’entrer en contact avec lui, sans succès ! Elle sentit sa gorge se serrer et de noires pensées essayer de s’insinuer. Elle se releva d’un bond. Rive n’était pas mort. C’était impossible! Elle avait envoyé le code à temps, elle avait pris tous les risques pour que lui et ses compagnons survivent, il s’en était forcément sorti, forcément! Elle le retrouverait. Les Pangéens réussiraient à transformer l’Humanité et elle retrouverait le garçon qu’elle aimait. Tout finirait bien parce que c’était ce qu’elle voulait, ce qu’elle voulait plus que tout au monde ! Elle se réfugia à sa fenêtre pour se perdre dans la contemplation du jardin et souffla sur les vitres le brouillard de son espoir. Mais elle nota que les animaux aussi restaient cachés. Elle ne décelait plus leur présence, à euxnon plus. Pas d’oiseaux dans les arbres, pas de lapins l’espionnant à travers les bosquets, pas de chats ni de chiens errant dans l’allée… Que signifiait leur absence? Eux qui pressentaient toujours tout avec bien plus d’efficacité que quiconque, fallait-il voir dans leur retraite les prémices de ce qui suivrait ? Les Pangéens avaient pourtant fait ce qu’il fallait. Ils avaient tapé du poing sur la table et s’étaient impliqués sans concessiondans leur mission. Elle commençait à se demander si cela ne resterait pas insuffisant…
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