Les royaumes du Nord - Le Chaperon blanc : tome 1

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Livres
205 pages
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Description

Il y a bien longtemps, à cause de la peur des hommes, l'ensemble de la magie visible a disparu de notre existence, laissant notre monde triste et sombre.


Pour sauver leurs semblables de l'extinction, après leur diabolisation et survivre à la traque des chasseurs, des exorcistes et autres bourreaux qui les pourchassaient et les persécutaient, les créatures mystiques les plus puissantes ont dû unir leurs forces pour créer leur propre monde.
Aujourd'hui, notre monde se souvient de ces êtres fantastiques uniquement par les légendes et les contes d'autrefois.
Toutefois, une liaison avec la divination existe toujours, cachée à l'intérieur d'humains aux dons discrets, capables d'établir un lien particulier avec les immortels.
On appelle ces humains "les liens", ce livre raconte l'histoire du plus spécial d'entre eux "Le Chaperon Blanc".
Alya, fille des loups, leur nouvel espoir va diriger leur destinée vers un chemin inattendu en faisant la connaissance d'un être pour qui elle sera prête à tout risquer.


Mais jusqu’à quel point ?

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EAN13 9791034808717
Langue Français

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Le Chaperon Blanc Tome 1 Le Royaume du Nord
Pauline Lebrun Le Chaperon Blanc Tome 1 Le Royaume du Nord Couverture :Maïka Publié dans laCollection Imaginaire, Dirigée parPauline Monsarrat
©Evidence Editions2018
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Chapitre 1 Le grand jour C’était un magnique matin d’été. Dans le ciel d’un bleu sans nuages, le soleil dardait ses rayons. Le chant des oiseaux revenus sur les terres occidentales était apaisant. L’odeur des eurs des champs en pleine éclosion montait dans les airs. Elle était là, pensive, penchée à la fenêtre de sa chambre. Une voix raisonna dans l’escalier, la sortant de sa torpeur. — Alya, tu es prête ? Tout le monde t’attend… Oh, ma chérie, tu es splendide. Alya se tourna vers la psyché placée devant elle. Elle fut surprise par l’image de cette jolie jeune femme que lui renvoyait le miroir. Elle portait une robe bustier blanche ornée de broderies et de petites perles sur le haut. Le bas était tendu, fait de voile ivoire qui recouvrait ses jambes, ne laissant dépasser que les nes pointes de ses chaussures de la même couleur. Au milieu de la robe, une ceinture en satin venait mourir sur ses hanches et deux grosses eurs pendaient sur le côté droit de sa taille, deux plus petites étaient accrochées à son bustier. Un chignon travaillé maintenait ses long s cheveux à coups de barrettes en forme de papillons blancs et de eurs fraîches. Quelques nes mèches retombaient sur son visage. Son maquillage était très naturel et venait juste souligner ses traits féminins. Alya se retourna vers sa mère. Elle aperçut alors la erté qui brillait dans ses yeux ainsi que la petite larme sur sa joue. Après un bref instant d’émotion, celle-ci lui prit la main et l’emmena vers les escaliers . Alya descendit les marches. En bas, l’ensemble de sa famille l’attendait. Elle entendit : — Wouah ! — Magnifique ! Elle leur sourit. Avant même qu’elle ait pu parler, la sonnette de la porte retentit. Alya s’avança timidement vers l’entrée. En l’ouvrant, elle découvrit une arche décorée de plumes et de eurs blanches. Elle s’approcha encore un peu et aperçut un beau jeune h omme en costume noir, un magnique bouquet tombant à la main. Elle croisa son regard. Il la xait. Ses yeux brillaient devant l’émotion du moment et la beauté de sa future épouse. Il l’embrassa sous les acclamations de la foule présente. Elle vit une petite larme d’émotion rouler sur sa joue, en même temps qu’il contemplait son sourire envoûtant. — C’est l’heure, les amis, leur rappela leur chauffeur. Elle se détourna pour admirer la décapotable noire, décorée pour l’occasion. Lorsqu’elle vit l’étroite place à l’arrière du véhicule, elle se félicita d’avoir choisi une robe droite avec une toute petite traîne. Après quelques minutes, elle arriva à destination. Elle observa cette belle ég lise et apprécia le son des cloches qui l’appelaient à entrer. Elle souleva sa robe et s’approcha du portail d’entrée. Une petite lle et un petit garçon avaient lancé des pétales de roses blanches sur le sol. Elle pénétra dans l’ég lise et elle sentit tous
les regards se poser sur elle. Les murmures s’estompèrent. Elle vit, au bout de l’allée, cet homme avec qui elle partageait sa vie depuis déjà dix ans et qu’elle connaissait depuis l’enfance. Il la regardait comme si elle était la plus belle femme du monde et c’était ça qu’elle aimait le plus chez lui. Elle se sentait importante à ses côtés, utile. Pendant qu’elle marchait dans l’allée, elle ne regardait que lui an d’éviter que le stress et les angoisses ne la fassent suffoquer. Elle arriva enfin près de lui. Il murmura à son oreille : — Tu es belle, je t’aime. Alya sentit ses joues roug ir. Le prêtre commença la cérémonie. Cet homme était un ami de la famille depuis toujours. Il connaissait Alya depuis l’enfan ce. Il avait vu cette jeune lle simple et sociable se transformer peu à peu en femme et attirer, malgré elle, l’attention et, souvent, la convoitise. Alya était plutôt ne et jolie. Cependant, ce n’était pas la seule raison pour laquelle elle accrochait les regards. Elle était un centre de gravité. Sa gentillesse naturelle et sa joie de vivre faisaient d’elle une personne attrayante. Malgré sa maladresse et son manque de délicatesse, elle arrivait tout de même à être gracieuse et douce. Le prêtre sourit, s’étonnant de voir cette jeune lle habituellement si émotive, être si calme et sereine. Il savait qu’Alya était une empathique et que tout ce qui se passait la touchait avec bien plus de forces que les autres. Lorsqu’elle était enfant, le prêtre l’avait surprise en larmes dans le grand parc. Il s’était approché d’elle et, tout en la prenant dans ses bras, il lui avait demandé la raison de ses pleurs. La petite lui avait montré un oiseau étendu sur le sol. — Il a mal, répétait-elle. Le prêtre lui avait alors expliqué que l’oiseau était parti et ne sou;rait plus désormais. Alya le regarda et lui avait dit : — Pas la maman, le bébé, là-haut, il a peur, il a faim, il a froid et il veut sa maman. Le prêtre leva les yeux et aperçut un oisillon piaillant à peine. Tout étonné, il monta dans l’arbre, attrapa le nid et le cona à Alya. Il savait que l’oisillon, sans mère, avait peu de chance de survivre, mais il ignorait quoi faire d’autre. Quelque temps plus tard, alors qu’il rendait visite aux parents d’Alya, il était allé la trouver dans sa chambre. L’oisillon était en vie et avait bien gran di. Il avait regardé Alya, incrédule. La llette lui avait expliqué qu’elle avait volé des vers de vase à son grand-père et qu’elle avait utilisé sa lampe de bureau et un linge pour réchauffer et nourrir l’animal. Il lui avait demandé : — Tu vas le garder ? — Non, il veut partir pour rejoindre les autres. — Alya, tu parles aux animaux ? avait demandé le prêtre, incrédule. — Non, je ressens ce qu’ils ressentent. Le prêtre avait été impressionné par cette llette de cinq ans et ce don qu’elle semblait posséder. Plus tard, elle avait toujours su trouver les mots avec les autres, comme si elle les comprenait, comme si elle connaissait leur douleur et leur sou;rance. Mais cela avait un prix. À l’adolescence, elle semblait porter tout le poids du monde sur ses épaules et l’humeur des personnes qui l’entouraient avait, sur elle, un e;et dévastateur. C’était à cette période qu’elle s’était rapprochée de Pavel. Ce jeune garçon était depuis toujours attiré par Alya, comme beaucoup d’autres. Il était fasciné par cette demoiselle. Pavel avait su briser la carapace qu’elle s’était
créée avec le temps, lui apprendre à sourire et à aimer sans peur. Le prêtre était er de célébrer leur union dans cet te ég lise qui les avait vus grandir, ainsi que leur complicité et leur amour. Après une magnifique cérémonie, un repas avait été organisé dans la salle des fêtes du village. Alya sortit de la voiture et découvrit les arbres, bordant l’entrée, remplis de papillons blancs et d’étoiles argentées. En s’avançant, elle s’émerveilla sur la salle qui était décorée du sol au plafond. Les tables étaient nappées de blanc. Sur un chemin de table gris, des vases en forme de boules transparents renfermaient des eurs de lys blanches fraîches. La vaisselle était sobre et élégante. Le plafond était recouvert de boas argentés se rejoignant au centre, où on trouvait d’énormes boules blanches accompagnées de fleurs fraîches. Alya s’avança vers l’arrière-cour. De nouveau, les arbres étaient décorés. Un joli chapiteau blanc abritait des tables également drapées de blanc pour accueillir les invités qui viendraient les congratuler et porter un toast à leur félicité. La soirée s’annonçait magique, tout ce dont les jeunes mariés rêvaient.
Chapitre2 Le passage La soirée fut émouvante et pleine de bonne humeur. Le repas chaud servi à table était délicieux et l’ensemble des invités salua le traiteur. L’ambiance était joviale. Depuis toutes ces années, le couple avait acquis un nombre d’amis important et il était très apprécié dans le village. Alya était une "erté pour sa famille, elle avait brillamment réussi ses études, avait eu son permis de conduire du premier coup. Elle se battait toujours pour obtenir ce qu’elle souhaitait. Elle avait un caractère fort et un tempérament tenace. Au cours de la soirée, une musique retint l’attention d’Alya. De nombreux souvenirs remontèrent à sa mémoire. Comme le jour où Pavel avait en"n trouvé le courage de l’embrasser pour la première fois après deux ans d’amitié. Ou encore, Pavel à genoux, cinq ans auparavant, la bag ue de Lucinda, sa grand-mère paternelle, dans un écrin rouge. La douce voix de Pavel la ramena dans le moment présent : — Alya, m’accorderais-tu cette danse ? Pavel était grand, blond. Il avait des orig ines rus ses du côté de son père. C’était un charmant jeune homme, surtout à cause de ses magnifiques yeux d’un bleu turquoise dans lesquels il était facile de se perdre. Il savait que cette première danse était dicile pour sa sensible Alya. Elle avait perdu son père très jeune. Suite à cette épreuve, la mère et la fille s’étaient rapprochées et vivaient une relation fusionnelle. Il la serra doucement dans ses bras et lui dit : — Je serai toujours là pour toi, nous sommes une famille désormais. Alya le "xa, il la serra un peu plus fort comme pour marquer sa possession et lui dit encore une fois à quel point elle était belle. Elle se sentait si bien dans ses bras. C’était un cœur sauvage, elle vivait dans son monde. Son extrême empathie n’avait pas toujours été facile à gérer. Elle avait dû apprendre à fermer son cœur pour ne pas sou4rir déraisonnablement. Pavel s’en était accommodé. Il savait qu’elle était un esprit libre et, vu qu’il était éperdument amoureux d’elle depuis leur premier regard, il avait appris à vivre avec. Il n’ignorait pas que, dans un couple, il y en avait toujours un des deux qui aimait plus que l’autre. Alya devait lutte r contre ses propres démons chaque jour. Il voulait simplement être présent pour la soutenir, c’était quelqu’un de bien. Il l’embrassa tendrement et lui murmura à l’oreille :
— Madame Bouriakov. Alya sourit. Elle n’avait pas encore eu le temps de réaliser qu’elle était mariée à présent. Elle regarda son alliance. Elle n’était pas vénale et n’avait aucun besoin de marques, de bijoux hors de prix, elle était simple. Elle connaissait mieux que quiconque ce qui était vraiment important. Les gens qu’on aimait, les moments partagés avec eux. La vraie beauté se trouvait dans le cœur. Pavel, qui la connaissait bien, appréciait cette authenticité. Après toutes ces émotions, la mariée eut besoin de s’isoler un peu. Elle sortit discrètement de la salle et avança vers les arbres de la forêt qui bordaient le village. Elle marchait lentement. Il faisait plutôt doux, vu l’heure tardive. Soudain, elle stoppa net. Face à elle, à un mètre à peine, un majestueux loup la "xait. Leurs regards se croisèrent durant de long ues minutes. L’animal s’approcha doucement. Alya sentit qu’il ne lui voulait aucun mal, il baissa la tête. La jeune femme lui atta l’oreille droite. Il lui rendit sa caresse en frottant sa tête contre sa paume. Elle était subjuguée. Cet animal était depuis toujours celui qui la fascinait le plus. Ce loup était simplement immense. Sa tête arrivait au niveau de celle d’Alya. Bien sûr, elle n’était pas très grande, mais, tout de même, c’était impressionnant, du jamais vu. Son pelage était clair, dans les tons beiges avec des touches de chocolat un peu plus soutenues. Son museau était brun sur le dessus et couleur neige sur les côtés, ce blanc remontait sur sa tête, sa tru4e était noire. Des oreilles pointues venaient terminer cette silhouette des plus majestueuses. Il voulait qu’elle le suive. Elle entendait sa demande. Il n’avait aucune agressivité envers elle. Elle jeta un bref regard derrière elle, des gens fumaient et riaient à l’entrée de la salle. Le loup se "t plus pressant, en poussant sa main avec sa tête. Elle le regarda et prit la décision d’accéder à sa requête. Dans son cœ ur, elle ressentait un appel irrésistible. Elle avança prudemment, s’enfonçant dans la forêt. Le loup semblait très attentionné envers la jeune femme. Il marchait lentement, choisissant les chemins les plus sûrs à travers les racines et autres pièges. Elle était juste derrière lui. Soudain, la bête stoppa net. Il se mit à airer le sol. Il releva brusquement la tête et vint se placer sur le côté droit de la jeun e femme. Un bruit très sourd retentit. Elle se retourna et découvrit un ours brun s’approchant d’eux avec un air féroce. Le loup se plaça juste devant Alya et grogna sévèrement. L’ours sembla surpris à son tour face à cet animal aux mensurations démesurées et "t marche arrière. La créature se mit à hurler en levant la t ête vers la lune. Ce fut à ce moment que la jeune femme remarqua que celle-ci était pleine. Elle s’approcha et lui caressa de nouveau la tête en g uise de remerciement. Il se frotta contre elle et reprit la route. Après quelques minutes de marche, le canidé s’arrêta en"n. Devant eux, un portail. De l’autre côté, on entrevoyait une forêt également, mais tout était di4érent. Elle semblait mag ique. Alya était irrésistiblement attirée par cette porte, comme si son destin l’appelait. L’animal la regarda longuement comme pour l’inviter à le suivre et traversa. Il l’attendit de l’autre côté. Elle se "gea quelques minutes, mais l’appel était trop fort et elle finit par franchir le passage. Elle arriva dans une forêt enchantée. Tous les contes de son enfance semblaient y vivre. Elle s’émerveilla