Misère au point

Misère au point

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Français
186 pages

Description

L'homme qui met un point final au manuscrit de ce livre en 1985 a trente ans. Il a connu les dernières années de la colonie et les premières de l'indépendance, années d'aisance. Adolescent, il a vu se développer des processus de la Seconde République, authenticité, zaïrianisation, etc. Le jeune adulte voit en revanche se révéler l'envers du Régime du président Mobutu et de ses illusions, et le pays
aux ressources considérables basculer dans la pauvreté.
Marc Quaghebeur

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Date de parution 03 juillet 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140153310
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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C o l l e c t i o n encres noires
JeanClaude KANGOMBA LULAMBA
MISÈRE AU POINT Roman
Préface de Bernard Gourmelen
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MISÈRE AU POINT
Encres Noires
Créée en 1990, la collection « Encres noires » est consacrée à la publication d’œuvres littéraires (romans et nouvelles) d’auteurs africains vivant sur le continent ou issus de la diaspora. Son catalogue recèle de nombreux titres devenus depuis des classiques de la littérature africaine d’expression française.
Déjà parus
Boris Anselme TAKOUÉ,Sylvia, la fille aux yeux bleus, 2020
Siyad Mahamoud (Safia),Lueurs infernales, 2020. Duma di Bula (Gampoko),Congo mater, roman, 2019. Nguidjol (Antoine),La nonne amoureuse, et autres récits, 2019. Allah (Alexis),Les larmes du marigot,2019. Noga (David),Le Prodige de Gnangba, 2019. Nguidjol (Antoine),Congo.Le passé présent. Récits, 2018. Somé (Penou-Achille),Chroniques du village de Téngnule au Burkina Faso. La vie extraordinaire d’un village ordinaire, 2018. Mova Kawen (Sosthène),Parcelles de vie (nouvelles), 2018. Nguidjol (Antoine),Tarah ou la mémoire des lieux avec mon père, 2018. Tiofack T. (Julian),Les Noces féroces,2018. Diarra (Véronique),Shuka, la danseuse sacrée, 2017.
 Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site http://www.editions-harmattan.fr
Jean-Claude KANGOMBA LULAMBA
MISÈRE AU POINT
Roman
Préface de Marc Quaghebeur
Première édition : Editions Impala, B.P. 1607, Lubumbashi (Zaïre) e Dépôt Légal n° 236/88 — 3 trimestre ©Presses Universitaire de Lubumbashi Deuxième édition 2020 e 4 niveau du Building Administratif de l’Université de Lubumbashi Lubumbashi – RDC | www.unilu.ac.cd Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit des éditeurs, de reproduire le présent ouvrage pour des fins commerciales.
© L’Harmattan, 2020 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique,75005 Paris
www.harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-20592-2 EAN : 9782343205922
« Il est autant ridicule de croire à ces rêveries que de nier l’incroyable efficacité de l'ascension onirique vers le réel. »
J-C K.L.
Préface Quand les mots violent L’homme qui met un point final au manuscrit de ce livre en 1985 a trente ans. Il a connu les dernières années de la colonie et les premières de l’indépendance, années d’aisance. Adolescent, il a vu se développer des processus de la Seconde République, authenticité, zaïrianisation, etc. Le jeune adulte voit en revanche se révéler l’envers du Régime du président Mobutu et de ses illusions, et le pays aux ressources considérables basculer dans la pauvreté et la débrouille au jour le jour, pour la plupart de ses habitants du moins, alors qu’une infime partie de la population entrait en possession des fortunes typiquement compradores destinées à la jouissance immédiate, et non au réinvestissement économique national. « Servir, oui ! Se servir, non ! », disait la propagande du MPR (Mouvement Populaire de la Révolution). On vit rarement les faits infirmer à ce point les mots ; et le langage réduit en conséquence au vent mauvais des formules creuses, mais sonores. Dans son remarquable ouvrageLe corps glorieux des êtres et des mots(1994), Valentin-Yves Mudimbe a fort bien décrit comment se mit alors en place un « ordre de discours » totalitaire qui se présente « comme un recommencement absolu », discours qui « n’a aucune prise sur le réel, malgré son ambition de se présenter comme discours d’explication des contingences socio-économiques ». Un discours qui opère donc, « uniquement, dans l’imaginaire », et constitue une « élision et négation de la réalité » (p. 191-192). Or notre auteur s’est trouvé dans sa jeunesse avec un spirituel concret, dont on peut discuter la théorie, non l’idéal : l’auteur deLa Philosophie bantoue, le père Placide Tempels dont son père est un disciple et un ami. Il a reçu
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ensuite une excellente formation au Petit Séminaire de Kanzenze puis au Séminaire interdiocésain de Lubumbashi, qu’il quitte pour achever ses études supérieures en 1981. Il n’imagine pas qu’une dizaine d’années plus tard, les déchaînements ethnocidaires l’amèneront, lui et les siens, à devoir quitter le Shaba/Katanga pour un Kasaï ancestral dont ils n’ont aucune mémoire.Une Odyssée ordinaire(Ecrituren° 59. Afriques) relate brièvement cette odyssée -L’Enfer kasaïen de Kolweziconstituant un (2000) témoignage exceptionnel sur une réalité aujourd’hui largement passée sous silence. Là encore surgira une figure de résilience concrète, à la dimension intellectuelle et spirituelle incontestable, la sœur Bibiane Tshibola Kalengayi qui fondera le CELIBECO (Centre d’Etude des Littératures belge et congolaise) et, avec moi, la revue « Congo-Meuse », dont Jean-Claude Kangomba Lulamba sera un des collaborateurs réguliers avant d’en prendre, récemment, la direction. Lors du colloque « Ecriture et Démocratie. Les francophones s’interrogent », organisé les 18 et 19 février 1993 au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris, la sœur Tshibola tenait des propos exemplaires sur la femme zaïroise. Son exposé, fondé sur une enquête, mit en relief le courage, la responsabilité et la lucidité des femmes zaïroises, socle d’une société dans laquelle les hommes sont souvent victimes du divorce entre les mots et les choses. Misère au point de Jean-Claude Kangomba voit le jour après que la génération du Mont Amba, celle des Mudimbe, Ngal, Ngandu, Ndaywel et autres, a donné des assises prestigieuses et structurées à la culture du plus grand pays francophone d’Afrique noire ainsi que des instruments de réflexion bien utiles aux façons de repenser les questions africaines après les Indépendances, et nonobstant les régimes qui en hypothèquent le devenir. L’esthétique romanesque des années 1980 entame en effet une évolution
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