Nano Weapon

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250 pages
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Après que le drone fut repassé au-dessus d'eux, Jenny murmura: — J'ai besoin de toi pour trouver ce qu'ils cachent et le rendre public, comme ça ils ne seront pas morts pour rien. Patrick se risqua à la regarder dans les yeux. Le vent léger chargé de pollens avait l'odeur des tendres années. Le parfum des ports bretons, des pizzas réchauffées au four à micro-ondes, du thé à la bergamote que Jenny buvait tous les matins. Il se laissait bercer par cette douce mélancolie lorsque l'angoisse qui l'avait fait paniquer et monter sur le toit glissant lui noua subitement l'estomac. En bon scientifique, il ne pouvait plus se mettre la tête dans le sable, la vérité sautait aux yeux. Salma et ses acolytes ne l'avaient pas quitté des yeux durant ces dernières années. Son ordinateur et son téléphone étaient sûrement truffés de programmes espions. Des amis proches étaient probablement des agents secrets, Mathieu? Camille? Maître d'un scénario aussi implacable qu'effrayant, aussi inattendu qu'éprouvant, P. Brechbuhl compose avec "Nano Weapon" un thriller d'anticipation dans lequel se dessine, et pour le duo Patrick-Jenny, et pour l'homme en général, de sombres lendemains... Avancées scientifiques et dérives délétères de celles-ci, traque et manipulation, folie et passion: tous ces éléments s'imbriquent parfaitement, avec une mécanique quasi horlogère, au fil de ce roman qui captive autant qu'il nous interroge sur les capacités de l'humanité à devenir son propre fossoyeur.

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Date de parution 31 juillet 2014
Nombre de visites sur la page 33
EAN13 9782342026191
Langue Français

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Nano Weapon
Philippe Brechbuhl Nano Weapon
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0119644.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
I Quelque part au milieu de l’océan pacifique… Patrick se rendait tous les soirs à la pointe Ouest de l’île pour regarder le soleil plonger dans l’océan. C’était le seul moment durant lequel il s’offrait un peu de mélancolies. Le reste du temps il s’efforçait de ne penser à rien. Son pire ennemi n’était pas l’impitoyable nature qui l’entourait, mais la conscience que sa vie d’homme, dit moderne, avait éveillée. Pour ce qu’il avait à faire la cervelle d’un oiseau suffisait. Assis sur le sable, sa longue barbe et les cheveux agités par le vent, il restait immobile un long moment en laissant son esprit errer à sa guise dans les méandres de ses souvenirs. Quelques instants avant de disparaître, l’astre de feu formait parfois une sorte de grosse soucoupe volante qui semblait s’éloigner à une vitesse vertigineuse. Le soir de son six-cent-cinquantième jour de solitude, le soleil lui offrit le rare spectacle qu’il attendait. Après que l’engin spatial eut quitté la planète, il ressentit un picotement dans les yeux, son ventre se nouer, puis une voix de femme lui murmurer à l’oreille : — T’as vu ? On aurait dit une soucoupe volante ! Il avait rencontré Jenny lors d’un stage de voile en Bretagne. Assise à ses côtés à la proue d’un voilier, le visage fouetté par les embruns, elle avait prononcé cette phrase avant de se blottir amicalement contre lui pour se réchauffer. Après une minute qui leur sembla une éternité,
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ils se regardèrent dans les yeux pour faire ce dont ils avaient envie depuis des jours. Patrick saisit rageusement une poignée de sable avant de s’affaler sur la plage, le regard plongé dans les étoiles qui s’allumaient une à une. À cette heure – là, le sol avait la chaleur d’un corps humain. Après avoir fait l’amour dans les douches du port de Camaret, le couple avait passé une nuit blanche sur la plage à regarder le ciel, bien au chaud dans un duvet trop petit pour deux. — T’a vu celle-là ? Elle bouge, murmura Jenny. — C’est un avion ou un satellite, rétorqua Patrick. D’une main il creusait le sable chaud et de l’autre il caressait la nuque de Jenny. Lorsqu’arriva le moment où ils ouvrirent le duvet pour faire l’amour en plein air, la peau glacée par le vent, le naufragé poussa une longue plainte. Le bruit des vagues et le cri de Martin, l’oiseau qu’il n’avait jamais réussi à voir, le ramenèrent lentement dans le monde réel. Le dos couvert de sable et le ventre maculé des séquelles de sa rencontre avec le fantôme, il s’approcha de la rive en titubant. Lorsqu’il eut de l’eau à hauteur de la taille, il se laissa sombrer lentement dans le monde du silence jusqu’à ce que son instinct de survie le force à remonter. Le souffle court, bercé par les vagues, il aimait se prendre pour un poisson. Alors qu’il avalait puis recrachait de l’eau en gloussant, son attention fut subitement attirée par un objet flottant à la surface. Tout événement, même mineur, venant rompre la monotonie de son existence était une aubaine. Un sac plastique, un bidon, un morceau de bois pouvait stimuler son imagination pendant des semaines pour trouver comment utiliser l’objet. C’était une bouteille d’huile en plastic jaune, bouchée. Il regagna la plage à la hâte pour aller chercher une épuisette. Il fit
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