Opération Lupo Rosso

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Vito Borghese est le fils unique du Parrain qui représente Cosa Nostra en Sicile. Adriano Massarelli, dont les parents sont décédés, est élevé par Zio Marcello et son épouse, métayers de Don Borghese. La merveilleuse période de l’enfance, faite de défis, de bagarres et des premiers dangers, soudera une amitié indéfectible entre Adriano et Vito. Quand la guerre éclate, les deux amis ont à peine vingt ans et ils prennent la tête d’un groupe de la Résistance pour lutter contre la barbarie fasciste, jusqu’au débarquement des Alliés, en 1943.


Mais des drames viennent entacher la belle amitié entre Vito et Adriano. Après le décès de son père, Vito devient le nouveau Parrain de Cosa Nostra, Adriano quitte la Sicile et suit un colonel de l’OSS pour continuer la campagne d’Italie.


Vingt ans après, la French Connection bat son plein. Les Américains identifient l’un des principaux fournisseurs de drogue : Don Vito Borghese. Pour mettre fin aux exportations de stupéfiants, l’Opération Lupo Rosso est mise en place. Mais Lupo Rosso est surtout le nom de code de leur meilleur agent du Service Action : le colonel Adriano Massarelli !


L’amitié sera-t-elle plus forte que la guerre entre mafia et justice ? Et Vito Borghese, pourra-t-il choisir entre le serment de l’omerta et une amitié perdue depuis vingt ans ?


De plus, une sombre énigme appesantit le passé déjà bien lourd du clan Borghese. En Sicile, les squelettes ne restent jamais dans les placards et l’on finit toujours par les déterrer.


Même quarante ans après.

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EAN13 9782374534527
Langue Français

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Vito Borghese est le fils unique du Parrain qui représente Cosa Nostra en Sicile. Adriano Massarelli, dont les parents sont décédés, est élevé par Zio Marcello et son épouse, métayers de Don Borghese. La merveilleuse période de l’enfance, faite de défis, de bagarres et des premiers dangers, soudera une amitié indéfectible entre Adriano et Vito. Quand la guerre éclate, les deux amis ont à peine vingt ans et ils prennent la tête d’un groupe de la Résistance pour lutter contre la barbarie fasciste, jusqu’au débarquement des Alliés, en 1943. Mais des drames viennent entacher la belle amitié entre Vito et Adriano. Après le décès de son père, Vito devient le nouveau Parrain de Cosa Nostra, Adriano quitte la Sicile et suit un colonel de l’OSS pour continuer la campagne d’Italie. Vingt ans après, la French Connection bat son plein. Les Américains identifient l’un des principaux fournisseurs de drogue : Don Vito Borghese. Pour mettre fin aux exportations de stupéfiants, l’Opération Lupo Rosso est mise en place. Mais Lupo Rosso est surtout le nom de code de leur meilleur agent du Service Action : le colonel Adriano Massarelli ! L’amitié sera-t-elle plus forte que la guerre entre mafia et justice ? Et Vito Borghese, pourra-t-il choisir entre le serment de l’omerta et une amitié perdue depuis vingt ans ? De plus, une sombre énigme appesantit le passé déjà bien lourd du clan Borghese. En Sicile, les squelettes ne restent jamais dans les placards et l’on finit toujours par les déterrer. Même quarante ans après. ***
Gilles Milo-Vacérieu une vie bien remplie. Après des études de droit, il vit a pendant quelques années de multiples aventures au sein de l’armée puis entame une série de voyages sur plusieurs continents afin de découvrir d’autres cultures. C’est un auteur protéiforme, explorant sans cesse de nouveaux territoires. Le polar ou le thriller, le roman d’aventures inscrit dans l’Histoire ancienne ou plus contemporaine, les récits teintés de fantastique, se sont imposés à lui en libérant complètement sa plume de toutes contraintes et révélant un imaginaire sans limites. Au-delà d’une trame souvent véridique, le suspense et les intrigues s’imposent dans ses romans, apportant une griffe particulière à ses publications. Un pied dans la réalité la plus sordide, l’autre dans un univers étrange où tout peut devenir possible, Gilles Milo-Vacéri surprend ses lecteurs avec des textes au réalisme angoissant. Il aime conserver un lien étroit et permanent avec son lectorat, comme lors des dédicaces au Salon du livre de Paris, lors de rencontres en province ou grâce à sa présence sur les réseaux sociaux et son blog officiel qu’il anime très activement. Blog officiel Facebook Twitter
Opération Lupo Rosso
Gilles Milo-Vacéri
Les Éditions du 38
À mes Grands-Parents, aujourd’hui disparus, qui ont quitté un jour l’Italie, et m’ont offert mes plus beaux souvenirs d’enfance.
À mes tantes, Sandra et Antoinette, À ma cousine, Sabine, mon cousin, Thomas et leur famille, qui soutiennent aujourd’hui encore mes rêves d’adulte.
À toi, Caroline, qui as donné un sens à ma vie d’auteur, et une raison d’être à toute mon existence.
PROLOGUE
Juillet 1924, Palais des Borghese Ville de Noto, Province de Syracuse – Sicile Le grand salon était immense, riche d’un décorum qui n’avait rien à envier aux plus beaux palais vénitiens de ce début de siècle. Un peu ostentatoire, la richesse de la pièce soulignait l’importance du maître des lieux. Don Alessandro Borghese, la petite cinquantaine, était avachi dans un fauteuil, assommé par l’alcool. L’homme, un riche propriétaire terrien, possédait le plus grand domaine de la province de Syracuse. L’été était chaud et les murmures bruyants des insectes s’insinuaient par les fenêtres ouvertes aux volets clos. La canicule lui semblait plus supportable ainsi et la pénombre épargnait ses yeux injectés de sang. Surtout après avoir vidé seul une bouteille de grappa ! Il alluma un cigare et voulut poser le cendrier sur l’accoudoir, mais un mauvais geste l’envoya sur le tapis. Il marmonna quelques jurons bien sentis, se leva pour le récupérer et, jugeant le tapis plus confortable, il s’adossa contre son fauteuil en restant assis par terre, la bouteille vide dans une main, son cigare de l’autre, les jambes tendues devant lui. Don Borghese fut pris d’un fou rire indescriptible et ne s’arrêta plus, jusqu’aux larmes. Il finit par secouer la tête. — Mais pourquoi je ris, moi ? Sa tenue négligée ne laissait en rien deviner que l’homme était un des plus grands chefs mafieux, le maître incontesté de la province de Syracuse dans cette Sicile qu’il aimait tant. Plus d’une centaine de familles étaient à ses ordres et il possédait ainsi une des plus belles armées officieuses de l’île. Ne pouvant se relever, il cria : — Aldo ! Eh, Aldo ! Un homme entra et son arrivée provoqua à elle seule la chute de la température dans la pièce. Aldo Bertuzzi, son plus fidèle lieutenant, était à la tête de sa garde personnelle. Aldo se serait fait couper un bras pour lui. — Don Borghese ? Sa voix était exactement à son image, glaciale et sentant la mort à des kilomètres. Alessandro le contempla à travers les brumes de l’alcool. Costume noir impeccable, chaussures vernies, une cravate qui devait être aussi empesée que son col, les deux étant toujours placés au millimètre autour de son cou, Aldo Bertuzzi faisait peur même à des plus costauds que lui. En parfait sicilien, il n’était pas très grand, peu musclé, mais son regard arrêtait n’importe qui. De son visage émacié à la peau cuite par le soleil méditerranéen, on n’oubliait jamais ses yeux. Deux billes de verre bleu pâle qui vous fixaient comme ceux d’une saloperie de vipère qui s’apprête à vous mordre, songeait Alessandro en frissonnant malgré lui. — Aldo, dis à la petite nouvelle de m’apporter une autre bouteille de grappa ! Celle-ci est vide ! Don Borghese agitait sa bouteille à l’envers, faisant couler les dernières gouttes sur son pantalon déjà taché par le liquide foncé. — Quelle nouvelle ? Paola ?
L’homme assis sur le sol fit un simple signe de tête. Alors que le garde du corps s’apprêtait à sortir, Don Borghese le rappela : — Aldo ? Pourquoi suis-je bourré à ce point ? Son lieutenant sourit à peine, c’est-à-dire qu’un petit rictus élargit sa bouche de quelques millimètres alors que son regard restait vide de toute expression. Il répondit par-dessus son épaule avant de quitter les lieux. — Votre épouse a accouché ce matin, Don Borghese. Don Alessandro Borghese éclata de rire de façon tonitruante et tout lui revint à 1 l’esprit ! Lui, lecapo di tutti capide la province de Syracuse avait enfin eu un héritier et un garçon, fort heureusement. Il avait prévenu Olivia, son épouse. Si elle lui avait fait une fille, il la répudiait sur-le-champ car vu son rang, il en avait parfaitement le droit. L’Omerta imposait le respect des femmes et il appliquait son serment à la lettre, en l’aménageant de temps à autre, bien entendu. Cosa Nostra était exigeante avec ses membres. Don Borghese était l’un de ses bras armés les plus puissants, pas seulement en Sicile, et sa sinistre réputation s’étendait à l’Italie tout entière. Cette célébrité involontaire et non usurpée s’était forgée avec le temps et les autres Parrains tremblaient rien qu’à l’évocation de son nom. Alors au sein même de son domaine, au secret de son couple, Alessandro appliquait les mêmes règles. Il aurait découpé en dizaines de morceaux le premier homme qui aurait regardé son épouse de trop près, mais si sa femme avait accouché d’une fille, Alessandro l’aurait jetée à la rue, sans l’ombre d’une hésitation. Paola, la jeune femme de service entra à ce moment, portant à deux mains un plateau en argent sur lequel reposaient une bouteille de grappa et un petit verre. La jeune fille avait dix-sept ou dix-huit ans à peine, tout effarouchée et certainement encore vierge. Le Parrain l’avait acceptée à son service car ses parents avaient été 2 assassinés dans une guerre decosca, comme d’habitude. Le regard déjà enflammé, il aboya. — Pose ton plateau et apporte-moi la bouteille ici. Paola tremblait de tous ses membres et la posa à côté de lui. — Déshabille-toi ! La jeune femme de chambre était terrorisée mais on ne pouvait pas dire non à Don Borghese. Elle tenta malgré tout une ultime résistance en baissant la tête, les bras le long du corps. Alessandro n’eut aucune pitié. Il sortit un couteau de sa poche. — À genoux, devant moi. Combien d’hommes avait-il égorgés avec cette lame ? Il n’en savait plus rien. Sur le manche taillé dans un bois d’olivier de son domaine, il y avait une multitude d’encoches puis, une fois les deux faces remplies, il avait renoncé à compter. Paola s’agenouilla, les mains sagement posées sur les cuisses. Don Borghese jura grossièrement et en quelques coups de couteau adroitement administrés, il découpa le chemisier blanc et les sous-vêtements de la jeune fille. Alcool et sexe ont toujours fait mauvais ménage et si l’envie de dominer cette oie blanche était plus forte que tout, son corps ne suivait pas sa volonté. Alessandro contemplait les seins lourds et fermes de cette jolie rousse. Il les palpa, les tritura plus que de raison et l’empoigna par les cheveux, la forçant à se pencher vers lui. Trois coups discrets furent tapés à la porte. Puis on insista avec des heurts plus
prononcés. — Quoi ? Je ne veux pas être dérangé ! La porte s’ouvrit malgré tout. Un seul homme pouvait se le permettre : Aldo. Effectivement, son lieutenant s’avança et, imperturbable, s’adressa au Parrain : — Don Borghese, Silvio Agnelli est de retour. Alessandro fronça les sourcils et tout lui revint en mémoire. Il s’écarta de Paola, la repoussant brutalement. — Emmène-le à mon bureau, j’arrive. Don Borghese se releva et se rajusta alors que son lieutenant quittait le salon. — Toi, tu m’attends là, on n’a pas fini ! Sans un regard pour Paola, toujours dénudée et en larmes, le Parrain sortit. Étrangement, le retour aux affaires lui rendit toute sa lucidité et dans le couloir, malgré la quantité de grappa ingurgitée, il avait toute sa tête et marchait droit. * — Alors, Silvio, tout est fait comme je le voulais ? L’homme se tenait debout devant son bureau, Aldo derrière lui, un peu en retrait. Avant de lui répondre, son homme de main attendit que le Parrain soit assis à son bureau. Alessandro prit une cigarette, l’alluma et fixa l’homme face à lui. — Oui, Don Borghese, j’ai suivi vos ordres à la lettre. Le Parrain jouait avec un coupe-papier posé sur son sous-main. — Et le corps ? — Enterré où vous me l’aviez dit. Alessandro insista. — Et personne ne t’a vu ? — Non, j’ai bien fait attention. Vous savez bien, Don Borghese, que je suis votre 3 meilleure torpille ! Le Parrain sourit et se cala contre le dossier confortable de son fauteuil en cuir. — Et le colis, tu l’as bien livré ? L’homme fouilla sa poche de veste et en tira une feuille de papier pliée en quatre qu’il lui tendit immédiatement. — Tout est fait et je lui ai fait signer le contrat comme vous le souhaitiez. Don Borghese déplia doucement la feuille sans le quitter du regard puis il lut rapidement le texte en diagonale, car c’est lui-même qui l’avait rédigé. Il contempla la signature et fut satisfait de voir les lettres ensanglantées. C’était un pacte sur l’honneur, signé avec le propre sang du destinataire et quelques gouttes pourpres déjà sèches entouraient la signature. Il acquiesça, satisfait. — C’est bien. Assieds-toi, Silvio. Son homme de main prit place, soulagé. En général, s’asseoir devant le Parrain signifiait que l’on entrait dans ses bonnes grâces ou que l’on méritait des félicitations pour une mission menée à bien. — Tu veux boire quelque chose ? L’homme accepta et se détendit tout à fait. Le Parrain se leva en soupirant et alla ouvrir son bar où il servit un verre à l’aide d’une bouteille prise au hasard. Il revint vers
son homme qui lui tournait le dos et lui tendit le verre par-dessus son épaule. Pace e salute, Silvio ! dit-il à mi-voix, presque triste. Il dégaina, appuya très vite le canon du pistolet contre sa nuque et pressa la queue de détente. L’arme, un Colt modèle 1911 de calibre 45, aboya et la détonation fit un bruit épouvantable dans l’espace clos du bureau. Le nuage de fumée à peine dissipé, l’odeur de la poudre mêlée à celle du sang se répandait partout. Don Borghese alla se rasseoir. En soupirant, il ôta un débris d’os de la feuille et la relut, sans prêter plus d’attention à l’homme affaissé devant lui à qui il manquait maintenant la moitié basse du visage. Aldo désigna le cadavre d’un signe du menton, sans aucune émotion apparente. — Qu’est-ce que je fais de lui ? Le Parrain fixa le cadavre puis releva la tête vers son lieutenant. — Il est mort en homme d’honneur, je vais payer les obsèques et je prends en charge sa famille. Tu iras toi-même l’annoncer à sa veuve. Silvio avait des enfants ? Son second se gratta la nuque. — Deux ou trois, je crois. Je suis sûr qu’il a eu un bébé l’année dernière, nous étions au baptême, il y a peu de temps. Don Borghese hocha la tête. — Je paierai l’école pour ses gosses et tu feras attribuer une rente annuelle à sa veuve. Au cimetière, tu feras faire un caveau et je veux que toute la Famille soit présente à ses obsèques. Il se leva et alla enfermer son papier si précieux dans le coffre-fort massif qui ornait le coin, sur la gauche de son bureau. Une fois la porte refermée il se tourna vers lui. — Sais-tu pourquoi je l’ai tué ? Son lieutenant fit un signe de tête. — Oui, je pense que vous ne souhaitiez pas prendre de risques. Sa mission devait rester secrète à tout prix et le silence le plus sûr est celui de la tombe… Don Alessandro Borghese le contempla, surpris. Parfois, Aldo se montrait philosophe. — Et toi, as-tu compris les raisons de cette mission ? Tu sais que nous sommes les deux seuls à être au courant, maintenant… Aldo Bertuzzi ne dit mot et dégaina son arme dont il plaça le canon sous son menton. — Vous n’avez qu’un mot à dire, Don Borghese. Le Parrain regarda son homme, à peine étonné. Il savait que sur son ordre, son lieutenant se supprimerait immédiatement. Du coup, il songea que si sa loyauté ne pouvait en aucun cas être remise en cause, cet homme finirait un jour par devenir un problème. Il soupira. — C’est inutile, Aldo. Je te fais confiance… Va faire ce que je t’ai demandé. Son lieutenant rangea son arme et quitta le bureau. Don Alessandro Borghese prit une autre cigarette et se tourna vers la fenêtre. Dehors, il vit l’une des berlines Fiat 519 se diriger vers la sortie du domaine. C’était bien Aldo au volant. Deux hommes entrèrent dans son dos et prirent la dépouille de Silvio en charge, sans un mot. Quelques instants après, ce furent deux femmes de ménage qui vinrent nettoyer le bureau, ôtant toute trace du méfait. Le Parrain se sentit seul et eut une pensée pour son épouse, là-haut, dans sa