Otages

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222 pages
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Description

Cette histoire est une allégorie sur la niaiserie d'une jeunesse sortie du moule de la pensée unique. Grâce à la dérision et l'ironie l'auteur donne à voir la tragédie vécue par une jeunesse tiraillée entre la fibre patriotique et la lutte quotidienne pour sa survie. Dans ce roman, nous suivons trois personnages la représentant : Bakary, jeune homme écrasé par le poids de la tradition ; Deignan, grand défenseur d'une nation qui l'empêche pourtant de réaliser son projet ; et Légré, qui réfléchit différemment et s'en retrouve brimé et persécuté. Dans son livre l'auteur opère une rupture flagrante avec les normes conventionnelles du récit.

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Date de parution 02 décembre 2016
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EAN13 9782140024399
Langue Français

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BlaiseGUEITIÉOULÉ
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Otages
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Depuis deux décennies une nouvelle Afrique se dessine. Une Afrique qui rebondit et veut surmonter les séquelles de l’esclavage et de la colonisation. Cette nouvelle Afrique, indépendante, veut pleinement prendre son destin en main et refuse le dictat extérieur sous ses formes idéologiques, politiques et économiques. Dans cette dynamique elle entend maîtriser les rênes de son développement en se mettant à l’abri des multinationales qui, au nom de la mondialisation, réorganisent leurs hégémonies planétaires en piétinant sa souveraineté et en planifiant des conflits qui déstabilisent les États. L’ambition de cette collection/¶$IULTXH TXL VH EDWest de faire connaître et d’encourager le combat des Africains pour le respect des indépendances et des souverainetés des États africains, ainsi que leurs efforts dans la construction du panafricanisme. /¶$IULTXH TXL VH EDWveut soutenir et amplifier la lutte contre tout déterminisme et toute fatalité réductrice. Cette collection entend rassembler et valoriser toutes les initiatives des Africains dans les domaines culturels, intellectuels et scientifiques pour libérer leurs compatriotes des complexes de colonisés, des maladies endémiques, de la malnutrition, de l’ignorance et de la mal-gouvernance.
Déjà paru :
KOFFI Lazare,&{WH G¶,YRLUH  O¶pQLJPH GHV  PRUWV /D )UDQFH DX F°XU GX JpQRFLGH LYRLULHQ, 2016.
BlaiseGUEITIEOULEOTAGES
Préface de Koné YOUSSOUFInspecteur Général de l’Education Nationale
Du même auteur
Apatrides sur la terre de nos aïeux, éditions Vallesse, 2009
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10418-8 EAN : 9782343104188
A tous mes camarades syndicalistes.
Je dédie ce livre à tous mes camarades syndicalistes des années 1980 à 2000. En effet, avoir dit non à cette époque-là alors qu’il était plus aisé de dire oui, frisait pour la grande majorité dans l’opinion publique, la démence. Votre mérite a été d’avoir compris que l'unanimisme en politique est tout aussi dommageable que la négation systématique de l'ordre établi. Mieux, vous avez proposé que pour le même objectif on peut réfléchir autrement car à quoi cela aurait servi de former des cadres à grands frais, si ceux-ci doivent renoncer à l’exercice de la contradiction, levain de la dynamique du groupe ? GUEI TIEOULE
Préface
Quel redoutable honneur que celui-ci. L’auteur, qui se retrouve être mon condisciple de l’Université d’Abidjan, me fait l’amitié de me confier la rédaction de la préface de son œuvre. En pareille circonstance, on est partagé entre le souci de ménager l’ami ou le camarade au risque de tomber dans la flagornerie, la tentation d’endosser le manteau rigide du critique littéraire qui se garde bien de franchir les frontières de l’honnêteté intellectuelle, et le chic de la formulation de tissus de banalités insipides propre à ceux qui excellent à nager entre deux eaux. J’ai eu la chance de ne pas avoir à balancer entre ces extrêmes ; j’ai pris le parti de l’objectivité sans d’ailleurs avoir en cela le moindre mérite car l’œuvre se vend d’elle-même. J’ai eu un grand plaisir à lire OtagesBlaise Guéi Tiéoulé et j’ai été réconcilié avec l’idée de de littérature, la vraie. Dès le premier abord, on sent qu’on est bien dans une œuvre romanesque, dont l’auteur a le souci de la bonne tenue de la narration : réalisme des dialogues, soucis du détail, référents culturels parfaitement documentés, prégnance des contradictions sociales, choc des cultures… Ce sont autant d’ingrédients dont le mélange constitue ce cocktail explosif qui va alimenter l’histoire de Deignan, Bakary, Légré et des autres, avec en prime le carburant des passions (convoitise, jalousie, dénonciations calomnieuses, haine…). Evoluant dans le microcosme d’une école de formation pédagogique, les jeunes gens, à travers leurs tribulations, vont servir de prétexte à l’auteur pour décrire le monde de leur temps avec beaucoup de réalisme certes mais avec des accents qui, par moments, confinent au lyrisme. L’histoire de Gaspard, le tuteur de Deignan dans la capitale, n’est-elle pas l’illustration achevée de la cruauté de la société urbaine ? N’est-ce pas un procès sans concession qui est intenté à la tradition à travers la mort de la génitrice du narrateur ? La situation de Deignan, écrasé par les énormes besoins et attentes de tout un village, alors même qu’il n’a pas un début de situation professionnelle, est-elle autre chose qu’un réquisitoire impitoyable contre l’immense méprise de la société traditionnelle dans son appréhension du monde moderne ? Le lecteur vit tout cela comme par procuration, en ressent le pathos tout comme les moments de dérision, jusqu’à la frontière du burlesque.
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Bref, c’est du moins cela ma lecture ou, plutôt, un début de lecture personnelle, du roman. Par ailleurs, il y a comme une sorte d’inconstance, ou plutôt de dysharmonie, entre le statut social et la position politique de Deignan, le personnage-narrateur principal, d’une part et la teneur de son discours à certains moments critiques du récit, d’autre part. On le voit à travers le décalage entre l’ironie à peine voilée dont est enrobé son discours (surtout lorsqu’il parle de « son pays » ou de « ses dirigeants » et, par ailleurs, ses prises de position « patriotiques » contre le discours subversif de Légré. La comparaison récurrente et quasi obsessionnelle entre chaque fait vécu par les personnages et l’évocation d’une action coloniale ou néocoloniale de l’Occident contre l’Afrique devient, au bout du compte, lassante. Il en est de même de la rhétorique anti-France, anti-Banque mondiale ou anti-FMI. Ce sont autant de poids qui, à force de répétition, édulcorent la qualité de la narration. Nonobstant ces réserves, le roman de Blaise Guéi Tiéoulé se donne à lire avec beaucoup d’émotions. Et le lecteur féru de belles intrigues ne se repentira pas d’en avoir ouvert la première page. Le 11 janvier 2015
KONE YOUSSOUF
Inspecteur Général de l’Education Nationale
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Prologue  DEGUEH! Le Dêguêh ne nourrit pas ! Le Dêguêh ne rassasie pas ! Le Dêguêh ne désaltère pas ! On n'aime pas le Dêguêh Et pourtant On le boit Puis il conquiert. Et l'on est tout simplement en Dêguêh  Ainsi s'est exclamé Légré, après avoir vidé son troisième bol de Dêguêh. Ensuite, il s'est étonné que la télévision ne soit jamais parvenue à retransmettre en direct un hold-up. Et pourtant, a-t-il poursuivi, aujourd'hui mercredi, le quotidien La Voix du dialogue a publié le cinquième hold-up de la semaine, le septième assassinat du mois. Ne me demandez pas le nombre de portefeuilles volés par jour et sur chaque marché de la capitale. Voulez-vous savoir ce que fait la 1 police? Alors dêguêh! dit-il dans un éclat de rire. Il aurait fallu, estime-t-il, que nos policiers et nos journalistes soient formés par les Italiens ou par les Israéliens, qui pour spécialiser les uns dans le reportage sur les hold-up, qui pour parfaire les autres dans la lutte contre le terrorisme. Mais attention à la France, a-t-il continué. Si nous faisons cela, si nous osons faire cela, notre parrain la France va se fâcher. D'ailleurs, quelques années auparavant, lorsque notre ministre de la communication a commandé du matériel allemand, la France est entrée dans une colère terrible. Et notre président de la République, le chef du parti, n’a eu son salut qu'après avoir procédé rapidement à un remaniement ministériel. L'imprudent ministre en a fait les frais. Et c'est mieux ainsi. En effet, quand la France se fâche, cela équivaut exactement à la diminution des crédits à notre pays, à la hausse des taux d'intérêt de crédits précédents. Sans compter, bien entendu, le 1 Dêguêh: breuvage à base de mil et de lait caillé très prisé partout en Côte d’Ivoire. En revanche « être en dêguêh » est une expression populaire qui rend compte de l’état d’esprit de quelqu’un qui est résigné.
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