Plafond céleste

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135 pages
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Description

Après être revenue avec un guide de musée pour retrouver une gourmette perdue par sa fille, Delphine et le guide se retrouvent bloqués pendant trois jours dans la grotte qu'ils venaient de visiter quelques minutes plus tôt.


Enfermés dans le noir, ne pouvant sortir, ils paniquent et commencent à avoir des hallucinations...


Le guide cynique devient peu à peu une sorte de sage stoïque immobile cherchant à voir les étoiles à travers la roche.


Delphine, perdue dans sa vie et dans son couple, se transforme rapidement en une maman hyène décidée à abattre tous ceux qui se dressent sur son passage.


Après la découverte des deux survivants, leurs proches vont constater que de nombreux changements radicaux ont eu lieu, pour le meilleur et surtout, pour le pire...

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Ajouté le 27 septembre 2018
Nombre de lectures 4
EAN13 9782368452684
Langue Français
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©2018–ISEdtion

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51rueduRouet.1308Marseile

www.is-edtion.com

ISBN(Livre): 978-2-36845-267-7

ISBN(Eboks): 978-2-36845-268-4

ResponsableduComitédelecture: PascaleAverty
Directriced'ouvrageetcorections: iMaaPlu Di rina
Couverture/ ilustration(s): RebecaCovers/ t Photos, DeposietsrotkchStu

Colection«Romans»

Directeur: HaraldBénoliel

LeCodedelapropriétéintelectueleinterditlescopiesoureproductionsdestinéesàune
utilisationcolective.Toutereprésentationoureproductionintégraleoupartiele,faitepar
quelqueprocédéquecesoit,sansleconsentementdel'auteur,desesayants-droits,oude
l'éditeur,estiliciteetconstitueunecontrefaçon,auxtermesdel'articleL.35-2etsuivantsdu
Codedelapropriétéintelectuele.

THIERRYMORAL

– Il y a quelqu'un ?

IV

– C'est tout ce que vous trouvez à dire ?

– Silence, j'écoute. Alô?
– S'il vous plaît, vous pouvez arêterdesortirdesâneries?
– Merde !
– …
– Ça va, je me tais… mais vous écoutez quoi ?
– S'il y a quelqu'un.
– Et une fois que vous saurez qu'il y a quelqu'un, vous ferez
quoi?

– J'appelerai.

– Au secours !

4

– Inutile de vous jeter sur ceteporteentambourinantcomme
unedamnéesivousn'êtespascertainequ'ilyabienquelqu'unde
l'autrecôté.
– Mais pourquoi voulez-vous à tout prix savoir s'il y a quelqu'un
ounon?
– S'il n'y a personne, il est inutile de gaspilerdel'énergieen
appelantausecours.
– Vous n'alezpasmedirequedansvotregrote,iln'yapasune
procéduredefermetureoudesconsignesdesécuritéoudestrucs
dugenre?
– Si.
– Alors la personne chargée de la fermeture du lieu va venir
vérifierquetoutestenordre,elefiniraparnoustrouver,nous
libéreraetl'afaireseraenfinréglée.
– …
– C'est vous qui devriez esayerdemerasurer,pasl'inverse.
– …
– Pourquoi ce silence ?
– Je crois que ma colègueadécidéquec'étaitàmoidefermerla
maison.
– Quoi ?
– Vous n'avez pas entendu la groseenboutique,toutàl'heure?
– Non, je ne faisais pas atfnE …noitne ei, sinleétaitunpeu
groseenefet,etpastrèsagréable.Alorssijecomprendsbien,vous
êtesentraindemedirequec'étaitàvousdefermer,maisquevous
n'avezpaslesclés?
– …

5

– Répondez-moi !
– …
– Répondez, bordel !
– Pas besoin de frapper ceteporte,nimoid'aileurs!Laréponse,
vousl'avez.Oui,macolègueadécidéquec'étaitàmoidefermer.
Non,jen'aipaslesclés.
– Je rêve !
– C'est pourtant la vérité.
– Vous êtes complètement à l'ouest, vous !
– Je ne suis pas du tout à l'ouest. Ce n'était pas mon jour de
fermeture.J'aiprisladernièrevisitedanslaquelevousétiez.
J'atendaisdansmonbureauunedemi-heureavantlafindemon
service,saufquevousm'avezfaitappeler.
– Donc vous êtes venu ici pour fermer sans vos clés ?
– Mais c’est elequim’arefilélafermeture!Jenesavaismêmepas
quej'alaisdevoirredescendre!
– Et ça ne vous a pas traversé l'esprit que ça pouraitêtreutile
d'avoirvosclés,ouunbip,oujenesaisquoiencore?
– …
– Mais répondez-moi, merde !
– Vous la connaisez,laréponse.
– Trop fier pour avouer, c'est ça ?

– La fierté n'a rien à voir là-dedans. Le dire ne changera rien au
problème.

– C'est donc mieux de se taire ?

– Vous pouvez arêteravecvosquestions?

6

– Alors, non seulement vous m'entraînez dans votre propre
conneriedontvousêtesleseuletuniqueresponsable,maisenplus,
jesuispriéedelafermer?
– Je réfléchis.
– À quoi ?
– Aux solutions.
– Et ?
– Vous alezmefoutrelapaix,àlafin?
– Je rêve ! Je me retrouve enfermée dans ce trou par votre faute et
ilfaudraitquejelaboucle?
– Et pourquoi nous sommes ici, au fait ?
– Qu'est-ce que vous insinuez, là ?
– Depuis tout à l'heure, vous m'acablez,maisjamaisvousne
vousretournezlaquestion.
– Quele ?faute question ? Nonam ,j siêr e …ev sCeaierdet a m
– Indirectement, oui.
– In-di-rec-te-ment ?

– Si vous n'aviez pas perdu votre machin…

– Ce n'est pas un machin, mais le bracelet de ma file!
– Ouf, votre honneur est sauf, alors.
– Quoi ?
– Ce n'est pas de votre faute, mais celedevotrefile.
– Putain !
– Arêtezdecognersurceteporte,vousalezvousfairemal!
– Lâchez-moi, je frappe si je veux.
– C'est une porte coupe-feu, elenecéderapas!

7

– C'est pas vrai ! Au secours ! À l'aide ! Ouvrez ! Il y a quelqu'un ?
S'ilvousplaît!Aïe!Merde!
– …
– Je vous l'avais dit que vous finiriez par vous faire mal.
– …
– Vous sanglotez ?
– …
– Vous vous êtes blesée?
– …
– Tu m'emmerdes avec ta politese.
– Maman joue les rebeles?
– …
– Aïe ! Mais ça va pas, la tête ? Vous m'avez frappé volontaire­
mentlàoùçafaitmal!Pauvrefole!
– Je suis acroupie,tut'esapproché,falaitpasmeprovoquer.
– Qu'est-ce que vous faites acroupie?
– Je me pisedesus.
– …
– Alors, choqué le beau gose?
– …
– Tu vas où comme ça ? Atends!Jetevois!J'aiprismonpor­
tablemoi,aumoins!
– Gardez votre baterie: latorche,çaconsomme.

– J'ai plus qu'une baredetoutefaçon.Atendez-moi!

– Vous me brisez les couilesenmetutoyantetaprèsvousme
colezautrainenmevouvoyant?

8

– Vous alezoù,commeça?
– L'autre porte.
– Laquele?
– L'entrée.
– Faut faire tout le tour ?
– Mais non, suivez-moi. C’est par ici.
– Vous connaisezlechemin,jepeuxcouperleportable?
– Oui, ça va aler.Àforcedefairedesvisites,jepeuxlasuivreles
yeuxfermés,cetegalerie.Aïe!Mefoncezpasdesus!
– Faut avancer !
– Je tâtonne.
– Il tâtonne…
– Vous pouvez rire.
– Aucune envie de rire.
– Merde.
– Quoi ?
– On est alétroploin.
– Bon, je ralume.

– Donnez-moi ça.

– Pourquoi ?
– Je connais la route, moi.
– C'est mon portable.
– Vous vous croyez dans une cour de récré ? C'est mon mien ! Je
teleprêtepas!
– Sufit.
– Donnez.

9

– Voilà.
– Merci.
– De rien.
– Ah, je savais bien que je ne m'étais pas gouré de beaucoup.
– Vous trouvez ?
– Ça va…
– Non, ça ne va pas. Pas du tout, même !
– Taisez-vous, on ariveàl'autreporte.
– Il s'appelerevient.
– Le voilà.
– Mais faites atention!Çacoûtecher,cetruc.
– Chut… Ohé !

– Non, mais je rêve… Ohé ? C’est tout ce que vous avez en stock ?

– Ouvrez bordel, ouvrez !

– Ne recommencez pas, vous
alezvousfairemal!Maîtrisezvousunpeu,jevousprie.
– Vous me priez ? Votre politeseestd'uneindécence!
– …
– Qu'est-ce que vous faites ?
– Redonnez-moi votre portable.
– Non.
– Mais vous êtes vraiment conne !
– Ça va, ne m'insultez pas !
– Je croyais que la politesevoussaoulait?

– On n'a pas élevé les cochons ensemble.

10

– Ça se saurait. Bon, alors ?

– Alors quoi ?

– Le portable !

– Pour quoi faire ?

– Vérifier si, près de la porte, il n'y aurait pas un peu de réseau.

– Bougez, je vais le faire.
– Aïe, mes pieds !
– Metez-lesaileurs,jepase!
– Alors ?
– Rien. Ça ne marche pas votre truc.
– C'est la roche qui fait écran.
– Maudite grote.

– Elenousentereratous.
– Ça ne va pas la tête de dire des choses pareiles?
– Quoi ?
– Qu’elenousenterera.
– C'est objectivement vrai.
– C'est peut-être « objectivement » vrai, mais c'est « subjective­
ment»trèsdéplacédeledirevulecontexte!
– Le contexte ne change rien aux faits.
– Mais c'est bien un ensemble de faits qui constitue le contexte,
non?
– Maman fait de la philo.

– Faites gafe,jepouraisvousbriserl'autre.

– Vous avez le stresviolent.

– Et vous, il est comment votre stres?

1

– Pas agresifentoutcas.

– C'est sûr que la prétention, ça n'est pas violent au premier
abord.
– Prétentieux ? Vous n'avez que ce mot à la bouche.
– Si vous ne l'êtes pas, avouez alors que vous avez foiré.
– D'acord,j'avouequej'aifaituneereur.J'aioublié,ouplus
exactement,jemesuislaisésurprendreetjen'aipasréfléchi.Ça
vousvacommeça?
– Moi, je m'en fous. C'est pour vous.
– Avouer ne change rien.
– Donc, être sincère, c'est contre votre religion ?
– Non, mais ça ne m'a jamais rien apporté, alors j'évite autant que
posible.
– Vous devriez esayer,çaaideparfois.
– C'est vrai que vous êtes un modèle de sincérité.
– Faut que je sorte !
– Vous en avez de drôles…
– OK, on fait la paix un moment. Juste le temps de s'en tirer, et
après,ons'engueule.Çavousva?
– …
– Alors ?
– Quoi ?
– Contrat ?
– …
– Alors ? Contrat ?
– Mais c'est quoi ce truc, « contrat » ? Arêtezdemetoucher!

12

– Je ne vous touche pas, je veux faire un contrat avec vous !
– C'est quoi ceteconneriedecontrat?
– On fait ça avec les enfants.
– Je ne suis pas votre môme, lâchez-moi, merde ! Elemefrappe,
puiselemetouchelapauvremôman!
–.
– Aïe !
– Là, c'était volontaire.
– Mon pied, merde ! Des chausuresneuves!
– Vous préférez que je vise aileurs?
– Je me case.
– Où ?
– Là où vous n'êtes pas.
– Donc, je suis enfermée par votre faute et maintenant, vous me
lâchez?
– Écoutez-moi bien, ma petite dame : je suis ici sans mes clés,
sansmonbip,parcequ'onm'aappelésansmedirepourquoi.
Lorsquevousm'avezexpliquéquec'étaitàcausedevotrebracelet…
– Celui de ma file!
– On s'en fout ! Laisez-moiterminer!
– Non, on ne s'en fout pas ! C'est pas de ma faute !

– De votre file,alors?

– Non, de mon mari !

– Qu'est-ce qu'il a à voir là-dedans ?

– Pas vos oignons. Et vous, votre colègue?

– Quoi, ma colègue?

13