Sentinelle

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Description

Aka-Bô est l'un des derniers survivants de la tribu des Sentinelles, un peuple complètement isolé qui refuse tout contact avec le reste du monde. Il lutte pour la survie de ses congénères sur l'île de Sentinelle, perdue au milieu de la mer d'Andaman.


Un jour, un cyclone apporte des ordures de la « civilisation » sur le rivage. Aka-Bô, qui n'en n'avait jamais vues, ouvre un sac et y trouve un magazine. Sur la couverture, la photo d'un homme blanc. Fasciné, il le prend pour son dieu, Pugalat, que les Anciens décrivent comme un homme à peau claire. Il décide alors de pratiquer des transes pour le faire venir sur l'île.


Walter Teagarden, l'homme présent sur la photo du magazine, est cadre chez WIC, l'une des plus grosses sociétés américaines de conseil. Après avoir découvert les pratiques douteuses de WIC et de sa concurrente IWS, il se rend compte que ces manœuvres cachent quelque chose de bien plus grave encore, et cherche alors le moyen de donner une leçon à tous ces gens qu'il déteste...


Sociopathe, Walter Teagarden a toujours voulu vivre sur une île déserte. Sentinelle sera-t-elle sa destination ultime ?




Après le succès de "Wally Jazz" (IS Edition, 2015) et "L'écume du voyageur" (IS Edition, 2016), Jean-Bernard Lemal nous embarque dans un drame intense, inspiré de récents faits divers.




Ce qu'ils en ont pensé :


"Une lecture qui m’a paru assez étrange pendant les premières pages. Puis au fur et à mesure, j’ai souhaité en savoir davantage. Walter est un personnage que je n’ai pas apprécié au départ. Un homme froid, très cynique, et solitaire (par contre j’ai apprécié son humour noir). Mais bien vite on se rend compte de ce qui se cache sous sa carapace. Et finalement j’ai changé d’opinion en le découvrant vraiment. J’ai été touchée par le personnage d’Aka-Bô, par sa tribu. Ce peuple qui ne vit que pour cette île. Ce peuple qui pense qu’il n’y a rien après la barrière de corail. Lorsqu’il découvre parmi tout les déchets rejetés par la mer après le cyclone, un stylo, son attitude fasse à cet objet dont on se sert tout les jours, donne à réfléchir (pour ne citer que ce passage)." Laurie Lucas et ses Lectures



"Au fil de la lecture on est immergé dans une histoire tordue bien glauque et très plausible qui est facilement transposable à notre quotidien... L’intrigue est bien menée et monte crescendo, pour un final digne d’un bon thriller !"
Julit les Mots


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Ajouté le 22 mai 2017
Nombre de lectures 28
EAN13 9782368451380
Langue Français
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©2017–ISEdtion
51rueduRouet.1308Marseile
www.is-edtion.com

ISBN(Livre): 978-2-36845-137-3
ISBN(Eboks): 978-2-36845-138-0

ResponsableduComitédelecture: PascaleAverty
Directriced'ouvrage: MarinaDiPauli
Ilustrationdecouverture: LesSolot

Colection«Roman»
Directeur: HaraldBénoliel

LeCodedelapropriétéintelectueleinterditlescopiesoureproductionsdestinéesàuneutlisation
colective.Toutereprésentationoureproductionintégraleoupartiele,faiteparquelqueprocédéquece
soit,sansleconsentementdel'auteur,desesayants-droits,oudel'éditeur,estiliciteetconstitueune
contrefaçon,auxtermesdel'articleL.35-2etsuivantsduCodedelapropriétéintelectuele.

JEAN-BERNARDLEMAL

SENTINELE

RÉSUMÉ
(4ème de couverture)

Aka-Bô est l'un des derniers survivants de la tribu des Sentineles,un
peuple complètement isolé qui refuse tout contact avec le reste du
monde.IlutenitneS ed eîll'r sus renègés sec noruiv eedour la se ple,
perdueaumlieudelamerd'Andaman.
Unjour,uncycloneap la « civlrto eed srouder sedisation»surlerivage.
Aka-Bô, qui n'en n'avait jamais vues, ouvre un sac et y trouve un
magazine. Sur la couverture, la photo d'un homme blanc. Fasciné, i le
prend pour son dieu, Pugalat, que les Anciens décrivent comme un
homme à peau claire. Il décide alors de pratiquer des transes pour le faire
venirsurl'île.
Walter Teagarden, l'homme présent sur la photo du magazine, est cadre
chezWIC,l'unedesplusgrosc noesliiaen seds améric sociétése sèrpA .
avoir découvert les pratiques douteuses de WIC et de sa concurente
IWS, il se rend compte que ces manœuvres cachent quelque chose de
bien plus grave encore, et cherche alors le moyen de doneruneleçonà
touscesgensqu'ildéteste…
Sociopathe, Walter Teagarden a toujours voulu vivre sur une île déserte.
«Sentinele»serat-elesadestinationultime?

Aprèslesucèsde"WalyJaz"et"L'écumeduvoya
nousembarquedansundrameintense,inspiréderéc

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geur",Jean-BernardLemal
entsfaitsdivers.

PRÉAMBULE

La frontière entre ciel et mer a disparu dans un orage blanc, sans éclairs, sans
déluge.LacolèredePugalat,leDieuAndaman,alabaia's ttresurSentinele,
l'îleoubliée.
Un enfer d'écume argentée, un mur d'eau salée sauvage s'élevèrent au-desus
delabaruo ràlp és ee esor erutniec poe ictrecotprt ière de corali , «aLM rè e,»
veilersurlelagon.Unetempêtes'anen St.tienoainçle,l'îleéternele,devaitse
disoudresousl'asautdesrouleaux.
Lanuitombaàmidi.AcaB- ôA akrb,en arus ui sorouptendaitlapluie.
Bientôt650 nsau q eectecolineau-desus de'e l astitbrt ai al mlapiareed e
satribu.Cete dévaguant ferl elava as,sae lnt sel rusreitococagpl eese bls de t
noyantlescochons,étaitanéts'x auseois les séigufér tneiaour dunest ,cneé .rP
les branches les plus hautes des arbres de la jungle.
Aka-BôfaitpartiedelatribudesSentinel ,seu' nsneidrag mlae d dreoiém
universenvoiededisparti siupdes gevaris ceé obdrtia a'avren rangn étAucuon.
dessiècles.Ceuxquiosèrentfurentuséa d'e antvaêm mteindrelalsièredela
forêt.

Sentinele,c'estunroyaumeuniquesansouverain
bastion,l'ultimedestination.Onyvitcommeaupr
communiquepardesaitudes,desgestes,etdesmo

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etsansdynastie,ledernier
emierjourdel'homme.On
tsausi.Onsecaresele

visage pour se dire bonjour et on pleure des nuits entières pour fêter des
retrouvailestantdésiréesetexorciserlesoufncra aessénéesparl'absence.
Lesplusjeunesprengents garaa sade lsea .sL sn ,cneis den oigé âuspls tnese,
drigentdesclansetchoisentlesjeunesfilsel sep stnafne surLe. eslijos lu
s'atachentàtousetn'apartienentàperson seleL se .es ifemment nvit
guerne sreie èrol ce irfaà 'lmauo r àêmeml e sol pour calmeel r sruedra sru
beliqueuses.Ons'acoupleaumlirtse sua uedeleù oreeu'h l à ua tse lielos
zénith. La tiédeur de l'espace se mélange harmonieusement à celedescorpsen
fusion.
Sentinele, l'he deité,umantsl c e'tsrè eymatétur ple, es b el hnob rue'l àio n à
l'étatneutre.Demain,c'estuneheureouunean xued ,eé or.un méou uons coch
Combien de lunes et d'étoiles dans le ciel ce soir ? Autant que l'on désire pour
peu que l'on regarde jusqu'à se voir dans l'une d'entr eles.Iln'yapasdemiroir
surSentinele: À «cherchn boi uo qe qu mtue er les traits dem nov siga eupsi
resembles? ».

Latempêtepasr retireenemntleal eL .trper nogAka-ée, til ôBv s ee'uad ti se
couleurs aux nuances nacrées et la transparence des flots s'imposa enfin. Des
anciens racontaient l'histoire d'inondations dévastatrices, de vilagesdétruits,
d'enfantsnoyés,depoisiaa f hers roc feu. Leséuohcé sel rus phass onets iéyxli
s'éteindre maintes fois, mais un lézard et un chat sauvage ont su préserver les
braisesausommetdescolinesdeSentinel la dansbre cham 'dnuchnis ée, e
coquilage.
LefeuestlaseulericheseconuedeSentinel.eO n'lmeoptr ertpat ouecavoi s .
Aka-Bôausyc cLe. ensie lregétorp us tiavtia a avoal einportédansonsilage
des résidus de toute sorte, en provenance d'une civlisationencombréeparses
excès,vomissrev el naén.tque e êterépe dur sel se'dnuet sdansant céan l'o
Aka-Bô n'avait jamais vu d'ordures auparavant. La pluie emportait les restes
des repas, les noyaux des fruits, les matières fécales des hommes et des animaux
pourfairerenaîtrelesfleursetnouirlater. em aL erjetaitdespoisons,des
tortues, des crabes et des algues, mais jamais d'objets informes et sans nom.
Du bout de sa lance, avec méfiance, il triait à distance cet amas de morceaux
debois,deferailait iner Tout ét .nUs caet ,omtrbetu Rs.s,ee deguo.tia neib en
en plastique, transparent et clos, avait abrité de l'eau et du sel un magazine en
couleur,unstyloetuncarnetdenotes.

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Intrigué, Aka-Bô ouvrit le sac et déplia le magazine. Sur la couverture, il y
avait le portrait d'un homme blanc, ses yeux grands ouverts pointés vers ceux
d'Aka-Bô.Impresioné,ilej ea atol u .ni ntieedn en té attosepageLes cars du
viergesetlestylotoutneuf.Ledéclicdupousuq i'lcakA-aôB ,amr a ustiooina
avec la paume de la main. Après une dizaine de va-et-vient, il s'intéresaàla
biled'oùs'échapcae lure detrnm ,seton sia peu d'encre. Ilt ri anut artis ianu t
celan'eutquepeud'intérêtàsesyeux.
Alors,ildécidadepeindredesignespaigrluseé ted siv eescler ces ds,ércases
sur la photo de la couverture du magazine. Les vieux de sa famileprétendaient
avoir vu Pugalat en rêve. Ils l'avaient décrit comme un homme à la peau claire
capable de se reproduire partout dans la nature, dans les feuilagesdesarbres,
dans l'écume de la mer, sur les carapaces des tortues. Il se cachait ausibien
danslesruches,danslesters ans ledsnies dsio xuaerep séhc aux eieud srq
sommetsvertigineuxdeskaris.
Fasciné par ce regard de papier glacé, il se mit à parler à haute voix, intiant
undialoguesansfinavecceteapartiemmo i iouP. nc ,sl'auraitfaitavecles
autresmembresdesatribu,ilcaresel a ddegirie agis vuq irt e tua eece it dvena
s'imposersurSentinele.Aka-Bônepouvaitrahir.
Ilemportasontrésorauxconfinsdesonteruobioertibel Nu. e dinsosoleou
derepèresparticulierspourenconnas retuil setimrtîael elementinscritesdans
sesgènesdepuisdeslustres.Ayantatlhaaee dlnutteio clinequisurplombela
plage de l'est, il se mit à genoux devant la photo. Il resta plusieurs longues
minutesimmobilepourcontemplercetnus ia tetdn ltaeuvee pr, unigne Ie.ônice
d'existence,unsouf eevtns A olsrl a page pouleva le de.viledécoour uvirl'image
d'unimmeubledevere.
PourlesSentinel's eaeèr M».e e Lndmoa -uedàld e «aLs, rien n'existerête
surlescrêtesdel'écumebouilonantau-desCe. uxraco sed sutestructurede
ver eaei u vcêstatv i enuDgiepeote, ieurluee eedd qa le rtcm eedu ier était d'ac
Pugalat! Aka-Bôavaitunemisionàacomplir: celedefairevenirPugalatsur
Sentinelepourpardon rep uapleusee fas esut ,erpsnoaslbsed e sa colère, et
acepterlesofrandesquetoutelatribualatipare préuuir. lr po
LesSentinelesontunesensibliet perml iu rueep eq uale f dur àté
d'app ieen s'dnuc ahcn esiatà d dnreréhesel te seioj sel, tsenimntses leseur
égarédel'autrecôtédel'îleoul'apeldispeul Pouaru.atnioni nïad u'a rteindre
ceteondeultime,ilfalmême la rs à jouem uêmera h ueon cset aisel suot rertnec
endroit sacré et pénétrer l'esprit de l'autre jusqu'à ce qu'il puisevousentendre.

7

Certaindelajusteserrtle'a ddacidé ôB-akA ,etêuq ae de secd elataP gute
manière. Après une première séance de méditation, il envelopasoigneusementle
magazine dans une palme avant de le placer dans un trou recouvert d'une roche.
Parlepasé,unsageavaitréusiàar .lIniisega o arceait savteêunr teformule
éprouvéeteficace.

Il était midi peut-être. Aka-Wat, l'épouse d'Aka-Bô, vint s'aseoirsurses
cuises,cherchantlecontactdesapeau.El eul iacersalevisagedehautenbas,
puisengesteslents, encôté le ureior dro sed nifb uales,autourdesyeuxetsur
leslèvres.Sansposerlamoindrequestion,elaintsee e uttot isnet alc euq noes
derniers événements avaient provoquée chez son compagnon. Alors, pa réflexet
parhabitude,eles'alaegno oens doe lur ssej maebvuartns s pour acueilirune
étreintebrutale,urgente tendreàlafois.
À la fin de leurs ébats, leur fils, Aka-Bôwat, vint les rejoindre. Ensemble,
blott ene unngma u ,se slitraprègauartel srt ec no uns lesisenregardantauloin
despélicansplongerdanslesflotsalés.

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CHAPITREI

Tampa, mardi 25 novembre. J'aurais dû inventer le mois de novembre!
Il pleut des cordes comme à Paris, le soleil est en berne comme à
Londres ou Berlin. Seuls les Australiens et les habitants du Cap s'en
fichentéperdument.L'étéarive,ausud!
Der pée,tremerve la ville dénob ruae,uj o'sba lnêfee tr mdeerèi
immuable,déchiréeparl'enue res li,uas ,senilehpro sns pasants.Le
hasard rôde, un rare piéton renversé par un taxi, une ambulance, un flic
etlepas rega emêm udex, xita, répéasboilégd eétomginer pour un
malheureuxpoignetfoulé.Jelesoupçon'd eertê ne tare prdr ou un
avionouunrendez-vous.L'injusticefrapei.alv snas eirenévprt esc',

Tampa,c'estlaprovince,leboutdumonde,unacque. éographiedig tn
C'estcequisedisaitilyaquelquesanar lée paigne. Bua xsee rocne seé
du golfe du Mexique, rien de grave ne pouvait se produire dans cete
vilgtin-vrejox eu-dc tpes étauq tneait s'étfestmani ùeleo ie ls lours de
suite. Même les ouragans aux noms d'héroïnes de théâtre grec se sont
abstenusdefondresurlacitédepuisdesdécen.esneiiep À euqleuq s
oragesetquelquesarbresaremitne smon ,erbn uinco a, pachés vics de
tranquileensomme.

9

Lesmégapolessedresaientailde New York, ,sd na selg ir sure
cerveau,ventreetentrailtf s sol ,edovri pou, duance fin deslae de
Manhatan,destypesenquêtedegloiresurdestrotoirsencombrés
d'ombres fugaces, courant vers la prochaine minute de peur de rater la
suivante.
Ici,pasdetrot àepeu sser ted i peplusine uj ,srios ueenavs dee sttes
que les avenues. Aucune âme alentour n'oserait s'aventurer bien
longtempsendehorsdesonvéhicule.Pourpalerec iteabsence
d'humanité, les artères portaient les noms de figures emblématiques de
l'histoire américaine. Ainsi, le boulevard John F. Kenedynecroisait
jamais l'avenue Jackson, mais chacune partageait un coin avec la Tampa
Stret! q rerussa's tnemui pnen 'o lue tneialueniatrecanrb uesvos teisLse
pasconfondreavecPhoenixouMiami.
Lesvieilesfamils,ees lsef noadd nysaitpotrices, sédaientlaplupart
desterleca ls, teseec sel ,ss d'hampgersoran sab ,el solqneurainsdegolf.
Chacune était fière de sa nombreuse progéniture, garante de porter le
flambeaudeleurlignéeauseindelabonLes fiociété. es lesétaient
élevéesavecpourseuleambtireu orvuir , namde ton tn cidemécavo aou
depréférence.Leurproliférationfaisaitl'afiradee cas ligrapheschargés
d'inscir as rul sep aluqsees dar pnateesirel emon poséesdevantles
cabinets:«Powel,Swartz,Nelson,Wilson,Smith, Duncanand
partners,PA».
Lepouvoirs'exerçaitàtouslesétages,nour ane uar pipétencesans
limites. Les figures influentes prenaient soin des juges qu'elesaidaientà
élireetoca setiurruel cevs rèseerimsed l goglises éonstes cuiepa lnt pes
deniers.Lepardondeleurser mleeiixegia tacnsee leuretlaprimeur
desprières.Ondonaitleurnomàdessaltapihôd's eselocé .sed à ,xu
Les«go» s oy bt enaiaved e dlo d unedansliqu rép éelinhcul bruc
cathédralegothiqueposéesurletoitd'ungrate-ciel. Nou nsioéts
commeégarésdansunmuséeenpleinairsanssal ,asse os,ù gnsdeui
chacunfaisaitpartied'uneexpostionpermanente.
Perdue entre les plages, les mangroves et les fermes d'élevage, la cité
exhibaituneatmosphèreinsipide,lavilrs àdîneles is, qc nigiéuratà e bara
heures de l'après-midi pour les retraités sans fortune. Les horloges de la

10

vileétaientenpan o cutto, eomme les idées dsem iaer sted seficiels.À
quoibonplanfi vlee nereveni l'aur dr posédiser q iunestraientjamais?
C'étaitsanscompterl'aircondtionées tricnérarégéel sipulel se t
prolongeantlesexistencesau-delàdusupontienét it la pr. On avaotrbael
devivrevieuxdanscetiecontrée,pourêtrecertai ndepourl'existence
deschaufhc eg ua eedfa lite orou'autde l uareltn ius ralrds en roulant a
ausondeBingCrosby.
Voilà pour la carte postale, les souvenirs de vacances et les ragots
impriméssurlaunedelagazet lieu olac eisMa. letois'h lua'n erisap tiar
d'être sans ces aléas. Le rêve américain est un droit et un devoir. On se
doitderéuscément les travaii.rspren Oe lteec,liavartrof sap leurs.On
idolâtre les comptes en banque, les montres en or et les maisons de
quinzepiècesetdixsal nedt leia.nR ei bdes e pour donernaisanceaux
plusinatendusdesdestins.
Prenonslemien: monenfance,monparcours,mesracourcis,les
autres,maboneéducation,lapeurdel'incon e,ureh'l à sirp sniau ,el srt
lafatalitéensomme; trone lit césté'sneianemi ,stsent ou mmes, hootsu
moipourquejedeviennalatledr TReoagardene, Widertcue red s
OpérationsinternationalesdeWIC,leWorldIn ovaC noitevui.mostr
Siègesocial: Tampa,Floride!
Voilàuneboutiquededouzemil ,sé sedme eyolpnsdae lrebux au
mondeentier,avecpourprincipalemiséd ed noibos ler beronesidées
aux plus malins pour les revendre aux obséquieux de tout poil, aux
aspirantsgéniesenmanquedereconaisec .na tnu'Cse:caf eliart liav on
flat les pluconforteuc,no n oedc ahe egl' lsie ces dreaiclé no ,seuqinyc s
couverts,ondevientLAsolution!

Ilfaisaitdéjànuit.L'immensecagedevererfaits of son tnatirba
éteignait ses feux peu à peu, palier par palier, suivant un rituel bien rôdé,
épargnant toujours le dernier étage, ultime sommet à ateindrepourle
e
commundeslaborieux.Jerégnaised n eteus j,49uer lsousdeceluiqui
ne s'éteint jamais, celui des présidents et vice-présidents. Je gardais cete
distancecommel'idéald'uncomportementacité oximbaeletp erp ,nu
calculéepournepasêtreoublié,maisufgnée pou r ne pasiasmmne tléio

1

subirdesvsiar préou é'J .xiatne siat me fichait la ptnmeeptsvise .nOt ies
mes fidèles lieutenants en charge de l'armée des âmes qui me croisaient
lematinenmegratfiantd'ungrand«Bonjour! »ted u' n «aÇa v? »
traînantetcondescendant.Jeméritaispeut-êtrecetehaineourdie,mais
onnedrigepasuneéquipeavecdelacompasion.
Touscesgens,cetitfaisatpoe ne, tneiavudnerpmoce sere lns au f snee
dematâcheetlamisèrequil'acmpoanga .ti noMitémer avait fini pa r
distilnenamrep ruergiatoesn mos an dte-tivave-u nam,cde ent e rnu e
substratsgénérésparl'angoised'apenc saetnerià u certa à part,leque
jen'avaispaschosie,cela seertu.sees dom hs me det

12

CHAPITREI

Il y avait juste en face une tour comportant exactement cinquante et
unétages.Eleapartenai t àWI,SI tnrean Walontiol Sldornoitu.
Coïncidence? Certainementpas!
HartgrandiyMcIntosh etson cousin,John McIntosh,avaien
ensemble. Des parties de pêche à Treasure Island aux heures paséesà
regarderl'équipedebase-baldesMet'ss’entraîne rdanssesquartiers
d'hiver, ils avaient partagé toutes les joies et les angoisesdegamins
courantsouslesoleil,sebatoiavr oulu plar srgop tnaseglaceàlafraise
et mesurant les mérites de leur père respectif dans des joutes verbales
interminables.
Hars miurpoieta antiam 'l s al ,eivnce et ladolesce seé omsinhé toJye
quil'acompagnenteurentraisondecespromeseetnrseé lespourune
fileblonde,auxrondeursnaisatnse ,miapitneet de tester ses atributs
auprèsdesplusaudacieux.
PourplaireàceteJenyCarter,Har dee êtque nertn eimnhs t Joy e
pantalons longs, devinrent les auteurs de larcins divers, des cigaretes
subtlid-angru éesdas S dlO yed » ecipre ar mèBurlu « eassnl l ue ced
père.Ilfale cex yeux dev direnitanaégua targ ,dntefilepeufarouche.

13

Haryinaugurasonstatutd'hommesurlesiègearerèi ed Blackui
famlialependantqueJohntentaitdesedébarasder eiap al lecoincée
dans.htims an glasivi dteeiv S xugnarud eon pant s'dnu elanol ro
Jennoran iges fnt lt nap saahuc.tC denn'r itdaanemetraC yqsar seu ed
l'autre,toutauraitpusepasersansheurtsielen'étaitpastombée
enceinte,perspectiveimpensableetinsupotr seLotnI .hsler Mcs leabou p
parentsafnuéet irrrup geooèlyneirdt n le cleés envooteabominable
circonstance.Harà W oJnhgnotsaihispan. Dde lrus ay H àstou, on
circulation,Jenavec sona seule .Er jetenoar Cystrer teles'étaitmiseen
ménageavecunchaufeurdecamionquilabatr pas urjox eu dati
semaine, car absent le reste du temps. « Juste retour des choses! »,
clamaient les bigotes du Temple méthodiste du quartier. Cetefilene
pouvait aliéner l'avenir de garçons bien élevés, seulement coupables
d'avoirusédel'insouciancedelajeunesuoavneenp unen rerteiols e. P
vouloir.Malgrélamiséricordedivine,elie bitva aes nos ro némirétt.

À leur retour au bercail, après des études plus ou moins brilantes,
Hare nhnJoèragrtpasulp tnetrap ed ies de pêche:e ty ilsselancèrent
danslesafaires.Lesréseauxfamliauxouvirs teor prseu lnte nuse sej àec
gens diplômés. On organisa des rencontres avec les responsables de
gouvernements locaux, des dîners de bienfaisance propices aux poignées
demainavecdessénateursducru.Lessilcaséa ev cal ons étaient tr
profondeurdubienséant,duprogrès.Ilsufasid tise arni der ges p'yntla
chosiespourné.r leolteéc'd étirém tiurf arch ailvara tun
IlfautreconaîtreàJohnetHaraien aur t pu uy cnetaer eniolov.étnslI
épouseruneviededépravés,engloutis tnafu ternolf maalialeaujeuou
auxcourses.Aulieudecela,ilsdriurlee mmcos seripertne sruel tnegèr
vie,incapablesdeséparerleursambtisrueuos inevd srs on lde'enfance.
Baignésparlesmêmesrêves,ilsproposèrentnaturelementdesservices
similaires, copiant ce que l'autre faisait, imitant tout, jusqu'au logo de
leurmarque,enpas clsduonaiist en ed tiov erui'uqant par le typeu et a
genredefemmesqu'ilscourtisaient.HaroJ te ,CIW aérc yhn IWS.
Aux dires de leurs proches, il y avait de la place pour deux. Ils se
fréquentaientlorsdesfunérailsed nclees o dess etram egaied sen suxve.

14

Maislelienquiunisaitleursirespassié;és's aiétbrt inutilederevivre
desjoursheureux,nospluschersregretsnousatt.dnnee
Ilsfirentrapidementfortunegrâceàleurapéitr les a poufaires,leur
flair, leur caractère insatiable et l'égoïsme nécessaire à la réusitedetoute
entreprise. Leurs royaumes respectifs méritaient à présent un château,
un donjon, une tour, des remparts et des meurtrières. Grâce au laxisme
des urbanistes locaux, peu regardants sur l'homogénéité et insensibles à
lapolutionvisuel ,buelmii e,meure srlnoc ed tnerulosé lunacche irrust
donsen oésnrr eted , semé.eru à sd al dn,veu u Dtobécourbre t lian
c'était à celui qui construirait le plus haut. Chaque semaine, les plans
étaientmodfia traîne des idésed e'luart.eA s éurpo en sapertêl à uifan,l
Haryoptapouruneteras r levaio n'dtria ,ece quhnJoalt s orel riot us e
derniermot,ajoutaunétagesupeg ros n pour faire enrareaintmelé
cousin.

WIC etIWS étaientles partenaires privilégiés desagences
gouvernementales de plusieurs pays, devenant au gré des misionsle
servicedesDouanes,legestionsed lapicnirp eran sdes cevier s uéto ai
desprisons.
Bien que parfois discutables, ces opérations étaient monaiecourante,
surtoutdansdeszonesnondévelop.seés il Maitait n'ér rap sa eed
travailerauss pe deavi d sed ceitarcoméimpaes p et ntesse .irhcrguoeL s
presn iot ed tuoliopuoj aient leur rôle àalp reeftcoi,n sel setuot te
partiesytrouvaientleurintérêt.
La gloire se mesurait à la fréquence des invitations à des soirées où le
mélange des cocktails rivalisait avec le mélange des genres. On se
congratulait entre gens du même monde de faux-culs patentés à l'afût
de la moindre rumeur. Les médias couvraient régulièrement ces
sauteries. On était fier de se retrouver en photo dans le journal du
lendemain.
Lesans, IWS remportai telp ir xedl aé étcisos lu plaép seeria
dynamique.Lesaneiéesimpaires,WIC étaitéluelamleuredes
entreprises de Floride. Les coupes et les trophées encombraient les hals
d'acueil.

15

Toutecetemécaniquefonctiononcuains une ctruead ,as th snrence
fausj ,eudne ua'uqsuù ourjoac MhnJohss nIotné aa'ilservles ices etee tn
d'unanciendiplomateauxambtisn.s om roadtnse ,eld octeur Ed Martin
Ilavait,selon lesdiresdechacun,participéàdesnégociations
importantes en Afrique, en Amérique latine et même au Vietnam! Il
avait ses entrées partout, y compris aux sièges des Nations-Unies à
NewYorketGenève.
J'avais remarqué un changement de comportement des représentants
d'IWS.Ilsdémontraientuneasuranceinhabituelaux ute od snas eéil ,e
solutionsmiraclesapt moabeitns uo sroseétrap dE traMs.ines Lli ctsen
lecharmedeleurspromesstt ifnal gouoet ique te serseu ldedéx ri p
financière. Quelque chose d'anormal s'était produit, et les cadres de WIC
ne s'étaient aperçus de rien. Je pestai encore, car il falaitquejefasetout
danscettepos ntpeà e in euqpuep eélmi'dr e boutiahgrnec l ue eed
propredevenir.

Aka-Bôétaitmontésurlacold egalp .tise'l e dui qnelae inom eétai Il esqut pr
midi.Ildéplialafeuilmlap reiruop ne ee dizenp iu sefmr aextraire le maga sel
yeux. Il entra en communion avec le vent, les nuages. Mais le ciel était sourd ce
jour-là,aupointquelesoiseauxs'étaients faude bute I lel.ureiaaplr tusplt d ar
à Pugalat, qui devait encore dormir dans le château de vere.

La femme de ménage se demandait bien pourquoi j'étais le seul encore
présent,alorsquemessubordonsé déjà re étaientf rueriaértnop say p er
meshumlielruc ihne ,te leurs enfants, el à sruuopé,sestias on jdur ou
mêmepeut-êtreleursvosins.Leresrbueu na emavegenti estmentuq r i
sedistile force nistre do' ndaimteq eul ieate ncave pec no'l euq xuec à
aime.
Jeregardaiscetemétisiant man âgesans e la serpilièreetlechifon,
tournant autour de moi comme si je n'existais pas, évitant cet écueil au
mli deulbuem sea'L .sereds sem oagcn es m'étoouvementnait.
Commentêtrefièredechaserlapousièreetac?eérongi ert d'êptere
Elop riovas ed eive npsi tamiaaavimj''et neaesoi.urqu
–D'oùvenez-vous?

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–Moi? DeSanFrancisco.
–Ah! udN ro,dB reekely, les vagues, laP efcal Clae niorifique.mee J
doutaisbien! en a amdn e yeux ené et vos latcipéo-duneirtye spetrVo
trompentpas.
–QuelraportaveclaCalifornie?
–Aucun,enfinvousêtesnombreuxdansceterégion.Thaïlande?
Laos?
–Jesuisd'origineindienifor Calnie.ic ,eéi nneneif jisma, nissue e
–Aucuneimportance.D a'iluvsot enpll t eueru,si snadec terégion!
–Jen'aipasdesouvenirsparticuliersdutemps: jesuisarivéedans
cetevileàl'âgedecinqans!
–Voustravailezicidepuislongtemps?
–Ici? Non,deuxoutroismois. E ?usvot
–Moi? Douzeans,deuxmoisetcinqjours.
–C'estprécis,dites-moi!
–Enefet! meemdr,eo nocpmte les jours et ismos leuaQ onds'n .
–Maispourquoitravailez-vousitard,alors?
–Parcequechezmoi,jem'enuie.Maisfinisez voia.lN ert ertva
vousocupezpasdemoi.
Moi,moi,moi.J'avaisréusi os pmeà à remere , à'mmiopes,rtreles
choses à leur place. Il existait des règles de déférence envers les cadres et
j'entendais bien les faire respecter. Un chef, des sous-chefs, des peits
salaires et enfin les autres. J'avais eu la faiblesse de me confier à cete
autre,uneincone u peni qu'mcéul stia uoatune vec atentionàlaquele
jen'étaisplushabitué.Etpuis,eliend'I dtetêe unia tap s e'nvane.

Je n'avais pas faim. Chaud ou froid, le potage est d'une conistance
afsliged naattic u salou tcet ui qes retnaam ,c sitse'inedubureau,un
berlingot oublié par une secrétaire sans doute en pleine phase d'un
régimeamaigrisant.
Jeplongeailacuil,tp mmneurederp è el euq pucoà t ou tntsaen
breuvageavaitétéempoison remp uoétér ,lade.maladre renrepi, oué

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