Un immonde chantage

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La Première Guerre mondiale bat son plein ! Les troupes allemandes ont envahi le petit village de Pierrelaye dans lequel elles sont confrontées à la résistance de certains habitants.


Refusant de dénoncer les rebelles, Pierre Gallois, le maire du bourg, est promis au peloton d’exécution.


Sa fille Lucie, espérant obtenir la grâce de son père, vient plaider sa cause auprès d’un officier. Un odieux marché lui est alors proposé : devenir espionne au service de l’Allemagne contre la vie de son paternel.


N’ayant pas d’autre choix, la jeune femme accepte à contrecœur, mais, pendant l’une de ses missions, elle croisera la célèbre Thérèse ARNAUD alias C. 25, agent du Deuxième Bureau, qui mettra tout en œuvre pour contrer l’ennemi et sortir Pierre Gallois des griffes de l’adversaire...


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EAN13 9782373475388
Langue Français

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AVIS AU LECTEUR
***
Nous commençons, aujourd’hui, la publication des :
EXPLOITS EXTRAORDINAIRES DE THÉRÈSE ARNAUD
Le meilleur agent du Service de contre-espionnage français. *
Les espions sont généralement des êtres vils, des ê tres décriés qui pratiquent la délation dans le but unique de servir leurs appétits de lucre et de débauche.
Il n’en est pas de même deTHÉRÈSE ARNAUD dont la conduite pourrait servir d’exemple à bien des hommes et des plus courageux.
Au début de la guerre, ayant assisté au meurtre de son père commis par les Allemands, elle avait, tout naturellement, comme el le le dit,« pris du service».
Trop vaillante pour jouer le rôle effacé d’infirmiè re, le cœur gonflé d’un trop profond amour pour la France, elle avait consacré s on intelligence, sa connaissance des langues, sa beauté, sa force, son dévouement, son courage et, il faut le dire, son génie à une besogne plus d irecte.
THÉRÈSE ARNAUD NE PEUT ÊTRE COMPARÉE À AUCUN AUTRE AGENT SECRET.
Toujours sur la brèche, toujours en plein danger, s on cœur jamais ne faiblit, même durant les interrogatoires les plus dangereux. Bien au contraire, elle ne cessa de se jeter audacieusement au plus fort du pé ril. Cent fois, elle se trouva en pleine bataille ; non pas dans des batailles d’o ù l’on ressort chargé d’honneurs et de gloire, mais dans des batailles an onymes, contre des ennemis invisibles, inconnus et, par là même, d’autant plus à craindre.
THÉRÈSE ARNAUDla plus noble figure de la Grande Guerre. est NOUS DEVONS À SA BRAVOURE, À SON HÉROÏSME, PLUSIEURS MIL LIERS DE VIES HUMAINES.
D’une modestie aussi grande que son courage, elle n ’a pas voulu que ses exploits fussent publiés de son vivant.
« Plus tard, disait-elle,plus tard... quand, dans ma Terre de France, je dormirai mon dernier sommeil, il sera bien temps... »
THÉRÈSE ARNAUDlemaintenant, dans le cimetière d’un minuscu  repose,
village de l’Est. Tous ceux pour qui elle s’est sac rifiée sans compter doivent, désormais, savoir comment et dans quelles épouvanta bles conditions, cette grande Française a magnifiquement combattu pour sa Patrie.
Puissent lesEXPLOITS DE THÉRÈSE ARNAUDun écho attendri trouver dans l’âme de ce Peuple de France à qui elle avait voué son plus fervent Amour et son incomparable Loyauté !
THERESE ARNAUD - 8 -
UN IMMONDE CHANTAGE
De
Pierre YRONDY
CHAPITRE I
L'OTAGE
À peine installé dans son bureau, le capitaine Lado ux, chef du service français de contre-espionnage, sonna son secrétaire .
— Eh bien ! Gérard, comment se fait-il que je n'aie encore rien sur ma table ? Il n'y a donc pas d'affaires, aujourd'hui ?
— Si, mon capitaine, répondit le secrétaire, mais j 'ai préféré attendre que vous soyez là pour vous remettre les documents en m ains propres.
— Personne ne pénètre ici en mon absence, j'imagine ?
— Non, mon capitaine. Du reste, le planton a une co nsigne formelle. Mais on ne sait jamais.
— Vous avez raison, Gérard. Alors, remettez-moi ce que vous avez reçu aujourd'hui !
Quelques instants après, le secrétaire revint porte ur d'un courrier assez volumineux qu'il déposa devant l'officier des servi ces secrets.
— Voyons un peu, dit celui-ci tout en décachetant r apidement les plis qu'il venait de lui remettre.
Il y jetait un rapide coup d'œil puis les disposait sur son bureau en différents paquets semblant les classer d'après un ordre conve nu.
L'un d'eux parut retenir plus particulièrement son attention :
— Tiens. Tiens, fit-il. Voilà quelque chose à voir de très près. Mon petit Gérard, le quartier général de l'armée de Lorraine nous transmet un message d'un de nos agents de renseignements en territoire occupé.
— C'est grave, mon capitaine ?
— Pas précisément, mais c'est à voir d'urgence.
— Lorraine ? songea Gérard. On pourrait peut-être d onner cela à C. 13 ou à C. 17 ?
— Non, repartit le capitaine Ladoux. L'affaire est extrêmement délicate. Il est impossible de la confier au premier venu.
L'officier réfléchit quelques instants puis :
— Est-ce que D. 47 est libre ?
— Non, mon capitaine. Il est parti avant-hier pour la Russie.
Ladoux frappa, de son poing, le bureau où les encri ers tremblèrent.
— C'est bien désagréable.
Le document paraissait retenir particulièrement son attention, car il murmurait sans cesse :
— Non, on ne peut pas confier cela au premier venu.
On frappa à la porte.
Le secrétaire alla s'enquérir de la personnalité du visiteur.
Ayant ouvert, il s'effaça aussitôt avec déférence : c'était Thérèse Arnaud.
— C. 25, annonça-t-il.
— Tiens, fit le capitaine en se portant à la rencon tre de l'espionne, vous tombez bien. J'ai quelque chose pour vous.
L'ayant fait asseoir, il lui tendit le message.
— Voici ce qui vient d'arriver. Voulez-vous me dire ce que vous en pensez ?
Thérèse Arnaud parcourut le document avec attention . Puis elle dit :
— Ça me paraît intéressant. Je le garde. Voulez-vou s ?
— Je vous en prie, acquiesça le capitaine Ladoux.
***
Sous une grêle de projectiles, une avalanche de pie rres et de terre arrachées par les obus, deux ou trois cents chasseu rs à pied s'accrochaient farouchement aux maisons du village de Pierrelaye a ssailli de tous côtés par les hordes ennemies.
Leur résistance acharnée, qui durait depuis des heu res, avait exaspéré le commandant allemand. Celui-ci, décidé à en finir co ûte que coûte, fit appel à des renforts qui, peu à peu, s'infiltrèrent rue par rue, et menacèrent de déborder les vaillants défenseurs.
Ces derniers, décimés, ayant brûlé leurs dernières cartouches, se virent contraints d'abandonner la lutte.
Une grande agitation régnait parmi les officiers al lemands. Avoir été tenus en échec aussi longtemps par une poignée d'hommes o ffensait leur orgueil de conquérants. Ce village, qui leur avait coûté tant d'efforts et de pertes, ils le maudissaient, et résolurent d'en tirer vengeance.
Il n'abritait plus, cependant, que des femmes, des enfants et des vieillards dont la plupart se tenaient blottis et apeurés dans leurs maisons.
Malgré cela, les soudards déchaînés prétendirent qu e des civils avaient pris part au combat. Excellent prétexte pour exercer des représailles sur une population sans défense.
Pierre Gallois, maire de Pierrelaye, était resté en permanence à la mairie durant cette terrible journée, se tenant prêt à tou tes les éventualités.
Dès leur arrivée, les Allemands l'expulsèrent de so n cabinet et l'enfermèrent dans un petit bureau voisin, sous la garde de deux sentinelles.
Au bout d'une heure, il fut conduit devant l'état-m ajor, présidé par un colonel qui s'était installé dans son propre fauteuil.
Flanqué de ses deux gardes du corps, Pierre Gallois comparut tel un malfaiteur.
Il se tenait immobile, très pâle, mais impassible.
L'Allemand, affectant de ne point prendre garde à l ui, continuait de converser avec ses subordonnés.
Au bout d'un instant, le personnage daigna, enfin, présence. Sans préambule, il l'interpella :
— Bourgmestre, des civils ont tiré sur nous.
se soucier de sa
— C'est impossible, monsieur l'officier, répondit f ièrement Gallois. Aucune arme n'a été laissée entre les mains de mes adminis trés. Toutes, sans exception, ont été déposées à la mairie.
— Les rapports que j'ai reçus sont pourtant formels , et je ne puis mettre en doute la parole de mes officiers.
— Cependant...
— Il n'y a pas de « cependant ». Notre code est for mel : tout civil qui prend part aux hostilités est passé par les armes. Si vou s connaissez les coupables, vous devez les désigner.
— Encore une fois, je vous assure que personne...
— Les coupables ne pouvant être identifiés, c'est v ous qui serez fusillé.
Pierre Gallois sentit son corps se glacer. Mais il s'efforça de ne rien laisser paraître de son trouble. Comprenant que toute insis tance et toute discussion étaient inutiles, il resta bouche close.
Vainement, le colonel allemand attendit une réponse . Alors, d'un geste bref, il fit signe qu'on emmenât Pierre Gallois.
Reconduit au petit bureau, le pauvre homme se laiss a tomber lourdement sur une chaise comme si la volonté qui l'avait sout enu jusqu'ici l'abandonnait d'un coup.
Non pas que la mort lui fit peur. Mais il songeait à sa fille, la douce et frêle Lucie que, veuf de bonne heure, il avait eu tant de peine à élever. Et son cœur se serrait à la pensée de la laisser seule au milie u de cette tourmente.
Il chercha un moyen de fléchir ses bourreaux. Mais il se rendit vite compte que rien au monde ne pourrait l'arracher à son trag ique destin. Alors, il écrivit cette lettre :
« Ma fille adorée,
« Quand, ce matin, je t'ai laissée à la maison, mal gré ton insistance pour que je demeure auprès de toi, j'ai dû te paraî tre bien cruel. Mais l'ennemi approchait. Mon devoir m'appelait à la mai rie, car je suis le premier citoyen de la ville.
« Cela tu le comprends, ma chère petite Lucie, n'es t-ce pas ? Je te sais fière et courageuse. Et c'est pourquoi j'espère que tu apprendras sans faiblir la terrible sentence qui vient de m'être signifiée.
« Un ennemi inexorable accusant la population de cr imes imaginaires m'a condamné à être séparé de toi pour toujours.
« Courage, mon enfant, ton nom béni sera sur mes lè vres et dans mon cœur jusqu'à mon dernier souffle. »
D'une main ferme, il signa, puis baisa tendrement c e suprême adieu.
Il frappa à la porte : une sentinelle parut.
Pierre Gallois lui remit tout ce qu'il possédait : son argent, sa montre, son épingle de cravate, en échange de quoi il obtint qu e sa missive serait portée à sa fille immédiatement.
Alors, il s'assit. Et, prenant sa tête entre ses ma ins, il pleura, longuement.
CHAPITRE II
UN IMMONDE CHANTAGE
Lucie Gallois était une belle jeune fille de vingt-deux ans au visage adorable, éclairé par la lumière de deux grands yeux bleus. E lle avait passé la journée dans les transes.
Il était, à présent, sept heures du soir. La fusill ade avait cessé, et elle ne voyait toujours pas revenir son père à la maison. U ne inquiétude grandissante s'emparait d'elle.
Elle avait entr'ouvert la fenêtre. À la vue de tous ces soldats dont la rue était pleine, son cœur se serra.
On sonnait à la porte. Elle s'y précipita. Un uhlan lui remit une lettre et, sans attendre, fit demi-tour.
Immédiatement, Lucie reconnut l'écriture de son pèr e. Son cœur se mit à battre, violemment, dans le pressentiment d'une cat astrophe. D'une main tremblante, elle ouvrit la lettre, et, dès les...