Sous le masque des apparences

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Description

Angèle est membre de « l’Élite ». Fille d’un avocat réputé, elle donne l’image d’une jeune femme hautaine, fière et surtout de « fille à papa ».


Jayson, est un « Zonard ». Il fait partie d’une bande de voyous qui squattent une portion de terrain située près des beaux quartiers.


Rien ne les destinait à se rencontrer... et pourtant ! Malgré leurs différences, un tendre sentiment va les pousser l’un vers l’autre mais si Jayson est perturbé par son passé de délinquant, Angèle cache sous son apparence de jeune femme altière et aimante un terrible secret.


Et lorsque les masques vont tomber, personne n’en sortira indemne !

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EAN13 9782819100386
Langue Français

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Sous le masque des apparences

 

 

 

Du même auteur aux Editions Sharon Kena

 

 

Au cœur de la volupté

Les cow-boys lovers

La malédiction tsigane tome 1 à 4

JAWD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pierrette Lavallée

 

 

 

 

Sous le masque des apparences

 

 

 

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« Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. »

 

 

© 2016 Les Editions Sharon Kena

www.leseditionssharonkena.com

 

 

REMERCIEMENTS

 

 

Je voudrais tout d’abord remercier Cyrielle Walquan, pour sa confiance et sa disponibilité.

Merci à ma famille qui est d’un soutien sans faille.

Merci également à tout le staff Sharon Kena, je parle des membres du comité de lecture, des correctrices, d’Emma du Service Presse. Un merci tout spécial à Feather Wenlock pour ses magnifiques couvertures.

Mes remerciements vont ensuite à mes Bêtas lectrices que j’ai fait pleurer à de nombreuses reprises pour ce roman : Tiya, Bibi, Nath, Mimi, à Sylvie également qui a lu le manuscrit en avant-première.

Merci à mes partenaires : les blogs : Les livres en folies ; Elo-dit ; Je lis, tu lis, nous lisons ou le coin des lectures partagées ; La bibliothèque de Mi Ange, Mi Démon, Kat’ c’est moi, Feather Wenlock illustratrice ; Sheila de Créafun (merci pour toutes tes créations !)

Merci à mes amies : Ana P. Vanessa L.G. Nathalie R. Sylvie B, Christelle K, Ma petite Julia le Vampilou ; Tinie, Rinka, Hakita, Valérie D (Dieu se reconnaîtra), Katia E.

Merci aux blogs partageant régulièrement mes sorties : Les livres érotiques de Marie et Samantha, Ma passion du livre, Sariahlit… et d’autres que j’oublie peut-être.

Ainsi qu’à vous, mes lecteurs et lectrices… merci pour votre enthousiasme, vos sourires, vos gentillesses, vos commentaires.

Et un dernier merci pour la fin, un merci qui part du fond du cœur pour celle ayant été « ma muse », celle qui m’a soufflé l’idée de ce roman, qui l’a suivie et menée avec moi jusqu’au bout… Ce livre est aussi le tien, Jacqueline !

Table des matières

 

 

PROLOGUE

CHAPITRE 1

CHAPITRE 2

CHAPITRE 3

CHAPITRE 4

CHAPITRE 5

CHAPITRE 6

CHAPITRE 7

CHAPITRE 8

CHAPITRE 9

CHAPITRE 10

CHAPITRE 11

CHAPITRE 12

CHAPITRE 13

CHAPITRE 14

CHAPITRE 15

CHAPITRE 16

CHAPITRE 17

CHAPITRE 18

CHAPITRE 19

CHAPITRE 20

CHAPITRE 21

CHAPITRE 22

CHAPITRE 23

CHAPITRE 24

CHAPITRE 25

CHAPITRE 26

CHAPITRE 27

CHAPITRE 28

CHAPITRE 29

CHAPITRE 30

CHAPITRE 31

CHAPITRE 32

CHAPITRE 33

ÉPILOGUE

ÉPILOGUE 2

 

PROLOGUE

 

Dans la vie, nous portons tous un masque.

Dans cette immense scène qu’est la réalité, nous sommes tous des acteurs. Tout le monde y joue un rôle… Celui de la parfaite femme au foyer qui accueille son mari avec le sourire alors qu’elle vient de sortir du lit de son amant, celui du boloss de service qui se révèle être un pirate informatique capable de craquer les mots de passe des services les plus secrets ou encore celui de la bimbo blonde qui donne une image faussée de sa personne alors qu’en réalité elle est l’une des avocates les plus réputées de la ville.

La vie est une vaste comédie mitonnée aux petits oignons par un dramaturge vicieux et sadique…

Tu es là, tu t’amuses, tu souris, tu donnes une bonne image de ta personne à ceux de ton rang social… Habillée à la dernière mode, une besace Versace qui danse sur tes hanches, des bottines Louboutin aux pieds, tu es la véritable représentation d’une adolescente gâtée… Et tu en profites, tu regardes de haut ces « petites gens », ces ouvriers qui n’ont pas la vie facile, ces lycéens dont les parents smicards ne peuvent que les vêtir dans des friperies ou des magasins d’usines. Tu te la pètes, ris de la méchanceté gratuite des VIP à l’égard des plus humbles. Tu honores les profs de ta présence en cours alors que tu t’imagines tout savoir de la vie, tu t’inscris dans toutes les associations étudiantes possibles et imaginables dans le seul but de voir, mais surtout… d’être vue.

Mais lorsque le masque tombe, ton vrai visage apparaît, un visage effrayé, dont les joues ruissellent de larmes. Ta poitrine est si serrée que tu as l’impression d’étouffer… et cette peur qui vit en toi, qui te ronge… et qui ne disparaît jamais.

CHAPITRE 1

 

ANGÈLE

 

C’est avec beaucoup de difficultés que j’ouvris les yeux ce matin-là. J’avais une nouvelle fois veillé jusque tard dans la nuit et lorsque le réveil avait sonné, j’aurais voulu l’ignorer tout simplement mais je savais que c’était impossible. Je jetai un coup d’œil à ma droite et un sourire amer effleura mes lèvres lorsque les couvertures bougèrent légèrement.

img2.png Angèle ? Il est quelle heure ? murmura une voix fluette.

img2.png L’heure de te lever, petite marmotte, m’écriai-je en me retournant tout en la chatouillant.

Un éclat de rire s’échappa de sa bouche à laquelle il manquait deux dents. Si seulement Aurore pouvait traverser la vie ainsi, heureuse, souriante… Mais tout ceci n’était que de doux rêves. Je me relevai d’un bond, ne voulant pas que mes tristes pensées m’accompagnent toute la journée. Il fallait que je sois au top.

Je fouillai dans mon immense dressing et je repérai tout de suite l’ensemble qui me rendrait parfaite. Une mini-jupe à carreaux, un chemisier blanc avec la cravate assortie à la jupe, un petit gilet sans manches, des bas résille de couleur sombre et des cuissardes. Un look mêlant l’innocence à la débauche.

img2.png Pourquoi tu t’habilles comme ça, Angie ? Tu sais que papa n’aime pas ça !

Je me crispai à la mention de notre géniteur. Il n’avait aucun droit sur moi, non ! Plus maintenant.

img2.png Ben voilà, tu es encore en colère, gémit ma petite sœur. Tu n’es pas marrante quand tu fronces les sourcils comme ça !

Elle fit une mimique si drôle que je ne pus m’empêcher de rire.

img2.png Non, je ne le suis pas, la rassurai-je. Je cherchais simplement quelle coiffure je me ferais aujourd’hui.

img2.png Papa aime bien quand tu fais des nattes !

img2.png Alors je vais laisser mes cheveux détachés. Je suis un peu grande maintenant pour me la jouer « Fifi Brindacier », tranchai-je. Allez, jeune demoiselle, passons à la salle de bains. Tu me réciteras ta poésie pendant que je serai sous la douche et je me maquillerai pendant que tu prendras la tienne.

Aurore se leva d’un bond, avec toute la vivacité d’une enfant de six ans. Je me demandai depuis quand je n’avais pas ressenti cette liberté, cette insouciance quand je réalisai soudain… depuis la mort de ma mère. Je suivis Aurore jusqu’à la salle de bains. La porte de la chambre de notre père était ouverte. Je vis la literie qui jonchait le sol et son odeur, celle de son parfum, écœurante, et si tenace. Je réprimai un sursaut de répulsion tandis que ma sœur chantonnait en se déshabillant. Je m’arrêtai sur le palier et tendis l’oreille. Il n’y avait pas un bruit et j’espérais que pour une fois nous serions seules pour déjeuner mais une voix grave venant de la salle de bains me fit sursauter violemment et c’est en courant que je m’y précipitai.

Il était là debout, torse nu, et tenait Aurore dans ses bras. Ses mains couraient le long de sa colonne vertébrale et une vague de terreur s’empara de moi. Je voulais crier, lui hurler dessus jusqu’à ce qu’il la lâche mais je ne voulais pas effrayer ma petite sœur. Elle ne comprendrait pas. Mon père dut suivre mes pensées car il la poussa gentiment vers le lavabo, sa main frôlant comme par inadvertance l’arrondi de ses fesses.

img2.png Laisse-la ! grondai-je à voix basse. Ne la touche pas !

Je compris tout de suite que j’aurais dû me taire lorsque ses yeux brillèrent d’un éclat malveillant. Il me poussa violemment dans le couloir.

img2.png Prends ta douche, ma petite Aurore boréale, lui dit-il en se tournant vers elle. Il faut que je parle à ta sœur.

Elle gloussa à la mention du petit surnom dont il l’avait affublée. Il m’attrapa vivement par le bras et serra jusqu’à ce que je laisse échapper un cri de douleur. Je n’oubliais pas mon but premier dans ma vie : protéger Aurore. Je réussis à atteindre la poignée de la porte et la refermai, m’isolant sur le palier avec mon père. Il me regarda froidement et s’approcha de moi. Je reculai tandis qu’il avançait jusqu’à ce que je sente le mur dans mon dos. J’étais prise au piège. Il attrapa une mèche de mes cheveux et, nonchalamment, se mit à jouer avec. Mon cœur battait à tout rompre. J’ignorais encore ce qu’il allait me faire. Je me mis à trembler violemment et… ça le fit rire. Il s’éloigna en pointant un doigt vers moi, comme pour m’avertir qu’il m’avait à l’œil. Comme si je l’ignorais... Au bout d’un long moment, la porte de l’entrée claqua… Il était parti. Je me laissai glisser le long du mur, entourai mes genoux de mes bras et me berçai, les larmes ruisselant sur mes joues…

img2.png Toi, tu t’es fait disputer ! chantonna Aurore. Moi, j’ai pris ma douche et maintenant je vais m’habiller et… je crois qu’on sera en retard.

Un coup d’œil à la pendule du couloir me fit réaliser qu’en effet, si je ne me dépêchais pas, Aurore arriverait en retard en classe. Quant à moi, une fois qu’elle y serait, j’aurais encore une bonne heure devant moi avant le début des cours.

Je me précipitai sous la douche, me maquillai rapidement, retournai dans ma chambre pour revêtir mon ensemble et… poussai un juron en remarquant l’énorme bleu qui ornait mon biceps… Merci, papa ! Lorsque je fus prête, Aurore m’attendait dans l’entrée, son sac sur son dos. Une inspection rapide de la cuisine me rassura sur le fait qu’elle avait pris un jus d’orange et un bol de céréales. Je refermai la porte derrière moi et poussai un profond soupir de soulagement. Je me sentis comme… libérée de mes chaînes.

J’entraînai Aurore dans une course rapide et nous arrivâmes juste au moment de la sonnerie. Elle me regarda en secouant la tête.

img2.png Un jour, je serai vraiment en retard, se lamenta-t-elle.

img2.png Et je ferai pénitence, lui promis-je.

Je regardai les grilles se rabattre derrière elle et soupirai de soulagement. Elle serait en sécurité jusqu’au soir. Pendant une minute, je fermai les yeux. Je devais me reprendre, redevenir cette fille froide, hautaine, que tout le monde s’attendait à voir arriver, pas cette adolescente tremblante avec les jambes qui flageolaient et dont le cœur battait à tout rompre. Petit à petit, je me recomposai une façade. Je visualisai mentalement ce que verraient les autres lorsque je les rejoindrais. Maquillage nickel, tenue parfaite, ma besace de marque pendant nonchalamment à mon côté et mes cuissardes « Louis Vuitton » en veau lisse, avec un talon finement travaillé, qui galbaient mes jambes à la perfection. Je plaquai un sourire factice sur mes lèvres et pris la direction de l’université.

Nous étions en octobre et il faisait encore très beau pour la saison. Je fouillai dans mon sac et posai sur mon nez mes lunettes « Gucci » qui me protégeaient à la fois du soleil et des regards extérieurs.

Je n’étais qu’à quelques mètres du café où mes amis et moi avions l’habitude de nous retrouver, mais pour m’y rendre, il fallait que je traverse une « zone à risques » comme nous nous plaisions à l’appeler entre nous. C’était un coin du quartier où la pelouse avait depuis longtemps laissé la place à une terre asséchée, craquelée. Des carcasses de voitures y gisaient, tels des pantins désarticulés. Et comme toujours le groupe était là, se moquant des étudiants, les insultant. Ils étaient toujours en troupeau, comme s’ils avaient peur de se retrouver seuls ou comme si le fait d’être nombreux leur donnait la puissance ou le courage qui leur faisait défaut. 

Comme je m’y attendais, dès que j’arrivai sur leur territoire, je fus sifflée. Leurs cris accompagnaient le martèlement de leurs bottes sur l’unique bout de béton sur lequel ils campaient. Ce n’était pas des insultes qui fusaient dans ma direction mais des propositions sans équivoque… Comme toujours, je passai devant eux, le dos droit, le menton relevé, une moue dédaigneuse sur mon visage. Pourtant, je sentais leurs regards posés sur moi, surtout un… le sien…

CHAPITRE 2

 

JAYSON

 

img2.png Hé princesse, ça te dirait un hot dog, on pourrait partager, tu as deux belles miches et moi… une belle saucisse.

J’avais l’habitude que mes potes lancent des vannes aussi nulles les unes que les autres mais lorsque j’entendis ces mots sortir de la bouche de Dick, et surtout à qui ils étaient adressés, je vis rouge. Sans même m’en rendre compte, j’avais plaqué ce dernier contre le mur, mon avant-bras se pressant contre sa gorge.

img2.png Ne lui parle plus ainsi, grondai-je en appuyant un peu plus fort.

Dick leva les mains en signe de reddition. Je reculai légèrement et il prit une profonde inspiration.

img2.png Mais tu es dingue, ma parole. Personne ne touchera à ta petite princesse !

img2.png Ce n’est pas MA princesse, objectai-je.

img2.png Ouais, franchement t’es grave, Mec ! enchaîna Jonas. Depuis que t’as vu cette nana, tu es complètement à l’ouest. On ne joue pas dans la même cour mec… Nous tous ici avons eu des ennuis avec les flics à un moment ou un autre de nos vies. Elle, elle est clean. C’est une fille à papa, elle est intouchable. Si ça te démange, va voir Suzie, elle n’attend que ça et au moins, elle sait s’y prendre. Avec cette Mademoiselle, tu t’ennuierais au bout de cinq minutes.

Je levai les yeux au ciel, même si je savais qu’ils avaient raison : elle était trop bien pour moi. Je me remémorai la première fois où je l’avais vue. Comme tous les jours, je traînais sur notre territoire lorsqu’elle était passée devant moi. Elle ne voyait rien, ni personne. Elle était plongée dans ses pensées sans même se rendre compte que tous les regards se posaient sur elle. Enfin, surtout ceux des mecs qui bavaient littéralement sur son passage. Il faut dire qu’elle était superbe. Ce jour-là, sa longue chevelure blonde brillait au soleil. On aurait cru qu’elle était illuminée par une lumière intérieure. De taille moyenne, on aurait pu penser également que la nature aurait été trop timide pour la doter de courbes acceptables mais ce n’était pas le cas, au contraire, elle n’avait pas été radine du tout avec la jolie demoiselle… ni en bas, où des hanches joliment arrondies étaient serrées dans un jean de haute couture, ni en haut, où son top mettait en valeur sa poitrine magnifique.

img2.png Jay, arrête de rêver ! La Princesse n’est pas pour toi !

À force de me le dire, je suppose que ça allait finir par rentrer dans mon cerveau d’attardé. Mais dans le secret de mon cœur, elle n’était pas une princesse, elle était mon ange. Un ange de beauté, de bonté…

Depuis un an, après ce que les autres appelaient un « coup de massue », je ne voyais plus qu’elle. Il fallait absolument que je l’aperçoive au moins une fois par jour. Dans le cas contraire, c’était comme si le soleil avait cessé de briller, comme si les ténèbres m’accompagnaient toute la journée. Et ces dernières faisaient partie de ma vie depuis bien trop longtemps.

img2.png Bon sang, Jay, arrête de planer, tu vas droit dans le mur, marmonna Jonas, écœuré. Tu sais ce que ces filles attendent de mecs comme nous ? Le grand frisson, celui de l’interdit. Au mieux une bonne séance de baise, au pire juste un tour sur une de nos bécanes pour prouver à leurs copines qu’elles ont affronté un gang. C’est uniquement ça qu’elles recherchent chez nous. Aucune d’elles ne nous présentera à ses parents ni ne s’assoira à nos côtés à la terrasse d’un café. Elles te retrouveront le soir en cachette et se donneront à toi avant de rebaisser leurs jupes à cinq cents euros et filer rejoindre papa et maman. Et le lendemain, elles te regarderont avec dédain comme si quelques heures plus tôt elles n’étaient pas en train de jouir sous nos caresses.

Jonas avait raison. Il savait de quoi il parlait. Depuis quelques mois, l’une des amies d’Angèle dont j’avais appris le prénom par hasard, se servait de lui pour mettre un peu de piment dans sa vie. Fille du maire, Ophélie défiait ainsi l’autorité parentale en se servant allégrement de mon ami qui était tombé amoureux de la belle. Mais en dehors de leurs plans culs, elle l’ignorait royalement, allant jusqu’à s’afficher avec l’un de ces petits bourges, pantalon à pinces, polo Lacoste et pull nonchalamment noué autour des épaules. Je savais qu’un jour ou l’autre, Jonas se rebellerait… et j’espérais ne pas être là lorsque ce serait le cas.

Je m’installai sur le côté de la maison, m’asseyant à même le sol, le dos appuyé contre le mur suintant d’humidité. C’était une vieille baraque que Jonas avait hérité de son père lorsque ce dernier était mort d’un accident sur son lieu de travail. Entre les assurances et les différentes primes, le prêt de la maison avait été intégralement remboursé et la maison lui appartenait mais Jonas tenait « porte ouverte » pour ses amis.

Quelques minutes plus tard, il vint vers moi, deux expressos à la main. Il m’en tendit un et s’installa à mes côtés. Nos regards se posèrent sur le café où les filles avaient l’habitude de se réunir avec leur bande de copains avant de se rendre en cours. À chaque fois que la porte s’ouvrait pour laisser passer quelques étudiants, l’un de nous se raidissait, s’attendant à voir sortir l’une d’elles. Au bout d’un long moment, elles firent leur apparition. Je ne pouvais détacher mes yeux de mon Ange. Elle était si jolie dans cette tenue… si coquine… Je remuai nerveusement tandis que mon corps réagissait aux pensées érotiques qui me venaient à l’esprit. Bon sang, elle me faisait un tel effet que je ne pus retenir un gémissement. Jonas se tourna vers moi, les sourcils levés.

img2.png Nous sommes complètement pathétiques, se mit-il à rire. Nous sommes là, comme deux imbéciles, à les observer alors qu’elles ne nous captent même pas…

img2.png Au moins toi et Ophélie… commençai-je

img2.png On baise ??? Ouah, tu parles d’une consolation ! ironisa-t-il.

img2.png Tu es amoureux d’elle ? osai-je lui demander.

img2.png Amoureux ? Tu crois que des gars comme nous peuvent connaître l’amour ? Non, je ne pense pas, c’est juste que j’en ai marre qu’elle se serve de moi comme ça !

img2.png Que vas-tu faire ?

img2.png En profiter encore un moment et après je vais la jeter avant qu’elle ne le fasse elle-même.

Il se releva et me tendit la main. Je savais qu’au fond de lui, il avait la haine, qu’il éprouvait quand même quelque chose pour Ophélie malgré ses dénégations et que lorsqu’il mettrait un terme à leur histoire, il ne le ferait pas de gaîté de cœur. Sans un mot, il récupéra ses affaires à l’intérieur de la maison et se dirigea vers sa moto.

img2.png Oh, les mecs, vous connaissez les règles ! Pas de drogue dans la baraque sinon je vous vire ! leur rappela-t-il avant de faire rugir son engin. À ce soir !

Je le regardai partir à son boulot. Depuis six mois, Jonas travaillait dans un garage en Contrat à Durée Déterminée, un CDD. Mais le patron du garage était si content de ses services qu’il envisageait une embauche définitive.

img2.png Bon, je m’arrache aussi, les gars, déclarai-je.

img2.png Ah ! se moqua Dick, le rideau vient de tomber sur la dernière scène. Celle où la belle se rend en cours pendant que le pauvre Jay file à son job !

img2.png Au moins, moi je bosse, je ne reste pas à glander toute la journée.

img2.png Merci le piston, siffla-t-il, vexé, n’oublie pas que si ta tantine ne t’avait pas trouvé ce travail en cuisine à ta sortie de prison, tu serais ici, comme nous, à attendre un hypothétique contrat.

Là non plus, je n’avais rien à répondre. Dick avait raison une fois de plus. Si Raphaëlla, ma tante et tutrice, n’avait pas demandé à l’un de ses amis de me donner ma chance, je traînerais moi aussi à longueur de journée à chercher comment occuper ces heures interminables.

Je quittai la zone en me promettant d’éviter les problèmes. Je ne voulais pas peiner Raphaëlla qui me soutenait envers et contre tout. Mais je n’oubliais pas non plus une chose : ce sont les ennuis qui me trouvaient…

CHAPITRE 3

 

ANGÈLE

 

Les cours s’étaient terminés de bonne heure et j’avais le choix entre deux solutions. La première : rentrer chez moi seule en attendant qu’il soit l’heure de récupérer Aurore à l’école. Ce qui voulait dire tourner en rond dans la maison, sursautant au moindre bruit avec la peur au ventre qu’« il » ne rentre à l’improviste. La seconde : traîner au café où nous avions l’habitude de nous retrouver et potasser mes cours. Je savais que j’y serais tranquille.

Monsieur Albert, le propriétaire du Diamonds, avait installé dans un angle de la salle un coin VIP réservé uniquement à l’élite de la ville dont ma famille faisait partie, bien entendu. Nous pouvions bénéficier d’un service personnalisé, Monsieur Albert se faisant un plaisir et un devoir de nous chouchouter. Il connaissait nos goûts, aussi bien musicaux, que nos boissons favorites. Là où les autres étudiants buvaient leurs jus d’orange dans un verre, nous, les VIP, le buvions dans une coupe à champagne. La simple pression dans une chope était servie dans un verre personnalisé aux prénoms de mes amis… Eux adoraient être au centre de l’attention, se sentir supérieurs aux autres… Moi, ça me gênait mais je préférais garder mes réflexions pour moi…

Finalement, je me décidai pour le Diamonds. Je pourrais y réviser mes cours sans être dérangée.

Je poussai la porte, répondit aux saluts des étudiants déjà présents dans la salle et me dirigeai vers notre quartier. J’avais à peine pris place qu’un serveur vint déposer devant moi un chocolat chaud, crémeux à souhait, avec une corbeille de viennoiseries. Je ne le remerciai pas. L’aurais-je fait que Monsieur Albert aurait fustigé son employé pour avoir osé frayer avec l’Élite. Cette situation me pesait. Je n’aimais pas l’image que je donnais de moi, celle d’une fille à papa, gâtée, capricieuse, insensible. Pourtant, il fallait que je joue le jeu.

Je sortis mes cours d’histoire contemporaine, mes fiches de révisions et me mis au travail. J’étais si concentrée que je ne remarquai la présence d’Ophélie que lorsqu’elle poussa un profond soupir.

img2.png Ophélie ? Oh, désolée, je potassais mes cours.

img2.png Oui, j’ai vu, se lamenta-t-elle. Comment peux-tu rester enfermée par une si belle journée ? Mince, il ne reste que quelques jours avant la Toussaint, après on va entrer dans la période hivernale. Tu sais ce que ça veut dire ? Terminé les petites tenues sexy, de la boue sur les chaussures, le froid, la glace, le….

img2.png Oui, c’est bon, j’ai compris, ne pus-je m’empêcher de rire. Mais il ne faut pas oublier les révisions, les examens, la validation de nos partiels…