Sous le sable, les mots

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98 pages
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Devant la fenêtre, Julien scrute son cahier, son titre, son nom, qui le nargue. Au-delà, du sable, blond ou gris, selon l’heure. Plus loin, la mer. De l’eau sans fin. À perte de vue. Comme ses souvenirs. Il a une dizaine d’années, la France est occupée et bombardée; il a vingt ans, il est légionnaire en Algérie, ou dans la brousse de l’Afrique équatoriale. Des fantômes, échappés de sa bibliothèque et de son passé, prennent possession de son inconscience. Il se laisse sombrer, pour tout effacer. Surtout ces explosions qui le déchirent et le laissent désarticulé, au bord d’une piste rocailleuse, quelque part dans le djebel… "Sous le sable, les mots" sonde les souvenirs enfouis et les cicatrices béantes d’un homme brisé à qui l’on a tout pris, à qui il ne reste plus que son propre monde, quelque part, quelque quand. Porté par une plume sensible et envoûtante, le héros de Jean-Paul Gauch nous emmène jusqu’au bout de son voyage, où douleur, folie et poésie se fondent en une même destination.

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Date de parution 16 mai 2012
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EAN13 9782748384857
Langue Français

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Sous le sable, les mots
Du même auteur La Rumeur des Comores – Dans l’ombre de Bob Denard, éditons Le Manuscrit, 2007, Paris Métisses, Nouvelles Africaines, éditions Publibook, 2009, Paris Comme un Vol d’étourneaux, Dans les couloirs de la Psychiatrie, éditions Le Manuscrit, 2011, Paris
Jean-Paul Gauch Sous le sable, les mots
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0117464.000.R.P.2012.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2012
Prologue Si tu ne sais pas où tu vas Regarde d’où tu viens… … et si, précisément, je ne savais pas, non plus, d’où je viens. « On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille ». Être né quelque part, oui sans doute mais où ? e Les trottoirs de Manille ou ceux du XVI arrondissement, à moins que ce ne soient ceux de Kinshasa, de Jobourg, ou la terre battue d’une case de la forêt tropicale… Ce sont des questions que l’on est en droit de se poser et tant pis si la vie les juge subversives. Après tout la vie, qu’est ce que c’est ? Pour les uns, les chanceux ou les in-conscients, un cadeau : « merci Papa, merci Maman ! » Pour d’autres un fardeau sur les épaules, alourdi d’un con-cept épuisant, la « responsabilité ». Responsable de quoi ? D’être né quelque part, du bon ou du mauvais côté de la conscience, plus connue sous le sentiment le plus ravageur qui puisse exister : la « culpabilité », cette empoisonneuse à temps plein, inventée pour nous gâcher l’existence jus-qu’à la fin de nos jours dont elle peut précipiter le dénouement. Parce qu’il est des circonstances où le passé devient trop lourd – chargé de regrets et aussi de remords –, le présent aléatoire et l’avenir trop incertain, alors autant en finir tout de suite… Encore faut-il y mettre les formes et un zeste d’élégance, si possible. À y bien réfléchir, c’est une sortie de scène, alors autant la soigner et saluer le pu-blic avant que le rideau ne tombe, à tout jamais et là, pas de fausse sortie, pas de rappel non plus. Non, du sérieux
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du définitif. La représentation est terminée. Circulez, y a plus rien à voir, la suite est une affaire strictement privée, entre soi, en famille… quand elle existe. Et qui sait s’il n’y aura pas Dédé en tenue flambant neuve de garde champêtre, et Sophie et Lisa et Cléa, Dalia et tous les autres, les apprentis pirates du Jubaland ayant pour la circonstance – on ne meurt qu’une fois – abandon-né leur surveillance du rail somalien où les cargos repus de richesses pourront glisser en toute sécurité ? Et tous ces mots enfouis sous le sable en attendant leur prochaine proie… Mais la plage est déserte et ce n’est pas Juillet et la Fa-nette pourra aimer qui elle voudra et nager si loin que les vagues elles-mêmes renonceront à la suivre. Et il se trouvera toujours un « écriveur » pour affronter les mots et raconter l’histoire de Julien en espérant devenir un jour un « écrivain »…
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