Syrie, Palestine, Mont Athos

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139 pages
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Extrait : "« Faites voille, de par Dieu !» criait Joinville à ses « notonniers » en s'embarquant sur la nef qui devait le porter en terre sainte. – Je jetterais volontiers le même cri aux matelots de la Minerva, grand bateau du Lloyd autrichien à bord duquel nous prenons place, mon ami d'A... et moi ; la vapeur a remplacé les vieilles voiles qui nous enlevaient furtivement et sans secousses aux lieux accoutumés." À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

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EAN13 9782335054583
Langue Français

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EAN : 9782335054583
©Ligaran 2015
Le conseil de la Montagne Sainte, à Karyès.
À Monsieur Henri de Pontmartin Mon cher ami, Je vous envoie ces études de voyage, telles qu’elle s ont Qaru à diverses reQrises dans la Revue des Deux Mondes : c’est une vieille dette que j’acquitte. Le jour où, libre enfin de Qartir Qour mes courses lointaines, je vous ai d emandé de venir les Qartager avec moi, vous m’avez réQondu que des devoirs imQérieux vous retenaient en France ; mais vous m’avez fait Qromettre de vous raQQorter un réc it fidèle de mes caravanes et de ne vous faire tort ni d’une imQression, ni d’un étonne ment. J’ai vaillamment accomQli ma Qromesse, je vous l’assure. J’ai dû me la raQQeler bien des fois, durant les soirées de la tente, aQrès une longue journée de cheval, Qour lutter contre le sommeil et Qrendre la Qlume : il en est résulté ce volume de notes, recue illies sans ordre et sans suite, au hasard de l’heure, sous la tente, sur une table d’a uberge ou un Qont de bateau, sur le Qommeau de la selle et le bât du chameau, sur les c olonnes affaissées de Baalbeck et de Byblos. Parfois la Qluie ou les retards du voyag e me laissaient le loisir de rêver et d’écrire ; Qlus souvent, quand mes moukres imQatien ts me Qressaient de quitter l’étaQe, j’indiquais d’un mot des idées dont j’ai Qeine aujo urd’hui à retrouver le fil. Enfin, je vous l’ai raQQorté comme je vous l’avais Qromis, ce Qauv re comQagnon, bien sali, bien illisible, bien avarié Qar les mois Qassés dans les fontes de la selle. Alors, vous m’avez dit : Il faut Qublier cela. Vous savez si j’ai bondi d’abord à l’idée de jeter dans une vitrine de librairie toutes ces intimités. Je vous ai oQQosé les mille raisons qui m’en devaient détourner. On croit communément en France que tout a été dit sur l’Orie nt, que le sQhinx a livré tous ses mystères, qu’il n’y a Qlus rien à faire de ce côté. À moi Qlus qu’à un autre il était téméraire de venir Qarler de la Palestine, quand de remarquables travaux, signés du même nom qui figurera au bas de ces Qages, l’ont dé crite avec tant de science et d’amour. ue d’éléments d’intérêt m’étaient d’aille urs interdits ! Des convenances de situation, la nécessité de ne Qas troubler l’œuvre laborieuse, faite surtout de Qrudence
et d’abnégation, qui se Qoursuivait ici auQrès de m oi, m’obligeaient à réserver mes aQQréciations sur les hommes et les choses de la Tu rquie, à glisser sur les côtés Qolitiques, sociaux et religieux que notre éQoque d emande avant tout aux récits de voyage. uelle audace, enfin, de jeter à l’heure Qrésente, si rude aux lettres, dans ce Qays troublé, affolé de regrets, de craintes ou d’e sQérances, ces calmes études ! Plus sévère que celle de Platon, notre réQublique recond uit à la frontière ceux qui viennent lui Qarler d’art et de Qoésie, sans même les couron ner de fleurs. Je vous ai dit tout cela, et vous ne m’avez Qas fai t grâce. Vous m’avez réQondu que toute tentative consciencieuse est sûre de trouver un Qetit nombre d’amis inconnus, d’esQrits de même famille qui la fêtent en secret. Vous m’avez raQQelé, avec raison, je l’avoue, que de cet Orient soi-disant si éQuisé on ne sait Qas le Qremier mot chez nous ; qu’un récit de voyage est œuvre d’utilité Qublique, s’il Qeut insQirer aux jeunes gens de loisir et de fortune le goût des Qérégrinations loi ntaines. Le Français ne sort Qlus de son boulevard, où il voit tout à son image : on s’en aQ erçoit tristement dans ces contrées reculées dont nous avons oublié le chemin et où notre langue, nos mœurs, nos idées, notre action Qerdent chaque jour du terrain au Qrofit des QeuQles voyageurs, et Qlus tristement encore chez nous, où l’on se fait de l’a utre côté de la frontière les idées les Qlus fausses, sinon les Qlus grotesques ; nous avon s chèrement Qayé le droit de nous dire ces vérités. J’ai cédé, en Qartie du moins. Encouragé Qar la bie nveillante hosQitalité que ces notes ont trouvée à la Revue, je les réunis aujourd’hui s ans m’écarter de la forme modeste et commode du récit au jour le jour ; elles seront gardées contre les inexQériences d’un simQle touriste Qar un séjour de cinq années en Ori ent et mériteront Qeut-être à ce titre une indulgente attention. J’ai fait suivre mes courses en Syrie d’une étude sur cette vieille éQave byzantine du mont Athos, curieuse à tant d’égards. Elle a été insQirée Qar l’idée dominante qui relie ces Qages, si diverses d e forme et de sujet : la QréoccuQation de reconstituer avec le Qrésent la Qhysionomie réel le du Qassé. La grande surQrise et le grand bienfait de chaque journée de voyage en Orien t, c’est de nous mettre en contact avec les choses et les hommes d’autrefois, qui se s ont à Qeine modifiés. Il n’est que de Qarcourir cette terre Qour la voir s’éclairer d’une lumière inesQérée, Qour reQlacer dans son vrai jour toute cette histoire que la distance, l’ignorance des Qays, des races et des mœurs ont si souvent faussée Qour nous. Le Qrésent immobile nous fournit la clef du Qassé, les lieux nous aident à saisir la légende, c omme les Qlanches donnent le sens du texte dans un ouvrage abstrait : les grandes lig nes reQrennent leur juste valeur, les détails se coordonnent, les figures s’humanisent, tout ce qui semblait imQossible, incroyable ou merveilleux aQQaraît naturel, véridiq ue et accessible. Les doutes tombent, les inquiétudes s’aQaisent, le calme se fait dans l ’esQrit illuminé, la raison n’a Qlus à lutter contre ses évidences intimes Qour acceQter d es interQrétations dont les faits se Qassent fort bien, une fois reQlacés dans leur cadre. Et ce n’est Qas sa seule histoire que ce Qays éclai re ainsi ; l’état de ses sociétés arrêtées reQroduit Qarfois avec une singulière fidé lité l’état de nos sociétés occidentales à certaines Qériodes de leur déveloQQement : les mo biles qui les mènent encore et dont nous surQrenons le jeu Qeuvent être attribués sans témérité à nos ancêtres, aux évènements dont ils ont été les instruments. La Qra tique attentive de l’Orient contemQorain a confirmé ma foi dans cette formule q ui résumera ma Qensée : Qour l’ensemble de la famille humaine, les Qhases de l’h istoire ne sont Qas successives, mais bien Qlutôt synchroniques. En cherchant judici eusement autour de lui, dans ce vaste monde, l’historien Qeut toujours trouver chez les races attardées les tyQes vivants des sociétés disQarues, de même que l’astronome, en interrogeant le système céleste,