Voilà pourquoi j'aime la banane

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108 pages
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La conscience de l'homme martiniquais est imbibée d'odeurs, de saveurs, d'histoires de banane. Ce fruit est le symbole de la révolte, de l'exploitation de l'homme par l'homme, du mépris. Dans les années soixante, le mot nègre se disait sans retenue dans l'habitation agricole du Marigot. Le Béké ne pesait pas ses mots; seule sa plantation comptait. Quant aux travailleurs, ils vivaient au rythme de la banane et de tous ses tracas. La belle Dorante aspirait à une vie meilleure pour elle et pour ses enfants. Elle ignorait tout de la morale et des règles de la plantation. Ses surprises seraient parfois agréables, mais aussi très douloureuses... S'inspirant des événements dramatiques de février 1974 à la Martinique, l'auteur signe la chronique d'une société au bord de l'explosion. Autour du microcosme d'une exploitation bananière, son récit, à mi-chemin entre documentaire et témoignage romancé, dénonce les tensions sociales et raciales d'une époque qui laisse aujourd'hui encore des cicatrices indélébiles.

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Date de parution 24 octobre 2013
Nombre de visites sur la page 13
EAN13 9782342014037
Langue Français

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Voilà pourquoi j’aime la banane
Anatole Dominique Alfride Voilà pourquoi j’aime la banane
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0118889.000.R.P.2013.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2013
Retrouvez l’auteur sur son site Internet : http://dominique-anatole-alfride.publibook.com
Préface « Plaisance, cass, grand café, grand fond, tandely, morn roso, grand sèpent, ti sèpent, mango ina, ti canal, bois d’inde, la poirier, vassor, l’étang, saboka, étivi… »Ce sont là les noms qu’avaient donnés les anciens travail-leurs agricoles, à chaque parcelle de terrain, dans cette habitation agricole de banane de la commune du Marigot. Des noms sortis de nul dictionnaire légendaire, mais des noms propres à leur vécu, leur culture, leur souffrance, leur amour, leur désarroi, leur rencontre et leur expérience. Chaque jour, les travailleurs de banane de cette habita-tion vivaient au rythme de multitudes de coups de coutelas, de coups de houe, de couteau, de pinces à arra-cher la banane, aux coups de poignée de produits dévastateurs pour la nature, mais aussi pour eux. La banane est le fruit le plus mangé au monde. Celui-ci est cultivé avec beaucoup d’amour et d’énergie. Les tra-vailleurs se donnent corps et âme pour la faire grandir, aux risques et périls de leur vie, de leurs soucis quotidiens, de leur famille et de leurs enfants qui passent parfois au se-cond plan… Si une banane est aussi délicieuse, c’est parce que l’âme de chaque travailleur participe à sa confection. L’énergie consentie est divine. Le salaire de la semaine est seulement un facteur de vie pour les travailleurs.
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La banane et la canne à sucre sont des sœurs siamoises. Elles sont indissociables. Manger un plat de banane verte avec de la morue et une salade de concombre, sans boire un « Fe » (punch), est un sacrilège pour certains anciens. D’ailleurs rejeté par une certaine classe sociale, le plat avec la morue et la salade de concombre est devenu pour-tant l’emblème culinaire de la Martinique. Être invité à manger ce plat chez des amis est un moment privilégié. La conscience de l’homme martiniquais est imbibée d’odeurs, de saveurs, d’histoire de bananes. Ce fruit est le symbole de la révolte, de l’exploitation de l’Homme par l’Homme, du mépris. C’est le symbole de la non-réussite sociale pour certains, alors que l’énergie dépensée dans les champs n’était jamais vaine. Elle nourrissait les familles tant bien que mal. Et, petit à petit, dans ce tourbillon, certains hommes martiniquais se dessinaient sur tous les plans : intellectuel, culturel, spiri-tuel, artistique… Pour ceux qui ont réussi grâce à l’acharnement des pa-rents travailleurs agricoles de la banane, ce temps-là est révolu. D’ailleurs, un proverbe chinois ne dit-il pas :« La tortue avance si seulement elle sort sa tête »? Les travailleurs formaient une sorte de clan familial dans cette habitation. Leur code d’honneur était très parti-culier, la patience : et la loyauté. Ils le respectaient strictement. Ils se fréquentaient en dehors de l’habitation agricole, parfois jusqu’à la mort. Pour pénétrer dans le travail de l’habitation agricole, il faut être jugé digne d’y être accepté. Impitoyablement, il faut montrer patte blanche.
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