208 pages
Français

Visées justes

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Description

Après quatre ans de domination du Continent sans partage, la NaPOM allait connaître la cruelle réalité de la déroute. Des mères pleureraient leurs enfants tombés au champ d'honneur, des veuves se vêtiraient de noir en mémoire de leurs maris tombés en héros pour la grandeur de la nation. La guerre de Libération du Continent avait commencé et allait répandre la mort, la désolation et le chaos sur l'ensemble du Continent. Inspiré par l'histoire européenne, sur des terres qui nous sont familières en raison de la tyrannie et de l'horreur qu'elles subissent, le roman de M. Duboué s'accroche aux pas furtifs, clandestins, périlleux, d'un résistant isolé qui se cache en territoire dominé... et qui, même seul, poursuit sa lutte. Texte nerveux et électrique, aux teintes crépusculaires et à l'ambiance oppressante, "Visées justes" est par ailleurs plus qu'un roman de guerre; il s'impose aussi comme un roman consacré à la bravoure et aux sacrifices qu'exigent la paix et la liberté.

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Informations

Publié par
Date de parution 29 octobre 2015
Nombre de lectures 8
EAN13 9782342044027
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Visées justes
Michaël Duboué Visées justes
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0120167.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2015
À mes proches, sans qui ce projet n’aurait jamais vu le jour. Merci à Eva, ma première lectrice. Merci à mes parents et à mon frère qui, par leurs remarques, m’ont permis de croire en ce projet. Merci également à Gautier et Alice. Ce livre est dédicacé à toutes les Bayonnaises et tous les Bayonnais qui, je l’espère, retrouveront avec plaisir les recoins familiers de leur chère ville, tout au long du récit.
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Chapitre I Quartier de la mairie… La nuit était déjà tombée depuis longtemps. C’était une de ces nuits obscures et terrifiantes qui ne semblait jamais finir. Le froid paralysait les membres et rendait tout objet insaisissable. Les rafales de balles volaient dans tous les sens et venaient mourir avec un fracas indescriptible sur les murs délabrés de la ville révoltée. Partout sur le sol, des débris d’immeubles effondrés recouvraient des dizai-nes de cadavres mutilés. Les chevaux, comme les hommes, avaient payé un lourd tribut aux combats achar-nés qui sévissaient depuis plus de soixante-douze heures dans les rues de la cité. Leurs carcasses dépecées et dé-coupées par les habitants affamés, jonchaient les pavés des alentours de la mairie. Les détonations des grenades fai-saient écho aux mascletas festives des années bénies d’avant-guerre. Dans tous les recoins, la mort rappelait aux survivants qu’en ces heures tragiques, elle était leur plus fidèle compagne. Au bout de chaque rue se dressaient des barricades de bois pris sur les charrettes que les chevaux ne tiraient plus. Des incendies épars illuminaient les bâtisses et donnaient des allures de décor de théâtre aux quartiers martyrisés par la folie guerrière des hommes. Les lance-flammes gril-laient les civils, terrés dans des trous à rats, hurlant leur désespoir dans des cris de souffrance insupportables. La scène était tout simplement apocalyptique. Ce n’était plus la guerre mais la haine qui dévastait tout sur son passage. L’hôtel de ville n’était plus qu’un château de cartes prêt à s’effondrer à tout moment, fumant et vomissant la déso-lation qui l’étreignait. Les cris de douleur et de désarroi
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des survivants dépassaient tout ce qu’avait pu imaginer l’Amigo. Pourtant il avait déjà connu la guerre et durant de longs mois. Mais voir le martyr de cette ville à l’agonie surpassait de loin les pires atrocités qu’il avait pu vivre jusque-là. Cette vision de fin du monde renforçait en lui, au plus profond de lui, la haine qu’il vouait aux forces de l’Ordre, responsables de tous les malheurs du continent depuis plus de quatre ans. Camouflée au rez-de-chaussée d’une habitation partiel-lement effondrée, la section 4 de la Résistance attendait le moment propice pour attaquer un escadron de la Milice Nationale, repéré quelques minutes plus tôt. Les hommes étaient étonnamment calmes, tapis dans l’obscurité de ce qui avait dû être une cuisine. Ils gardaient le silence, cer-tains priaient, d’autres fumaient mais l’Amigo, comme le surnommaient ses compagnons d’armes, avait les sens en éveil comme un jaguar prêt à bondir sur sa proie. Il atten-dait le combat, le souhaitait au plus vite, il se savait sûr de sa force et la peur ne l’atteignait pas. Il se sentait invinci-ble. La haine poussée à son paroxysme donne parfois ce sentiment aux hommes, cette impression de toute puis-sance qui n’est ni de l’inconscience, ni de la folie, mais de la bestialité. La pièce était exiguë et les six membres de la section 4 se tenaient face à face sans qu’aucun ne se regardât dans les yeux. Ils étaient assis au sol comme un six sur un dé de casino. Ils étaient sales, mal rasés et l’état de leur pseudo-uniforme témoignait de la violence avec laquelle ils avaient combattu jusque-là. Le groupe comportait un capi-taine de Section dont le surnom, ou plutôt le nom de résistant, était Soudeur. Capitaine Soudeur. C’était un gail-lard d’1 mètre 88 pour 115 kilos de muscles dont le franc-parler avait toujours été le principal et unique trait de ca-ractère. Il ne badinait jamais avec ses interlocuteurs et donnait le plus explicitement possible son avis en toute situation. Son langage cru et parfois grossier imposait souvent le
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