Agroforesterie

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Le potager-verger est un îlot de verdure dense et productive, une « forêt » alimentaire qui trouve sa place en ville comme à la campagne. Optimisé sur le modèle du « jardin oasis », il accueille ensemble, de façon étagée, des légumes, des plantes condimentaires et des fruits – la difficulté étant de les faire cohabiter de la façon la plus harmonieuse possible ! Le nec plus ultra du jardin alimentaire, très adaptable, convient à de petits ou grands jardins et s’accorde aisément avec des façons de jardiner classiques ou innovantes (cultures en buttes, en lasagnes, en carrés ou sous couverture permanente). Ramenés à la surface effectivement cultivée, ces potagers-fruitiers à haute densité, peu complexes à mettre en oeuvre, sont particulièrement productifs. L'agroforesterie : Une nouvelle approche de la permaculture !

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Date de parution 06 juin 2016
Nombre de visites sur la page 73
EAN13 9782815308908
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0090 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Le p o t a g e r - v e r g e r est un îlot de verdure dense et productive, une « forêt » alimentaire qui trouve sa place
en ville comme à la campagne. S’il est plus facile à implanter dans les régions à étés chauds et ensoleillés,
son adoption est possible dans la plus grande partie du pays, des côtes de l’Atlantique à celles de la
Méditerranée, et dans toutes les zones climatiques continentales, exception faite – peut-être ! – des zones de
montagne et de piémont. Très adaptable, il convient à des jardins de 2 à 15 ares ou plus et s’accorde
aisément avec des façons de jardiner classiques ou innovantes (cultures en buttes, en lasagnes, en carrés ou
sous couverture permanente). S’il peut s’établir à partir d’un terrain en friche, un potager cultivé évolue
naturellement en potager-verger, sans investissement particulier. À l’opposé, un verger se transforme tout
aussi aisément en potager-verger en aménageant les cultures de légumes et de condimentaires aux pieds
des arbres fruitiers en place. Cette façon de jardiner ne requiert donc pas une transformation radicale de vos
façons de faire habituelles, mais se contente d’une simple adaptation, généralement peu compliquée à mettre
en œuvre.
Il va sans dire que, ramenés à la surface effectivement cultivée, ces potagers-fruitiers « haute densité » sont
particulièrement productifs. Près de 180 légumes différents, 90 condimentaires et 40 arbustes et arbres
fruitiers y trouvent leur place. Sans être exhaustive, la diversification des plantes proposées en culture est
donc maximale et recouvre toute la palette des plantes potagères et fruitières à cultiver sous nos latitudes. La
conduite d’une petite dizaine d’entre elles sera facilitée dans les régions les moins favorisées d’un point de
vue météorologique – le nord de la Loire et les régions de basses montagnes – par une culture estivale sous
tunnel froid (par ailleurs, un abri de ce type sera très utile au printemps pour produire soi-même un jeune
plant à repiquer). À moins d’en avoir le désir, le temps et la place, il vous sera difficile de les installer toutes
au jardin. Mais qui peut le plus, peut le moins : à vous de sélectionner celles que vous souhaitez voir pousser
et récolter.
Il y a une et mille façons de cultiver son jardin. Le tempérament du jardinier, son savoir-faire et son habileté
conditionnent largement les façons de faire – et les résultats obtenus ! Faire cohabiter arbres fruitiers,
plantes condimentaires et légumes n’est pas une idée neuve. Le jardin d’Éden était un verger – où poussaient
ecertes des fruits curieux ! –, et jusqu’au xviii siècle le jardin était, de fait, un potager-fruitier. Jardin historique
emblématique, le Potager du Roi, à Versailles, était – est toujours – un verger-potager, plus verger même
que potager (son concepteur, Jean-Baptiste de La Quintinie, consacre la majorité de son grand ouvrage
Instructions pour les fruitiers et potagers aux arbres fruitiers). Le monde rural n’a pas manqué de faire
cohabiter fruits et légumes, par exemple dans les jouailles du Sud-Ouest ou les Landlàs d’Alsace où
poussaient simultanément vignes ou arbres fruitiers et des légumes comme les pommes de terre et les
asperges. De façon plus exotique, les « jardins d’oasis » associent avec bonheur trois niveaux de végétation.
Inutile même de chercher aussi loin, sous nos climats comme ailleurs, une forêt s’épanouit harmonieusement
en trois strates distinctes mais complémentaires.
Ce n’est que depuis une cinquantaine d’années que les cultures des arbres fruitiers et des légumes ont été
jugées incompatibles, exception faite des fraisiers dont les exigences en culture, et malgré leur conduite
pluriannuelle, sont aisées à satisfaire dans les terres régulièrement fumées des potagers. Les arbustes à
petits fruits, tels les groseilliers et les framboisiers, étaient tout au plus tolérés en bordure de potager. Les
arbres fruitiers, eux, en étaient totalement exclus, voués à un réel ostracisme sous prétexte d’handicaper la
croissance des légumes annuels, les privant de soleil et de lumière et tirant à eux toute l’eau contenue dans le
sol. Les deux, légumes-condimentaires d’un côté et fruits de l’autre, devenant finalement, par fait de nature,
inconciliables.
Jusqu’au jour où l’on s’avisa du contraire ! Depuis une dizaine d’années, les potagers-vergers accueillent à
nouveau, et cela simultanément, légumes, condimentaires et arbres fruitiers, timidement parfois ou de façon
plus volontaire. Au sens large, l’agroforesterie regroupe ces mises en culture annuelles sous la frondaison
d’arbres pérennes. Sur une surface donnée, elle double et même triple les récoltes et augmente d’autant la
« rentabilité » en permettant au jardin de se déployer en volume.
Le verger-potager ne distingue pas le jardin fruitier, le potager et le massif de plantes condimentaires, mais
cherche à faire cohabiter les trois en un ensemble cohérent. Comme il n’est pas conduit à plat, ce jardin
prend – littéralement – du relief, sa voûte supérieure étant formée par la couronne des arbres fruitiers
conduits sur tige, afin de permettre aux cultures potagères de s’installer à leurs pieds. À terme, il s’agit de
mettre en place une sorte de micro-écosystème qui se différenciera des jardins environnants par sa
productivité et sa luxuriance. Exactement comme une oasis se distingue du désert qui l’abrite !
L’activité dans un potager-verger se concentre entre mars et novembre (mais les récoltes de légumes se
poursuivent pendant toute la mauvaise saison avec les choux de Bruxelles, de Milan et frisés, les carottes, les
topinambours, les poireaux, les mâches, les épinards, les crosnes…). L’hiver est une période de repos, plus,
d’ailleurs, pour le jardinier que pour le jardin qui ne se « repose » jamais – pas plus que le sol ne se
« fatigue » des cultures qu’il porte.
Du fait de la multiplicité même des végétaux cultivés, une attention particulière est accordée aux divers
regroupements et associations. En premier lieu à des implantations respectant pour chaque espèce
l’« espace vital » nécessaire.
La diversité des végétaux cultivés permet une occupation optimisée de l’espace, au-dessus et sous terre. La
conduite simultanée de plantes de diverses hauteurs limite les pertes d’eau par évaporation, grâce à la
« filtration » des rayons lumineux par la strate supérieure. Avec leurs racines puissantes, ces mêmes arbres
remontent en surface des eaux souterraines et recyclent des éléments minéraux lessivés en profondeur.
Maintenues en place, les feuilles mortes de l’automne sont décomposées dès la fin de l’hiver et complètent la
teneur humique du sol. Car, ici comme dans tous les jardins, la matière organique reste le nerf de la guerre.Dans ces potagers-vergers, la dynamique biologique sera également renforcée et maximalisée par le recours
aux composts et aux fumiers compostés.