Associations et rotations au potager
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Description

Les associations de légumes et les rotations de cultures sont des méthodes bio qui permettent de gérer son potager de manière responsable et écologique : pas d’épuisement du sol, lutte naturelle contre les parasites, accueil de la petite faune…
Retrouvez tous les conseils d’un professionnel pour appliquer ces astuces dans votre potager grâce à des pas à pas illustrés. Comment bien associer les légumes pour une récolte généreuse, quels amendements apporter à votre sol, comment organiser votre parcelle de terre en fonction de vos besoins… tout vous sera expliqué pour vous aider à devenir un pro des associations et rotations !
Au sommaire :
Quelques principes de base : Le sol : un support de culture et une base nutritive - Les besoins des plantes - Optimiser le potentiel du sol de son potager
Associations culturales : L'union fait la force - Connaître pour bien associer
Pour le meilleur : les excellentes compagnes
En évitant le pire : les mauvais voisinages
La rotation des cultures : Les grands principes - Organiser la rotation - Les avantages de la rotation des cultures
Guide pratique : Tableau L'essentiel sur la culture des principales plantes potagères - Tableau croisé des compatibilités culturales

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 17 mai 2013
Nombre de lectures 61
EAN13 9782815304023
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Associations et rotations
Laurent Renault
Illustrations : Michel Sinier

rustica éditions
Avant-propos
Cultiver son jardin. Voilà une activité qui nous occupe depuis la nuit des temps et qui prend des significations et des valeurs variables en fonction des époques. Le jardin potager, un temps mis de côté dans les villes en raison de la simplicité d’approvisionnement en légumes frais produits par l’agro-industrie, est de nouveau à la mode.
Les rapports complexes que nous entretenons avec notre alimentation tendent de nos jours davantage vers des préoccupations d’authenticité et de préservation de la santé. Pourtant la science nous prévoyait un avenir alimentaire radieux. Les légumes modernes, aux qualités nutritives analysées et désormais produits en atmosphère contrôlée sous des serres chauffées, sont à l’image des couvertures de magazines : splendides, appétissants, mais au goût indéfinis sable et totalement décalé par rapport à notre imaginaire gustatif.
Nous ressentons à nouveau le besoin de cultiver, c’est-à-dire de travailler la terre afin de la rendre fertile et de pouvoir profiter au mieux de son potentiel. Fertilité des sols, rotation des cultures, associations végétales, respect des saisons, toutes les valeurs sûres de notre patrimoine horticole ancestral s’accordent désormais, dans nos espaces cultivés, à l’éveil de notre conscience environnementale.
Alors, adonnez-vous au jardinage durable et responsable. Ne ménagez pas vos efforts pour comprendre et apprécier les fruits de votre travail.
Laurent Renault

CHAPITRE 1
Quelques principes de base
Le sol : un support de culture et une base nutritive
Les végétaux que vous cultiverez absorberont les éléments minéraux dissous dans l’eau du sol. Connaître les caractéristiques physiques de la terre de son potager permet de cultiver des plantes adaptées et d’envisager certaines modifications par amendements et fertilisation.
De quoi est composé le sol ?
Contrairement à la définition que nous lui donnons dans le langage courant, le sol n’est pas seulement une surface disponible de culture, c’est surtout un volume d’exploration potentiel pour les végétaux et les micro-organismes. La formation complexe du sol s’élabore avec le temps à partir d’éléments minéraux et d’éléments organiques structurés qui permettent d’expliquer sa fertilité.
Les éléments de texture
Les éléments minéraux qui composent le sol sont classés en fonction de leur diamètre. Les pierres, graviers, sables, limons et argiles constituent la base de la texture de la terre. Leur assemblage, qui dépend de leurs proportions respectives, va permettre au sol de s’organiser. Les meilleurs sols sont équilibrés en ces différents constituants.
La prédominance de sable grossier et de gravier va, par exemple, provoquer un drainage excessif ; celle de l’argile va au contraire retenir l’eau, parfois avec excès, surtout durant la période hivernale.
Afin d’avoir une idée précise de la composition de votre sol, il est possible de faire un test assez simple avec la terre de votre parcelle. Pensez à faire plusieurs prélèvements sur la future surface cultivée.
Test pour déterminer la composition du sol 1 Dans une éprouvette graduée, de forme assez allongée afin d’obtenir des résultats très lisibles, mélangez une poignée de terre débarrassée de ses plus gros cailloux avec un grand volume d’eau.

Mélange de terre et d’eau. 2 Agitez vigoureusement la préparation afin de séparer les différents constituants du sol.

Repos. L’éprouvette de droite est le résultat de la sédimentation en cours dans l’éprouvette de gauche. 3 Laissez reposer le mélange jusqu’à ce que l’eau redevienne claire au-dessus des éléments plus lourds tombés au fond. 4 La lecture visuelle de la colonne d’éléments minéraux triés vous donnera une estimation des proportions d’éléments grossiers (comme le sable et les graviers révélateurs des qualités drainantes de votre sol) ou d’éléments fins (comme les limons et les argiles qui retiennent l’eau mais qui ont tendance à asphyxier les racines).
La matière organique
La formation de la matière organique
Les végétaux qui se développent forment des racines, des feuilles, des tiges et des fruits grâce aux éléments minéraux puisés dans l’eau combinés avec les produits issus de la photo synthèse. Ils élaborent ainsi de la matière organique . Celle-ci est un assemblage complexe de molécules, comme les fibres de lignine servant au soutien de la plante, et de produits que nous recherchons pour notre alimentation, sucres, protéines ou corps gras.
La transformation en humus
Tombée au sol en fin de vie de la plante, cette matière organique est rapidement fragmentée puis consommée par de multiples organismes qui la transforment en humus. D’aspect souvent sombre, les composés de l’humus ont la capacité de s’assembler aux éléments texturaux fins que sont les argiles, par l’intermédiaire du calcium, pour former une sorte de ciment organique. Par décomposition, cet humus est capable de restituer au sol des éléments minéraux élémentaires comme l’azote, le potassium ou le phosphore, ainsi que des oligoéléments.
Les apports d’amendement
Généralement, ce cycle naturel est interrompu par le prélèvement des végétaux lors de la récolte, qui génère un appauvrissement progressif de la teneur en matière organique des sols cultivés. Des apports en compost, fumier, paillage peuvent en contre partie contribuer à entretenir le cycle vertueux de la matière organique.

La teneur idéale du sol en matière organique
On estime qu’un taux de 3 à 5 % de matière organique est indispensable pour la réussite de la plupart des cultures. Certaines plantes gourmandes réclament des quantités supérieures, notamment les plantes potagères d’origine tropicale comme les tomate, les aubergines ou les poivrons.
Le pH du sol
Un autre élément indispensable à la bonne structuration du sol est le calcium issu de la dissolution du calcaire. Cet élément est très lié à l’acidité relative du sol. On parle de pH.
Votre sol sera plutôt à tendance acide (pH < 7) s’il est pauvre en calcium, neutre s’il est équilibré, basique (pH > 7) s’il est largement pourvu en calcaire susceptible de se solubiliser. Une trop forte acidité du sol provoque le dépérissement de la plupart des plantes, hormis les plantes dites « de terre de bruyère », ainsi qu’une mauvaise transformation de la matière organique en humus. Une correction est possible, c’est ce que l’on appelle le chaulage . Cette opération consiste à apporter du calcaire au sol, à l’aide d’un produit riche en calcaire comme la craie, le maërl, la marne ou la dolomie. La dose de produit à employer dépend de votre sol, de son acidité et du produit utilisé. Comptez 150 g/m 2 si le sol est légèrement acide (pH entre 6 et 6,5) ; 200 à 400 g/m 2 si le sol est très acide (pH inférieur à 5).
La structuration du sol
L’assemblage de l’humus, de l’argile et du calcium, que l’on appelle complexe argilo-humique et qui forme ce ciment décrit précédemment, permet de lier les éléments plus grossiers du sol comme les sables, les limons ou les graviers. Le résultat est une organisation cohérente du sol, une structuration faite de paquets compacts et d’espaces libres qui peuvent se remplir d’eau, et de sels minéraux dis sous, et ainsi constituer une réserve hydrique et nutritionnelle indispensable à la croissance végétale.
Quelques types de sols
La terre franche
La terre franche est un sol parfait , que l’on ne rencontre que rarement dans la nature et que l’on essaie d’obtenir par des amendements minéraux et organiques. Une bonne terre franche contient un ensemble équilibré de différents constituants : 50 à 70% de sable; 20 à 30% d’argile ; 5 à 10 % de calcaire ; 5 à 10 % d’humus.

Le prototype même de la terre franche est la bonne terre à blé des plaines de Beauce ou de Brie. Équilibrée, homogène, riche et fertile , elle permet de réussir la majorité des cultures. Elle est difficile à obtenir et nécessite des techniques culturales spécifiques et des amendements réguliers pour maintenir ses qualités.
Les sols argileux
Ces terres brunes ou rougeâtres sont formées d’éléments très fins qui s’agglutinent les uns aux autres et créent des mottes collantes. Les sols argileux renferment au moins 30 % d’argile sous forme de sable argileux colloïdal. On les qualifie souvent de terres fortes , car elles conservent les éléments favorables au développement de nombreuses plantes. La flore spontanée qui se développe en sol argileux est généralement assez riche, même touffue. Les terres fortement argileuses sont majoritairement acides ; c’est pourquoi on y trouve beaucoup de plantes acidophiles comme le tussilage, le pissenlit, la prêle, la vesce, le liseron, le trèfle, le chiendent, l’églantier, le houx, l’aubépine, le prunellier ainsi que diverses graminées.

Ces sols ont l’avantage de retenir les éléments fertilisants et l’humidité. On peut les travailler profondément. Ils offrent une excellente assise pour les plantes à enracinement superficiel. Cependant, gorgés d’humidité, ils se réchauffent lentement, ce qui en traîne des retards dans la végétation au printemps. En hiver, les racines ont tendance à s’y asphyxier et ils sont quasiment impossibles à travailler. En été, lorsqu’ils se dessèchent, il est difficile de les réhumidifier : l’eau ruisselle en surface et ne les pénètre pas. Les matières organiques utilisées en grandes quantités les équilibrent. Les labours effectués à l’automne seront les plus profitables, car le gel permet un ameublissement naturel et profond.
Les sols calcaires
Les sols calcaires se reconnaissent à leur teinte blanchâtre et à leur texture très fine. Ils contiennent au moins 15 % de carbonate de chaux et présentent une réaction chimique basique (formation de bulles de gaz carbonique) lorsqu’on les arrose de quelques gouttes d’acide. Les sols calcaires sont souvent caillouteux. Très collants en hiver, ils se dessèchent vite en été et montrent alors des fissures de surface. La flore spontanée associée est composée de coquelicots, bleuets, moutarde des champs, renoncules, chardons, trèfle, fumeterre, sorbier, prunellier, noyer, genévrier. De nombreuses plantes apprécient les terres calcaires. Au potager, les choux s’y complaisent tout particulièrement et, d’une manière générale, les plantes de la famille des Crucifères.


Conseils
Il faut veiller à renouveler régulièrement les matières organiques, car elles se décomposent très vite en sol calcaire. Dans ce type de sol, on effectuera de préférence des cultures d’hiver, afin qu’elles soient bien enracinées au printemps et puissent mieux résister à la sécheresse.
Les sols humifères
Ces terres forestières ou de sous-bois, contenant au moins 10 % d’humus, se caractérisent par une couleur brun foncé, presque noire. La terre humifère type est le terreau. De consistance spongieuse, ces terres sont presque toujours humides . Elles présentent le plus souvent un pH acide. La flore spontanée rencontrée est constituée de plantes de sous-bois et de lieux humides : bruyères, genêts, fougères, mousses, prêles, champignons, colchiques, carex, joncs, roseaux, saules, anémones sylvie, populages, renoncules et peupliers sont les espèces le plus souvent rencontrées. Légers et faciles à travailler, riches en azote et sièges d’une immense activité microbienne, ces sols sont assez fertiles. Ils ont en revanche l’inconvénient d’être assez instables, de se décomposer rapidement et de s’appauvrir. Ils demandent un entretien régulier. Ils se dessèchent très vite en été et sont difficiles à réhumidifier. Améliorer ce type de sol consiste sur tout à diminuer son acidité en apportant des amendements calcaires en automne.

Les sols siliceux ou sableux
Ces sols sont formés de grains de silice plus ou moins grossiers. Ils contiennent entre 70 et 80 % de sable qui ne s’agglomère pas et donne au sol une structure aérée et une couleur tirant sur le jaune. Ils sont friables et souples, acides et faciles à travailler lorsqu’ils contiennent assez de matières organiques pour éviter leur dessèchement.

En revanche, ces sols trop filtrants ont tendance à être pauvres car ils ne conservent pas les éléments fertilisants. On les améliore essentiellement par des apports de matière organique qui joue le rôle d’éponge et permet une meilleure rétention de l’humidité et des éléments fertilisants. Dans la nature, ces sols filtrants sont colonisés par des plantes résistantes à la sécheresse telles que les pins sylvestres, les châtaigniers, les bruyères ou des végétaux à racine pivotante pouvant aller chercher l’humidité en profondeur.

Côté pratique
Un test manuel assez simple à réaliser consiste à essayer de former une boule puis un boudin circulaire avec un échantillon de votre terre. Si la réalisation de la boule est impossible, votre sol est sableux et drainant. Si vous pouvez façonner un boudin circulaire, votre terre est très argileuse. L’apport d’amendements pour corriger les proportions entre les différents éléments est possible mais nécessite souvent de gros travaux de manipulation.
Les besoins des plantes
Grâce aux mécanismes de photosynthèse réalisés dans les feuilles, les plantes sont capables de stocker l’énergie du soleil sous forme de molécules telles que les sucres. Ce processus nécessite beaucoup d’eau, de l’oxygène et un approvisionnement constant en nutriments par le sol.
Les besoins en eau des plantes
Un rôle vital
L’eau absorbée par les racines sert essentiellement à deux grandes fonctions . D’une part, elle permet d’assurer la rigidité des tissus des plantes par pression interne. D’autre part, les différences de pression entre les organes de la plante vont mettre en mouvement l’eau des racines vers les feuilles, où elle s’évaporera alors.

Une circulation interne
Les nutriments de base tels que l’azote, le phosphore, le potassium et les oligoéléments sont dissous dans l’eau avant d’être absorbés. Ils sont ainsi acheminés dans toutes les cellules de la plante dont les feuilles. Les molécules complexes élaborées dans celles-ci, telles que les glucides ou les protéines, sont ensuite distribuées vers l’ensemble des organes par le biais de la circulation de la sève. Les besoins en eau sont donc permanents tant que la plante est en végétation, et accrus lorsqu’elle est en phase de croissance ou de remplissage de ses graines et fruits.
Un arrosage essentiel
La majorité des plantes du potager, exceptées certaines plantes condimentaires de la famille des Lamiacées (comme la sauge, le romarin ou le thym), ont des besoins élevés en eau. Ceux-ci doivent être assurés convenablement pour que nous puissions consommer des feuilles en bonne santé, des fruits bien charnus et des graines riches en nutriments. Le manque d’eau dans des phases cri tiques de croissance aura toujours des répercussions sur le goût, la tenue ou la fermeté des organes consommés.
La capacité de rétention en eau du sol
Définition
Un sol bien pourvu en matière organique et en argile permet l’agrégation des particules minérales grossières et l’apparition d’espaces vides qui vont pouvoir se remplir et stocker l’eau à chaque arrosage. C’est la capacité de rétention en eau du sol.