Compost en 10 leçons et 3 pommes pourries...

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Description

Ce livre donne l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour réussir facilement un bon compost. Le découpage en 10 thèmes, traités de façon simple et précise, permet de répondre à toutes vos questions : pourquoi et comment composter, que met-on dans un compost, quels sont les avantages et inconvénients des différents procédés, de quelle manière utiliser son compost… ?

Pour devenir adepte du compostage, solution simple, écologique et économique de recyclage de ses déchets qui permet en outre de redonner de la fertilité au sol de son jardin.


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Date de parution 16 mars 2012
Nombre de visites sur la page 115
EAN13 9782815302753
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Le compost en 10 leçons et 3 pommes pourries...

Avant-propos

Nous gaspillons trop ! Ce sont des millions de tonnes de déchets qui finissent chaque année dans nos poubelles puis dans les décharges. Où non seulement ils n’ont plus aucune utilité, mais sont encombrants et polluants, d’où la nécessité de les éliminer. Or leur acheminement et leur destruction coûtent très cher, même si ce coût n’est pas toujours bien perceptible. Il est pourtant facile de faire du tri sélectif.

Quand on possède un jardin, même petit, le compostage est une solution simple, écologique et économique pour recycler les matières organiques provenant de la cuisine et du jardin. Concernant les déchets organiques, jusqu’à 52 % des ordures ménagères résiduelles, soit 164 kg par habitant et par an, pourraient être valorisés en combinant compostage domestique et filières collectives de gestion biologique (compostage ou méthanisation). La part des seuls déchets putrescibles représente aujourd’hui 125 kg par habitant et par an, soit 40 % du poids de la poubelle grise (source : ADEME).

Qui plus est, le compost – matière noble obtenue par cette méthode de recyclage on ne peut plus naturelle – est d’une grande utilité pour la terre du jardin et les plantes qui y sont cultivées. Composter, c’est redonner toute sa fertilité au sol. C’est préserver les ressources naturelles et faire des économies tout à la fois.

Oubliez vos préjugés et l’image souvent fausse du tas de compost malodorant, envahi par des myriades de moucherons. Avec un minimum de savoir-faire, qui s’acquiert en pratiquant, et le respect de quelques règles très simples, le compostage marche à tous les coups, parole de Maître composteur. Démonstration en 10 leçons !

Alain Delavie

Faire du compost, c’est tout simplement recycler de la façon la plus naturelle possible des déchets organiques issus du jardin ou de la cuisine. Après quelques mois de transformation, les détritus donnent un matériau noble appelé,le compost, qui est un amendement et un fertilisant d’une grande utilité au jardin.

Le recyclage des déchets

Dans la nature, les déchets issus des végétaux ou des animaux sont recyclés plus ou moins rapidement sous l’action d’une faune microscopique composée de bactéries, de champignons et d’autres micro-organismes (nématodes, protozoaires, etc.) ainsi que de petits animaux (vers, insectes, limaces, etc.) vivant dans la couche superficielle du sol (dans les dix premiers centimètres surtout) ou sur le dessus. La litière de feuilles mortes et de rameaux qui s’accumule dans la forêt disparaît au fur et à mesure, sans que l’homme n’ait rien à faire.

Une terre en pleine santé est un milieu vivant, d’une richesse exceptionnelle, qui contribue à l’élimination de la plupart des déchets organiques qui viennent s’y déposer.

Les bactéries passent à l’action

Saviez-vous qu’une cuillère à café de bonne terre contient environ un milliard de bactéries ? Les bactéries sont partout ! Elles sont indispensables à la vie des plantes et très présentes près de leurs racines. Elles font partie, avec les champignons, des principaux décomposeurs de matière organique. Bien qu’infiniment petites, elles jouent un rôle considérable en décomposant la matière animale et végétale pour en retirer notamment l’azote et des composés carbonés.
Lorsqu’elles meurent ou sont absorbées par leurs prédateurs, elles se décomposent à leur tour et libèrent l’azote qu’elles ont accumulé, une partie étant sous forme d’ammonium (NH4) pouvant ensuite être transformée en nitrates (NO3) par des bactéries particulières vivant dans les sols calcaires (pH supérieur à 7).
Les plantes assimilent ces derniers composés azotés, indispensables à leur croissance.

La décomposition des déchets verts

Les matières organiques végétales, plus riches en eau, en sucres et en azote, appelées déchets verts, sont décomposées essentiellement par les bactéries, qui peuvent recycler la cellulose, l’un des deux principaux composants organiques des végétaux (l’autre étant la lignine). Les bactéries qui agissent dans ce processus de décomposition sont dites. Elles ne peuvent survivre que dans un milieu aéré, riche en oxygène. Un élément à retenir pour la structure du sol et la composition du tas de compost.

L’action des champignons

La terre du jardin et des potées ou jardinières abrite une grande quantité de champignons microscopiques, invisibles à l’œil nu. Ces micro-organismes se développent en
formant des, structures filamenteuses qui ont la particularité de pousser en longueur sur plusieurs mètres parfois et donc de se déplacer, contrairement aux bactéries, qui, elles, restent fixées aux particules constituant le sol.

La décomposition des matières organiques

Les champignons émettent des enzymes qui leur permettent de décomposer des matières organiques à structure complexe insensibles à l’action des bactéries, notamment la lignine contenue dans le bois. Les hyphes se chargent des nutriments qui sont libérés sous forme de déchets pendant la vie du champignon ou quand il meurt. Les bactéries ainsi que les végétaux peuvent alors s’emparer de cette nourriture.
En décomposant les matières organiques, les champignons libèrent des substances qui ont tendance à acidifier le milieu. Leurs filaments microscopiques contribuent à l’amélioration de la structure du sol en créant un important réseau de canalicules dans lesquels l’eau et l’air peuvent circuler après la mort du champignon.

De l’infiniment petit au plus gros

Les bactéries et certains champignons microscopiques sont les proies des nématodes et des protozoaires, organismes vivants bien plus gros (de 5 à 500 µm contre 1 à 4 µm pour les bactéries).
En moyenne, un protozoaire peut ingérer 10 000 bactéries environ par jour. Dans le même temps, ces organismes unicellulaires rejettent dans le sol des déchets qui sont ensuite assimilés par les végétaux (80 % des besoins en azote d’une plante proviennent des rejets des protozoaires). Les protozoaires sont eux-mêmes ingérés par des nématodes prédateurs ou par des vers. Dans la nature, les matières organiques sont par ailleurs fragmentées par les arthropodes du sol (acariens, collemboles), qui consomment également des bactéries et des champignons.

Les vers avalent des bactéries, des champignons, des protozoaires et des matières organiques, qu’ils contribuent à broyer plus finement.

Leurs excréments sont très riches en nutriments : sept fois plus de phosphate et cinq fois plus d’azote que dans le sol non digéré par un ver.
Les cloportes aussi aident à la décomposition des déchets. Tous ces animaux sont indispensables au recyclage des matières organiques.

Laissez faire la nature !

Nombre de jardiniers s’évertuent à nettoyer leur jardin de la moindre feuille ou fleur qui tombe sur le sol. Si cela est compréhensible sur une allée ou une terrasse, c’est inutile au pied des haies, des massifs d’arbustes ou de plantes vivaces, tant que les déchets organiques qui s’accumulent ne gênent pas les végétaux. Au contraire, en se décomposant naturellement et en se transformant en humus, ils participent à l’amélioration du sol et à la nourriture des plantes, sans que vous ayez quoique ce soit à faire.