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Lombricompost

De
60 pages

Le lombricompostage est une méthode de compostage qui repose sur le travail de vers de terre spécialisés dans la décomposition de la matière organique. Il permet de transformer les déchets ménagers et de jardinage en un riche amendement pour les plantes. Exigeant peu de place, il peut aussi bien se pratiquer à l’extérieur que dans un appartement.

L’auteur vous explique en détail, notamment grâce à des dessins en pas à pas, comment choisir vos vers, fabriquer, acheter et bien utiliser votre lombricomposteur, récolter et utiliser le percolat et le lombricompost... Enfin, il vous donne toutes les solutions pour résoudre les différents problèmes qui peuvent se présenter (mauvaises odeurs, animaux indésirables...).


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Lombricompost
Vincent Desbois Illustrations : Iwona Seris
rusticaéditions
Avant-propos
Encouragé par la société de consommation, l’homme produit de plus en plus de déchets.
« Réduisons vite nos déchets, ça déborde », la campagne de prévention des déchets de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et du ministère de l’Écologie et du Développement Durable, nous incite à changer nos habitudes d’achats.
Si la généralisation des PAV (Points d’apport volontaire) et des déchetteries nous permet principalement de trier et éliminer nos emballages (verre, papier, carton, plastiques, textiles, boîtes de conserve…), les déchets alimentaires et de jardins représentent environ 30 % de la poubelle et tous ces déchets organiques sont compostables. Il s’agit aussi bien du trognon de pomme que du restant de repas, du marc de café avec son filtre ou encore des épluchures de pomme de terre et des feuilles de journal qui les entourent…
Faire du lombricompostage chez soi présente plusieurs avantages : réduction du volume des déchets à transporter (amélioration du bilan carbone), recyclage, fabrication de son propre compost de qualité, anticipation du paiement des poubelles au poids, sensibilisation et éducation de ses enfants à l’environnement de façon ludique. Il faut maintenant s’efforcer de réduire la quantité de matières putrescibles que nous envoyons à l’enfouissement : c’est l’entreprise à laquelle ce guide pratique vous convie. Vincent Desbois
chapitre 1
Les bases du lombricompostage
Lelombricompostage
Il est tout d’abord nécessaire de préciser que compostage et lombricompostage ne s’opposent pas : le lombricompostage est une variante du compostage. Pour bien pratiquer le lombricompostage, il est important de connaître les processus de mise en œuvre de la transformation de la matière organique. Nous allons donc développer tout d’abord le compostage avant de nous intéresser plus particulièrement au lombricompostage.
Qu’est-ce que le compostage ?
Les acteurs du compostage
Le compostage est un processus naturel de transformation de la matière. Plusieurs espèces d’organismes se développent au cours de cette phase de transformation. On appelle ces organismes les détritivores ou les décomposeurs. On distingue deux catégories principales : les micro-organismes (bactéries, champignons…) et les macro-organismes (acariens, mille-pattes, cloportes, fourmis, araignées…). Le processus de compostage est un travail d’équipe, il crée un écosystème où chacun participe selon sa compétence.
Les micro-organismes Présents en grand nombre, les bactéries et les champignons sont complémentaires : les champignons agissent sur les matières qui résistent aux bactéries. Si les bactéries sont présentes du début à la fin du processus, les champignons ne résistent pas aux fortes températures (supérieures à 50 °C). Ces deux organismes se multiplient très rapidement et en grand nombre. Certaines bactéries se sont « spécialisées » dans les matières dures, ce qui permet de composter aussi le bois, par exemple. Cette grande diversité de micro-organismes est nécessaire pour pouvoir composter tout type de matières organiques. En parallèle des micro-organismes, on trouve également dans le compost des algues, des virus, des protozoaires…
Les macro-organismes
Les macro-organismes qui interviennent dans le processus du compostage sont aussi très diversifiés : vers de compost ou du fumier, insectes, acariens, gastéropodes, myriapodes, cloportes…
Le processus
Chacun de ces organismes intervient à différents stades du processus de compostage. Certains créent même par leurs actions de bonnes conditions de vie (température, humidité, prédigestion des déchets) pour que d’autres puissent se développer.
La phase thermophile La première phase du processus est une phase de montée en température ou phase thermophile. Ce sont les micro-organismes qui interviennent à ce stade : ils commencent leur travail dans toutes les accumulations de matières organiques fraîches. C’est aussi lors de cette phase que peuvent apparaître les désagréments du compostage (jus, odeurs, apparitions de drosophiles ou mouches du vinaigre) : ils peuvent rapidement se résoudre par une aération et l’apport de structurant en quantité adéquate.
La température Sur les plates-formes de compostage de déchets verts, cette montée en température peut atteindre jusqu’à 70 °C au cœur du tas. Cette forte montée en température accélère le processus de compostage et diminue le volume de matière par évaporation de l’eau des déchets notamment.
La phase de maturation Lorsque le processus entre dans sa deuxième phase, dite phase de maturation, la température redescend et les micro-organismes ne sont plus seuls, les macro-organismes (principalement les vers de compost) interviennent et se mettent à dégrader la matière à travers leur tube digestif. Tout ce travail de décomposition des matières organiques conduit à la formation de l’humus.
Le rapport carbone/azote (C/N)
Un bon compost, c’est avant tout une bonne répartition entre les matières carbonées et les matières azotées. Un rapport carbone/azote de 30 permet au compostage de s’effectuer dans des conditions optimales.
Les matières carbonées (C) Ce sont en général les déchets bruns, durs et secs, comme les branches, les feuilles mortes, le papier ou le carton. Ils contiennent beaucoup plus de carbone que d’azote. Ces déchets étant riches en énergie, on pourrait croire qu’ils vont être vite transformés. Mais comme ces matériaux ne contiennent pas beaucoup d’azote, les décomposeurs n’y trouvent pas les éléments nécessaires à leur croissance ni une humidité suffisante. Leur décomposition sera donc assez lente. C’est la raison pour laquelle ils seront mélangés avec des matériaux azotés.
Pensez à mettre régulièrement de côté les déchets du potager pour enrichir votre compost.
Les matières azotées (N) Ce sont en général les déchets verts, mous et mouillés, comme les épluchures de fruits, les restes de légumes et les tontes de gazon. Ils sont facilement digérables : les micro-organismes y trouvent des sucres et des protéines en abondance pour se nourrir, se développer et se reproduire. Ils sont suffisamment humides (avec parfois un taux d’humidité supérieur à 80 %) et posent de ce fait un problème important : étant donné qu’ils sont mous et flasques, ils ne laissent pas circuler l’air et n’assurent pas bien l’élimination de l’eau excédentaire. Si on travaille uniquement avec des matières azotées, on risque d’obtenir une substance visqueuse et la formation d’odeurs désagréables (processus anaérobie : voir ici). Elles seront donc mélangées avec des matières carbonées.
Lombricompostage et lombriculture Il ne faut pas confondre lombricompostage et lombriculture. En dépit de certains points
communs, ces deux activités se distinguent l’une de l’autre. Si votre but est la production de lombricompost, vous voudrez maintenir une densité de population maximale de vers. En revanche, si votre but est la production de vers, vous tenterez de maintenir une densité assez faible, plus propice à de meilleurs taux de reproduction. Une petite précision de vocabulaire s’impose ici.
Les coéquipiers du tas de compost Voici une liste non exhaustive des organismes vivants que vous pourrez observer dans votre lombricomposteur. Il est probable que vous ne voyiez jamais la plupart d’entre eux : beaucoup ne sont présents dans le lombricomposteur que s’il est placé à l’extérieur. • Les bactéries :ces micro-organismes sont indispensables à la décomposition de la matière qu’ils digèrent avant d’être mangés par les vers de terre. • Le collembole :ce petit insecte blanc de 1 à 2 mm de long mange les moisissures et la matière en décomposition. Il y a beaucoup de familles de collemboles dont certaines ne sont pas appréciées dans un lombricomposteur. • Les acariens :mesurant un dixième de millimètre, ils mangent les tissus mous des plantes, les moisissures ou parfois les déjections d’autres animaux. • Les moisissures :elles sont constituées de champignons qui s’installent sur la nourriture abandonnée. • Le cloporte :cet insecte gris foncé, inoffensif et bénéfique, mange les vieilles feuilles et des fragments végétaux. On peut néanmoins s’en débarrasser facilement, car ils sont groupés.
Eisenias au travail dans un bac de lombricompost.
Le lombricompostage
Le lombricompostage est une méthode d’utilisation des vers en vue de transformer des matières organiques (généralement des déchets) en une matière très semblable à l’humus ou au terreau, connue sous le nom de lombricompost (ou vermicompost). L’objectif est le traitement le plus rapide et le plus efficace possible des matériaux. Cependant, la décomposition de la matière organique est avant tout un travail d’équipe. Si les vers de terre en sont les acteurs les plus visibles, le lombricompostage est également l’œuvre de