Le Tramway du Grand Besançon
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Description

La renaissance des tramways n’est pas qu’une mode, mais un signe des temps. Celui de la prise de conscience des dangers qu’encourt la planète si on ne remet pas en cause le transport individuel au profit de transports collectifs moins polluants. A Besançon, la réalisation d’une ligne de tramway de 14,5 kilomètres n’a pas été facile. Dans cette ville jugée trop petite et repliée dans sa boucle, une bonne dose d’obstination a été nécessaire aux élus de l’agglomération pour relever le défi et mener ce projet à bien. Gérard Ferrand, ancien journaliste, petit-fils de traminot, retrace avec de nombreuses illustrations les différentes étapes de la construction, mais ne manque pas de faire référence au passé. Il revient ainsi sur ceux qui, 130 ans auparavant, s’étaient lancés dans l’aventure du premier tram pour que, « au nom de la justice sociale » disaient-ils, les Bisontins ne soient pas condamnés à « grouiller pédestrement ».

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2014
Nombre de lectures 15
EAN13 9782813816320
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sommaire
Préface Le défi du Grand Besançon 1. Une longue maturation 2. Un projet optimisé Deux ans et demi de travaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le plus spectaculaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Des techniques et des hommes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3. Métamorphoses, au fil des 14,5 kilomètres 4. D’un tramway à l’autre Crédits photographiques
4 5 7 9 10 15 21 25 37 64
Préface
Le 30 août 2014, Besançon inaugure son tram.
Ce fut, à l’abord, un chantier d’une extrême complexité, difficile, pour les Bisontins notamment et pour tous ceux qui nous visitaient ; exigeant et enthousiaste aussi, pour finir.
Ce fut ce grand projet qui, trois années durant, aura réuni les compétences de centaines de col laborateurs, des bureaux d’études au terrain, grâce à qui rien n’aurait été possible et à qui il faut rendre, ici, cet hommage appuyé.
C’est en prenant le contrepied des pratiques en usage que Besançon ouvre, en 2011, une réflexion de fond sur les besoins réels d’une collectivité en matière de mobilité urbaine ; et le fait alors en termes réfléchis d’aménagements particulièrement soignés et de matériels particulièrement per formants.
Un chantier plus tard, Besançon a su créer ce tramway d’un genre nouveau, dans un environne ment et dans des conditions techniques d’une qualité inhabituelle.
Le tram de Besançon est désormais cette signature, ce modèle, cette référence évolutive qui a su s’imposer chez les constructeurs et qui fera, n’en doutons pas, date dans les années à venir.
Le tramway de Besançon aura été là pour moderniser la ville, pour en embellir les espaces publics. Outil incontestable d’urbanisation au service du voyageur, il est aussi – ce qu’on n’avait peutêtre pas perçu jadis – celui qui fait des cités d’hier les villes de demain, dans l’émerveillement et la beauté renouvelés du spectacle quotidien de l’espace bisontin.
Et le livre de Gérard Ferrand que j’ai le plaisir d’ouvrir ici en gardera, pour toujours, la trace, le souvenir et le récit enthousiastes. Merci de nous l’avoir ainsi livré.
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JeanLouis Fousseret Maire de Besançon Président du Grand Besançon
LedéfiduGrandBeSançon
« L’intelligente municipalité bisontine a fait ce qui dépendait d’elle pour l’amélioration de sa ville, com prenant bien la ressource puissante qu’un réseau de tramways apporte à un pays… Elle a compris que la multiplication des moyens de transport multiplie aussi les voyageurs, que la circulation n’est pas que le mouvement mais les affaires de la cité. On viendra à Besançon comme on va naturellement à tout ce qui est beau, à tout ce qui séduit… »  Que voilà un beau discours ! Il a été tenu lors de l’inauguration du tramway. Mais du premier, il y a plus de cent ans, en 1897, par le directeur des travaux, le Pascal Gudefin de l’époque.  Cela pour souligner que l’histoire se répète, dans les louanges comme dans les critiques. Seulement, dans ce dernier domaine, la deuxième édition a largement dépassé la première. Il a fallu du courage pour prendre le risque, puis de la ténacité, de « l’intelligence » depuis l’annonce du projet jusqu’à son aboutissement, non seulement à la municipalité mais à l’agglomération.  Besançon, ville trop petite pour de si grands travaux, Besançon son commerce et son attractivité tués par deux ans de nuisances et d’embouteillages, Besançon endetté à jamais, Besançon faisant exploser les impôts locaux, ou autres arguments encore, qui ont donné à l’affaire un tour nettement politique dans la proximité de l’échéance électorale de 2014.  Finalement, le tramway roule, on verra à l’usage si, comme son prédécesseur, il s’attache pendant au moins cinquante ans le cœur des Bisontins. Déjà, les critiques se sont apaisées, à force d’infor mation, de communication, de contacts, et devant la concrétisation progressive et spectaculaire du projet. En tout cas, sa réalisation constitue une réelle performance puisque les délais, certes calculés larges par sécurité, ont été considérablement raccourcis grâce à une mobilisation générale. Vingtcinq mois pour le tram proprement dit, les travaux de dévoiement des réseaux ayant débuté six mois auparavant.  C’est cette aventure que nous vous racontons.
un constructeur espagnol... en France
L’entreprise espagnole CAF(Construcciones y Auxiliar de Ferrocariles)a remporté l’appel d’offres parce qu’elle a d’emblée adhéré au concept tout nouveau de rames courtes auquel Alstom, par exemple, se refuse à ce momentlà. CAF compte, par cette « première », rentabiliser l’usine CFD e de BagnèresdeBigorre (HautesPyrénées) qu’elle a rachetée en 2009 et qui en fait le 5 produc teur mondial. Besançon sera donc une vitrine intéressante !
Quelques images de l’usine de BagnèresdeBigorre qui emploie 140 personnes. En médaillon, Francis Nakache, le directeur de CAF France, venu à Besançon accompagner la première rame livrée. Il est accueilli par JeanLouis Fousseret et Gabriel Beaulieu, président et viceprésident de la CAGB. La rame : 23,80 mètres de long, 2,40 mètres de large, 1,435 mètre d’empattement permettant de rouler sur le réseau ferré après reprofilage des roues. 132 places pouvant passer à 230 avec un module supplémentaire de 12 mètres. Moteurs fabriqués par une entreprise autrichienne, ABB.
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1
uneLonGuematuration
L’idée a germé dès 2001, à la création de la Communauté d’agglomération (CAGB) qui assure la compétence transport et regroupe les deux réseaux, District et Ville. Le terrain est favorable à la réflexion, pas seulement parce que Besançon a déjà eu un tramway pendant plus de cin quante ans, mais surtout parce que Besançon a la fibre « transports en commun ». L’audacieux plan MinjozRégani de 1974 a restructuré le centreville avec ses zones piétonnes inédites en France, si bien que les bus connaissent une fréquentation record (meilleur réseau national en 1979) avec 190 voyages par an et par habitant. Tellement dense ce réseau que, engorgé par la circulation automobile, il perd de son efficacité au fil des ans. Cela va faire mûrir la réflexion jusqu’en 2005 où un schéma directeur est validé pour l’horizon… 20152017. Alors les grandes dates s’enchaînent :
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
Mise au point d’un tracé de référence de 14 kilomètres.
Concertation préalable du public. Délibération de la CAGB pour un tracé estouest traversant la boucle (voir page 39).
Enquête d’utilité publique, dossier rejeté par le préfet (passage des lignes aériennes dans le centre historique refusé).
30 juin, vote du projet à 228 millions d’euros (+ ou  5 %) pour mise en service en juin 2015. Juillet : enquête d’utilité publique, signée le 15 juin 2011 par (un autre) préfet.
Mai : choix des couleurs par les Bisontins. Septembre : attribution des marchés, début des dévoiements de réseaux (fin : juin 2013). Mars : début des travaux de plateforme (ouest). Mai : plateforme est.
30 avril : fin des travaux.
Dès que le projet est adopté, les services de communication et les élus du Grand Besançon sont sur la brèche pour répondre aux inquiétudes des décideurs et de la population. Sont mis en place des réunions de quartier, un bulletin d’information, des pages dans le quotidien local, un site est dédié aux internautes, des centaines de photos, une équipe de médiateurs, un numéro vert, une Maison du tram.
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Pascal Gudefin et la rame des frères Lumière : des lumières… il lui en a fallu depuis 2010, année où cet ingénieur d’État a été choisi comme directeur du projet Tram par les élus du Grand Besançon. Garantir en permanence, des études jusqu'aux travaux, la qualité, les coûts et les délais syn thétise assez bien cette fonc tion. Le rôle du directeur de projet est de répondre aux orientations des élus en pro posant des solutions réalistes et adaptées en termes d’organisation, d’aménagement, de choix du système et de conduite de travaux. Entouré par une équipe restreinte composée d’ingénieurs, de gestionnaires administratifs et de médiateurs travaux et commerce, au sein de la mission Tram, il a conduit la totalité du projet.
Le designer du tram est bison tin. Éric Rhinn, directeur de l’agence AvantPremière, à Lyon, a dessiné les rames en collaboration avec CAF, après avoir fixé un « code génétique » du tram lors de plusieurs tables rondes. La patte du dessinateur permet notamment de personnaliser la face avant d’un modèle également développé pour le tram de Nantes… et de faire ainsi des économies. Les Bisontins ont alors euxmêmes le choix entre trois couleurs lors de la Foire comtoise 2011. Le bleu turquoise l’emporte à plus de 40 %. Il évoque, diton,« l’eau qui enserre Besançon et la teinte de la pierre de Chailluz ».
Les frères Lumière sont parmi les 19 personnalités comtoises dédicataires des rames. Aux côtés de Victor Hugo, Vauban, Pasteur, Jouffroy d’Abbans, Colette, Gustave Courbet, JeanneAntide Thouret, Rouget de Lisle, Marie Curie, ClaudeNicolas Ledoux, Charles Fourier, PierreJoseph Proudhon, Nicole de Granvelle, Toussaint Louverture, Louis Pergaud, Léonel de Moustier, Jenny d’Héricourt, Henri Fertet. Une belle leçon d’histoire.
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