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Apprendre de ses gestes

De
330 pages
Apprendre de sa santé motrice nécessite, en première partie, d'analyser les gestes à partir des techniques du corps et des effets sur la perception du corps vécu. Apprendre du bien-être de son corps vivant, en deuxième partie, explore l'estime de soi et l'approfondissement par des gestes sensoriels. Apprendre par des gestes ludo-coopératifs ouvre, en troisième partie, à une socialisation heureuse et partagée dans une santé durable.
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Sous la direction de Bernard ANDRIEU et Luc COLLARD
Apprendre de ses gestes De la santé motrice au bienêtre
Apprendre de ses gestes
Mouvement des savoirs Collection dirigée par Bernard Andrieu L’enjeu de la collection est de décrire la mobilité des Savoirs entre des sciences exactes et des sciences humaines. Cette sorte de mobilogie épistémologique privilégie plus particulièrement les déplacements de disciplines originelles vers de nouvelles disciplines. L’effet de ce déplacement produit de nouvelles synthèses. Au déplacement des savoirs correspond une nouvelle description. Mais le thème de cette révolution épistémologique présente aussi l’avantage de décrire à la fois la continuité et la discontinuité des savoirs : un modèle scientifique n’est ni fixé à l’intérieur de la science qui l’a constitué, ni définitivement fixé dans l’histoire des modèles, ni sans modifications par rapport aux effets des modèles par rapport aux autres disciplines (comme la réception critique, ou encore la concurrence des modèles). La révolution épistémologique a instauré une dynamique des savoirs. La collection accueille des travaux d’histoire des idées et des sciences présentant les modes de communication et de constitution des savoirs innovants. Déjà parus Pierre PARLEBAS et Thierry DEPAULIS,Jeux et culture à la Renaissance. L’album d’estampes de Nicolas Prévost, 2017. Bernard ANDRIEU et Petrucia DA NÓBREGA (dir.),Somaticiens, Encyclopédie des corps,2017Rémi RICHARD,Etre footballeur en fauteuil.Approche socio-phénoménologique du corps sportif en situation de handicap,2017. Eric PERERA,Emprise de poids, initiation au body-building, 2017. Bernard ANDRIEU, L’écologie corporelle, Tome 2, Émersion vivante & Techniques écologiques, 2016. Bernard ANDRIEU,corporelle, Tome 1, Bien-être et cosmose L’écologie , 2016. Nicolas BUREL (dir.), Corps et méthodologies, Corps vivant, corps vécu, corps décrit.2016. Patrik MARTY,de l’art contemporain. Une dynamique de L’Eau l’esthétique écosophique, 2016. Pierre PARLEBAS,Jeux traditionnels, sports et patrimoine culturel. Cultures et éducation, 2016. Éric PERERA et Yann BELDAME (dir),In Situ,Situations, interactions et récits d'enquête, 2016.Judith NICOGOSSIAN, Mélanie SUSTERSIC,La norme du corps hybride, Une éthique de la reconstruction et de l’amélioration du corps humain en chirurgie, 2016. Isabelle GUILLAUME, Aymeric LANDOT, Irène LE ROY LADURIE et Tristan MARTINE,Les langages du corps dans la bande dessinée, 2015.
Sous la direction de Bernard ANDRIEU et Luc COLLARD
Apprendre de ses gestes De la santé motrice au bien-être
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12666-1 EAN : 9782343126661
Préface Bernard ANDRIEU et Luc COLLARD En réunissant les textes dans les trois axes de notre Équipe d’Accueil (EA 3625 TEC « Techniques et Enjeux du corps »), nous poursuivons le 1 travail interdisciplinaire engagé depuis 2012 par Luc Collard autour du bien-être relationnel et de la santé. La sociologie, la praxéologie, la psychologie, la physiologie de la santé, l’émersiologie de l’activité inconsciente se retouvent ici en dialogue autour de trois thema : -Apprendre de sa santé motrice implique une modélisation praxeologique de la motricité dans l’expérience même du corps, mais aussi dans l’intercorporéité ludique. L’évolution des techniques, sous la pression de la sélection ou sous celle de l’environnement, influe sur les modes de description du corps vécu et sur la perception des socialisations ludiques. La santé motrice nous apprend, par le relevé des indicateurs psycho-sociaux et praxéologiques, comment l’apprentissage aura été incorporé dans un geste technique adapté et pertinent. Le niveau de l’engagement corporel est rendu dans celui, technique, du corps qui peut ainsi, dans des milieux différents comme la montagne ou l’eau indiquer son niveau d’adaptation motrice. Mais avec le Tai-chi ou le judo, l’enseignement est confronté à la polysémie impliquant une traduction motrice d’une culture importée, comme dans les chœurs, dans notre propre culture corporelle ; -Apprendre du bien-être de son corps vivantétudie non plus la relation de la santé motrice avec le corps vécu, mais la relation au corps vivant. Le bien-être engage un dialogue compréhensif et une recherche d’une communication entre les états inconscients et ceux conscients fournis par la perception corporelle. L’activation du schéma corporel engage une modification esthésiologique et une nouvelle esthétique de l’image du corps. Le geste est le moyen de ressentir son bien-être, mais aussi son mal-être, en fonction des techniques à vivre. Le rôle des conseillers, entraîneurs et éducateurs doit pouvoir éveiller et activer la production du bien-être du corps vivant en étant à l’écoute des effets de l’activité physique, adaptée et artistique. Ici la danse, la musique, le yoya sont des exemples d’expériences émotionelles qui font découvrir en chacun(e) ce qui ne peut se voir immédiatement dans les gestes ; 1 Collard L. (éd.), 2012.Sport &bien-être relationnel: un autre aspect de la santé. Facteur d’intégration, de socialisation et d’insertion des jeunes,Paris, Chiron. 7
-Apprendre par les gestes ludo-coopératifsest la troisième dimension en complément avec celles, motrices et émersives, mettant l’accent sur la cohésion, la coopération et l’intégration par la ludicité. Les codes gestuels, conduites motrices et capacités sémiotiques proposent une lecture de l’espace ludique et des espaces de vie : les émotions ludo-motrices, l’agressivité licite et illicite dans le karaté ou la coopération des rôles dans les jeux traditionnels, définissent une santé éco-sociale.Apprendre de ses gestes: ne plus être préoccupéun décentrement  exige par la maîtrise du geste, fût-il technique et parfait, implique une mise à distance avec ce corps conscient de l’action motrice. Comme l’aura établi 2 Edward T. Hall,des mondes sensoriels différentsà la perception servent corporelle pour recevoir des informations produisant, dans le vivant de l’action motrice mais aussi par l’écologisation, des situations et des gestes. Sans toujours le savoir consciemment eux-mêmes, car très préoccupés par l’expertise technique de leur performance, l’analyse de leur corps révèle une richesse considérable pour lier l’expérience corporelle et l’action motrice. Le corps-instrument a longtemps été le moyen d’apprendre des techniques sportives :L’apprentissage de ces formes gestuelles codifiées est considéré comme moyen d’accéder à un certain type de culture et de 3 transmissions de ces « savoir-faire ». Décrypter et questionner les mouvements inconscients, involontaires et habituels du schéma corporel, et les gestes conscients de l’apprenant dans les activités physiques, sportives et artistiques, c’est accepter de poser un regard nouveau sur la pratique pré-motrice de celui-ci et comprendre ces mouvements pour l’accompagner en tant qu’enseignant d’EPS dans sa pratique vivante comme processus essentiel de la sémiotricité et dans lejeu 4 sémioteur de détection et de production d’indices, la préaction est elle aussi une décision et une anticipation. Cette action motrice préparatoire, accomplie par un ou plusieurs pratiquants dans l’action motrice, relève des indices observables d’une situation motrice à travers un événement, une propriété ou un projet non immédiatement perceptibles.Souvent 5 intuitivement et sans en avoir nécessairement conscience, ou savamment dissimulée dans la feinte, l’incertitude motrice implique l’identification des 6 signes porteurs d’actions tactiques. Ce « praxème » est le résultat d’une
2 Hall E.T., 1966. La dimension cachée, Paris, Points, p. 15. 3 Le Boulch J., 1995.Mouvement et développement de la personne, Paris, Vigot, p. 125. 4 Parlebas P., « Préaction », dansJeux, sports et sociétés. Lexique de praxéologie motrice, Paris, INSEP, 1999, p. 269-270. Ici, p. 269.5 Parlebas P., 1999. « Indice »,Op. cit., p. 177. 6 Parlebas P., 1999. « Praxème »,Op.cit.,p. 260.
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interprétation perceptive du projet tactique à travers leur signifiant et leur 7 signifié. Savoir préagir est un des objectifsde l’éducation physique, preuve de l’adaptabilité motrice : la décision motrice est unepré-décision répondant 8 à une pré-perception qui déclenche des actes d’anticipation motrice. La décision motrice se distingue des conduites de choix cognitifs, même si elle peut s’y trouver engagée, par l’activité sémiotrice qui décode continûment les signifiants environnementaux. Le corps est en acte (Berthoz, Andrieu (éds.), 2011) avant que la conscience en soit consciente. En fonction de la position dans l’espace et de la posture à accomplir, le cerveau est capable de faire des prédictions. Plus le circassien s’entraîne, plus il répète la validité des boucles sensori-motrices en s’habituant aux gestes. La dimension inconsciente de l’incorporation de ces techniques de gestes produit une synthèse psycho-bio-sociale dont Marcel Mauss définissait l’habitus. Les ajustements posturaux, qui sont des contrôles sensori-moteurs et non plus de simples réflexes, témoignent de cette réponse appropriée au mouvement exécuté sans que le sujet en soit conscient, bien qu’il l’ait appris en répétant de nombreuses fois à l’entraînement la mise en jeu des muscles, le mouvement des bras ou la rotation. Ces techniques du corps, activées par le terrain situé, vont se manifester à travers nos gestes, nos habitudes, notre motricité et nos réactions émotives. Sans cette mémoire des techniques incorporées, l'expérience corporelle inédite peut provoquer la peur de sa mise en action : le refus de l'activité ou la crainte du mouvement trouvent là un travail d'élaboration à accomplir pour aider le sujet à se construire dans son schéma corporel de nouvelles références sensorielles. Certes, anticiper mentalement dans une représentation cognitive, répétition imaginaire de l’acte moteur à produire, prépare le corps du sujet à l'expérience, mais seule la pratique physique incorpore de nouvelles données sensorielles dans une expérience. La pratique corporelle transforme le corps du sujet en lui fournissant une expérience à intérioriser de manière volontaire ou non : la pratique implique immédiatement le corps dans une interaction entre l’objet et le sujet dont l’effort, la volonté et la fatigue sont les effets. L’activité physique, par son intensité énergétique et par l’investissement du corps, incorpore, sans une élaboration réflexive, des nouvelles données. La mise en jeu du corps dépasse souvent le contrôle volontaire de l’action par l’intensité de l’effort moteur dans un contexte imprevisible. Ce dépassement des limites recule le seuil de connaissance corporelle qu’avait pu élaborer le sujet sur lui-même 7 Parlebas P., 1999. « Préagir »,Op.cit., p. 272. 8 Parlebas P., 1999. « Décision motrice »,Op. cit., p. 91.
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