Escale céleste

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234 pages
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Patrick Edlinger et Anne-Christine Gimenez avaient le projet d'associer leurs deux passions : celle de l'escalade avec celle de la voile et ainsi de partir sur un voilier à la découverte de sites d'escalades accessibles uniquement par la mer. L'aventure aurait dû s'arrêter avec la disparition brutale de Patrick. Mais, Anne-Christine décide de larguer les amarres au départ de la Réunion, l'île de leur rencontre, pour rejoindre la Thaïlande. Par ce voyage en solitaire qui a finalement duré deux mois sans escale, elle a tenté de transcender son deuil en hymne à la vie.

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Date de parution 06 octobre 2017
Nombre de visites sur la page 41
EAN13 9782140049156
Langue Français

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AnneChristineGIMENEZ
ESCALE CÉLESTE Récit
Préface de Gilles Chappaz
Escale céleste
Anne-Christine GIMENEZ
ESCALE CELESTE
récit
Préface de Gilles Chappaz
L’Harmattan
Autre ouvrage de l’auteure : Les Petits plaisirs de Mafate aux éditions Orphie (album jeunesse) collectif : Anne-Christine Gimenez et les enfants de l’école d’îlet Bourse.
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-10888-9 EAN : 9782343108889
Préface
À chacun (e) son Patrick Edlinger.
À chacun (e) son album d’images perso. Nettes parfois, magnifiées par le souvenir ; souvent rendues plus floues par le temps qui passe. Les unes et les autres se superposant et s’imbriquant sans logique apparente ni chronologique.
Patrick, c’est bien sûr le mec deLa vie au bout des Doigts et d’Opéra Vertical, c’est le type qui a faitOrange Mécanique(8a) en solo intégral, ouvert des 8b+, répété des 8c, c’est le rebelle intègre qui n’a pas signé le Manifeste des 19, c’est « le blond » consacré meilleur grimpeur du monde dans les années quatre-vingt ; Patrick, c’est un poster « verdonien », en noir et blanc, signé Nicod dans les toilettes familiales, ce sont bien sûr les films de Jean-Paul Janssen, Claude Lelouch, Georges Ozolat, et les photos de Kosicki, Delahaye, Sylvie, ce sont des apparitions télévisées un rien coincées chez Drucker, des ronds de jambe chez Nicolas Hulot, des participations d’acteur comme dans « Les Loups entre eux » de José Giovanni, cette autre forte tête, c’est le choc des photos et le poids des mots dans Paris-Match.
Mon Patrick, c’est aussi un échantillon de savoir-faire sur des blocs du côté de Martigny (Suisse), c’est une élégante chorégraphie avec Liv Sansoz quelque part sur une falaise du sud, c’est une colère mémorable après une compétition noyée sous la pluie et la triche au Biot (Haute-Savoie), c’est une victoire épatante à Snowbird (USA), c’en est une autre du même tonneau à Bardonnecchia (Italie), c’est une glissade
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ineffaçable sous les projecteurs des arènes de Nîmes, c’est un passage éclair à l’ENSA (Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme) pour le probatoire de l’aspirant-guide. Etc. Bref, un champion médiatisé, ushuaïsé, wikipédié…
Mais, mon Patrick à moi, c’est d’abord un sourire « avé » l’accent, le parfum du midi, la lumière du Verdon, le chant des cigales, l’attrait d’une bonne clope et le bouquet anisé d’une mauresque. Ce sont des cheveux d’apache buriné qui virevoltent au vent, des débardeurs colorés libérant des épaules dessinées par un Léonard de Vinci fan de grimpe, de jolies compagnes, des indignations d’écorché vif, des boutades plus ou moins spirituelles, des sentences à l’emporte-pièce (Tu vois ce que je veux dire… ?), et au final une philosophie bonasse : « Y’a pas le pet ! ».
Mon Patrick à moi, c’est une première rencontre impressionnante avec un « gamin » de 20 ans, c’est une tournée des grands-ducs à Trento, c’est une crise de fou rire en bagnole, c’est une leçon de pêche à la truite fario, c’est une discussion sans fin avec Stéphane Dewèze au coin de la cheminée de Chamonix, c’est un apéro débridé à La Palud, c’est une soirée ici et là, c’est un moment partagé chez Catherine Destivelle pour évoquer « le monde fabuleux de l’escalade », ce sont les épatantes façons d’être de ses compagnons de la verticale, genre Bernard Georgeon ou Jipé Lemercier…
Mon Patrick à moi, c’est une litanie de messages, tantôt rigolards et enthousiastes, tantôt peints en gris, laissés souvent au petit matin sur la messagerie du portable, c’est une complémentarité complice pour tirer le portrait filmé de ϴ
Patrick Berhault, « le frère qu’il n’a pas eu », c’est un rendez-vous complètement manqué au fin fond du val Bregaglia, ce sont quelques échanges aigre-doux entre deux timides camouflés, ce sont les confidences d’un coucher de soleil sur la plage de Saint-Gilles et une balade partagée enULM au-dessus du cirque de Mafate (Réunion), c’est un projet de film sur « sa » vie au bout des doigts, resté en plan par la force des évènements, mais sait-on jamais.
Mon Patrick à moi, c’est un coup de fil sur la route de Cervinia pour me dire, « entre deux conneries », qu’il appréciait notre amitié sans chichis ("tu vois ce que je veux dire !"), c’est un autre long coup de fil la veille de son si inconcevable décès, c’est aujourd’hui une infinie tristesse, profondément ancrée.
Notre Patrick à nous, c’était ce garçon de cœur et de passion, c’était cet homme bienveillant à la force fragile, c’était ce grimpeur libre jusqu’au bout de la vie, c’était cet athlète d’exception qui ne voulait pas vieillir, c’était cette vedette qui avait décidé de fuir la célébrité, c’était ce séducteur sans certitudes, c’était ce papa soucieux du bonheur de sa fille…
Un irremplaçable compagnon d’existence.
Notre Patrick à nous, nous avons été nombreux à l’aimer…Chacun (e) à sa manière.
Gilles Chappaz
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