228 pages
Français

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Histoire d'un marronnage sportif

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Description

L'histoire évoquée dans le présent ouvrage constitue l'Epopée du Budo, cette école d'arts martiaux implantée au coeur des quartiers populaires de la Martinique depuis 1973. Elle vient conforter l'importance du fait sportif dans la société moderne occidentale qui peine à trouver des réponses satisfaisantes au malaise de sa jeunesse. L'ouvrage révèle des multiples facettes, inédites ou surprenantes, d'une version antillaise des grands préceptes de la sagesse asiatique véhiculée par les arts du Budo.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2010
Nombre de lectures 184
EAN13 9782336278155
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

f(783(6/ .492 ,+66322+1/ 74368(0

© L’Harmattan,2010
5-7,rue de l’École-polytechnique ; 75005Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN :978-2-296-11958-1
EAN :9782296119581

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k+61+6/8 $+21/6

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p. 8-2 .3 q*57.3.48.

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38/ 796 +/7+98/967

Stéphane MORICE DU LERAINpoursuit des études de
littérature en Master 2, et est l’un des premiers champions à
avoir représenté la Martinique dans sa réalité.En plusdeses
distinctions sportives,ilaété décoré parlesmembresde
l’Ordre national duMérite duPrix duCivisme pourlajeunesse,
etareçuletitre duMeilleur sportif de l’annéedécerné parle
Comitérégional olympique et sportif de la Martinique.Filsdu
SenseiWamara,le fondateurdecette école d’artsmartiaux,il
estàmême de nousfaire découvrir,pourainsi dire de
l’intérieur,l’étonnante etmémorable histoire ducombatmené
parceDojo pourl’affirmation du sportmartiniquais.
MargaretTANGERestdocteuren droit, avocate,diplômée
d’études supérieures«Affairescaribéennes»,et titulaire du
certificatde la HarvardUniversityLawSchool.Présidente
fondatrice de l’associationA.R.C.D.I. deRecherches
Comparéesen droitsinternesetinternationaux,elleapublié
chezEconomicadeuxouvragesderéférence,l’unsurLa
Faillite en droitfédéraldesÉtats-Unis,etl’autresurLes
Juridictionscolonialesdevantla Courdecassation:1828-1848.
Son étudesurLesEntreprisesen difficulté à la Martiniquea
reçule prixdumeilleurmémoire.Rapporteurauxétats
générauxde l’Outre-meren2009,elle publie égalementaux
ÉditionsDésormeaux sesRéflexions surla Gouvernance et
l’Évolution institutionnelleàla Martinique.Elle estla
présidente de l’Association martiniquaise deBudo etduParti
Chrétien-Démocrate de la Martinique.

À Aimé CÉSAIRE,

Je vous dédie trèshumblement
ce premierlivre
entémoignage de monrespect
pourcelui quia consacré
l’École deBudo.
Vousfûtesle premierbienfaiteur
desjeunesBudokaset
le protecteurd’un
Marronnagesportif martiniquais.

StéphaneMorice duLérain

Voici au bout de ce petitmatin
maprièrevirile:
Donnez àmesmainspuissance de modeler
Donnez àmonâme la trempe de l’épée
Faitesde moiun homme determinaison
Faitesde moiun homme d’initiation
Maisaussi faitesde moiun homme
d’ensemencement
Faitesde moi l’exécuteurde
cesœuvreshautes.
Voici letempsdeseceindre l
es
reinscommeunvaillanthomme

1
Extraitdu Cahierd’unretour aupaysnatal

1
Aimé CESAIRE.Cahierd’unretouraupaysnatal, Vol. 1POESIE,p.73.
Collection réaliséesous ladirection deJean-PaulCESAIRE, Editions
Désormeaux.

"/,/6-(/,/287

J’exprime maprofondegratitude:
À M.PatrickKARAM,qui honorece livre desapréface.
À M.Jean-PaulCÉSAIRE,pour sa bienveillanteécoute et son
adhésionà ce projet.
AuxBudokasetàleursfamilles,pourla confiancesansfaille
témoignéeàl’École deBudo,et qui m’ont vivement encouragé
àréalisercet ouvrage.
AuxMartiniquais,dont lafoi en l’intérêtduBudo pourla
jeunesse de notre paysnes’estjamaislaisséaltérerparles
épreuves.
Àmamèresibienveillante etpatiente qui,d’emblée, asouscrit
àl’idée decetravail.
Àmon père dévoué etattentif dontlarichesse de l’expérience
vécueanourricetouvragecomme d’un legspourles
générationsfutures.

:+281463437

La décision derelateràun pluslarge publiclesfaitslesplus
marquantsdeL’Épopée duBudoestintervenue danslecontexte
dramatique de laperte desonsiège historiquesitué dans
l’immeuble du servicecommunal d’hygiène etdesanté,dit
bureaumunicipal d’hygiène deFort-de-France.
C’esten effetàpartirdece lieud’accueil,misàdisposition
parle député-maireAiméCésaire dès1972et situéaucœurdes
quartierspopulairesfoyalais,qu’ontpuêtre menéesles40
annéesd’actions sportives,éducatives,sanitaires,socialeset
identitaires,quasimentininterrompues,de l’Association
martiniquaise deBudoau service de lapopulation.
Une école desportquiaétéutileàtantde générationsde
Martiniquaisayant trouvé dansl’enseignementdesarts
martiauxdes valeursde persévérance,deverticalité,maisaussi
desmoyensd’expressioncomplémentairespourleur
épanouissementindividuel.Une œuvre qui,dès sa création,
innovaitdansla conception du sportcomme outil pédagogique,
decohésion etdesolidaritésociale, àun momentoùle pays
commençaitàs’inquiéterdesinconvénientsd’uneurbanisation
insuffisamment anticipée.Un lieuinattendud’expression de la
résistance identitaire,etquiareçu sa concrétisation dansla
participation de Budokasmartiniquaisàplusieurscompétitions
internationales,
championnatsdumondeWSKF(WorldShitoRyuKarate-do),sousleurproprebannière.
Par sapermanence,la constance desesactionsetleuréquité,
parl’adhésion populairespontanéeauxidéauxqu’ellesoutenait,
l’Association martiniquaise deBudoa acquislerang d’œuvre
d’utilité publiquesansavoireubesoin d’enrequérirlestatut
juridique.Allantmêmeau-delà,lechantre de la Négritude
l’avaitinstituée «patrimoine martiniquais»,tantil lavoyait
ancrée danslamémoirecollective etdanslapolitique

progressiste dece pays.Unedéclaration lourde de
conséquencespourlesmembresfondateursetdirigeantsdu
Budo,maisaussi pour tousceuxqui prétendraientàl’héritage
politique dugrand homme,sonnantcommeune injonction de
veiller surcetélémentdupatrimoine martiniquais.
Lorsque deuxansaprèslecycloneDean,on peutencore
constaterque l’immeublecommunal,abritantlesiège de
l’École de Budo, n’est toujourspas réparé, ilya de quoi
s’inquiéter. Lacrainte d’uneremise encause possible de la
pérennité duBudo,sentimentlargementpartagé parl’opinion
publique martiniquaise, aeul’effetde provoquercheznous une
sorte d’instinctdeconservation,etc’est bien danscecontexte
que larédaction decetteÉpopée duBudos’estimposée.
Non pasque l’idée deretracer un jourl’histoire decette
associationsportiveunique enson genre n’aitpasgermé dans
l’espritdecertainsdesesmembresfondateurs,mais tout àleur
engagementdévouéau service de la Martinique etdesa
population,ladisponibilité leurmanquaitpourmettreàplatles
nombreuses archivesprécieusementconservées toutaulong de
cesquatre décennies.
L’École de Budo, qui a accompagnétantde générationsde
Martiniquaisetcontribuéàlapromotion de nombreuxjeunes,
méritait bien devoirl’un deceux-làrendre hommageàses
réalisations.Mais, àmesure que mes yeuxdécryptaientles
articlesde presse,reportages,photos,lettres,rapports,
témoignages retraçantl’histoire desfemmesetdeshommesqui
ontfaitce dojo d’artsmartiaux,lecontextesociétal,social et
politique danslequels’inscrivaientleursaudaces,leursdéfiset
leursluttes,il fallaitabsolumentcapterce mouvementpourle
restituer vibrant,intense,incisif et vraiaulecteur.
1
L’histoire d’umn «arronnagesportif »àla Martinique
pouvaitaussibien être perçuecomme l’intégration dans une

1
En2000, àl’occasion ducocktail donné parleConseil général en l’honneur
de laparticipation de l’équipe duBudo auchampionnatdumondeShito-Ryu
(WSKF),levice-présidentde l’assemblée départementaleM.Jean-Claude
Duverger soulignaitl’exploitdeces«budokasmarrons».

12

même structure de la« diversalité créole »,l’École deBudo
accueillantdespratiquants venusdetousleshorizons,detous
lescontinents.

13

6L0+-/

De PatrickKARAM,
Délégué interministériel à l’Égalité deschances
desFrançaisd’Outre-mer

L’histoireévoquée dans leprésentouvrageconstitue
L’Épopée duBudocette école d’arts martiaux implantéeau
cœurdesquartierspopulairesde la Martinique depuis1973.
Ellevientconforterl’importance dufait sportif dansnotre
société moderne occidentale qui peineàtrouverdes réponses
satisfaisantesaumalaise desajeunesse.
Il estici démontré avecforce illustrations, àtousceuxqui
exercentla gouvernance desinstitutionséducatives,sportives,
socialesetdesantéde notre pays,que loin d’êtreunélément
mineurdansla construction etlatransmission des valeursd’une
société,lesportpeut susciterau sein de lajeunesse l’envie du
dépassementdesoi,ence quiconcerneaussibien la
performance intellectuelle que physique.
Qu’untel exemplesoitdonné parla Martiniqueattise
évidemmentlesentimentde fierté de l’Antillaisque jesuis,
d’origine etdecœur,etparailleursdélégué interministérielà
l’Égalité deschancesdesFrançaisd’Outre-mer,quis’emploie
depuisdesannéesàvaloriserlarichesse pourla France desa
diversité.
Commentpouvait-il en êtreautrementlorsque l’onconnaît
la bienveillance etla grandecomplicitéquiunissaientcette
École deBudoauplusillustre desMartiniquais,lepoète
humanisteAiméCésaire qui,toujoursdésireuxdevoir son
peuplerefuserd« deanseraucarnaval desautres» pour
préférer s’élever versl’universel,félicitaitlesmembres

fondateursdecetteassociation pourleurapprochepédagogique:
« dépassantles simpleslimitesdu sport».
Cette formuleraisonneàlafoiscommeune injonction et une
mise en gardeàl’égarddesdécideurs,invitésà comprendre
qu’aucune paix sociale durable ne peut s’acheterauprixde
l’aliénation etde l’avilissementdesmassesàtraversdes
activitésdesimple distractionvidesdetoutevaleur.Au
contraire,la voie de l’harmonie entre leshommesparaît bien
résiderdansl’acceptation etlerespectdesindividualités,et
dansnotrecapacitéàdévelopperetpréserverdesespacesde
communionau sein desquels chacun pourra transcender sa
différence.Aumêmetitre que les artistes,les sportifs
d’exceptionsontdesfermentsd’identitécollective et
contribuent au rayonnement de leur région etde leurpays.
C’estledéfirelevé parlesfondateurs,présidentset
enseignantsdecette école du sportetde lavie etque lesdeux
auteursdecetouvrage nous relatent, àtraverscetteÉpopée du
Budo,expression qui ne leurestd’ailleurspaspropre,
l’inventeurenétantAimé Césaire lui-même, c’estdire !La
cohérence dontilsontfaitmontre dansleursactionsàtravers
l’enseignement,l’éducation etl’accompagnement socio-sportif
d’une jeunesse demanderesse d’une politiqueadaptéeàses
attentes, aprofondémentmarqué lasociété martiniquaise.
Fidèlesàleurpassé, attachésàleur sol natal et sensibles àla
réussite desjeunesqui leurétaientconfiésetquiavaienten eux
une foi inébranlable, cesMartiniquaisinnovèrentpourleur
offrir, au-delàde lapratique d’uneactivitésportivesalutaireau
plan psychologique etphysiologique,unvéritable outil
d’émulation etd’édification personnel,qui modifiera
radicalementle destin professionnel et social de nombre d’entre
eux.
Fortsde la confianceretrouvée en eux-mêmes, cesjeunes se
sont sentisen position derendreàleurpaysles bienfaitsqu’ils
avaient reçus,ens’illustrant remarquablementdansdes tournois
internationaux,notammenten karaté,enculture physique,en
judo.Je laisseauxlecteurslesoin de découvrirle palmarès
remarquable et remarqué decetteassociationsportive.

16

Nos régions d’outre-merfoisonnentdetalentsintellectuelset
sportifsqui, àforce decourage et de volonté, finissentpar se
distinguer, émergeant unàun de lamassecompacte des
licenciésdesnombreuxclubsnationaux.Ilsdonnent alors à tous
uneremarquable leçon dece quiapuêtreréussi avecpeude
moyens,etce,malgré parfois un certain isolement.Il fautcroire
que lesuccès sportif d’un paysoud’unerégion n’estpas
uniquementaffaire debudget,de hiérarchie,de politique
centrale.
Rien n’estpossiblesans uneréelle implication et une écoute
attentive desprincipauxacteursquesontles sportifs ;c’est bien
ce que je m’évertueàfairecomprendre dansleshautes sphères
desministères.Gageonsqu’àlasuite desétatsgénérauxdu
sportque je défendsetque jesoutiens, cetappelseraentenduà
un momentoùforce estdeconstater unrepli importantdes
résultats sportifsde la France dans touteslesdisciplines.
Quelle meilleure illustration pournousenconvaincre que
l’histoire decetteAssociation martiniquaise deBudo,dontle
nom etlesathlètes sontconnuset reconnusdansdescontrées
aussi éloignéesdesAntillesque leJapon,la Russie,le
Portugal…Imaginez-vouscesBudokasentraînésetformés
danscette île - «cette poussièreaumilieude l’océadin »sait
l’illustre homme -,dans une école de karatéShito-Ryu,
inquiétantaussibien entechnique qu’encombatlesdépositaires
decetartquesontlesathlètesjaponais.
Faut-ilajouterqu’àtraverscesinitiatives, cette école
martiniquaises’invite dansle débat surlareconnaissance parla
République desparticularismesdesescollectivités régionales,
et spécifiquementcellesdesoutre-merséclatés surplusieurs
continents.Aumomentoùaboutissentles travauxdesÉtatsdes
Générauxde l’Outre-mer 2009,qui doivent redéfinirles
moyensd’une plusgrande implication descollectivitésdans
leurespacerégional,d’une meilleure gestion de leurs réalités
institutionnelleset statutairesdans uneRépubliquerespectueuse
desadiversité,le Budo martiniquaisdonne aux unsetaux
autres une leçon d’anticipationàtravers sesactesde
« marronnagesportif » entreprisdepuisde longuesannées.

17

Il fautcomprendre que lamondialisation etlasubsidiarité
supposentquetouten entretenantdes relationsétroites avecla
France etl’Europesurlabase de lienshistoriques,
institutionnelsetpolitiques, culturels, économiques,il est
salutaire que nos régionsd’outre-merdites ultrapériphériques
rompentleurisolementens’inscrivanteten existantpleinement
dansleurespace géographique.Ily vade leurdéveloppement
économique et social,maisaussi de leur stabilité politique;il
ne leur suffitpasd’existerparprocuration.
Plusprèsde nousenFrance,unetransposition peutêtre
réalisée pourappeleràune meilleure prise encompte de la
condition desathlètesd’outre-mer,qu’ils soientformésdans
leur région d’origine oudanslesclubsde l’Hexagone.Dansce
domaine nousdevonsfaire preuve d’originalité etdecréativité.
LesauteursdeL’Épopée duBudoetdumarronnagesportif
ouvrentd’intéressantespistesderéflexions.Il nousappartient
de faire preuve d’audace.
Que lesauteursdecetouvragesoient remerciéspouravoir
révéléaugrand publicl’œuvre deceshommesetdecesfemmes
d’exception,visionnairesd’unerare exigence etauxidéaux
élevés,dontnousignorionspresquetout.

18

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Par StéphaneMORICEDULERAIN

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Nos sociétésmodernes veulent-elles réellement se donner les
moyens d’apporterdes réponsesauxdifficultésde lajeunesse
qui nesoientpas superficielles,illusoiresetéphémères?Force
estdes’interrogerlorsque l’onconstate que lesdécisions
politiquesne donnentguère dansl’innovation.Danslamanière
de poserlesproblèmesetd’aborderles solutions,on observe
généralementlesmêmes archaïsmesde pensée.Dansces
conditions,il n’estpas surprenantdevoir se multiplierles
comportementsantisociaux,quis’extériorisentpacifiquement
parl’adoption decodes vestimentairesetlangagiersparticuliers
maispeuventaussi emprunterles voiesplus réactivesde la
manifestation etde l’émeute.
Ainsi,depuisde longuesannées,il estbienreçuque le
développementdesactivitésphysiqueset sportivespeut
contribueràune meilleurecohésionsociale.Diversesinitiatives
ontété prisesparlesgouvernements successifsdontladernière
en dateconsisteàdoublerle nombre d’heuresconsacréesau
sportdanslesécolesetàen favoriserlapratique danslecadre
dudispositif d'accompagnementéducatif.Al’appui deces
propositions,il estallégué que «le sportest une école de la vie
etdéveloppe desqualitéshumainesprécieusesdansle monde
1
professionnel etdansla vieadulte.»
Encore faudrait-il pourcelapouvoir,d’une partidentifieret
isolerles valeursquicorrespondent,danslesport, aux
exigencesd’éducation,d’éthique etdeconstruction desoi que
chacun doitintégrerpour vivre ensociété,et,d’autre part,
déterminerquellesactivités sont susceptiblesdesatisfaire le
mieuxcesexigences.

1
«Rencontreautourde l'accompagnementéducatif »: DiscoursdeXavier
DARCOSdu19Juillet 2007.

Ledébatdoitêtre ouvertpuisque l’onconstateque la
majoritédesjeunes Français, y compris ceuxdontle parcours
scolaires’est arrêté à l’âge deseizeans, a toutde même
pratiqué l’éducation physique de lamaternelleaulycée, soit sur
une durée moyenne de douzeannées.Celan’empêchepourtant
pasnombre d’entre euxdedévelopperdes comportements
asociaux, cequiconduit à sequestionner surleslimitesde
l’E.P.S..C’est sansdoutececonstatquia conduitle ministère
de l’Éducation nationaleàpréconiserl’instauration d’un
partenariatentre lesassociations sportivesde l'établissement
scolaire etles clubslocaux, cecipourdiversifierl’offresportive
etpermettreàd’autresdisciplinesde faire leurspreuves.
Rien nesera résolu si lapratiquesportive n’estpas ré-axée
sur unvéritable projetdeconstruction de l’humain,etdemeure
sujetteaux spéculations tendant àen faireun produitde
consommation plutôtque d’éducation physique etmorale.De
même,l’intégration de lapratiquesportive danslesdispositifs
de luttecontre l’exclusion etpourl’égalité des chancesdoivent
pouvoir apporter à chacun devéritables bénéficespersonnelsen
termesdevalorisation desoi etnon pas viser uniquementle
maintien de l’ordre public.Ils’agit bien de favoriser
l’épanouissement,lebien-être etl’équilibre personnel,la
formation des cœursetl’acquisition des vertus.
L’Association martiniquaise deBudo peut, à cetégard,
servirderéférence.AiméCésaire,qui en futle
garant,étaitluimêmerebelleà toute forme d’aliénation et, selon lui,lajeunesse
ne devaitpasêtreutiliséecomme divertissementpublic,ni
sacrifiéeaux cérémoniesde propagande politicienne.Lesélèves
de l’École de Budo n’ontjamaisétéutilisés comme
desfairevaloird’une politique,instrumentaliséspourleur seule
performance ou commevitrine d’un pouvoir ; bienau contraire,
l’association les a toujourspoussés surla voie de la réalisation
desoi,jusque danslapoursuite desétudesetl’encouragement à
l’insertionsociale etprofessionnelle.
Cetteassociationavaitpour cœurd’activitéune école de
Budo, intégrantlesartsmartiauxquesontle karaté, le judo,

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