111 pages
Français

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L'or sous le sable

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Description

Après Petite sociologie des peigneurs de plages et beachcombers (éditions L'Harmattan, 2009), où il présentait les collecteurs de coquillages, de galets, de sables colorés, de bois flottés, de verres polis..., l'auteur prolonge sa passion pour le littoral avec ce livre qui relate sa propre expérience. Amour des plages et de leur nature sauvage, quête de l'or perdu par les estivants, prise de conscience sur la pollution... Des plages rectilignes d'Aquitaine aux criques encaissées du Finistère, l'auteur évoque le beachcombing par de courts récits illustrés.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2011
Nombre de lectures 28
EAN13 9782296717114
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

L’OR SOUS LE SABLE

Carnet de plage
d’un beachcomber aquitain

© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-13953-4
EAN : 9782296139534

Gilles KERLORC’H

L’OR SOUS LE SABLE

Carnet de plage
d’un beachcomber aquitain

Préface de Hugo VERLOMME

L’Harmattan

OUVRAGES DU MÊME AUTEUR :

- « Ballade d’une poêle à frire »,1998
- « Le Veilleur de Pangée »,avec Franck Lefebvre, 2000
- «Contes Populaires de la Grande-Lande» tome 1,Félix d’après
Arnaudin, Editions Cairn, 2001
- «Sur la trace des trésors landais, légendes, traditions, réalités»,
Editions Jean Lacoste, 2003
- «Landes secrètes, croquis sur le vif»,Marc Large, Editions avec
Cairn, 2004(Mention spéciale du jury – Journées du livre – Orthez 2004)
- «Contes Populaires de la Grande Lande» tome 2, d’aprèsFélix
Arnaudin, Editions Racoon, 2004
- «Graine de printemps», avecDominique Soulé, Editions Racoon,
2005
- «Petit guide illustré du beachcombing», avec la collaboration de
Daniel Hodebert, Editions Racoon, 2006
- «Waska et le peuple du blizzard», avecPascal Aggabi, Editions
Bradtrash Comics, 2006
- «Gardiens légendaires des trésors du Sud-Ouest», EditionsLe
Manuscrit, 2007
- « Les plages de poivre »,avec Dominique Soulé, Editions Yago, 2007
- « Dans le secret des îles aux trésors » tome 1,Editions Racoon, 2008
-« Laminak, carnets extraordinaires d’un explorateur en Pays Basque
en 1840 »,Editions Gascogne, 2008
- « Dans le secret des îles aux trésors » tome 2,Editions Racoon, 2009
-« Petite sociologie des peigneurs de plages et beachcombers »,Editions
de l’Harmattan, 2009
- « Dans le secret des îles aux trésors » tome 3,Editions Racoon, 2010
-« Euskadi sacré, croquis sur le vif »,avec Marc Large, Editions Cairn,
2011
- « Pirates & îles aux trésors »,Editions des Régionalismes, 2011

Je dois être un gars un peu simple. Chaque hiver
j’entends le même refrain. Les gens parlent de partir, de se
rendre dans des endroits dont je n’ai seulement jamais
entendu parler. Si je pouvais aller où bon me semble, je
remonterais la côte en bateau et j’irais visiter les criques, au
fond de la baie, à une cinquantaine de kilomètres d’ici. Il y a
tant de choses autour de chez moi que je n’aurai jamais le
temps de voir.

Richard Nelson,L’île, l’océan et les tempêtes,1989
(traduit par Josiane Deschamps, Albin Michel, 2003)

Je cherche l’or du temps.

André Breton,Introduction au discours sur le peu de réalité,
Gallimard, 1927

Préface

Nous sommes tous des enfants de la plage

C’est peut-être la plus ancienne de toutes les activités
humaines : arpenter la plage. Lorsque nous sommes sortis de
l’océan primordial, il y a quelques millions d’années, notre
premier territoire a forcément été la plage, trait d’union entre
terre et mer. Nos lointains ancêtres aquatiques sont peu à peu
devenus amphibies, vivant à moitié dans l’eau et à moitié sur
la terre, se nourrissant aussi bien de poissons et de
coquillages que de fruits ou de gibier. Cette longue période
de l’humanité naissante fut un véritable Âge d’Or au cours
duquel les hominidés nomades, pêcheurs-cueilleurs, que nous
fûmes, ont vécu sur les plages entre terre et mer dans
l’abondance et le partage des biens, et surtout sans
s’entretuer. Ce n’est que plus tard que l’homme s’éloigne de la mer
et lui tourne le dos avant de devenir terrestre, puis sédentaire,
créant du même coup la notion de propriété, qui va entraîner
la violence dans son sillage.
Les plages sont sans cesse effacées et remodelées par la
mer, mais gardent toujours en elles la mémoire d’un autre
temps. Parce qu’elles n’appartiennent à personne et qu’elles
s’ouvrent sur l’inconnu, elles sont un puissant symbole de
liberté et leur pouvoir d’attraction est immense. C’est
d’ailleurs aujourd’hui un phénomène de société: la majorité
de la population mondiale vit à proximité du littoral, un
mouvement qui ne cesse de s’amplifier.
Pas étonnant, dès lors, que tant d’adorateurs viennent, de
plus en plus nombreux, se prosterner devant l’Océan, chacun
à sa façon. Les uns le contemplent ou se jettent dans ses flots,
d’autres jouent les Robinson, mais il en est aussi qui
parcourent l’estran sans relâche pour y dénicher des
souvenirs ensevelis. Ils défrichent et déchiffrent, parcourant
dunes et plages avec leur étrange tête-chercheuse qu’ils

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manipulent tantôt comme une faux de jardinier, tantôt comme
un bâton de sourcier. Ils voient l’invisible et sondent le sable
de l’oubli en quête de trouvailles, de bijoux, d’un éclat
aurifère. Tous ces objets, séculaires ou récents, précieux ou
pacotilles, renferment une histoire, un naufrage, un amour, un
message, une fortune de mer…
De Bretagne en Aquitaine, Gilles Kerlorc’h, tel un
Sherlock des plages, remonte les pistes et mène l’enquête sur
et sous le sable. Au fil des anecdotes, des émotions, il nous
fait partager sa passion pour cette activité aventureuse qui le
transforme tour à tour en beachcomber amoureux du littoral,
en archéologue, en fin limier ou en chercheur d’or.
Si les plages sont le symbole de nos origines, de notre
passé, elles seront aussi le théâtre de notre futur. Car en ces
temps de désordres climatiques, non seulement la population
se masse sur les rivages, mais la montée des eaux s’accélère
et vient bouleverser nos sociétés. Des territoires sont
engloutis, de nouvelles plages se dessinent et les mers
recouvrent inéluctablement les îles et les continents,
bousculant tous ceux qui vivent sur leurs rivages. Ainsi, les
plages qu’arpentent les beachcombers d’aujourd’hui seront
les fonds marins de demain et les plongeurs du futur
trouveront sous le sable des vestiges de notre civilisation,
tout comme on trouve encore des dents de requin en plein
milieu du désert.

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Hugo VERLOMME

Avant-propos

Beachcomberpeigneur de plage… La traduction ou
littérale, bien plus poétique que son origine anglo-saxonne,
évoque parfaitement ce loisir, cet Art de vivre, ce parcours en
bordure de l’estran. Pourtant, le motbeachcomber, utilisé
e
vers la seconde moitié du XIXsiècle, n’avait à l’origine que
bien peu de rapport avec l’activité ludique et paisible,
pratiquée de nos jours.
On croise ce mot pour la première fois dans le récit
romanesque d’Herman Melville,Omoo, en 1842. Les
beachcombersMelville sont des marins vagabonds des de
mers du Sud. Ils se donnent, tels des mercenaires de la mer,
au capitaine le plus offrant. Quand ils ne sont pas embarqués,
ils vivent comme des nomades, d’île en île, en harmonie
relative avec les populations locales. Ils développent ainsi des
microsociétés de vagabonds, médiateurs culturels entre natifs
et marins de passage. Ils vivent dans des cabanes le long de la
côte, abris le plus souvent bâtis avec les vestiges de navires
échoués sur les plages. Ils glanent sur le littoral, le peu de
biens qu’ils possèdent. Un peu pirates, très certainement à la
frontière des lois, ils sont l’image d’une liberté durement
acquise, prise sur les valeurs de l’époque, un refus du carcan
social, quittes à vivre dans le dénuement le plus complet.
Peigner les plages aujourd’hui, c’est parcourir les
kilomètres de côte, le regard à l’affût de chaque objet
singulier ou fabuleux que la mer rejette sur le sable.
Collectionneurs, artistes, rêveurs ou un peu tout à la fois.
Certains chercheront le coquillage inédit, clou de leur
collection, d’autres glaneront le verre poli aux reflets de
pierre précieuse, un bois flotté à la courbe harmonieuse, un
sable à la couleur inédite, un galet ventru, futur support
pictural… Moi, je cherche l’or, l’or des plages.
Il y a maintenant de nombreuses années que je pratique
cette activité, non pas pour la quête absolue de l’or, mais pour

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