Ring à putes

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Laurence et Marie sont des cogneuses, des salauds rafleront la mise.



Les chosesne se passent jamais comme prévu. Alors Georges préfère prévenir que punir.
— Elle doit se coucher avant la fin. On a mis un paquet de fric, alors tu gères ! chuchote le caillera.
— Mais on peut parier sur elle. On peut miser, tu vois bien qu’elle va gagner ! lui répond Claude.
— On ne change pas les plans. Ta putain se couche et tu fermes ta gueule ! lui lâche le man.
Il regagne sa place, s’adresse à son voisin. Les deux crapules scrutent le combat avec inquiétude. Y a un paquet de cash en jeu. Une certitude : tirer dans le tas en cas de perte.




Rachid Santaki a pratiqué la boxe. Avec son style punchy que l’on a découvert dans son remarqué Les anges s’habillent en caillera, il nous donne à voir un match de boxe féminine révélateur des drames intimes de deux boxeuses. Et aussi les coulisses où gravitent les magouilleurs avides de fric facile.


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EAN13 9791023403039
Langue Français

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Rachid Santaki Ring à putes Nouvelle CollectionNoire sœur
Les lumières colorées circulent sous le chapiteau. Les enceintes crachent un son de rap cainri. Interruption de la musique. La voix du speaker annonce le championnat du monde de boxe féminin aux deux milles cinq cents personnes. Applaudissements. Acclamations. Les projecteurs se braquent sur Laurence, la tenante du titre. Peignoir classe. Capuche sur la tête. Elle traverse la salle, tête baissée, monte sur le ring, accompagnée du titre «Boulette »de Diam’s. Laurence lève les bras et provoque les hurlements dans le public. Sifflements. Applaudissements. La jeune femme claque ses gants et danse façon Diam’s dans le clip. La salle est en délire. Elle retourne dans son coin et son coach la déshabille. Corps affûté. Visage marqué par ses trente combats. C’est l’hystérie dans le public, mais lorsque Marie, quadragénaire, traverse l’allée, s’avance vers le ring sur «Non Je Ne Regrette Rien »de Piaf, c’est le silence dans la salle. Quelques hostilités : «Dégage ! Elle va te coucher ! » Inconvénient quand on n’est pas la star et qu’on boxe sur les terres de son adversaire. Marie monte et salue le public. «Vas-y rentre chez wat !crache un type dans le public. Elle fait des petits » mouvements de la tête, scanne l’horizon. Les drapeaux tricolores sont étendus. La Marseillaise est jouée, chantée par la championne et son public. Marie, gênée par les cris hostiles, esquive les regards en traînant le sien au sol. L’arbitre invite les deux rivales au centre et les place face à face. La plus jeune porte un Marcelet un short bleu. Son prénom est inscrit sur la ceinture. Marie arbore une tenue blanche et «Juliele prénom de sa gamine, brodé sur le bas du », short. La championne et la challenger sont de même taille. Morphologie longiligne. Marie baisse la tête face à la tenante du titre. L’arbitre donne les consignes. Laurence, la championne, mate l’autre, déterminée, enragée. «T’es morte, la vieille, tu pues la merdeMarie ne bronche pas. ». Les filles retournent dans leur coin. Laurence répète en boucle : «Je vais la coucher, je suis la meilleure». Son coach contemple le camp adverse, un sourire au coin des lèvres. — Tu lui rentres dedans. Tu ne la laisses pas respirer, elle ne va
jamais tenir, cette vieille merde. L’homme de coin saisit Laurence, crâne contre crâne. Instant de superstition. Instant de transmission entre le maître et l’élève. — Allez, ma chérie ! Mets-la au tapis ! Le premier round commence et toute la salle scande «LAU-REN-CE !LAU-REN-CE ! ». La boxeuse rentre dans son aînée par des coups de poings, place aussi des coups de tête. L’arbitre avertit. Elles reprennent. La salle crie, tape des pieds et encourage la star locale. Cela fait un an qu’elle a décroché son titre, par une victoire avant la limite contre une Allemande. Elle a commencé la boxe quelques années auparavant, montée pour devenir l’ambassadrice du noble art et répondre à une volonté politique de sa ville de droite. Objectif : mettre une femme issue des quartiers au centre de l’attention, institutionnaliser la boxe, canaliser les regards. La rue a déserté ce sport. Le tertiaire s’en est emparé. >>>>
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