De la mer aux hommes
313 pages
Français

De la mer aux hommes

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313 pages
Français

Description

C'est d'abord en marin que cet ouvrage aborde les archipels de Polynésie française, avant de se laisser submerger, avec le lecteur, par la magie des îles. Un livre original qui tient de la chronique-radio, agrémenté de photographies en couleurs, se faisant le messager vivant d'une Océanie en danger.

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Date de parution 06 décembre 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140137419
Langue Français
Poids de l'ouvrage 17 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Dela mer aux hommes Manifeste pour Tahiti et ses îles
Julien GDe la mer aux hommes Manifeste pour Tahiti et ses îles
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-17573-7 EAN : 9782343175737
À mon frère Jamil, ses filles Aurore, Pénélope et Noémie,  et son épouse Nathalie... À Nadia, ma sœur retrouvée ainsi qu’à tous les Polynésiens…
Préfaces
Une histoire de cœur et d’eau
Il est des terres « esgaiées », disons baignées d’eau, aiguayées. Ainsi auraient pu s’esclaffer les premiers explorateurs européens du Pacifique sud tant, de leur ligne de flottaison à leurs crêtes enrubannées de fines nuées, ces myriades d’îles regorgent du précieux liquide si convoité : l’eau, l’eau pure, l’eau douce. Entre motu* et récif affleurant, au lit des vallées cristallines, au cœur de cette immanquable saison des pluies qui étale six mois durant sa « période d’abondance », vagabonde la présence chérie dont se rient les insulaires. Ces visiteurs du XVIème siècle, fils aventuriers de la Renaissance, plus proches de la conquête que de la découverte de l’Antique civilisation Mā’ohi*, sortirent de leur escarcelle, avec la Vénus née des eaux sur le rivage de la non moins célèbre île égéenne, le mythe de la « Nouvelle Cythère » et l’image de l’aphrodisiaque vahine* « s’esgayant » au Paradis aqueux. Entendez « exhalant sa joie ». S’il faut se réjouir que les cieux soient somme toute propices, égayons-nous davantage à la rencontre d’un peuple à la spiritualité ardente, scellant, derrière un sourire indéfectible, bien des avatars successifs au long de son histoire récente ou lointaine. Il n’est pas que le climat amène, fluctuant sous les alizés, il n’est pas que l’hospitalité originelle qui se soient dévoyés sous l’empreinte des nouveaux conquistadors du pseudo-modernisme. Fiu*, les Polynésiens le sont

dans les deux sens du terme initial en reo tahiti*, affichant leur satiété, leur saturation et leur lassitude tout à la fois par leurs silences. Quant au chroniqueur de cet ouvrage, à travers les propos illustrés de son livre, il est en passe de leur ressembler : surmené et abattu, comblé puis désabusé, mais éternel amoureux. Il est des espoirs qui se pourraient percer. Les orages tropicaux alternent avec de grandes plages de soleil, offrant à la terre de fleurer ses parfums chatoyants. L’océan, le lagon, la rivière abondent en réserves halieutiques. Les vents, le solaire sont de véritables sources énergétiques naturelles. Sauf que les requins de la finance sont des prédateurs nettement plus néfastes que la gent animale du même nom menacée, elle, d’extinction ; que le code de protection des espèces endémiques insulaires, florales, volatiles, tétrapodes, quadrupèdes ou rampantes est malmené par les entreprises de déprédation, orchestrées par les affairistes bipèdes ; que l’environnement en voie de dégradation sur le socle volcanique récent des archipels laisse entrevoir un déséquilibre de l’écosystème et une déstabilisation environnementale par l’avulsion des cours d’eau et du rivage. La montée des eaux, l’immersion des îles n’est pas plus une plaisanterie que la casuelle alerte cyclonale. L’eau, la bienfaisante, la prodigue est en danger. Péril imminent que cette larme du Pacifique, cette lame océanique qui se gonfle en sanglots avant d’y engloutir tout site îlien, tout souffle de vie, tous archipels confondus et réduit un peuple à l’errance. Ce n’est pas seulement l’œil du reporter averti que Julien Gué pose ici, pas plus que la nostalgie de ses racines familiales océaniennes. En nomade, il paie le tribut de sa terre d’accueil, son "Island Home", bercé par l’Aborigène Warumpi Band, puis Bobby Holcomb. C’est de l’intérieur, à travers le vécu commun de ses compagnons de travail ou de création qu’il dépose ici en toute sincérité. Mais ce n’est pas d’attestation dont vous ayez besoin pour lors. Le seul serment dont il sache faire preuve, immergé depuis bientôt deux décennies en terre polynésienne, c’est l’amour qu’il porte aux connaissances proches ou indirectes, éloignées ou distraites, éphémères ou essentielles qui l’ont cocooné dans la culture insulaire, comme au berceau de son exil devenu havre grâce à eux, les Polynésiens. Ainsi que s’égaye un arbre pour l’avitailler en air, de même Julien Gué vous débrousse-t-il le chemin pour y planter quelques balises. Monak Écrivaine


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