Gouvernance et communication financière

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Français
218 pages
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Description

La communication financière des sociétés cotées est devenue en une décennie, paradoxalement, l'objet de risques juridiques et médiatiques accrus alors que les progrès de la gouvernance et de la transparence n'ont jamais été aussi réels.


C'est l'originalité de ce livre et de l'approche pluridisciplinaire de ses trois auteurs (un conseil en communication financière, un avocat, un assureur) de décrypter des pratiques et des réglementations en constante mutation, et d'aider les lecteurs à en comprendre les enjeux et les risques.


Ce livre aborde notamment :



  • L'importance prise par l'information financière en réponse aux attentes des investisseurs.

  • L'implication croissante des conseils d'administration sur ce sujet.

  • Une augmentation des risques juridiques et médiatiques, pour des dirigeants qui "savaient, ou auraient dû savoir" !

  • L'assurance des dirigeants et administrateurs par des polices adaptées.


Comme le précise dans la préface le professeur Alain Viandier, "grâce à cet ouvrage, écrit par trois spécialistes qui connaissent de l'intérieur les problèmes posés par l'information financière, la connaissance des pièges et des risques est grandement améliorée [...]. Cela montre une fois déplus que dans certaines matières, il est préférable d'avoir pratiqué pour pouvoir écrire."



  • Les auteurs

  • Introduction

  • Etat des lieux : Résultat de l'étude menée sur le rôle et la responsabilité des administrateurs en matière de communication financière ("L'étude")

  • Tout ce qu'un administrateur devrait savoir sur la communication financière

  • Les nouveaux risques juridiques de l'information financière pour les sociétés cotées

  • Réflexion pour le conseil en matière de communication financière

  • Vade-mecum en matière de communication financière à l'attention des administrateurs

  • Glossaire

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 juillet 2011
Nombre de lectures 108
EAN13 9782212417265
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0135€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Gouvernance
et
communication financière

YVESBRISSY
DIDIERGUIGOU
ALAINMOUROT

Éditions d’Organisation
Groupe Eyrolles
61, Bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05

www.editions-organisation.com
www.editions-eyrolles.com

er
Le code de la propriété intellectuelle du 1juillet 1992 interdit en effet
expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation des ayants droit.
Or, cette pratique s’est généralisée notamment dans les établissements
d’enseignement, provoquant une baisse brutale des achats de livres, au point que
la possibilité même pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles et de les faire
éditer correctement est aujourd’hui menacée.
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire
intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce
soit, sans l’autorisation de l’Éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue
des Grands-Augustins, 75006 Paris.

© Groupe Eyrolles,2008
ISBN : 978-2-212-54204-2

COLLECTION
QUESTIONS DE GOUVERNANCE

Gouvernance et communication financière

Yves Brissy
Didier Guigou
Alain Mourot

Préface

Alain Viandier


Questions de gouvernance

La collectionQuestions de gouvernancepropose des ouvrages essentiels
touchant aux principaux thèmes de la gouvernance. Conçue pour être
accessible à un large public, elle est destinée aux administrateurs, aux
actionnaires, aux dirigeants, mais aussi à tous ceux, nombreux,
qu’intéressent ces sujets aujourd’hui reconnus comme majeurs dans la vie des
entreprises.

Elle est le fruit de la collaboration entre Eyrolles/Editions d’organisation
et l’Institut Français des Administrateurs, réseau de référence des
administrateurs en France. L’IFA rassemble aussi bien des administrateurs
indépendants que des administrateurs exerçant des fonctions exécutives,
représentant l’Etat ou les salariés. Par son action de promotion des
meilleures pratiques, l’IFA concourt à leur diffusion au sein des
entreprises de toutes tailles, cotées ou non, familiales ou à actionnariat
ouvert, sociétés mutualistes, coopératives ou publiques, associations ou
fondations.

Questions de gouvernancedonne la parole à des auteurs reconnus,
choisis pour leur expertise et leur capacité à valoriser l’apport des
meilleures pratiques de gouvernance.

***



Sommaire

Les auteurs........................................................................................
Préface..............................................................................................
Introduction......................................................................................
e
■La communication, à l’époque de l’Internet et du 4pouvoir
de la presse, est devenue primordiale dans tous les domaines,
en particulier en matière financière..........................................
■La communication financière implique que les émetteurs et leurs
dirigeants connaissent leurs actionnaires...................................
■L’information financière des émetteurs a fait des progrès
considérables, même si elle ne met à l’abri ni de la spéculation
ni des accidents imprévisibles.................................................
La communication financière est en période de transition..........

■La complexité actuelle de la communication financière amène
les émetteurs à faire appel à des professionnels externes
ou internes variés................................................................

Chapitre I
État des lieux :
Résultat de l’étude menée sur le rôle et la responsabilité
des administrateurs en matière de communication financière
(« L’étude »).....................................................................................
Méthodologie...............................................................................
Synthèse......................................................................................
Le conseil défenseur de l’intérêt des actionnaires ?..................
La connaissance de l’actionnariat..........................................

■Le conseil et l’assemblée générale.........................................
L’information du conseil est essentiellement fournie par
la direction générale de l’émetteur.........................................
Un rôle de contrôle par le conseil qui se fait essentiellement
à travers les communiqués de résultats...................................

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SOMMAIRE

Une implication limitée du conseil dans la stratégie
de communication financière.................................................
Une prise de conscience croissante des risques liés
à la communication financière................................................
L’assurance des dirigeants et des administrateurs....................

Chapitre II
Tout ce qu’un administrateur devrait savoir
sur la communication financière.....................................................
La communication financière : un instrument de création de valeur..
Une bonne communication peut créer de la valeur..................
Importance de la communication financière............................

■Un temps croissant du management consacré
à la communication financière................................................
■Existe-t-il des indicateurs de performance pour mesurer
l’efficacité de la communication financière ?...............................
■Un mémoire de recherche d’HEC sur l’impact
de la communication financière sur la création de valeur..............
Des erreurs de communication peuvent détruire de la valeur..
L’environnement de la communication financière............................
Les enjeux clés de la communication financière.......................
L’égalité de traitement entre les actionnaires..........................

L’information prévisionnelle................................................

La gestion du consensus.....................................................

L’accroissement des contraintes réglementaires......................
Un pouvoir de sanction de l’AMF en développement rapide.......

■Le poids grandissant des institutions européennes...................
L’influence des normes comptables IFRS sur la communication
financière.............................................................................
La comparabilité des entreprises..........................................

Les soldes intermédiaires de gestion.....................................

La juste valeur..................................................................

Le rapprochement d’entreprises..........................................

Les écarts d’acquisition......................................................

« Trop d’information tue l’information »................................

■Les comportements en matière de communication
n’ont en fait pas beaucoup évolué...........................................
Le développement de l’activisme actionnarial..........................

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SOMMAIRE

■Le rôle des agences de conseil en matière de vote
des actionnaires (proxies)......................................................
Le rôle des minoritaires.....................................................

■La contestation croissante des résolutions en assemblée générale
La multiplicité des types d’investisseurs institutionnels.............
Les gérants action.............................................................

Les gérants dette..............................................................

Les gérants investissement socialement responsable.................

La difficile et onéreuse identification des investisseurs...............

Les enjeux spécifiques liés à la double cotation................................
Placement public ou placement privé aux États-Unis................
Les risques spécifiques pour les dirigeants de sociétés étrangères
Les risques pour les Directors & Officers (administrateurs
et cadres dirigeants) des filiales immatriculées aux États-Unis...
Le risque d’être coté aux États-Unis sans le savoir...................
Les risques d’extraterritorialité : le forum shopping.................
Pour une stratégie réussie de communication financière..................
Le choix des cibles................................................................
L’actionnariat individuel......................................................

■L’actionnariat salarié..........................................................
L’actionnariat institutionnel.................................................

Les vecteurs de communication.............................................
Le rapport annuel.............................................................

L’assemblée générale.........................................................

Les communiqués de presse................................................

Le site Internet.................................................................

■Les supports à destination des analystes et investisseurs...........
Les supports à destination des actionnaires individuels..............

L’organisation de la communication financière.........................
Le rattachement...............................................................

L’intégration....................................................................

Les procédures de communication financière..........................

Le tableau de bord de la communication financière..................
Mesure de l’efficacité de la communication financière...............
Problématique des sociétés non cotées..........................................

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SOMMAIRE

Chapitre III
Les nouveaux risques juridiques de l’information financière
pour les sociétés cotées................................................................... 91
L’évolution récente du droit de l’information financière................... 91
Un gouvernement des entreprises (« gouvernance »)
mieux adapté........................................................................ 91
■La demande des investisseurs internationaux.......................... 91
La réponse des représentants patronaux............................... 93

Une appropriation législative de ce mouvement (loi NRE)......... 94

■Des sociétés cotées françaises satisfaisant aux exigences
des investisseurs internationaux............................................. 95
Les exigences de la transparence............................................ 96
La demande de transparence............................................... 96

Les réponses législatives..................................................... 98

De la réglementation contraignante aux recommandations
de marché............................................................................ 103
L’évolution du droit des sociétés.......................................... 103

Le règlement général de l’AMF............................................ 107

Les préconisations de l’AMF................................................ 109

■Conclusion : une amélioration de la gouvernance
et de la transparence............................................................ 112
La complexité du droit de l’information financière........................... 113
Rappel de la responsabilité civile et pénale en droit des sociétés113
Sur le plan civil................................................................. 113

■Sur le plan pénal............................................................... 118
La difficulté de bien gérer l’information financière.................... 126
L’information périodique.................................................... 127

L’information permanente.................................................. 132

La fréquence des modifications réglementaires........................ 140

L’information financière : facteur de risque majeur pour les émetteurs
et les dirigeants............................................................................ 141
Corrélation théorique entre transparence et valeur boursière. 142
Une communication sous la seule responsabilité de l’émetteur. 143
Les dirigeants savaient ou auraient dû savoir........................... 144
Les sanctions........................................................................ 145
■Le champ d’application de la réglementation de l’AMF.............. 145

8

SOMMAIRE

■L’appréciation de la qualité de dirigeant selon les décisions
de l’AMF............................................................................
L’information financière : facteur de risques pour les administrateurs
Une mise en cause probable..................................................
La mission de contrôle des administrateurs............................

Vers un renforcement de la responsabilité liée au contrôle........

La nécessité d’améliorer les processus de contrôle..................
Le devoir fiduciaire anglo-saxon...........................................

La transposition du processus en droit français.......................

Conclusion......................................................................

La couverture des risques liés à la communication financière............
Le retour d’expérience de l’assureur......................................
L’assurance des dirigeants et administrateurs..........................
Les bénéficiaires de l’assurance............................................

Le fonctionnement du contrat.............................................

La gestion de la défense......................................................

Le choix de l’assureur........................................................

Chapitre IV
Réflexion pour le conseil
en matière de communication financière.......................................
Organisation générale du conseil face à la communication financière.
Comité d’audit, comité spécial ou lead director......................
La formation du conseil en matière de communication
financière.............................................................................
L’information du conseil.......................................................
Les outils à la disposition du conseil......................................
Les procédures de communication financière pour le conseil...
Le conseil et la stratégie de communication financière............
Le conseil d’administration à l’écoute du marché.............................
Le conseil d’administration représente tous les actionnaires....
Le conseil d’administration écoute les actionnaires.................
La cartographie (mapping) des investisseurs...........................
Le conseil d’administration organise une veille concurrentielle..
Benchmark quantitatif........................................................

Benchmark qualitatif..........................................................

Le conseil d’administration et les communiqués de presse...............

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SOMMAIRE

La validation des communiqués de presse par le conseil..........
La validation des objectifs et des prévisions.............................
Le conseil d’administration et le rapport annuel/document
de référence.................................................................................
La validation des informations générales................................
La validation des informations sur la gouvernance...................
La validation des informations sur les risques..........................
Le conseil d’administration et l’assemblée générale..........................
Le rôle du conseil dans la préparation de l’assemblée générale.
La participation du conseil à l’assemblée générale....................
La participation du conseil après l’assemblée générale..............
Le conseil d’administration et la communication de crise.................
Différents scenarii de crise....................................................
L’anticipation des scenarii de crise..........................................
L’organisation du conseil en période de crise..........................
Le conseil challenger du management.............................................

Chapitre V
Vade-mecumen matière de communication financière
à l’attention des administrateurs....................................................
Se former.....................................................................................
S’informer....................................................................................
Écouter........................................................................................
Préparer l’assemblée générale........................................................
Contribuer à la stratégie de communication financière....................
Protéger le patrimoine personnel des administrateurs.....................
Glossaire...........................................................................................
Index..................................................................................................

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Les auteurs

Y

© Groupe Eyrolles

DIDIERGUIGOU

Président et fondateur d’Euroficom en 2002, il a
travaillé huit ans dans des banques d’affaires
américaines (Citibank et Chemical Bank) avant de passer
dix ans à la direction financière de Rhône-Poulenc,
dont il a été directeur de la communication financière.
Il a ensuite été directeur de la communication
financière de LVMH. Il a créé un cours pour le MBA
d’HEC et assure des conférences à HEC et à l’IFA
(Institut français des administrateurs) sur ce sujet.

YVESBRISSY
Docteur en droit, il est depuis 2004,avocat senior of
counselau cabinet August & Debouzy.
Précédemment, il a occupé pendant trente ans la fonction de
directeur juridique au sein de groupes multinationaux
(Saint-Gobain Vitrage, Rhône-Poulenc et Rhodia). Il a
également été membre de la commission des sanctions
de l’autorité des marchés financiers (AMF) de
novembre 2003 à mai 2006.

ALAINMOUROT

Secrétaire général d’AIG Europe, filiale du groupe
d’assurance AIG (American International Group), il a
depuis plus de vingt ans, participé au développement
en France de l’assurance de responsabilité des
dirigeants et des administrateurs. Il anime régulièrement
des formations dans le cadre d’organismes
professionnels sur ce sujet.

11

ALAIN
MOUROT

YVES
BRISSY

DIDIER
GUIGOU

Préface

ALAINVIANDIER
PROFESSEUR ÉMÉRITE DE L’UNIVERSITÉRENÉDESCARTES(PARISV).

Dans l’édition 1952 de sonCours de droit commercial, J. Escarra
amorce le chapitre consacré aux bourses de valeurs en précisant : « On
distingue les bourses munies d’un parquet et les bourses sans parquet. Le
parquet est un vaste plancher circulaire légèrement exhaussé, situé, à
Paris, dans la partie centrale du grand hall du palais de la Bourse et dont
l’accès est interdit à tous autres qu’aux agents de change. Au centre se
trouve la corbeille, balustrade évasée à laquelle s’accoudent les agents, se
1
faisant face les uns aux autres ». Heureux temps où l’on pouvait
enrichir les traités savants d’allusions à l’architecture d’intérieur. Heureux
temps aussi où l’exposé du droit boursier se réduisait à quelques pages, à
charge pour l’étudiant curieux de compléter son information sur les
2
manipulations de cours ou l’institution du report dans Émile Zola. Ces
temps sont passés, la corbeille et les agents de change ont disparu, et le
droit financier est devenu une partie essentielle du droit des sociétés, en
voie de conquérir son indépendance, en raison de la spécificité des
questions posées et des instances qui y répondent, principalement l’Autorité
des marchés financiers (AMF).

Au-delà de thèmes techniques relatifs, par exemple, aux marchés
réglementés et aux prestataires de services d’investissement, le cœur de la
discipline est l’information financière. De fait, en droit financier tout
procède ou aboutit à l’information financière : obligation d’information
des sociétés émettrices, qualité de l’information, obligation de
déclara

1
J. Escarra,Cours de droit commercial, n˚ 1435, 1952.
2
On pense bien sûr à «L’Argent»,Les Rougon-Macquart, Émile Zola, coll. «La
Pléiade », Éd. Gallimard, tome 5.
© Groupe Eyrolles

13

PRÉFACE

tion des intervenants, délits et manquements d’initiés ou de fausse
information. C’est ce rôle cardinal de l’information qui fait le grand intérêt de
cet ouvrage, qui présente sous l’angle le plus difficile, celui de la
pratique, les problématiques de l’information financière.

Cette approche est l’un des premiers mérites du livre. Il en est un autre,
celui d’attirer l’attention des praticiens du droit et des dirigeants de
société sur les risques induits par l’information financière. La gravité de
ces risques tient à plusieurs causes.

D’abord, il y a le haut degré de qualité exigé de l’information ; celle-ci,
enseigne le règlement général de l’AMF, doit être «exacte, précise et
3
sincèreEt le juriste de voir tout de suite les dangers de ces trois» .
termes, la foultitude de questions qu’ils posent, dans la mesure où par
exemple l’exactitude, la précision et la sincérité s’apprécient de
différentes manières selon les personnes, en fonction de leur niveau de
compétence et de leur agilité intellectuelle.

Ensuite, il y a les problèmes d’interprétation que pose la réglementation.
Prenons l’exemple de l’information privilégiée ; celle-ci doit être portée à
4
la connaissance du public dès que possible. Tout serait simple si l’on
savait précisément ce qu’était une information privilégiée, mais c’est loin
d’être le cas ; en effet, pour déterminer si une information a cette qualité
– ou ce défaut – il faut, par exemple, apprécier si la révélation de
l’information est «susceptible d’avoir une influence sensible sur le cours des
5
instruments financiers concernés », ce qui invite à rechercher si
l’information en cause est de celles «qu’un investisseur raisonnable serait
susceptible d’utiliser comme l’un des fondements de ses décisions
6
d’investissement ». À moins d’avoir un investisseur raisonnable sous la
main, sorte d’étalon de Sèvres, on mesure ce que peut avoir de
dangereux le parti pris d’informer ou de ne pas informer. D’autant qu’a
posteriori, il sera toujours facile aux censeurs de refaire la séquence des

3
RG AMF, art. 223-1.
4
RG AMF, art. 223-2, I.
5 er
RG AMF, art. 621-1, al. 1.
6
RG AMF, art. 621-1, al. 3.

14

© Groupe Eyrolles

PRÉFACE

événements et de démontrer rétrospectivement qu’un investisseur
raisonnable aurait fondé sa décision d’achat ou de vente sur l’information.

Autre facteur de risque : l’absence de maîtrise de la société émettrice sur
les informations la concernant. Il est des sociétés qui ne disent rien et
dont on parle beaucoup : des journalistes aux blogeurs, en passant par
les analystes et ces bavards officiels que sont les politiques, sans oublier
les concurrents mal intentionnés, tous trouvent le moyen de donner leur
opinion et d’alimenter le flux d’informations financières. On l’a bien vu
à l’automne 2007 à propos de la crise dite dessubprimesoù telle ou telle
institution était montrée du doigt, ce qui déclenchait une forte réaction
du marché. L’information est toxique lorsqu’elle n’est pas maîtrisée.

En outre, il faut compter avec les réglementations étrangères dont les
exigences, en termes de contenu et de calendrier, ne sont pas
nécessairement celles du droit français, ni compatibles avec les exigences de celui-ci.

Enfin, ces risques sont également graves en raison des sanctions
encourues et spécialement de la double peine de la sanction pénale, lorsqu’un
délit est constitué, et de la sanction administrative, pour manquement à
un règlement de l’AMF, voire de la triple peine puisqu’il vient d’être jugé
que les mêmes faits pouvaient être réprimés par plusieurs autorités
admi7
nistratives indépendantes…

Tout cela pour dire qu’il est préférable, pour qui aspire à une vie
tranquille, de pratiquer l’information financière comme un objet d’études et
de recherches académiques, en évitant d’avoir à trancher les dilemmes
du praticien.

Grâce à cet ouvrage, écrit par trois spécialistes qui connaissent de
l’intérieur les problèmes posés par l’information financière, la connaissance
des pièges et des risques est grandement améliorée et la navigation dans
les parages hostiles du règlement général de l’AMF et du Code monétaire
et financier s’en trouve facilitée. Cela montre, une fois de plus, que dans
certaines matières, il est préférable d’avoir pratiqué pour pouvoir écrire.

7
Conseil d’État 30mai 2007, n˚283888, Dr. des Soc., janv. 2008, p.30, n˚15,
Th. Bonneau.
© Groupe Eyrolles

15

Introduction

e
■La communication, à l’époque de l’Internet et du 4pouvoir de la
presse, est devenue primordiale dans tous les domaines, en particulier en
matière financière
La gestion en flux tendus de l’information a le mérite de la transparence,
mais présente aussi souvent l’inconvénient de traiter des événements sans
le recul nécessaire, et en les simplifiant au détriment d’une vérité plus
complexe. L’information économique et financière sur l’activité, les
résultats et les perspectives des entreprises ne font pas exception aux
exigences renforcées de transparence, tout au moins pour les sociétés
cotées.
En quelques années, le gouvernement des entreprises et le contrôle des
dirigeants par les conseils d’administration ou de surveillance
(« gouvernance »), ainsi que les exigences de publication de toute
information concernant l’émetteur qui serait susceptible d’avoir une influence
sensible sur les cours de bourse (« transparence ») se sont
considérablement développés. L’importance de la gouvernance et de la transparence
est illustrée périodiquement par la presse qui, s’intéressant désormais à
la vie des entreprises, médiatise de malheureux accidents.
On est passé, en moins d’une décennie, d’un modèle où les entreprises
françaises étaient circonspectes pour donner à leurs actionnaires d’autres
informations que celles strictement réglementées ou comptables, à un
modèle de «gouvernance de la transparence» devenu mondial, où les
émetteurs communiquent de façon permanente et rapide avec leurs
actionnaires et le public.

© Groupe Eyrolles

17

INTRODUCTION

■La communication financière implique que les émetteurs et leurs
dirigeants connaissent leurs actionnaires

C’est une des difficultés de l’exercice, dans la mesure où les actionnaires
sont de moins en moins identifiés et fidèles. On est loin de l’époque où
les dirigeants des entreprises publiques n’avaient à communiquer
qu’avec un actionnaire dominant, l’État, en établissant avec les cabinets
des ministres de l’Économie et de l’Industrie concernés une relation
permanente, personnalisée et politique.

La majorité du capital des sociétés cotées est devenue volatile, entre les
mains d’actionnaires non identifiés (le flottant), ou de gestionnaires de
fonds les regroupant et recherchant la création de valeur, c’est-à-dire des
plus-values, si possible rapides. Les dirigeants doivent savoir vendre
l’entreprise et ses résultats dans desroad shows(entretiens en série avec
les grands investisseurs) en utilisant des techniques de marketing parfois
assez éloignées d’une communication financière nuancée et fiable. C’est
la loi de ce type de marathon.

Malgré cette volatilité, les émetteurs doivent fidéliser, au moins un
certain temps, ces grands actionnaires, en délivrant les résultats promis
et en établissant une stratégie de création de valeur à terme, ayant leur
soutien et confiance. C’est pourquoi, il est essentiel qu’ils sachent
adapter leur communication, sur le fond et la forme, pour être audibles
et compris sans ambiguïté.

■L’information financière des émetteurs a fait des progrès
considérables, même si elle ne met à l’abri ni de la spéculation ni des accidents
imprévisibles

La communication périodique a été encadrée par des mesures législatives
et réglementaires prises pour améliorer la transparence. Elle est passée
en quelques années :

d’une présentation comptable et juridique de l’émetteur destinée aux
rendez-vous solennels, comme les assemblées d’actionnaires ou les
opérations d’appel au marché ;

18

© Groupe Eyrolles

INTRODUCTION

à un processus de communication permanente portant sur tous les
événements majeurs de l’émetteur, seul en charge de trouver les
moyens adéquats pour arriver à la transparence souhaitée par les
marchés et sanctionné par l’AMF en cas de manquements.

Ces progrès de gouvernance et de transparence ne règlent pas tous les
problèmes :

La nécessité pour les investisseurs d’être très réactifs et rapides pour
passer leurs ordres, si possible avant les autres, les amène à anticiper
les résultats des émetteurs et à privilégier des perspectives fondées sur
des données ou des hypothèses ponctuelles et incomplètes, plutôt que
sur l’information réglementée, complexe et fiable, mais trop tardive à
leurs yeux. Ils prennent, ce faisant, les chances et les risques de tout
pari.

Les accidents et les mauvaises surprises demeurent possibles et
donnent lieu à une communication de crise, par essence moins bien
maîtrisée par l’émetteur. L’exemple récent des risques du crédit
hypothécaire pour certains établissements financiers illustre notre propos.
La communication de crise est prise en main par les médias, en
recherche de scoop, et les émetteurs concernés semblent courir après
une information qui leur échappe.

Ces sur réactions médiatiques poussent les pouvoirs publics à prendre de
nouvelles mesures conjoncturelles. S’agissant d’accidents et de crises
quasi imprévisibles, l’utilité de ces mesures n’est pas toujours évidente,
d’autant que le domaine est déjà très réglementé et encadré; sauf à
décider que les émetteurs ne doivent plus prendre aucun risque, ce qui
est antinomique avec la vie et le développement des affaires où le risque
zéro n’existe pas !

Quoi qu’il en soit, les difficultés inhérentes à la communication de crise
ne doivent pas conduire à discréditer pour autant les améliorations
considérables qui ont été faites en matière de gouvernance et de
transparence par les émetteurs.

© Groupe Eyrolles

19