Profession iconographe

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Description

L'iconographe est un spécialiste de l'image, un professionnel dont le métier est de chercher des images fixes ou animées, mais pas seulement. Il fait le lien entre les producteurs et les diffuseurs d'images dans des secteurs variés (presse, édition, publicité, communication, Web...). Qu'on le nomme chercheur d'images, rédacteur photo, acheteur d'art, documentaliste audiovisuel..., sa mission va bien au-delà de la recherche et de la production d'images.



Gérer les coûts, les plannings, le suivi administratif, faire respecter le droit des auteurs et le droit à l'image sont de son ressort. Depuis quelques années, la profession a beaucoup évolué ; de nouvelles pratiques ont émergé. À l'ère du numérique, peut-on s'improviser iconographe ? Qu'est-ce qu'être iconographe aujourd'hui et comment exercer dans les meilleures conditions possibles que l'on soit indépendant ou salarié d'une entreprise ? Quand faire appel à un iconographe et comment le trouver ? Ce livre répond à toutes ces questions.




  • Toutes les facettes du métier, aujourd'hui


  • Les mutations d'un métier


  • Devenir professionnel et savoir le rester


  • Le salariat


  • Exercer en indépendant


  • Annexes...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 septembre 2011
Nombre de visites sur la page 125
EAN13 9782212008869

Informations légales : prix de location à la page 0,0135 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Profession
ICONOGRAPHE
Chez le même éditeur
(Éditions Eyrolles et VM)
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M. Dournes, L’image et le droit – Créer, protéger, reproduire, diffuser, 2010, 224
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Dans la collection « Maîtriser les reflex numériques »
V. Luc, Nikon D200 – Nikon D80 – Nikon D50 – Canon EOS 500D – Canon EOS
350D – Canon EOS 5D Mk II – Canon EOS 550D – Canon EOS 7D – Canon
EOS 60D – Nikon D7000 (à paraître).
V. Luc, M. Ferrier, Nikon D300.
V. Luc, M.-P. Albert, Canon EOS 450D.
V. Luc, B. Effosse, Canon EOS 40D – Canon EOS 400D.
Dans la collection « Découvrir les reflex numériques »
A. Santini, Nikon D60.
M. Ferrier, C.-L. Tran, Nikon D3000 – Nikon D5000 – Nikon D90 – Canon EOS
1000D – Pentax K-x.
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C. Milet et S. Farges, Photographier et filmer avec son Lumix DMC-GH2 (à
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eR. Bouillot, Pratique du reflex numérique, 3 édition, 2009, 470 p.
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P. Ricordel, Capture NX2 par la pratique, 2010, 192 p.
eJ.-M. Sepulchre, DxO pour les photographes, 2 édition, 2010, 226 p.
D. Hennemand, Gérer ses photos numériques, 2009, 156 p.
J. Delmas, Gestion des couleurs pas à pas, 2009, 160 p.
e
V. Gilbert, Développer ses fichiers RAW, 3 édition, 2009, 516 p.
G. Théophile, Les nouveautés de Lightroom 2.0, 2008, 190 p.
P. Ricordel, Capture NX2 pour les photographes, 2008, 304 p.
L. Alsheimer, Le noir et blanc pour les photographes avec Photoshop CS3 et
Lightroom, 2008, 230 p.
B. Fraser, J. Schewe, Camera Raw et Photoshop CS3, 2008, 350 p.
e
J. Delmas, La gestion des couleurs pour les photographes, 2 édition, 2007, 448
p.
B. Fraser, Netteté et accentuation avec Photoshop CS2, 2006, 376 p.Profession
ICONOGRAPHE
A. Lacouchie – S. Mechta – E. SourdillatGroupe Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
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d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006
PARIS.
© Groupe Eyrolles, 2011, ISBN : 978-2-212-12837-6.Sommaire
Introduction 1
PARTIE 1 Toutes les facettes du métier, aujourd’hui 5
Chapitre 1 Au cœur du métier : les images 7
Qu’est-ce qu’une image ? 8
Définition 8
Importance des aspects techniques 9
Variété des types d’images et des genres 12
Champs d’intervention 13
Que fait un iconographe ? 13
Un maillon indispensable 14
Diverses tâches 15
Divers secteurs d’activité 16
Cadres d’exercice et appellations 18
Une association : l’ANI 28
Chapitre 2 Le rôle de l’iconographe : rechercher des images et
audelà 29
Avant d’aller plus loin... 30
Avant la recherche 30
La chaîne éditoriale 31
Recevoir une requête iconographique 33
Les sources d’images 34
Les sources commerciales 37
Les autres sources 41
Prudence avec certaines sources 43
Organiser ses sources : une question de survie ! 43
Comment trouver la bonne image ? 45
Chercher des images existantes 45
Faire produire des images 48
Après la recherche 52
Proposer les images : editing et choix final 52
Avant la diffusion des images 53
Chapitre 3 Autour des images : les coûts, le suivi administratif et les
droits 55
Quel budget pour quelles images ? 56
Qu’y a-t-il à payer ? 56 Quel est le coût d’une production ? 58
Qu’en est-il des images d’archives ? 58
Gestion administrative des images 59
Justificatifs de publication et retours 59
Savoir archiver 60
Mener une veille permanente 61
Faire respecter le droit des images 62
Protéger le droit des auteurs 63
Faire respecter le droit à l’image 68
Le droit et le quotidien de l’iconographe 71
Les crédits à indiquer 72
Et si l’on ne trouve pas l’auteur ? 73
L’illusion des images « gratuites » 75
Savoir utiliser les moteurs de recherche d’images 78
Les sites collaboratifs 78
Chapitre 4 La gestion documentaire des fonds iconographiques 81
Gérer un fonds d’images 82
Numériser un fonds 83
Alimenter un fonds 84
Conserver ses données 85
Créer une base de données 86
Choisir un logiciel 86
Choisir et paramétrer les champs 87
Définir les besoins des utilisateurs 89
Prévenir les erreurs les plus fréquentes 90
Les informations liées à l’image 90
Comment bien légender 90
Bien indexer 92
Bien renseigner les métadonnées 93
Indexation automatique ? 95
Thesaurus et listes d’autorité 96
Désherber une base de données 97
Former les utilisateurs 98
Transmettre des images aux utilisateurs 98
PARTIE 2 Les mutations d’un métier 101
Chapitre 5 Quel avenir pour les chercheurs d’images ? 103
Nouvelles technologies 104
Récents progrès techniques 104
Récents progrès informatiques 108
Trouver des images 110Des amateurs dans un monde de professionnels :
111
l’émergence de nouveaux usages
Amateurs : des apports à différentes échelles 112
L’image produite ou recherchée, au cœur d’une
114
profession
Irréprochable professionnalisme 116
Chapitre 6 Quels métiers aujourd’hui ? 119
Recherches et au-delà 120
Trouver plus vite et mieux 120
En amont de la recherche 121
En aval de la recherche 122
Enseigner l’image 124
Auprès des jeunes 125
Auprès des adultes 127
Auprès des professionnels 128
Innover 129
Créer son emploi 129
Autres pistes à explorer 130
Chapitre 7 Démarcher pour travailler 131
Qui contacter ? 132
Avec quels arguments ? 133
La plus-value des iconographes 133
Faire face aux préjugés 134
Montrer ses compétences 135
Étendre son réseau 137
PARTIE 3 Devenir professionnel et savoir le rester 139
Chapitre 8 À qui s’adresse le métier ? 141
Aimer l’image... mais pas seulement 142
Maîtriser les technologies 143
Être doué de compétences variées 144
En matière juridique 144
En matière de gestion de budget 145
En matière linguistique 145
Des savoir-faire et du... savoir-être 145
Chapitre 9 Se former à un métier 149
Choisir sa voie 150
Une passerelle : la VAE 151
Formations longues 152
Une formation spécialisée « iconographe » 153 Documentaliste audiovisuel 154
Formations généralistes 156
Formations courtes 157
Recherches d’images 157
Gestion d’un fonds d’images 158
Droit 159
Compétences périphériques 159
Se former chaque jour, toujours 160
PARTIE 4 Le salariat 163
Chapitre 10 L’iconographe salarié : les types de contrats 165
L’engagement de longue durée : le CDI 166
Des règles strictes 166
Le lien de subordination 167
Qui est responsable ? 168
La rupture du contrat 169
Les contrats courts 169
Le CDD 170
Le TAD ou travailleur à domicile 173
La pige 177
Le portage salarial 180
L’iconographe de la presse est un journaliste 183
Chapitre 11 Protection sociale et régime fiscal 185
Protection sociale des salariés 186
Les charges sociales, c’est quoi ? 187
Les organismes 187
Questions liées aux prestations sociales de l’iconographe 189
Les cotisations réduites en presse 190
La fiscalité des iconographes salariés 190
L’iconographe salarié de « droit commun » 190
L’iconographe salarié de la presse 193
PARTIE 5 Exercer en indépendant 195
Chapitre 12 Les formes de l’indépendance 197
198
L’entreprise individuelle
Les formalités : la déclaration de création 198
Le formulaire P0 PL 199
Le nom, le local, les assurances et le reste 202
Siren, Siret, APE 204
Créer une personne morale séparée 206 Comparatif des types de sociétés 207
Les diverses structures unipersonnelles 209
Chapitre 13 Fiscalité de l’indépendant 211
Fiscalité de l’iconographe entrepreneur individuel 212
Les revenus de l’iconographe non salarié : les BNC 212
Fiscalité de l’iconographe en société 217
Régime fiscal des sociétés : IS ou IR 218
La fiscalité de ceux qui travaillent dans la société 218
La TVA, cette grande énigme 218
Comment ça marche ? 219
Les trois régimes de TVA 219
Chapitre 14 Les régimes sociaux de l’iconographe indépendant 223
L’entrepreneur individuel 224
Inscription 224
Cotisations 226
Le dirigeant d’entreprise 227
Salarié ou indépendant 228
En début d’activité 229
Chapitre 15 Auto-entrepreneur : un régime fiscal et social 231
Les formalités 232
Constitution 232
Pendant la vie de la société 232
Régime micro-social 234
Paiement 234
Prestations 236
Régime fiscal 236
Prélèvement libératoire 236
Rester au régime général 237
TVA 238
Chapitre 16 Parlons d’argent 239
Évaluer son tarif à la journée 240
Calculer les besoins du quotidien 240
Estimer ses frais de fonctionnement 241
Ajouter les charges sociales 241
La marge 242
Évaluer le prix d’une mission 243
Éléments s’ajoutant au « prix plancher » de journée 244
Calculer le temps à y consacrer 245
Établir un document écrit : le devis 248 La négociation 252
La facturation 252
Contenu de la facture 252
Mentions obligatoires 253
Quand envoyer la facture ? 256
Le règlement et ses aléas 257
Retard de paiement 257
Chèque sans provision 257
Action en justice 258
Prévenir le risque 259
Conclusion 261
PARTIE 6 Annexes 263
Annexe 1 : petit guide des bonnes pratiques... 264
Annexe 2 : modèle d’autorisation de prise de vue de
267
personne
Annexe 3 : modèle de contrat de reportage
268
photographique
Annexe 4 : conditions d’accès à la photothèque de
270
l’XXXXX par Internet
Annexe 5 : extrait de la convention collective nationale de
271
l’édition relative aux TAD
Annexe 6 : lexique français-anglais 274

Bibliographie et ressources en ligne 277
Organismes professionnels et associations 282
I n t r o d u c t i o n
Les images d’aujourd’hui sont plus que jamais polymorphes. Qu’elles soient
fixes ou animées, elles fleurissent désormais très vite et partout. Leur production
s’est tout à la fois accélérée et mondialisée. Il faut à peine quelques minutes
pour découvrir les photos d’un événement qui vient de se produire de l’autre
côté du globe. Les images ont envahi notre quotidien et notre vie
professionnelle, elles nous sollicitent en permanence. Les trouver doit donc être
aisé ! N’y a-t-il pas qu’à se baisser pour récolter une phénoménale moisson
d’images ? Que deviennent donc les iconographes, ces professionnels de la
recherche visuelle ?
Étymologiquement, un iconographe doit savoir écrire avec les images. Il peut
donc traduire visuellement un projet, une idée, un concept, des mots, des textes.
Ce terme a pris avec le numérique une connotation un peu désuète, à part dans
les secteurs de la presse ou de l’édition. Nouveaux supports, nouvelles
appellations ! On parle aujourd’hui beaucoup de « rédacteur photo » : cette
expression se rapproche de l’anglais photo editor (ou picture editor) et de
l’allemand, Bildredakteur. On entend parfois « éditeur photo » mais ce terme
s’applique davantage à des logiciels qu’à des personnes ! L’expression
« journaliste de l’image », comme rédacteur photo, fait référence à l’essence du
métier, la capacité d’écrire en images. Enfin, il existe des noms divers pour
préciser un niveau hiérarchique (directeur photo, responsable de photothèque,
chef photo) ou une spécialité (documentaliste audiovisuel, indexeur,
recherchiste). Nous employons plusieurs de ces appellations dans l’ouvrage :
aucune ne fait vraiment l’unanimité dans la profession. Ce qu’il faut retenir avant
toute chose, c’est que l’iconographe est bien plus qu’un simple chercheur
d’images ; son domaine de compétences s’étend bien au-delà.
Dans un premier temps, nous allons présenter le métier : ce qu’il est, ce qu’il
pourrait devenir. Les tâches de base sont donc expliquées, ainsi que les
aspects – administratifs, juridiques, documentaires – inaliénables à cette
pratique. Dans un second temps, nous nous interrogerons sur ce qui fait un
iconographe professionnel aujourd’hui : à quels profils s’adresse ce métier,
quelle carrière peut-on espérer, quelle formation devrait-on avoir. Enfin, nous
détaillerons de façon concrète les statuts, que l’activité soit exercée en tant que
salarié ou en indépendant, et la question des tarifs.
Écrit par des iconographes aux parcours différents mais dont les pratiques se
rejoignent, cet ouvrage est destiné à leurs confrères : les chevronnés qui se
posent toujours des questions précises sur les modes de facturation, les
nouveaux qui ne savent pas quel statut choisir pour se lancer, et les futurs qui
ont besoin de comprendre tous les aspects du métier (domaines d’intervention,
compétences, cadres d’exercice, etc.). Ce livre a, cependant, une portée bien
plus large, car il intéressera les employeurs potentiels qui se demandent s’il est
bien utile d’avoir recours à un spécialiste à l’heure de Google Images – les
directeurs artistiques, éditeurs et autres secrétaires de rédaction qui cherchent
seuls leurs visuels sans maîtriser les aspects juridiques ou financiers inhérents
à l’exploitation des images – ; en un mot, toute personne qui a besoin de cerner
cette profession souvent mal connue.
Afin d’être le plus complet possible, nous nous sommes appuyées sur de
nombreux témoignages de professionnels en poste, en particulier des membres
de l’Association nationale des iconographes (voir page 28) qui a été un réseau
efficace pour répondre aux questions récurrentes, sur la pratique au quotidien,
les évolutions du métier, et les inquiétudes de ceux qui ont ou vont embrasser la
profession.
Cet ouvrage raconte ce métier au matin de l’ère numérique. La révolution a eu
lieu, elle continue. L’iconographe voit son métier remis en question, bouleversé,
interrogé – comme presque tous les métiers liés à l’image aujourd’hui.
PARTIE 1

Toutes les facettes du métier, aujourd’hui
Pour commencer cet ouvrage, nous allons expliquer ce qu’est un iconographe et voir que ses compétences ont vocation à
s’appliquer dans des métiers d’une grande diversité et dans des secteurs très variés. Le point commun entre un rédacteur photo
dans la presse, un acheteur d’art pour la publicité et un responsable de photothèque numérique dans un musée ? Tous sont
iconographes ! Nous détaillerons donc son quotidien afin de bien faire comprendre les diverses tâches qui lui incombent et
constituent son savoir-faire. En effet, ce métier est souvent mal connu, car l’iconographe est un professionnel de l’image, mais il
n’est ni photographe, ni illustrateur, ni graphiste. Son rôle consiste essentiellement à trouver des images pour illustrer tous types
de supports et de sujets ; il est capable de dénicher le(s) visuel(s) le(s) mieux adapté(s) au message à faire passer. Enfin, nous
aborderons les spécificités des iconographes spécialisés dans les techniques documentaires.
Pour comprendre le cœur du métier, nous prendrons le temps de définir ce que sont les images. Leur omniprésence dans nos
vies est désormais indiscutable ; face à ce flux infini, les iconographes sont les professionnels les plus à même de faire le lien
entre ceux qui créent et ceux qui diffusent les images. Les missions de l’iconographe ne se limitent pas à la recherche, mais
passent aussi par la connaissance des aspects juridiques et financiers liés à l’utilisation des images.
Chapitre 1
Au cœur du métier : les images
Dans ce court chapitre préliminaire, nous reviendrons sur quelques notions de base afin de bien comprendre le travail d’un
iconographe. Qu’entendons-nous par « image » ? À quels types d’images est confronté un iconographe ? Quel est le rôle de ce
professionnel de l’image ? Les réponses à ces questions vont nous permettre de mieux appréhender son quotidien.
Qu’est-ce qu’une image ?
Nous vivons tous et toutes aujourd’hui dans une profusion d’images. Consommateurs avides de découvertes iconographiques, nous
courons – pour notre métier et notre plaisir – les festivals de photographie ou les expositions de peinture. Tel le commun des mortels,
nous sommes en outre abreuvés sans répit de vidéos ou d’illustrations par les médias ou la publicité. Même les murs se couvrent
d’images fixes comme animées – tags ou affiches, panneaux publicitaires numériques. Et nous avons potentiellement toujours une
foultitude d’images à notre portée, diffusées via Internet ou notre téléphone portable. Ces visuels, qui viennent de nos proches ou
d’inconnus, ont vu leur production grandement facilitée par les nombreux outils et canaux informatiques désormais à notre disposition.
Définition
e e
Comment définir une image en ce début de XXI siècle ? Plus que jamais les représentations graphiques sont protéiformes. Le XX
siècle avait déjà été témoin des formidables développements de la photographie et du cinéma. Les hommes pouvaient désormais
s’approprier leur image et la diffuser de plus en plus simplement et rapidement. Aujourd’hui, chacun peut fixer en un clic ce qui
l’entoure ou s’exprimer, traduire ses pensées en image. Et en quelques secondes, il peut transmettre ses clichés à l’autre bout du
monde. L’image, fixe ou animée, est aujourd’hui plus que jamais d’une extraordinaire richesse : les arts traditionnels (peinture, dessin,
gravure, etc.) sont toujours bien vivants et nous voyons émerger de nouveaux courants artistiques. Les images anciennes comme les
enluminures côtoient des images nouvelles (bandes dessinées, tags ou graphs, logos, etc.). Les progrès techniques nous permettent
d’obtenir des photographies aériennes ou satellites, des clichés ou des films montrant l’intérieur de notre corps. De l’infiniment grand à
l’infiniment petit, tout ou presque peut être vu en image. Les technologies numériques ont permis d’accroître encore les possibilités
avec les images virtuelles ou de synthèse, la 3D, l’infographie... Et bien sûr, les images animées ne sont pas en reste : films, vidéos,
clips, web-documentaires, petites œuvres multimédias, etc.
Importance des aspects techniques
Les images sont des œuvres de création mais nous allons voir que, pour l’iconographe, l’aspect technique est primordial. Il est
essentiel de comprendre que nous choisissons une image en fonction bien sûr de ce qu’elle représente et du style de son auteur,
mais aussi en fonction de caractéristiques techniques : il nous faut une image verticale ou horizontale pour des raisons de mise en
pages, une image en noir et blanc, un format carré... Nous avons besoin d’une image numérique ou d’un tirage papier. Le choix du
type de papier par l’éditeur d’un ouvrage oblige l’illustrateur à utiliser certaines techniques compatibles avec ce papier en particulier.
Le passage à une application iPad ou iPhone rend obligatoire le recours à des images qui sont lisibles en taille vignette... Pour pouvoir
proposer la bonne image, celui qui ne connaîtrait rien à la technique des œuvres qu’il doit chercher se trouverait bien démuni.
Pour bien saisir en quoi ces critères (qui sont tantôt perçus comme des contraintes, tantôt comme un champ immense de liberté
créative) interviennent au quotidien dans la pratique de l’iconographe, surtout si celui-ci doit faire réaliser des images, nous prendrons
l’exemple de la photographie ; chacun pourra ainsi se référer à sa propre expérience. Et pour éviter de tomber dans le précis de
photographie, nous nous contenterons de lister quelques points qui éclairent nos propos.
• Les supports : ils sont de deux types. On distingue les photos « argentiques » (de la plaque de verre aux diapositives en passant
par les tirages papier) des photos « numériques ». L’iconographe pourra avoir à décider s’il est préférable d’utiliser des images
numériques ou des photos argentiques tirées à partir de négatifs, des films positifs (ekta, diapositives) ou bien encore des Polaroïd...
Dans le premier cas, il doit, notamment, savoir faire la différence entre les divers types de formats qui existent (RAW, JPEG, TIFF,
etc.) et vérifier que la qualité (ou définition) proposée sera suffisante pour l’usage prévu (voir plus bas), et dans le second cas, il doit
s’assurer du type de films utilisé, de la qualité de la reproduction après scan, etc.
À noter
En argentique, l’image est insolée sur des films ou des diapositives ; en numérique, l’image est enregistrée sur une carte mémoire
sous forme de fichier. Que l’on récupère des fichiers RAW ou JPEG, que les images soient destinées à l’impression, au Web ou à un
fonds documentaire, elles ne nécessiteront pas le même traitement ; pour en savoir plus, consultez Préparer des images
numériques, par É. Bacquet, Eyrolles, 2009.

Si l’on sait que le rendu des images (et que le coût de leur traitement – scan, conversion, éventuelles retouches) dépend aussi du type
de supports utilisé, on comprend mieux que le choix n’est pas anodin.
Ce choix concerne aussi les appareils utilisés (un travail à la chambre ou au moyen format donnera un résultat très différent du même
travail au 24 × 36) et reste pertinent encore aujourd’hui : un travail à la chambre a été choisi, par exemple, par Raymond Depardon
pour sa série sur la France réalisée entre 2004 et 2010.
• Les procédés et le cadrage : qu’est-ce qui va convenir le mieux pour un portrait, plutôt un portrait en pied, un plan moyen, un plan
rapproché voire serré, ou un plan américain ? Et ce paquet de gâteaux, faut-il le montrer en gros plan, en très gros plan, en plan
rapproché ? Pour cette usine, une vue panoramique serait-elle la plus appropriée ? Pour cet aménagement urbain, que souhaite le
client : un plan d’ensemble ou un plan large ?
Trancher entre ces différentes options se trouve, en partie, lié à la taille finale de l’image publiée (une petite vignette sur un site Web
ou une grande image d’ouverture sur une double page de magazine) mais aussi à ce que l’on souhaite « raconter » – dans le cadre
du portrait, doit-on présenter la personne dans son environnement ou préfère-t-on gommer tout ce qui l’entoure pour mettre l’accent
sur sa pose, son visage, ou un détail. La décision n’appartient pas uniquement à l’iconographe, mais dépend du désir de son client et
du message qu’il veut faire passer ; un portrait du président de la République, d’une star de cinéma ou d’un petit enfant ne sera pas
traité de la même façon. Un portrait du même président en visite officielle à l’étranger ou en vacances, dans son intimité familiale,
n’aura pas non plus le même traitement. Parler le même langage, pouvoir utiliser le même vocabulaire, permettra ainsi de mieux
définir la recherche.
• Les angles de prise de vue sont eux aussi loin d’être anodins : plongée, contre-plongée, vue aérienne ou satellite, vue
sousmarine, représentation de face, de dos, de profil, de trois quarts, etc.
• Le format : dans le même ordre d’idées, on n’utilise pas pareillement une image horizontale ou verticale, pour des contraintes de
mise en pages, mais aussi en raison de ce qui est représenté ou exprimé (il peut sembler difficile de bien décrire un paysage de
Brière en verticale). Une photo carrée n’aura pas non plus le même impact qu’une photo en 24 × 36 ou en 6 × 9. Demandez-vous
pourquoi les portraits illustrant la quatrième de couverture du journal Libération sont toujours au format carré.
• La chromie : couleur ou noir et blanc, sépia ou monochrome ? Des questions encore une fois dans lesquelles la forme et la
technique rencontrent le fonds, la narration. On s’en rend parfaitement compte, par exemple, au moment des rétrospectives sur descélébrités, ou si le même personnage fait simultanément la couverture de plusieurs journaux : le portrait en noir et blanc de Claude
Chabrol à la une de Libération lors de son décès n’évoquait pas du tout les mêmes facettes du personnage que son portrait en
couleurs en couverture d’un magazine à plus grande diffusion.
• Les effets spéciaux : la solarisation, la polarisation et l’utilisation de filtres sont plutôt du ressort de l’auteur de l’image, mais
l’iconographe peut et doit savoir demander à un auteur d’utiliser telle ou telle technique selon le résultat attendu, l’effet recherché.
• L’objectif : un grand-angle, un fish-eye (ou « œil de poisson »), un 20 mm... Certains choix sont dictés par le sujet à représenter (un
insecte en macro, un événement sportif pris de très loin), d’autres se trouvent liés à la narration. Ainsi, Henri Cartier-Bresson est
connu pour son objectif 50 mm qui l’obligeait à être au plus près de son sujet, tout comme William Klein est célèbre en particulier pour
son travail sur New York au 20 mm. Ces détails techniques de prise de vue font aussi partie de la culture visuelle que doivent avoir les
iconographes, afin de mieux comprendre comment sont réalisées les images.
• La définition et la résolution : sont elles aussi pertinentes pour d’évidentes raisons techniques. Il s’avérera impossible de réaliser
une affiche à partir d’un petit fichier pris avec un téléphone portable. À l’inverse, un négatif grand format présentera un excellent piqué
qui se prêtera sans problème à un grand tirage, tout comme le fichier RAW d’un appareil numérique professionnel.
Rappel
CNRS : Centre national de la recherche scientifique.

Pour terminer ce petit tour d’horizon des notions photographiques fréquemment rencontrées dans la profession, sachez qu’un niveau
de technicité autre peut être requis pour certaines images. Si vous recevez des visuels de la photothèque du CNRS ou du Muséum
national d’histoire naturelle, la technique peut vous échapper. Saisir des nanoparticules fait, en effet, appel à une technologie
particulière qui, sans que vous en compreniez tous les tenants et les aboutissants, nécessite que vous ayez assimilé ses contraintes
afin de pouvoir expliquer ce que montre l’image et pourquoi les choses sont représentées de cette façon (des colorants permettent de
figurer ce que les scientifiques ont cherché à décrire).
Autres images
Comme nous l’avons dit précédemment, ces précisions sur la photographie n’étaient qu’un exemple pour vous montrer en quoi
il est important de maîtriser des rudiments techniques. Il serait trop long de tout détailler ici, mais bien sûr tous les types
d’images sont concernés, qu’il s’agisse de peinture ou d’illustrations créées par informatique : connaître un peu la technique
vous aidera à mieux dialoguer avec les créateurs d’images.
Rappelons juste que pour les images animées, il faut notamment connaître les formats et être sensibilisé à la pérennité des
supports, qui évoluent très vite avec le développement des technologies et de l’informatique. Il faut souvent retrouver le support
béta pour avoir une meilleure qualité ; en numérique, le choix du format pivot fait toujours débat aujourd’hui. Pensez à la
production pour extraire des images, mais aussi à la diffusion. Là aussi les genres sont à étudier : en particulier, les genres
hybrides (infotainment, docufiction, téléréalité) et de nouveaux genres comme les web-documentaires (voir page 106).
Pour les tableaux ou les dessins d’artiste, il faut être capable de différencier les approches (par exemple, savoir ce qu’est une
lithographie, ou pouvoir apprécier la qualité des couleurs). La différence entre les originaux et les reproductions diffusées peut
être considérable : il existe des scanners adaptés pour numériser des tableaux, mais il faut être le plus familier possible des
originaux pour juger de la qualité du rendu.
Il est à noter qu’il n’y a pas de « normalisation », de typologie fixée pour décrire ces procédés.
Variété des types d’images et des genres
L’iconographe se doit de connaître des visuels extrêmement divers, de la collection de boîtes de camembert aux tableaux sur iPad
réalisés par David Hockney. Nous pouvons avoir à traiter de tout, et pas seulement les travaux d’artistes renommés. Tantôt, nous
jubilons à l’idée de pouvoir travailler sur des reproductions de peintres primitifs italiens et tantôt il s’agira de se « colleter » des images
macro d’acariens. Dans la presse, vous pouvez être amené à travailler sur des reportages d’actualité, parfois très violents (âmes
sensibles s’abstenir !) ; on ne sait pas toujours à l’avance en commençant une mission ce qu’elle va nous amener à voir. Dans tous
les cas, l’iconographe qui possède une bonne culture générale et une véritable curiosité d’esprit saura se sortir de toutes les
situations. Les images sont d’une variété infinie, et il faut se tenir prêt à parer à toute demande !
Les genres sont extrêmement nombreux : de la photo de mode à la photo animalière, en passant par les images de plateau ou encore
la photo culinaire... La liste serait trop longue. Mais retenez que chaque genre a ses spécificités et donc ses auteurs. L’iconographe
fera, en effet, aussi une distinction selon la nature des documents visuels qu’il doit traiter ou chercher. On ne peut pas utiliser de la
même façon, par exemple, des documents destinés à la communication interne d’une entreprise, des photos de travail, des images
documentaires. Certaines sont destinées à un public de spécialistes et ne peuvent être comprises des non-initiés (par exemple, des
photos de moteurs issues de la photothèque d’un constructeur de voitures). Mais attention, l’image ne se résume pas qu’au support
photographique : croquis, peintures, bandes dessinées, sont également porteurs de sens et peuvent tout à fait répondre à un besoin
d’illustration.
Champs d’intervention
On met des images partout ! Un iconographe va travailler pour que des images apparaissent sur des supports d’une infinie variété, qui
collent à l’inventivité humaine. Si l’on se représente parfaitement l’iconographe collaborant à l’illustration d’une page de journal ou d’un
site Web, l’édition d’un livre ou la publication de cartons d’invitation, il ne faut pas oublier non plus qu’il pourra participer – même si
cela peut surprendre certains – à la création d’un mug ou d’une jaquette de disque.
Publicités télévisuelles, films d’archives, flyers, cartes postales, affiches, programmes d’événements, paquets de biscuits... Le champ
d’intervention de l’iconographe est vaste ! Si vous êtes à la recherche de missions ou que vous êtes en train de forger votre
expérience, restez ouvert à toutes ces propositions. On peut se demander pourquoi faire intervenir un iconographe dans tel ou tel
domaine. Les contraintes techniques évoquées précédemment sont valables pour tous les supports ; grâce à votre expérience, vos
savoir-faire et compétences, vous aurez pour tâche d’opérer l’adéquation entre la demande formulée, le support visé et le visuel
fourni.