Chine, colosse aux pieds d'argile

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Qui aurait imaginé qu’en 30 ans le Chine deviendrait la seconde puissance économique mondiale ? Cette réussite est indéniable, mais de quoi seront faites les trente prochaines années ? A l’évidence, confronté à plusieurs limites, le système chinois va devoir se transformer.


Sur le plan économique, la démographie contrariée et l’inflation bousculent le modèle alors même que la dépendance aux exportations est patente. Les Chinois sauront-ils transformer leur économie de production de masse en économie de l’innovation ?


Sur le plan social la fracture est béante : les écarts monstrueux entre la précarité de millions de pauvres et la richesse indécemment étalée par ceux qui ont réussi créent des tensions de plus en plus vives.


Sur le plan environnemental, la pollution dans les grandes villes atteint des niveaux apocalyptiques, signe le plus visible de la catastrophe écologique que connaît le pays.


Sur le plan politique, alors que les affaires mêlant pouvoir, ambition personnelle et argent se multiplient, le régime du parti unique va-t-il pouvoir se maintenir ? A l’international, les Chinois peuvent-ils continuer à se montrer de plus en plus interventionnistes sans menacer l’équilibre géopolitique de la zone Asie et du reste du monde ?


Dominique Jolly, témoin privilégié de la mutation chinoise récente, dresse un tableau remarquablement documenté et objectif des défis auxquels la Chine est confrontée et des risques que son échec à les relever ferait courir au monde.

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Publié par
Date de parution 28 mai 2014
Nombre de lectures 25
EAN13 9782818804797
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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4e de couverture

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Dominique Jollyest Professeur de Stratégie d’Entreprise à SKEMA Business School (Sophia-Antipolis, France) et Professeur Visitant à CEIBS (Shanghai, Chine). Il a été successivement doyen de la faculté du campus de Sophia-Antipolis et directeur du développement international. Il anime depuis plus de quinze ans des missions de recherche en Chine et contribue activement depuis cinq ans au développement du campus chinois de SKEMA Business School à Suzhou. Il intervient comme consultant pour plusieurs grandes entreprises en France et à l’étranger et conseille également des organisations internationales et des gouvernements étrangers dans les domaines de l’innovation et de la technologie.

 

Du même auteur

Avec Noël Girard :Ces entreprises qui font la Chine, Eyrolles, 2011

Stratégie d’entreprise : concepts, outils, modèles, exemples, Maxima, 2012

Stratégies d’entreprise en Chine,Pearson, 2013

Il peut être joint à l’adresse : domnique.jolly@maxima.fr

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8, rue Pasquier, 75008 Paris.

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©Maxima, Paris, 2014.

ISBN : 978 2 81880 479 7

Photo de couverture et de l’intérieur : Masque, opera de Beijing, © Leungchopan, canstock photo.

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

Introduction

Le plus grand re-engineering
socio-politico-économique
de ces trente dernières années

La Chine surprend sous plus d’un angle. Depuis plus de quinze ans que je sillonne le pays, la photo a changé radicalement. Un développement sans précédent des infrastructures a complètement transformé le pays. Et des usines, des usines partout. Je crois que je n’ai jamais vu autant de tonnes de béton et d’acier de ma vie entre la construction d’infrastructures routières et la construction d’immeubles. Les Lafarge et autres Holcim n’avaient sans doute jamais imaginé vendre autant de ciment même dans leurs rêves les plus fous. Seuls les cadres d’entreprise venus les premiers en Chine dans les années 1980 et 1990 et qui se souviennent des anciens aéroports de Pékin ou de Shanghai peuvent mesurer concrètement le chemin parcouru. La Chine a pris une longueur d’avance sur l’Inde où, de l’avis de tous ceux qui y sont passés, le pays offre des infrastructures bien moins modernes. Ainsi, même dans un endroit aussi connu que Bangalore, l’autoroute qui relie l’aéroport au centre-ville attend toujours d’être terminée.

Dans le pays le plus peuplé au monde (un peu plus d’un milliard trois cents millions au recensement de 2010), les dirigeants communistes ont réalisé des prouesses. Ils ont sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté, amélioré la situation des femmes, fait baisser la mortalité infantile, permis à de plus en plus de jeunes de se former, tracé...

partie

Un modèle économique chancelant

Mao Zedongaura été à la tête du Parti communiste chinois et numéro un de la Chine de 1949 à sa mort en 1976. Le grand timonier a à son actif d’avoir mis fin à la guerre civile avec l’avènement de la République Populaire de Chine. Il se voit aussi crédité de l’alphabétisation. Mais il est aussi à l’origine du calamiteux « bond en avant » (1958-1960) et de la catastrophique Révolution culturelle prolétarienne (1966-1976) au cours de laquelle une génération perdue n’aura pu suivre une éducation normale. Le substrat idéologique fondamental du maoïsme a été de garder le pays fermé, et ce modèle s’est révélé être une erreur (mais le portrait de Mao est toujours sur les billets de banque et sur la place Tiananmen). C’est une hérésie dans le sens où l’histoire montre que tous les pays ermites (Iran, Cuba, Corée du Nord, etc.) peinent à se développer. En revanche, c’est bien l’ouverture économique qui a assuré le développement de pays comme le Japon, la Corée du Sud, la Malaisie, la Thaïlande, ou encore Singapour.

Il a fallu l’arrivée aux commandes en 1978 de Deng Xiaoping (qui avait d’ailleurs passé quelques années en France dans les années 1920) pour libéraliser l’économie et ouvrir la Chine aux investisseurs étrangers. Cette année 1978 marque la fin de la glaciation et bon nombre d’entreprises étrangères ont pu dès lors profiter du changement climatique. Ce fut initialement dans le cadre de zones très circonscrites dites Zones Economiques Spéciales (ZES), d’abord ouvertes essentiellement sur le littoral sud du pays afin de faciliter l’exportation. Le succès du modèle a entraîné son extension progressive à travers tout le pays. Contraintes par Deng Xiaoping de se constituer en filiales communes (joint-venture) avec un partenaire chinois, les entreprises étrangères ont permis à travers leurs apports une mise à niveau de leurs homologues sur le plan technologique, managérial, logistique, etc. L’ouverture aux investissements étrangers a aussi été bien reçue par la population. Grâce à un extraordinaire réservoir de main-d’œuvre à bon marché, la Chine a développé avec le temps le plus grand outil industriel à forte intensité en main-d’œuvre de toute la planète.
Après Deng Xiaoping, les dirigeants du pays se sont succédé – Jiang Zemin, puis Hu Jintao, et maintenant Xi Jinping – mais tous ont gardé le même cap. Ils ont su aussi subtilement redonner de la place à l’initiative privée et faire admettre la Chine au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). C’est cette politique économique à l’opposé de l’autarcie prônée par Mao qui a été le catalyseur du développement que connaît la Chine depuis plus de trente ans.

Le succès avéré de ce qui a été appelé « l’économie socialiste de marché » commence maintenant à s’essouffler. L’édifice présente quelques lézardes. En adoptant la politique de l’enfant unique, la Chine a certes contenu le développement de sa population et évité la formation de bidonvilles comme au Mexique ou au Brésil, mais elle est en train de provoquer un tsunami démographique. Ensuite, la Chine est devenue totalement dépendante de ses exportations. De plus, elle connaît et va continuer à connaître une baisse de son taux de croissance qui a pourtant constitué le cœur du pacte implicite passé entre les dirigeants et la population. Deux autres failles marquent aujourd’hui le modèle chinois : la fin des bas salaires et le défi de susciter l’innovation locale. La nouvelle équipe au pouvoir depuis la session parlementaire de mars 2013 a bien des défis à relever. La libéralisation de l’économie et le renforcement de l’Etat de droit vont être des chantiers difficiles à mener.

1
Le tsunami démographique

« Depuis 30 ans, l’État chinois s’est massivement désengagé des questions sociales, livrant ainsi les enfants à une destinée qui ne dépend plus que du bon vouloir – et de la capacité financière ! – de leurs parents »

Isabelle Attané, Au Pays des enfants rares, Fayard, 2011.

images1Pour contrer l’augmentation de la population chinoise, les autorités ont établi dans les années 1970 un contrôle des naissances. Si la progression a effectivement été réduite, la politique de l’enfant unique est critiquée par de nombreux démographes. Elle a en effet deux graves conséquences : il y a de moins en moins de jeunes actifs et de plus en plus de vieux dont on ne se sait pas exactement comment sera financée leur retraite. Sachant que le vieillissement de la population induit aussi une augmentation des coûts de santé, la question du financement est encore plus aigüe. Pendant ce temps, le nombre d’actifs augmente en Inde et pourrait même stimuler la croissance indienne si le pays parvient à former ses travailleurs.

- Jamais seul -

Les statistiques sont formelles : les villes de Shanghai, Pékin, Canton, Shenzhen, Tianjin, Wuhan, Chengdu et Xi’an ont dépassé depuis longtemps les dix millions d’­habitants (soit la population de la Belgique). La municipalité autonome de Chongqing revendique même une trentaine de millions d’habitants (et donc l’équivalent du Canada). La Chine compte deux cents villes de plus d’un million d’habitants. Le milliard trois cents millions d’habitants est bien là. Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de se retrouver seul en Chine. Les grandes villes grouillent de monde. Les parcs publics accueillent une concentration toujours plus importante de personnes. S’agissant des seuls endroits de verdure dans des environnements urbains où le minéral écrase les populations, les habitants s’y pressent. Avec de la terre, des arbres, des plantes...

2
Une extrême dépendance
aux exportations

« La Chine amaintenant atteint un tournant dansson développement.Comme les dirigeantschinois le savent, le modèleactuelde croissance du paysn’est pas viable. »

Robert Zoellick, Président de la Banque Mondiale (2012).

images2Depuis trente ans, le gouvernement central de Pékin a tout basé sur les exportations. On le voit bien quand on arrive en avion à Pékin, Shanghai ou Canton et que l’on découvre (par temps clair) ces toits d’usines peints en bleu sur des dizaines de kilomètres. Le cœur de l’activité de ces unités manufacturières et d’assemblage est l’exportation. Et, de fait, les autorités chinoises ont réussi de façon magistrale dans ce secteur. La Chine est bien devenue, pour reprendre l’expression consacrée, l’usine du monde. Seulement, cette stratégie exportatrice a ses limites et le moteur connaît d’inquiétants ratés. D’abord elle crée comme on va le voir une dépendance par rapport aux économies occidentales : que se passerait-il si la Chine se retrouvait face à un monde qui ne peut plus acheter ? Hypothèse d’école, certes, mais la baisse de la demande en produits chinois est un scénario plausible. Ensuite, la mise en branle de l’énorme machine manufacturière s’est faite sans prise en compte de l’environnement naturel. Les dommages environnementaux causés par l’industrie chinoise sont majeurs et débordent bien sûr au-delà des frontières du pays (cf. chapitre 6 : La catastrophe écologique). Autre aspect qui commence à faire du bruit : le développement de l’économie s’est accompagné d’un très fort accroissement des inégalités comme on le verra plus loin (cf. chapitre 9 : Le creusement des écarts de revenus). Le dogme des camarades tous égaux à volé en éclat.

- Dans le port de Yangshan,
il y a des marins qui triment -

Et cela ne suffit pas ; la Chine investit pour aller encore plus loin. Elle construit ainsi depuis 2005 non loin de Shanghai ce qui doit devenir le plus grand port en eaux profondes au monde pour réceptionner les matières premières et expédier vers l’Occident les tonnes de jouets, de textile et de produits électroniques qui sont le fonds de commerce des exportations chinoises. Le projet de Yangshan (dans la baie de Hangzhou, à côté de Putuoshan) vise à désengorger le port de Shanghai.

Des norias de camions se suivent sur un pont de trente kilomètres...

3
La fin de la croissance

« Aucun pays ne peut prolonger indéfiniment des taux de croissance du PIB entre 7 et 10 %. Tous retombent finalement à des taux entre 2 et 4 %. Quelques-uns comme le Japon accusent une forte baisse sur une période d’un ou deux ans. D’autres comme la Corée du Sud ou Singapour connaissent un lent déclin vers un taux plus faible. »

Dwight H. Perkins, professeur au département d’économie de l’université d’Harvard, 2010.

images3En 2008, en pleine crise financière mondiale et alors que tout allait mal, la Chine a mis en place un spectaculaire plan de relance de quatre mille milliards de yuans (450 milliards d’euros). Ces investissements d’infrastructure (autoroutes, lignes de chemin de fer, aéroports, autres bâtiments publics, etc.) ont de fait stimulé l’économie. Mais aujourd’hui, alors que l’économie chinoise s’essouffle, rien de comparable n’est prévu, les administrations locales étant trop endettées. Le professeur Perkins a raison. La réduction de la croissance en Inde et au Brésil (septième puissance mondiale) est avérée ; elle s’est d’ailleurs assortie de mouvements sociaux pendant l’été 2013 au Brésil. La croissance à deux chiffres en Chine, c’est fini. Les autorités chinoises vont devoir convaincre leurs administrés qu’un taux de croissance à 7 % est tout à fait normal, alors que dans le même temps les travailleurs sont de plus en plus conscients de leurs droits et prêts à les défendre. Et que le 18ième congrès du Parti communiste chinois qui s’est tenu en 2012 a promis un doublement du revenu par habitant d’ici à 2020, ce qui passe précisément par un taux de croissance minimum de l’économie à 7 %. Mais la croissance chinoise n’a pas été équitable (cf. chapitre 9 : Le creusement des écarts de revenus) et son ralentissement va faire s’envoler les rêves de ceux qui n’avaient pu encore en profiter.

- Les tendances
ne se prolongent pas indéfiniment -

Une partie de notre fascination pour la Chine vient de ce que nombre de phénomènes observables dans le pays suivent des courbes exponentielles. Il en va ainsi de la courbe de progression du PIB depuis 1949 : linéaire jusqu’en 1978, elle devient exponentielle avec la politique de la porte ouverte. Cette même modélisation se retrouve dans les statistiques de dépôts de brevets : le nombre est constant jusqu’à la fin des années 1990 puis il suit une courbe exponentielle à partir du début des années 2000. Il en est de même avec les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique : à peu près pas grand-chose jusqu’en 2000 (dix milliards de dollars) et progression exponentielle depuis (200 milliards en 2012). C’est aussi le cas de la vente de billets de la loterie officielle chinoise !

Même chose pour le taux d’urbanisation, une lame de fond : alors que les villes chinoises ne concentraient que 20 % de la population jusque dans les années 1980, elles en abritent maintenant plus de 50 %. Et les autorités veulent aller encore plus loin et encore plus fort. Il est question d’urbaniser encore cent millions de personnes d’ici dix ans5 Où que vous alliez en Chine – dans les grandes villes comme Shanghai, dans des villes de second niveau comme Suzhou6, mais aussi dans des villes de moindre importance – vous verrez des barres d’immeubles en construction à perte de vue. Les petites maisons sont remplacées par des dizaines de tours d’habitation de vingt ou trente étages. Les conditions sanitaires sont parfaites, mais les conditions...

4
La fin des bas salaires

« La position traditionnelle de la Chine comme pays de produits à bas coût tablant sur des bas salaires semble sur le point d’évoluer avec la nette hausse des salaires en général. »

Organisation Internationale du Travail (OIT), Rapport mondial 2012-13 sur les salaires.

images4La situation sur le marché de l’emploi a bien changé depuis l’époque bénie où les dirigeants d’entreprises occidentales les plus audacieux se ruaient en Chine pour y construire des usines et salarier des armées de Chinois à des taux horaires ridicules. Finie aussi la docilité des ressources ouvrières. Les grèves sont devenues une réalité chinoise. La nouvelle des suicides de malheureux dans les méga-usines du Taïwanais Foxconn à Shenzhen a fait le tour du monde. Attention, la Chine est de moins en moins le pays des bas salaires, de l’­absence de grève, où l’on embauche et où l’on vire sans vergogne. Foxconn s’est même engagé à autoriser ses salariés à se syndiquer. Alors, fini les tee-shirts vendus chez nous à 9,90 euros ou les jeans à moins de quinze euros ? Les Chinois sauront-ils compenser un avantage coût qui s’érode par un accroissement de la productivité ? Sauront-ils préserver cet avantage sur des activités à plus forte valeur ajoutée comme la R&D ? Ce n’est pas gagné.

- La Chine, ce n’est plus ce que c’était -

C’est l’histoire d’une Chinoise qui après avoir quitté la Chine et passé treize années aux États-Unis – à faire son PhD et à travailler ensuite pour de grandes entreprises pharmaceutiques américaines – décide pour des raisons de convenance personnelle de revenir au pays. C’est une bonne nouvelle pour ses enfants qu’elle va pouvoir connecter directement...

5
Sauront-ils innover ?
L’Apple de demain sera-t-il Chinois ?

« China has the potential for technological catch-up compared with advanced economies. »

Justin Lin, ex-économiste en chef de la Banque Mondiale et conseiller principal du gouvernement chinois, Financial Times, 30 juillet 2013.

images5Dans ce formidable mouvement de rénovation et d’extension des zones urbaines entrepris à travers le pays depuis une vingtaine d’années, il est frappant de voir le nombre d’­emprunts à des références extérieures. Il n’y a pas vraiment d’­innovation dans les choix architecturaux des immeubles modernes. Il y a en revanche quantité de reproductions plus ou moins heureuses de choses déjà vues ailleurs que ce soit en Europe ou aux États-Unis. Il y a des emprunts à la Grèce avec les frontons, les colonnes ioniques, les chapiteaux corinthiens (que nous ne nous sommes pas gênés non plus de copier dans notre histoire architecturale), des copies un peu tristes des bow-windows anglais, des fausses maisons à colombages, des répliques de toits à la Mansart, des villas espagnoles, etc., sans oublier le sempiternel gratte-ciel inspiré de choses vues et revues aux États-Unis. Si l’on veut bien faire abstraction des caractères chinois, un coup d’œil global sur ces gratte-ciels, ce plan en quadrilatères si caractéristique et ces larges avenues rectilignes qui structurent l’espace urbain font qu’on peut assez fréquemment avoir l’impression d’être aux États-Unis. Même chose dans les squares et les jardins où l’on va trouver des statues en bronze qui n’ont pour le coup rien de chinois. Le secteur de la construction, pourtant si dynamique en Chine, est un champ où l’innovation a été limitée. Qu’en est-il dans l’économie ?

- Made in China, Made by China, Invented in China ? -

L’innovation est clairement annoncée comme une priorité par les dirigeants politiques chinois comme par les dirigeants d’entreprises – qu’elles soient publiques ou privées. Cette ambition prend notamment corps dans des secteurs d’activité comme l’équipement téléphonique, les produits blancs et la voiture électrique. Nous avons connu le Made in China, puis le développement des entreprises chinoises a permis plus tard le Made by China. Affranchis du poids d’un investissement technologique passé et des habitudes de consommation anciennes, les Chinois rentrent dans la modernité. Une illustration en est le porte-monnaie électronique de Shanghai. Rechargeable à tous les coins de rue, il permet de payer le métro, le bus, le taxi, la cantine, etc. C’est une facilité de paiement que peu de villes offrent en Europe. Allons-nous donc connaître le Invented in China ? C’est assurément une option, mais ce n’est pas une certitude.

Les premières places des classements mondiaux des entreprises innovantes10 restent trustées par les entreprises américaines (Apple, Google, Microsoft, IBM, etc.), japonaises (Toyota, Sony, etc.), coréennes (LG Electronic, Samsung, Hyundai, etc.) et, malheureusement plus bas dans la liste, par les entreprises européennes (Volkswagen, BMW, Nestlé, etc.). Quelques noms d’­entreprises chinoises émergent tout de même : BYD dans l’automobile, Haier et Hisense dans les produits d’électronique...

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