Comment ne plus se faire arnaquer par son banquier

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Voici enfin le livre qui va vous permettre de traiter d'égal à égal avec votre banque ! Vous y apprendrez comment réagir pour ne plus vous faire arnaquer et obtenir ce que vous êtes en droit de demander.


Ecrit par un ex-banquier, avec l'aide de nombreux professionnels de la banque et d'autres secteurs connexes, ce livre "terrible" est terriblement optimiste : vous étiez prisonnier de votre baanque, voici les clés qui vous en ouvrent à la fois les portes... et le coffre !

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Publié par
Date de parution 01 mars 2009
Nombre de lectures 268
EAN13 9782818800362
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0112€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Comment ne plus se faire arnaquer par son banquier
Jean-François PISSARD
Jean-François Pissarda été banquier de nombreuses années avant de se reconvertir dans le journalisme et l’édition. Pour l’écriture de ce livre, deuxième mouture de son célèbreComment arnaquer son banquier(1987), il a actionné ses nombreux réseaux dans les milieux bancaire et extra-bancaire.
Infos/nouveautés/catalogue :www.maxima.fr
192, bd Saint-Germain, 75007 Paris
Tél. : +33 1 44 39 74 00 – Fax : +33 1 45 48 46 88
© Maxima, Paris, 2009.
9782840015864
Tous droits de reproduction, traduction, et d’adaptation réservés pour tous pays.
Sommaire
Page de titre
Page de Copyright Introduction 1. - Le banquier : un professionnel souvent inaccessible 2. - Comment rencontrer facilement votre banquier 3. - Le fonctionnement courant du compte 4. - L’interdiction bancaire 5. - Les placements que vous propose la banque 6. - Comment négocier et obtenir une demande de crédit 7. - Agir ou réagir contre sa banque pour éviter la catastrophe 8. - Les derniers recours Conclusion
Introduction
Aujourd’hui, notre société est organisée de telle façon que chaque individu, chaque famille, soumis aux dures lois de l’argent, poursuit le but fondamental d’essayer d’en gagner suffisamment, ou toujours plus, pour couvrir ses besoins immédiats, se constituer des réserves, s’assurer un certain bien-être ou organiser ses sacrosaints loisirs.
Les banques quant à elles, depuis que le monde est monde, ont toujours existé, mais sous des aspects différents ; c’est seulement depuis peu qu’elles se sont véritablement intéressé à la masse financière considérable que représentent les sommes drainées par l’ensemble des salariés et autres catégories socioprofessionnelles.
Elles se sont donc attaché, à partir de ce moment-là, à faire les yeux doux à la clientèle des particuliers, alors que leur objectif prioritaire avait été jusqu’ici de privilégier les entreprises dont le nombre était évidemment plus restreint que celui des petits et moyens clients, mais qui, en proportion, leur procuraient des apports de fonds plus importants.
L’affaire était donc plus rentable, certes, mais devenait avec le temps de plus en plus risquée tant on connaît le nombre important de dépôts de bilan, sans parler des difficultés de trésorerie, passagères ou chroniques, de grand nombre d’entreprises. Le banquier ne voulut donc plus s’exposer de la sorte à perdre de l’argent, et jugea judicieux de collecter un même montant de ressources, si ce n’est plus, en provenance cette fois d’un plus grand nombre de clients.
« Votre argent m’intéresse » a-t-il alors annoncé très honnêtement – c’est d’ailleurs bien la seule fois – dans une campagne publicitaire d’envergure.
Et pour arriver à ses fins, la banque ne lésina pas sur les moyens.
Tout fut mis en œuvre : démarchage humain, envoi de prospectus, de lettres personnalisées, organisation de concours, affichage urbain, encarts dans la presse, spots radiophoniques, publicités télévisées, rien ne fut oublié pour vous inciter à déposer votre argent à la banque.
L’effet logique de cette débauche commerciale, ajoutée au développement important du règlement des salaires et autres pensions de retraite par virement sur des comptes bancaires et à l’obligation de régler par chèque toute somme supérieure à un certain montant, fut la bancarisation de toute la population française en âge de l’être.
Les banques gagnèrent ainsi leur formidable pari.
Tout aurait été pour le mieux, si ce coup de foudre quasi réciproque s’était poursuivi indéfiniment. « Tout nouveau tout beau », dit le proverbe, et il se trouve qu’un proverbe a toujours raison.
Et en effet, au fil du temps, tout en goûtant le bonheur de jouir du maniement de ces très séduisants produits bancaires que sont, notamment, le chèque et la carte de crédit, sans doute avez-vous senti poindre en vous, sans pouvoir encore l’analyser, un certain sentiment insidieux de dépendance.
Ainsi, malgré vous, en quelques années seulement, en êtes-vous arrivé à vous retrouver réduit à l’état d’esclave de votre banque, forte de son très beau bouquet de services financiers.
Il était par conséquent inévitable que tôt ou tard, vous finissiez par découvrir la réalité des choses. Le banquier ne vous veut pas du bien. Il se veut du bien.
La banque s’avère moins souple, moins compréhensive, moins affable qu’il n’y paraissait de prime abord. Et vénale de surcroît, surtout si vous n’êtes pas à la hauteur de ses attentes. De ses attentes financières, bien sûr.
Ainsi, par exemple, des erreurs se glissent sur votre compte dont la régularisation se fait attendre, ou alors vous recevez des lettres de rappel à l’ordre, voire des appels téléphoniques peu aimables pour un modique découvert impromptu ; vous découvrez que vous payez en permanence des frais inconsidérés, pour tout ou presque tout désormais ; vous sollicitez un prêt qui soi-disant ne peut vous être consenti pour telle ou telle obscure raison…
À force, ceci vous froisse, cela vous agace et vous en arrivez à éprouver le désagréable sentiment de vous trouver face à un interlocuteur dont la préoccupation première est d’avancer des arguments qui l’arrangent, lui, plus qu’ils ne vous arrangent, vous.
Ajoutez à cela l’image séculaire que la banque offre d’elle-même au public, image de la toute-puissance et du secret, et il vous devient dès lors difficile de déceler si la teneur des propos qui vous sont tenus relève de la vérité ou du prétexte !
Voilà donc le quotidien que la banque vous impose désormais à longueur de temps et que vous vous trouvez contraint de subir, par obligation.
Et si le colosse avait des talons d’Achille ? S’il était, en fait, bien moins sûr de lui qu’il ne veut le laisser paraître ? S’il craignait de se faire contrer par certaines personnes, par certaines législations, par certains organismes ? S’il se révélait impuissant devant quelques pratiques de clients ingénieux ?
Ces « clients ingénieux » justement, qu’en est-il ?
Le plus souvent, par nécessité de se sortir de situations difficiles, plus que par vice – un peu par vice tout de même pour certains – des clients imaginent et mettent en place des ruses et des astuces pour biaiser le système bancaire ; mais peut-être cette dernière expression est-elle trop courte pour être complètement comprise et faut-il l’expliciter : pour biaiser les règles léonines que leur imposent leur banquier. N’est-ce pas mieux ainsi ?
Ceci étant clarifié, précisons encore que les trucs et autres ficelles que vous trouverez glissés çà et là dans les chapitres de ce livre sont des artifices malicieux et parfois en lisière de la ligne jaune, sans pour autant qu’elle soit jamais franchie, pratiqués par des personnes, à leur avantage et au désavantage de leur banquier. Certains professionnels de la banque ont pourtant bien voulu nous les rapporter, non d’ailleurs sans un certain plaisir – ce qui amène à se poser des questions sur leur attachement à l’institution – pour nourrir l’écriture de cette enquête.
C’est pourquoi la lecture de ce livre tout à la fois sérieux et malicieux, documenté et simple, intéressera plus d’un usager de banque. Et certainement aussi plus d’un banquier…
1.
Le banquier : un professionnel souvent inaccessible
Le banquier se seigneurise. Il se comporte de plus en plus comme un seigneur qui s’enferme entre les murs de son château, d’où il ne sort que pour aller solliciter la clientèle à fort potentiel qui l’intéresse, et où il ne fait entrer que celle-ci.
• Le nouvel agencement féodal des agences bancaires Avez-vous remarqué à quel point les locaux bancaires modernes ressemblent, concrètement et dans l’esprit, aux anciennes places fortes ? Voici comment ils sont conçus.
Deux portes d’accès, verrouillées électroniquement, enserrant un sas de sécurité dans lequel vous êtes observé,de visuet par une caméra, où l’on peut vous parler et d’où vous pouvez répondre via un système de micro-haut-parleur. Bien des siècles plus tard, c’est, en quelque sorte, la version contemporaine des douves et du pont-levis. Dans le sas, comme aux temps moyenâgeux, pour ceux qui n’ont plus de chevaux mais des motos, scooters et autres mobylettes, il faut retirer son casque pour pouvoir prétendre entrer. Le banquier et les caméras qui vous filment ne prisent pas plus le voile, le bonnet, le cache-nez, la cagoule… Il faut distinctement montrer son visage. Retirer ses grosses lunettes, pour exposer les intentions que traduisent le fond du regard. Il faut avoir une tête « normale » ou « quasi normale », en tout cas pas patibulaire. Sinon, on ne passe pas. De l’intérieur de la place, l’employé commandant l’ouverture ne pressera pas le bouton déclencheur. Il risque d’y avoir menace pour la banque et pour ses sujets.
Si vous êtes d’aspect « normal », la porte vous est déverrouillée et vous entrez dans un hall, sorte de cour intérieure ou de salle d’entrée de la place forte, avec au fond, assis à un guichet, le gardien du hall : un employé de guichet.
Aux murs, des automates vers lesquels vous irez faire directement vos opérations courantes, puisqu’il n’en peut plus être autrement : appareils distributeurs de billets, bornes de remises de chèques ou de versements d’espèces. Ceci sous la surveillance des caméras et de l’employé. S’il vous est possible de ne pas le solliciter, ce sera mieux pour lui et pour l’établissement bancaire. Il pourra ainsi se consacrer, de façon plus fluide et autonome, ce qui est mieux pour les coûts salariaux, à d’autres personnes qui ont besoin de lui. Et d’expérience, sachez que dans l’esprit de la direction des banques, des indésirables, voire des emmerdeurs qui engorgent le flux de « bons » clients que doit gérer le guichetier d’accueil, il y en a encore trop.
S’il est nécessaire que vous le sollicitiez, et que le guichetier juge que l’opération peut se faire à l’un des automates, il va vous diriger vers l’appareil, quitte à vous expliquer la méthode afin que vous preniez le pli et qu’à l’avenir vous ne le sollicitiez plus. Si votre demande est commune, par exemple la commande ou le retrait d’un carnet de chèques, un virement ou tout autre opération de cet ordre, le guichetier s’exécutera. Rapidement. L’opération n’exigeant pas grand temps.
Pendant que le guichetier s’occupe de votre affaire, ayez un œil en arrière de lui, car le jeune homme ou la demoiselle n’est pas installé n’importe où dans le hall de la place forte. Il se tient généralement au fond devant un couloir, un espace étroit où une porte verrouillée donne accès à l’autre partie de la place forte. Le donjon. Certes pas un donjon forcément en hauteur comme dans les châteaux, un donjon sur le même niveau que le hall d’entrée de la banque, encore que cet espace ou cette porte conduit peut-être également à des bureaux se
tenant dans les étages. C’est dans ce donjon que se tient l’équipe dirigeante et décisionnaire de la banque : entre autres, le directeur et les conseillers de clientèle. Si vous souhaitez vous entretenir avec l’un de ces décisionnaires, c’est le guichetier du hall qui va décider de vous laisser entrer. Ou non.
Plusieurs cas de figure peuvent se présenter. Vous avez une demande positive à formuler au guichetier : un placement d’argent, un crédit d’investissement… le voilà qui décroche son téléphone intérieur et vous obtient immédiatement un rendez-vous avec un chargé de clientèle. Autre possibilité, le guichetier remarquera, en consultant votre compte, qu’il serait opportun de vous vendre tel ou tel produit qui semble manquer à votre panoplie. Il vous en fera part et vous obtiendra également immédiatement un rendez-vous avec un conseiller de clientèle.
L’étroit passage, très bien gardé, menant aux bureaux du seigneur et de sa cour vous est ouvert.
Ce qui sera loin d’être le cas si votre demande revêt des allures négatives et génératrices de perte de temps pour les décisionnaires du donjon. Et pourtant, à l’évidence, vous auriez besoin d’eux pour régler votre problème, être aidé, dénouer cette situation délicate dans laquelle vous vous trouvez actuellement. Mais si vous avez des problèmes de découvert, des difficultés à rembourser une échéance de crédit, ou autres désagréments de ce genre, sachez que le guichetier n’aura pas la compétence ni le pouvoir de s’engager avec vous sur quoi que ce soit qui puisse vous soulager ou régler votre cas. Et vous voilà, debout devant ce guichet, avec du mal-être au ventre et plusieurs personnes qui attendent impatiemment leur tour. Vous n’êtes évidemment pas dans les meilleures conditions pour argumenter face à un guichetier qui, de surcroît, ne pourra concrètement rien pour vous. Vous souhaitez un rendez-vous avec la direction ou un conseiller de clientèle ? On ne pourra pas vous recevoir. En tout cas, pas dans l’immédiat. Et dans son donjon, plutôt que d’accepter de vous écouter et de tenter de trouver immédiatement une solution à votre problème, l’équipe de direction fera sans état d’âme ce qu’elle fait tous les jours : éplucher des listings de comptes associés aux noms de leurs détenteurs, que pour beaucoup elle ne connaît pas, et saquer tous ceux qui sont en découvert et en dépassement. Avec toutes les conséquences graves et coûteuses qui s’ensuivent pour le client. Pas d’hésitation de la part des décisionnaires, puisqu’ils ne vous connaissent pas ou si peu. Ici comme à la guerre il est plus facile de lancer un missile de loin sur des gens sans visage que de pointer un canon de revolver sur le front d’une personne qui vous regarde dans les yeux.
D’où l’impérative nécessité, lorsque sa position financière ne permet pas de franchir ce passage protégé menant au donjon, de mettre en place une stratégie pour avoir accès aux bureaux du directeur et des conseillers de clientèle.
Nous allons parler en détail des méthodes à employer.
Mais avant cela, revenons aux places fortes des banquiers.
Puisqu’il est très difficile, voire impossible, d’accéder au donjon dans lesquels se terrent les directeurs et autres conseillers de clientèle, et délicat d’argumenter face à un guichetier sous la pression des clients qui attendent derrière vous, on pourrait penser qu’en restant chez soi, en toute sécurité, dans son élément, il devrait être facile d’utiliser le téléphone pour expliquer ses difficultés du moment au responsable décisionnaire. Eh bien, non. Car là aussi, comme pour l’agencement des locaux, l’organisation est de type féodal. Désormais, on n’obtient plus les numéros de téléphone des banquiers. Il faut en passer par une plate-forme téléphonique qui joue le même rôle que le guichetier installé dans le hall d’entrée de la succursale. Les employés de la plate-forme ont, eux aussi, des instructions. Ils filtrent les appels. Ici, comme dans la succursale, il vous sera aisé d’obtenir un rendez-vous pour réaliser des placements ou solliciter des crédits d’investissement, mais pour toute autre demande liée à des opérations
courantes où concernant des difficultés financières vous serez dirigé… sur le guichetier de l’accueil de votre banque. De téléphoner n’aura servi à rien.
Alors comment faire ?
Il existe des moyens malins de se procurer les lignes directes des personnes que l’on veut joindre. Nous allons vous les présenter plus loin. Mais avant cela, écoutons les confidences édifiantes d’un employé travaillant dans une plate-forme téléphonique.
• Témoignage d’un superviseur de plate-forme téléphonique
« Notre plate-forme téléphonique s’occupe d’un secteur regroupant deux régions administratives françaises. Elle a en charge la gestion des contacts téléphoniques de deux cents agences bancaires. Au niveau national, nous ne faisons pas partie des plus grosses plates-formes téléphoniques, ni des plus petites, nous sommes dans la norme standard, je pense.
Le personnel se compose du directeur du site, de son collaborateur le directeur opérationnel, d’une équipe de superviseurs et des téléopérateurs. Il y a aussi deux moniteurs-formateurs, un responsable informatique et un directeur des Ressources humaines.
Pratiquement, nous sommes dans un grand espace, d’une surface de deux cents mètres carrés, en forme de long et large couloir, façonné en forme de V. Le bureau du responsable opérationnel se tient dans la pointe du
V et, tout du long de chaque branche du V se trouvent les bureaux des superviseurs avec autour d’eux leurs équipes de téléopérateurs. Nous sommes six superviseurs avec chacun, en moyenne, une équipe de dix à douze personnes. La mienne est composée de douze téléopérateurs.
Les superviseurs ont un âge moyen de trente à trente-cinq ans. Les téléopérateurs ont une vingtaine d’années. On les recrute très jeunes, dès la sortie d’école, le plus souvent ils ont vingt ans. Le recrutement se fait en binôme entre le directeur des Ressources humaines et le superviseur. Le directeur des Ressources humaines pour les questions liées à sa fonction, et le superviseur pour tout ce qui est plus pratique et technique. Il est recruté une majorité de filles. Sans doute les garçons sont-ils plus attirés par le terrain. Les recrues ont généralement bac plus deux, des BTS de force de vente. Mais il nous arrive aussi de recruter des jeunes qui veulent se reconvertir, des BTS tourisme, des cuisiniers…
Ils ont une formation et il leur est attribué un tuteur qui les suit. Cette formation est dispensée en interne pendant un mois, elle est surtout technique avec des mises en situations. Après un an ou deux de service, le téléopérateur peut disposer d’une formation de gestion des situations délicates. Les opérateurs restent trois ans en moyenne. Cela leur sert de tremplin pour aller en agence… ou dans d’autres banques.
Le travail de la journée s’étend sur huit heures, deux fois quatre heures avec un arrêt déjeuner, une pose durant les heures travaillées du matin et une autre l’après-midi. Sur leurs écrans, les téléopérateurs ont connaissance du planning de tous les chargés de clientèle et de tous les directeurs d’agence. C’est un planning informatique sur lequel et les téléopérateurs et les chargés de clientèle et les directeurs d’agence peuvent intervenir, en direct, à tout moment.
Pratiquement, en début d’année, les conseillers et les directeurs d’agence