Compétitivité, mercantilisme et guerre économique

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Français
182 pages
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De nombreux pays européens scrutent l'Allemagne et ses performances économiques avec envie et fascination : elle est compétitive, elle ! Dans les pays du sud de l'Europe, les plans d'austérité se succèdent, visant à restaurer leur compétitivité. Mais qu'est-ce-qui se cache derrière cette quête insatiable de compétitivité ? Celle-ci n'est-elle pas en totale contradiction avec la théorie du libre-échange, qui stipule que, par le biais du commerce tous les pays sont gagnants ? Cette compétition, qui oppose les nations européennes ne serait-elle pas une nouvelle déclinaison du mercantilisme ? Peut-on qualifier cette soif de compétitivité de « guerre économique » ?

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Date de parution 01 juillet 2016
Nombre de lectures 10
EAN13 9782140013911
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Bernard SABYet Dominique SABY contemporaines Q COMPÉTITIVITÉ, MERCANTILISME ET GUERRE ÉCONOMIQUE
Questions contemporaines
Compétitivité, mercantilisme et guerre économique
Questions contemporaines Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland et Jean-Paul Chagnollaud Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions Jacques CROIZER,? Les fièvresDe quoi Dieu est-il le nom religieuses actuelles et l’esprit du capitalisme, 2016. Koffi Martin YAO,Famille entre Contradiction et Espérance, Situation contemporaine de la famille en Europe, 2016. Jean-François SIMONIN,Anticiper a l'ère de l'anthropocène,2016 Stéphane CALANDRA,natures des Calanques. Les Représentation de la nature dans les Calanques, 2016 Luc DAUDONNET, Max MEMMI,Pour un nouvel humanisme. Cette France dont nous rêvons, 2016 Roger BENJAMIN,La gauche, une notion incertaine ; le socialisme, un idéal dévoyé, 2016. Elysée SARIN,Un demi-siècle de syndicalisme en France suivi de La voie judiciaire. État des lieux, 2016. Hervé PIERRE, Le Désenchantement américain, de l’aube républicaine au crépuscule impérial, la fin du mythe,2016Jean-Michel TOULOUSE,Que faire pour changer la société capitaliste ?, 2016 Roger EVANO,La démocratie faceau défi de l’islamisme, 2016. András István TÜRKE,La géopolitique des premières missions de l'Union européenne en Afrique, nouvelle édition,2016.Yves LE DUC,La valeur des diplômes, 2016.
Bernard SABYet DominiqueSABY
Compétitivité, mercantilisme et guerre économique
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09657-5 EAN : 9782343096575
INTRODUCTION GÉNÉRALE Cet essai a pour origine, une contradiction flagrante au sein du discours économique et politique au sujet de la mondialisation. Nous visons plus particulièrement le discours dominant, répété inlassablement dans les principaux medias. Très surprenante est l’absence de réaction face à cette contradiction qui mériterait, à défaut d’analyse, un minimum d’interrogation. Afin de mettre en exergue ce qui peut apparaître comme une antinomie, transcrivons deux assertions que le lecteur reconnaitra aisément, tant est grande leur omniprésence dans les journaux, à la radio, sur les chaînes de télévision : -Première assertion: La mondialisation est bénéfique pour tous les pays participants à cet immense marché mondial. Autrement dit, chacune des Nations serait stupide de refuser une telle aubaine en restant en marge de cette mondialisation. -Deuxième assertion: Nous en dévoilons la version française, mais elle est très facilement généralisable à d’autres pays : « La France doit de toute urgence procéder à des réformes courageuses, sous peine de rater le train de la mondialisation. » Une variante plus alarmiste est la suivante : « Nous avons perdu deux ans (ou cinq ans ou une décennie au choix), en ajournant les inévitables adaptations structurelles et cela constitue un tragique handicap. »
La première assertion: aucunà l’insouciance  incite effort à fournir, il suffit d’entrer dans la ronde, et la richesse et le bien être se voient automatiquement majorés. La seconde assertionla Nation dans une plonge atmosphère anxiogène : malheur à celle qui se réveillerait insuffisamment prête pour affronter le grand marché. D’aucuns pourraient arguer qu’il n’y a pas lieu de s’offusquer, des opinions divergentes sur un sujet donné sont monnaie courante. Nous l’admettons bien volontiers, mais le problème réside dans le fait que ce sont les mêmes journalistes, les mêmes politiciens qui alternent sans vergogne ces deux assertions. Il ne s’agit pas de deux points de vue soutenus pas deux individus distincts mais de deux affirmations formulées par la même personne, parfois dans des circonstances différentes, mais parfois au cours d’un même débat. Cet oxymore est trop répandu pour être ignoré, on ne peut se contenter de l’écarter d’un revers de la main en le qualifiant de faute de raisonnement, de mauvaise manipulation de la logique élémentaire. Loin de négliger cette contradiction, nous en faisons au contraire le terreau sur lequel nous nous efforcerons de faire éclore cet essai. Nous allons montrer que cettecontradictionpas n’est seulement présente dans les discours, mais qu’elle se situe également dans la réalité sociale : dans l’activité économique, dans l’institution étatique… Pour mener à bien ce projet, nous avons divisé cet ouvrage en deux parties, l’une pouvant être considérée comme la négation de l’autre : -La première partiela Nation comme appréhende exclusivement animée par un désir de coopération avec les autres Nations, en vue de satisfaire le bien être de ses concitoyens. - Dans la seconde partie, la Nation est perçue sous l’angle de la compétition, de la rivalité avec les
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autres Nations, pouvant aller jusqu’à l’affrontement, voire la guerre. Hegel est susceptible de nous aider dans notre entreprise, car ce philosophe place la négation au cœur de son système. Tout être contient sa propre négation : le jour et la nuit sont indissociables l’un de l’autre, ils réalisent leur unité en se niant mutuellement. Dès potron-minet, la nuit se métamorphose en son contraire et le jour fait de même au crépuscule. De manière analogue, nous faisons remarquer très rapidement que la justice et l’injustice sont intimement liées, ainsi que la guerre et la paix. On l’aura compris, la contradiction décelée dans les discours traitant de la mondialisation ouvre la porte d’entrée vers d’autres contradictions beaucoup plus fécondes sur le plan heuristique. Parmi celles-ci, nous examinerons, dans cet essai, celles qui traversent la zone euro, dont le fonctionnement chaotique, en Grèce notamment, est révélateur de fortes distorsions. Implicitement ou explicitement, l’Euro zone sera présente tout au long de la première partie et dans les derniers chapitres de la seconde partie. Nous serons alors en mesure d’apporter un nouvel éclairage sur la crise de l’euro qui semble vouloir durer encore longtemps. Dans la seconde partie, la guerre et ses substituts seront constamment présents, soit ouvertement, soit en filigrane. Nous avons conscience d’aborder un sujet délicat, car surchargé d’affects, autant de pièges dressés sur le chemin de la connaissance. Pour les déjouer, nous nous placerons délibérément dans les pas de Gaston Bouthoul, qui inaugura lapolémologie, en :se fixant un objectif précis analyser la guerre de manière scientifique, en écartant résolument sa diabolisation ou sa divinisation. En agissant ainsi, Bouthoul reprenait l’héritage d’Emile Durkheim qui affichait sa volonté de « traiter les faits sociaux comme des choses » (Les règles de la méthode
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