Crise grecque : une crise européenne
140 pages
Français
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Crise grecque : une crise européenne

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Description

Ce numéro est consacré à la Grèce, avec le "conte grec", qui montre que, si l'Amérique au lendemain de la guerre avait refusé de stabiliser l'Europe et le monde, et avait pratiqué un traitement austéritaire, comme l'Allemagne l'impose aujourd'hui, elle n'aurait jamais pu constituer son système de "Pax Americana". Ce qui va de pair avec une mise en perspective de l'histoire politique de la Grèce, depuis Metaxas jusqu'à ce jour.

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Date de parution 01 février 2013
Nombre de lectures 8
EAN13 9782296530249
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

15,50
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Sous la direcTion de KosTas vergopoulos
CRISE GRECQUE : UNE CRISE EUROPÉENNE LE CONtE GREC
INtEmPEStIvES N° 4
Crisegrecque : Une crise européenne Le Conte Grec
Sous la direction de Kostas VERGOPOULOS
CRISE GRECQUE:UNE CRISE EUROPÉENNELe Conte Grec
L’Harmattan
Illustration de couverture : Gérard de Lairesse,Le sacrifice d’Iphigénie, eau forte, 1667 © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-29046-1 EAN : 9782336290461
Intempestives Panagiotis Christias, Gérard da Silva, Igor Fiatti, Aristotelis Giannakos, Santiago Lopez Petit, Jesus Marchante Collado, Roberto Nigro, Bruno Péquignot, Luca Pinzolo, Giancarlo Pizzi, Davide Rossi, Philippe Tancelin, Gabriele Vesco, Nina Zivancevic Sommaire7.Intempestives 9. Kostas Vergopoulos,Le conte grec 17. Günter Grass,La Honte de l’Europe(traduction Claudine Schalck) 21. Nicolas Maroukakis,La crise du système politique grec39. Paschalis Ntagteverenis,Le retour des mouvements sociaux 55. Anastasios Grigorakis,Crise économique et crise des modes de reproduction 67.Panagiotis Christias,État et violence89. Antigone Mouchtouris,La crise grecque : récit d’un état symptôme99. Pergia Gkouskou-Giannakou,L’appareillage de l’activité humaine au travers des réseaux numériques 111. Aristotelis Giannakos,A propos du centenaire de la naissance de Alan Turing 115. Gérard da Silva,Léonard de Vinci en proie aux experts en spéculation financière125. Gérard da Silva,Gerhard Richter, copier n’est pas créer131. Hécate Vergopoulos,Nous sommes la place et nous sommes partout(deux fragments)
Ce numéro 4 d’Intempestivesconsacré à la Grèce, dont l’enjeu est combien présent est mis en perspective historique. Le « conte grec », tel que narrée par Kostas Vergopoulos, montre que si l’Amérique au lendemain de la guerre avait refusé de stabiliser l’Europe et le monde, se réfugiant derrière l’argument du retard de compétitivité de ses partenaires européens et imposant en conséquence un traitement austéritaire, elle n’aurait jamais pu constituer son système de la « Pax Americana » dans le monde. Le « conte grec », ainsi que ceux des autres pays du Sud, aura permis de mettre au clair cette « carence » allemande… Ce que le poème du grand G.Grass,La Honte de l’Europe, signifie : «Te bravant Antigone de noir se revêt». Le texte de Nicolas Mavroukakis, non exempt de la plus éclairante ironie, propose rien moins qu’une mise en perspective de l’histoire politique de la Grèce, depuis Metaxas jusqu’à ce 23 juillet 2012, où, pour la première fois, est annulée la réception du Président de la République « pour des raisons d’économies », et une politique dont n’est pas exclue la sortie de l’euro. Paschalis Ntagteverenis, s’oppose « aux perruches du pouvoir » qui voudraient ne voir qu’un déchaînement nihiliste de colère dans l’opposition populaire à la « troïka », alors qu’il s’agit «d’une critique radicale, visant l’antinomie entre leur fonctionnement, et les présuppositions de leur existence », et aussi d’une mise en valeur, positive, de l’autoorganisation et de la solidarité sociale. La contribution d’Anastasios Grigorakis, met en évidence l’importance de la cellule familiale, « mode de production sociale », au point que la grande majorité des ménages (88 % en 2004) n’avait aucune obligation financière (hypothèques à cause d’un prêt bancaire) concernant leur logement, avant la crise. Alors que la politique austéritaire, non seulement met en cause ce « mode de production », mais fait des jeunes, entre 25 et 34 ans, les plus grandes victimes de la récession provoquée par les plans imposés depuis mai 2010. Panagiotis Christias entend démontrer dans son article, que c’est que» est un processus social-historique global qui impliquelutte armée la « l’ensemble des forces productivesrégion géostratégique. Il dénonce la d’une « mafiocratie » et assure que tant que l’argent volé n’est pas retourné dans
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les caisses de l’État et tant que les coupables ne sont emprisonnées, « personne ne peut retenir le déchaînement de la violence sociale : l’impunité des coupables crée les Érinyes populaires modernes ». Antigone Mouchtouris fait le récit de la « tragédie de l’humiliation », celle de la mise en accusation de la Grèce comme prétendu « enfant-malade » de l’Europe, et demande la venue d’une kinésissalvatrice. Pour la composante « Varia » de la revue, Pergia Gkouskou-Giannakou doute du discours techno-commercial à propos des réseaux numériques proclamant avec des tons triomphalistes que notre époque est l’« époque du web » et privilégie lepartage et la répartition de l’information. Aristotelis Giannakos rend hommage au mathématicien Alan Turing, pour son centenaire, dont l’apport théorique a pris forme commune d’ordinateurs électroniques, qui s’était engagé dans la lutte contre le Troisième Reich et les chiffreurs de la Wehrmacht, avec succès.  Gérard da Silva met en cause les attributions récentes à Léonard de Vinci d’œuvres dont il n’est pas l’auteur ; ceci provenant, manifestement de l’aiguillon de la spéculation financière, manié avec opportunisme, par le sempiternel « expert ». De même, pour le copiste G.Richter exposé dans le monde entier (Beaubourg et le Louvre) et n’est que la manifestation de l’art officiel, « pompier », d’aujourd’hui.  Enfin, last but not least, deux fragments inédits deNous sommes la place et nous sommes partoutHécate Vergopoulos nous donnent le d’ privilège d’accéder de l’intérieur, par le médium littéraire, du « conte grec », en donnant voix à ce peuple que l’on ne veut entendre : «Dans la voiture, il lui dit qu’elle était une bonne Grecque. « On l’est tous plus ou moins, non ? Tous lesvraisGrecs le sont». »
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Le CONTE GREC Kostas Vergopoulos
Les dirigeants européens s’étonnent plus que leurs homologues grecs de la « mollesse » des réactions populaires en Grèce par rapport au programme du supposé « assainissement » appliqué au pays sous la surveillance du FMI et de l’Union européenne. Ils ne prennent pas en considération la capacité des gouvernements grecs, tant conservateurs que socialistes, à perdre leur peuple par voie de diversion, le culpabiliser pour ses dépenses antérieures, prétendument excessives, mais de toute façon imaginaires, que pourtant d’autres ont commises à sa place, afin de justifier les « sacrifices » qu’ils exigent de lui aujourd’hui. Le niveau de vie en Grèce est ainsi rapidement réduit, toujours au nom d’une prétendue « correction », mais qui tarde à produire un quelconque effet, fût-il dans un horizon lointain. Selon Patrick Artus, de Natixis, il faudra réduire les revenus dans les pays du Sud de l’Europe, même en France, pour rééquilibrer les balances extérieures au sein de la zone euro, notamment avec l’Allemagne. Le déficit extérieur au Portugal et en l’Espagne s’élèverait actuellement à 6 % des PIB respectifs. Il se situerait à 9 % en Grèce, 4 % en Italie, 3 % en France. Les déficits de ses partenaires font déjà trembler Berlin qui, au lieu d’en profiter pour investir massivement dans le Sud, préfère au contraire l’austérité, réduire les revenus et les dépenses du Sud, dans l’espoir de rééquilibrer vers le bas leurs balances extérieures. Ainsi, le revenu moyen par tête en Italie aurait besoin d’une correction pour passer de 87 % à 77 % du revenu respectif allemand. L’espagnol devrait passer de 78 % à 66 % du revenu de référence. Le grec de 68 % à 50 %. Le portugais à un niveau bien inférieur à 48 % de la référence allemande. Le français, déjà supérieur à 103 % de l’allemand, devrait passer en dessous de 95 % de la référence. Or, même si les comptes sont faits sur papier, comment les corrige-t-on dans les faits? Les coupes amènent la récession et cette dernière ne permet pas de réduire les déficits, mais au contraire, poussant les économies vers le bas, elle les pérennise. Ce n’est pas en tuant l’économie qu’on équilibrera ses déficits. C’est au contraire par la relance qu’on renforcera les recettes, ce qui permettra de résorber, non dans l’immédiat, mais à terme, les déficits
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