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L'intégration économique maghrébine

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Description

L'ouvrage tente d'aborder tous les aspects qui entourent la construction maghrébine : l'histoire, la sociologie, le droit, les institutions, les problèmes sociétaux, l'immigration, les aspirations de la jeunesse, la relation avec l'Union européenne, les réglementations commerciales et douanières, l'économie, la monnaie. L'archaïsme, la défense des privilèges, les lobbys anti-union sont autant d'obstacles à la création d'une Communauté économique maghrébine.

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Informations

Publié par
Date de parution 15 novembre 2014
Nombre de lectures 64
EAN13 9782336362182
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Sous la direction de
Camille Sari et Abderrahmane Mebtoul

L’Intégration économique
maghrébine

Un destin obligé ?

L’Intégration économique
maghrébine

Un destin obligé ?

Sous la direction de
Camille Sari etAbderrahmane Mebtoul

L’Intégration économique
maghrébine

Un destin obligé ?

Avec les contributions de:BoualemAliouat,AchrafAyadi,ChafikBakour,
MohamedBentahar,InèsBonafi,GillesBonafi,ChérifBouabdesselam,Bouchama
Chouam,AbdelkaderDjeflat,AbdelatifFekkak,MouradGoumiri,Youra OuldHaye,
AbderrahmaneMebtoul,LoickMenvielle,CamilleSari,NadineTournois,Farid
Yaïci,Houria Zaam,NacerBenZina.

© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN :978-2-343-04042-4
EAN :9782343040424

PREFACE

POURQUOI UN OUVRAGE COLLECTIF SUR LA
CONSTRUCTION D’UN MAGHREB UNI ET DEMOCRATIQUE?

Il est déplorable de constater que leMaghreb est laseule régionau monde
qui ne soit pas intégrée, bien qu'elle soit laplus homogène du point de vue
sociologique, linguistique et culturel.Les peuples de cette région ont
témoigné et témoignent de leurattachement à l'unionau point que les
dirigeants soientacculés à reconnaître l'utilité de cette intégration et sa
nécessité, «mais pa».s tout de suiteLacrabouleversementsinte de «
incontrôlables »qu'impliquerait une dynamique unitaire est à l'origine d'un
conservatisme stérile et contraireaux intérêts des populations.

Dans quelles circonstances est née l'idée de publier ce livre ?

J'étais àAlger le 10 mai 2011 pour présenter mon ouvrage «Algérie et
Ma? »quelles convergences économiquesroc :et j'aiassisté à la
présentation de l'ouvrage collectif sous ladirection deTaïbHafsi :
«Réformes économiques enAlgérie ».Mon intervention fut portée sur
l'avenir de l'Algérie dans l'espace maghrébin.AbderrahmaneMebtoul et
AhmedBenbitour (coauteurs de ce livre) ont sansambiguïtéaffirmé leur
attachementauGrandMaghreb.Après mon retour àParis,A.Mebtoul m'a
proposé de coordonneravec lui un ouvrage sur leMaghrebavec des experts
maghrébins et internationaux.Nousavons convenu qu'une telle tâche
exaltante serahistorique et contribueraà tracer lafeuille de route de lafuture
communauté économique maghrébine.
Tous lesaspects doivent être traités : l'histoire, lasociologie, le droit, les
institutions, les problèmes sociétaux, l'immigration, lesaspirations de la
jeunesse, larelationavec l'Union européenne, les réglementations
commerciales et douanières et bien entendu l'économieainsi que lamonnaie.
Les réponses positives des collègues professeurs universitaires, chercheurs et
experts internationaux furent promptes, témoignant de leuradhésionau
dessein maghrébin.C'est une responsabilité lourde de conséquences pour les
générations futures que de tenter de cerner les contours de lafuture
CommunautéÉconomiqueMaghrébine.Les défis sont nombreux et les
obstacles ne sont pas à négliger.L'irrationnel, l'archaïsme, ladéfense des
privilèges de certains clansau pouvoir, les lobbysanti-union, lanon-prise en
compte desaspirations populaires, sont les ingrédients d'un immobilisme
anachronique à contre-courant de l'histoire.
Laresponsabilité de ceux qui, dans l'exercice du pouvoirau plus haut
niveau de l'État,auront multiplié les entraves à l'intégration maghrébine, sera

lourde devant l'histoire et ils seront jugés sévèrement par une jeunesse
sacrifiée.Pendant que leMaghreb s'embourbe dans des chamailleries
secondaires, lesautres pays émergents progressent à grands pas.La
mondialisation nous réserve de mauvaises surprises et les ressources
minières ont une fin.Il est dans l'intérêt de cette région de s'unirau plus vite.
Que de temps perdu et que d'occasions manquées.L'avenirappartientaux
Unionistes.J'ai parcouru ces derniers mois l'Algérie et leMaroc et j'ai
constaté combien lesMaghrébinsaspirent à l'Union.Lapressealgérienne et
marocaine m'a, en toute objectivité, donné laparole sur cette thématique et je
les en remercie.Desassociations tunisiennes et mauritaniennes m'invitent
régulièrement sur le thème de l'intégration maghrébine.Notre ouvrage
collectif se veut à caractère scientifique et plein d'audace sur le plan
intellectuel.Les experts s'avèrent plus visionnaires que les dirigeants.

Quels sont les thèmes qui serontabordés ?

LeMaghreb, à l'histoire etau destin commun,aconnu des heures de
gloireavant et pendant les guerres d'indépendance (cf. lacontribution de
MohammedAmattatau sein de l'ouvrage :«Quelle gouvernance et quelles
institutionsauMaghreb faceaux enjeux géostratégiques ? »).Il convient de
rappeler qu'avant l'occupation ottomane d'une partie duMaghreb à
l'exception duMaroc, cette régionavécu sous des empires dont les
instigateurs pouvaient venir de l'Est (l'empire fatimide), duCentre-Ouest
(l'empirealmohade) ou duSud-Ouest (l'empirealmoravide).Il est utile de
rappeler les solidarités des maghrébins face à l'envahisseur ottoman,
espagnol, portugais ou français jusqu'à l'obtention de leur indépendance.
L'appel deTanger, en 1958, en faveur d'unMaghreb uni est l'illustration
ultime de cette volonté unitaire des résistantsau colonialisme français.Il est
frappant de constater desaffinités culturelles qui transcendent les frontières,
lamusiqueandalouse en est laparfaite illustration.Coutumes et habitudes
sont semblables et les similitudes linguistiques (l'Arabe dialectal et le
berbère) très marquées.Les tenues vestimentaires et lacuisine sont
identiques malgré les colonisations successives.L'espace maghrébin est
beaucoup plus homogène que l'espace européen qui présente des
hétérogénéités flagrantes en matière de modes de consommation, de cultures
ou de langues.
L'immigration touche pour l'essentiel lajeunesse.Elle est perçue par les
Etats comme une chance, un moyen de régler partiellement le problème du
chômage et, cerise sur le gâteau, génère des transferts de fonds qui
alimentent leurs caisses et pallient l'absence de politique sociale des états.En
effet, l'aideapportée par ladiasporaà leurs familles restéesau pays exonère
les pouvoirs publics des dépenses sociales les plus élémentaires.L'Europe y
voitau contraire une menace à sastabilité et à ses équilibres
socioéconomiques.Quelles coopérationsNord-Sud etSud-Sud pour fixer les

populationsaux pa?ys d'origineQuid de lafuite des cerveaux et quelles
politiques d'incitationau retour des cadres et des diplômés pour la
reconstruction duMaghreb ?
Les problèmes de logement, l'exode rural, lapolitique d'aménagement des
territoires et lanécessaire décentralisationavec un transfert des prérogatives
de l'État vers les régions, les départements et lacommune ne sont pas à
négliger.Les problèmes de lagouvernance, desadministrations et des
services publics, des établissements publics et privés, lacorruption
généralisée qui fait du citoyen une victime maisaussi un complice parfois
actif doivent être posés.Lapauvreté et les inégalités sociales sont-elles
prises en compte par les indicateurs du développement humain (polémique
sur les critères) ?
Laformation initiale et professionnelle serale grand défi à relever dans
une région où lamoitié des habitantsamoins de 35ans.C'est une situation
explosive etaucun système politique ne pourray résister.J'enseigne en
Algérie,auMarocainsi qu'enAfrique de l'Ouest et ce que je constate, c'est
que le modèle français demeure prégnant.On forme de futurs cadres dans le
tertiaire et les servicesaussi bien privés que publics.Il faut des gestionnaires,
des contrôleurs de gestion, des responsables des ressources humaines, des
comptables et des financiers.Mais celane répondrapas à l'industrialisation
etau développement des secteurs primaires et secondaires.Les modèles
chinois etallemands sont plusappropriés.La Chine développe davantage la
formation d'ingénieurs en mécanique, électronique, chimie, parachimie,
nanotechnologies,NTIC,BTP, travaux publics,agriculture,agro-alimentaire
et j'en passe.L'apprentissageaété le moteur du développement industriel de
l'Allemagne.Beaucoup de métiers disparaissent ou vont disparaître.En
Europe il est possible de faire venir des ouvriers qualifiés d'autres pays, mais
auMaghreb, il est indispensable que lesJeunes prennent larelève des
anciens.Au lieu de financer lacréation d'entreprises par desJeunes
(programmeANSEJenAlgérie) qui n'ontaucun projet,aucune expérience
de l'entreprise,aucune préparation à lagestion, pourquoi ne pas lancer des
emplois-jeunes et des programmes d'insertion par l'activité économique et
l'apprentissage ?
Les relationsavec l'Union européenne serontabordées car les pays du
Maghreb ont lié leur destin à celui de leurs voisins duNord et notamment la
France.Le vieux continent est le premier partenaire commercial, le premier
investisseur, lapremière destination de l'émigration maghrébine, le premier
pourvoyeur des touristes vers leMaghreb.L'Europe, certes, demeure la
première puissance économique, mais son dynamisme est poussif et son
avenir incertain.Les cinqÉtats duMaghreb négocient en position de
faiblesse, séparément et en ordre disperséavec l'Union européenne.
L'Algérieanégocié difficilement sesaccords de libre-échangeavec celle-ci
et leMarocades difficultés à obtenir des concessions sur ses exportations de
produitsagricoles.Il est même obligé de faire des concessions en livrant ses

ressources halieutiquesauxEuropéens, notamment à l'Espagne.Une
CommunautéÉconomiqueMaghrébine pourrait négocier en position de
force et constituerait un marché unifié, large et protecteur pour les pays du
Maghreb.
Les réglementations commerciales et douanières, le droit des sociétés, le
code des investissements étrangers sont des domaines àanalyseravant de
chercher à les rapprocher et à les faire converger.Même les régions les plus
intégrées comme l'Europe n'ont pas de règles similaires.Si la Tunisie et le
Maroc ont des législations plus libérales depuis leur indépendance, l'Algérie
alibéralisé progressivement les siennes pour revenir à plus de
protectionnisme en tentant de limiter ses importations par l'instauration du
crédit documentaire et en limitant l'afflux des investissements directs
étrangers par l'obligation faiteaux investisseurs de s'associer à un opérateur
algérien et en imposant larègle du 49/51 où lapartiealgérienne est
majoritaire dans l'entreprise mixte à créer.Des commissions mixtes devront
se former en vue d'échanger sur les lois en vigueur.Notre objectif est
d'anticiper et de faire un benchmarking qui permettraune progression vers ce
qu'il yade mieux à faire.
Les situations économiques, sous tous leursaspects, de chacun des cinq
pays duMaghreb seront mises en relief dans cet ouvrage.Il s'agit de faire un
diagnostic des caractéristiques de chaque économie ces dernièresannées en
évoquant les sentiers de croissance, les secteurs dominants, les principaux
indicateurs comme les prix, laproductivité, les salaires, les contraintes
extérieures et les échanges, labalance des paiements et l'endettement, les
équilibres budgétaires et monétaires, les systèmes bancaires et financiers, le
poids de l'informel, lafiscalitéainsi que les politiques de taux de change.
Penser lagouvernance, mesurer l'étendue de lacorruptionafin d'instaurer
une économie de concurrence pure et parfaite dénuée de passe-droit, de
népotisme, de concussionainsi que de délit d'initiés.
Si l'on veut réaliser des convergences économiques entre les pays du
Maghreb, on ne peut pas faire l'économie d'un état des lieux.Les populations
maghrébines voudront savoir ce que chacun mettradans le panier.Si notre
discours se focalise sur l'aide du richeau pauvre, les ressortissants des pays
nantis n'accepteront pas de transférer leurs ressources vers le pays voisin.
Certes, des programmes de mise à niveau des régions en retard et leur
relèvement renforceraient laréalisation d'un grand marché prospère.
L'exemple européen nous enseigne que lesaidesapportéesaux pays les
moinsavancés etaux régions sinistrées (Espagne,Grèce,Portugal,
Irlande)… ont contribué à créer davantage de débouchés pour les pays
avancés (Allemagne,France, etc.).
Parailleurs, lorsque j'ai visité leCambodge et leVietnam en 1992, j'ai
trouvé des pays dévastés par les guerres et l'embargoaméricain.Grâce à
l'ASEAN(Association du sud-estasiatique) leur développement fut
exponentiel et se voyait à l'œil nu.J'y suis retourné chaqueannée et j'ai pu

mesurer l'impact considérable de l'apport des pays voisins.Ce n'était
nullement de l'assistanat, mais bien des coproductions et des investissements
productifs, créantainsi un vaste marché et une zone économique des plus
dynamiques et des plus prospères.Pourtant les conflits interétatiques ne
manquent pas.LesCambodgiensaccusent lesVietnamiens et lesThaïlandais
de lesavoir spoliés d'une partie des terres frontalières.Des résidus des
guerres passées sont dans les mémoires encore vivaces mais, celane les
empêche pas de travailler ensemble.Autre exemple, la Chine etTaiwan sont
en guerre déclarée, mais les investissements de l'île conquise parTchangKai
Check sont présents dans toutes les provinces chinoises.J'enai fait le constat
moi-même.
Ladeuxième partie de l'ouvrage traiterades processus d'intégration
économique et lamise en place d'une monnaie commune.Il convientau
préalable de cerner les points de convergences et de divergences entre les
économies maghrébines et de dégager les complémentarités entre elles et
toutes les possibilités de coopérations mutuellementavantageuses.Le projet
d'une intégration économique et monétaire peut paraîtreambitieux et pour
certainsanachronique eu égard à lasituation géostratégique conflictuelle que
connaît leMaghreb depuis plus de trenteans.Àcontrario, les populations et
les forces vivesaspirent à l'Union.En témoignent les créations d'associations
professionnelles maghrébines dans différents domaines (bancaire,
économique, culturel, juridique, sportif, syndical, patronal, etc.).Il y vade
l'intérêt des générationsactuelles et futures.
L'intégration économique maghrébine est perçue comme un moyen de
gagner en indépendance économique et de développer des échanges
équitables entre les pays de larégion.Ainsi, il est escompté une moindre
dépendance et des facilités énormes de commercer sans passer par les
devises fortes.En tenant compte des spécificités duMaghreb et du refus
probable,au moins pendant quelques décennies, d'abandonner lamonnaie
nationale et par là même de transférer lasouveraineté monétaire à une entité
supranationale, il est proposé de mettre en place une monnaie commune le
« dirham » (une contraction des mots dirham et dinar) qui cohabiteraitavec
les monnaies nationales.Son rôle est de faciliter les échanges de biens, de
services et de capitaux, sansaltérer le droit de battre monnaie de chaqueÉtat.
L'objectif est de passer d'un taux des échanges entre pays duMaghreb de 2 à
40 %,ce qui est lamoyenne des échangesau sein des zones économiques
internationales.L'absence d'une union économique maghrébine empêche le
développement des échanges de biens, de services et de capitaux,ainsi que
lacirculation des ressources humaines.LeMaghreb est laseule régionau
monde qui ne connaît pas de construction régionale et où le commerce intra
maghrébin est insignifiant.Le dossier énergétique est celui où les
partenariats intermaghrébins pourraient se concrétiser tout de suite.
Précisons que les contributions contenues dans cet ouvrage sont
exclusivement sous laresponsabilité de leursauteurs.Nous n'avons pas

voulu donner des orientations limitatives, ni exercer une quelconque censure.
Nous sommes convaincus qu'une telle démarche participe à l'épanouissement
des idées et à lacréativité des propositions.Je tiens à remercier vivement
GillesBonafi, un pro-maghrébin convaincu, d'avoir consacré un temps
considérable pour larelecture de cet ouvrage et d'yavoirapporté les
corrections nécessaires, sans dénaturer les contenus des contributions.
L'InstitutEuro-Maghrébin d'Études et deProspectivesamobilisé ses
ressources pour donner un visage définitif à cet ouvrage qui seraun point
d'appui pour sapromotion et savulgarisation,agissant en tant queThink
Tank de référence pour leMaghreb.

CamilleSari

SOMMAIRE

PREMIERE PARTIE

LES ECONOMIES MAGHREBINES
EN QUETE D’UN MODELE DE DEVELOPPEMENT

AbderrahmaneMebtoul &GillesBonafi :Bilan des économies
maghrébines..........................................................................................17
AchrafAyadi :Latransition économique enTunisie : endettement,
politique budgétaire et monétaire.......................................................23
AhmedYoura OuldHaye :Economie de la Mauritanie :
opportunités, défis et perspectives d’avenir.....................................35
CamilleSari :Ce que je propose pour laconstruction d’uneLibye
moderne.................................................................................................63
BoualemAliouat -Développementalgérien et réseaux
d’innovationauMaghreb :enjeux, difficultés et propositions en
préalableaux espaces économiques régionaux................................67
CamilleSari :Entretiens sur lasituation économiquealgérienne.....
.............................................................................................................109
CherifBouabdesselam -Monaventure de manager àSonatrach......
.............................................................................................................113
AbdelatifFekkak -Forces et faiblesses de l’économie duMaroc
.............................................................................................................123
BentaharMohamed &Houria Zaam -L’entrepreneuriat fémininau
Maroc : réalités et perspectives.......................................................133
ChafikBakour -Croissance, emploi et pauvretéauMaroc (1999 –
2010).État des lieux, évolution, contraintes et recommandations
.............................................................................................................161
ChérifBouabdesselam -Le management d’entreprise dans les pays
du tiers-monde...................................................................................185
NacerBenZina-Le problème du chômage dans les pays
maghrébins.........................................................................................203

LoickMenvielle &NadineTournois -Tourisme et tourisme
médical :unanaprès le printempsarabe, quelavenir pour le
Maghreb ?.........................................................................................217
InèsBonafi -Lagrande distribution enAlgérie :les leçons du
passé....................................................................................................233

DEUXIEME PARTIE

L’INTEGRATION ECONOMIQUE MAGHREBINE:VOIES ET
DEFIS

CamilleSari -Printempsaraquelles conséquencesbe :
économiques ?...................................................................................281
AbderrahmaneMebtoul &Bouchama Chouam -Les défis majeurs
de l’union duMaghrebarabe face à lacrise financière mondiale
.............................................................................................................285
CamilleSari -Une monnaie communeau service de la
communauté économique maghrébine...........................................295
MouradGoumiri -LeMaghreb de lasymbolique marchandeaux
frontières ?........................................................................................327
AbderrahmaneMebtoul-L’intégration duMaghreb, entre le rêve
et laréalité..........................................................................................333
AbdelkaderDjeflat -Economie de laconnaissance, emploi et
intégration :analyse et perspectives pour les pays duMaghreb........
.............................................................................................................343
FaridYaïci -Etude sur le projet de création d’uneCEM
(communauté économique maghrébine).......................................387
GillesBonafi -Le grandMaghreb doit développer son modèle
économique.......................................................................................427

PREMIERE PARTIE

LES ECONOMIES MAGHREBINES
EN QUETE D’UN MODELE DE DEVELOPPEMENT

ABDERRAHMANE MEBTOUL&GILLES BONAFI

BILAN DES ECONOMIES MAGHREBINES

Biographie d’AbderrahmaneMebtoul
Professeur desUniversités, docteur d’État en gestion (1974), expert
international en management stratégique.Premier conseiller et directeur
général des études économiques à la Cour des comptes (1980/1983),
directeur d‘étudesau ministère de l’Énergie (Sonatrach, 1974/1979,
1990/1995, 2000/2006).Président du conseil des privatisations (1996/1999)
avec rang de ministre délégué, directeur d’étudesau cabinet de la DGSN
(1997/1998).Expertau conseil économique et social (1996 / 2008).Expert à
laprésidence de la République (2007/2008).Membre de plusieurs
organisations internationales etauteur de très nombreux ouvrages.
AbderrahmaneMebtoul estPrésident de l’AssociationAlgérienne de
Développement de l’Economie deMarché (ADEM) fondée en 1992.

Biographie deGillesBonafi
Expert international, spécialiste duMaghreb, vice-président de l’Institut
Euro-Maghrébin d’Etudes et deProspectives (IEMEP),GillesBonafia
réalisé de nombreusesanalyses publiées enFrance et à l’étranger.Ila
participé (mars 2014 àRabat)auComitéIntergouvernemental desExperts
dans le cadre de latable ronde de l’ONU(CEA) sur le développement des
chaînes de valeur enAfrique duNord.Ilanime d’autre part un blog de
réflexions et d’analyses économiques : http://gillesbonafi.blogspot.fr/.
Email : gilles.bonafi@gmail.com.

* * * * *

L’année 2013 s’achève et nousavons jugé utile de dresser le bilan des
économies maghrébinesaux potentialités importantes maisaujourd’hui
encore fortement marginaliséesau sein de l’économie mondiale.Le
Maghreb,avec une dominante culturelleamazighe, est composé de cinq pays
d’Afrique duNord, respectivement duMaroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de
la Libye et de la Mauritanie.Il couvre une superficie globale d’environ 5,7
2
millions de kmet comprend 90 millions d'habitants.Les contrastes restent
extrêmes entre uneMauritanie très pauvre, uneAlgérie etLibye vivant de la
rente pétrolière et gazière, uneTunisie et unMaroc confrontés à un
endettement croissant.Chaque pays duMaghreb est donc un cas particulier
ce qui rend particulièrement complexe une étude générale.De plus, les plaies
du « printempsarabe » ne sont pas encore cicatrisées.La Libye et la Tunisie
n’ont pas encore pris le véritable virage démocratique.LeMaroc et l’Algérie,
par crainte de contagion et faceaux défis posés par lacrise sont en

17

observation.Nous présentons donc quelques indicateurs économiques des
pays duMaghrebafin de donner une vue d’ensemble.Afin d’éviter toute
polémique inutile, les statistiques ci-dessous proviennent essentiellement du
FMIet de la BanqueMondiale.

1.-Indicateurs de croissance

Indicateurs de croissanceAlgé
(estimations)2012 rie
207,7
PIB(milliardsUSD)
9
PIB(croissanceannuelle en % prix
2,5
constant)
PIBpar habitant (USD) 5.69
Taux d'inflation (%)8,9
Balance des transactions
5,9
courantes % duPIB
Balance des transactions courantes
12,26
(milliardsUSD)
Dette publique (% duPIB) 9,9
InvestissementTotal (% duPIB) 36,50
©G.Bonafi−A.Mebtoul

Liby
e
81,92

69,7

12.77
6

35,8

29,37

3,5
16,52

Mar
oc
97,5

3,2

2.99
1,3

-9,3

-9,6

Maurit
anie
4,19

6,3

1.15
4,9

-25,8

-1,08

59
35,87 42,69
Source :FMI

Tunisie

45,61

3,6

4.23
5,6

-8

-3,63

45,7
26,27

LeMaghreb est une région hétérogène et les différences dePIBet de
dettes le démontrent.Sur le plan de ladette et de labalance des transactions,
ladifférence entre pays producteurs d’hydrocarbures et lesautres pays du
Maghreb est énorme.L’Algérie et la Libye sontainsi très peu endettées et le
Maroc connaît un déficit chronique de sabalance commerciale en constante
augmentation.Les différentiels d’investissement en pourcentage
s’expliquent par les importants investissements sur le plan minier etau
niveau des hydrocarbures.

2.-Indice de développement humainauMaghreb

La Tunisie et l’Algérie ont desIDHtrès proches et la Mauritanie reste à la
traine.L’IDHde la France et ses composantes permettent d’établir un point
de comparaison.La Libye, 1ère en termes d’IDH, obtient d’excellents
résultatsavec une durée de scolarisationattendue supérieure à la France.Le
classement selon leRNBpar habitant moins le classement à l’IDH2012
permet à l’Algérie de faire jeu égalavec la France.

18

Indice de développement
Algérie
humain et ses composantes
Valeur de l’indice de
0,713
développement humain 2012
Espérance de vie à la
73,4
naissance 2012
Durée moyenne de
7,6
scolarisation 2010
Duréeattendue de
13,6
scolarisation 2011
RNB(Revenu national brut)
7 418
par habitant 2012
Classement selon leRNB
par habitant moins4
classement à l’IDH2012
IDHnon monétaire 20120,755
©G.Bonafi−A.Mebtoul

Libye

0,769

75,0

7,3

16,2

13 765

-8

Mauritanie

0,467

58,9

3,7

8,1

2 174

-12

Maroc

0,591

72,4

4,4

10,4

4 384

-13

Tunisie

0,712

74,7

6,5

14,5

8 103

-6

France

0,893

81,7

10,6

16,1

30 277

4

0,791 0,473 0,6080,746 0,919
Source :UnitedNationsDevelopmentProgrammeUNDP

3.-Indicateurs du commerce extérieur

L’évolution des chiffres de la Libye qui connaît des progressions à trois
chiffres est à remettre dans le contexte du gel de l’économie en 2011.
L’économie de la Tunisie connaît des turbulences.L’impact de lacrise se
répercute sur les exportationsalgériennes et marocaines.La Mauritanie
bénéficie quant à elle de labonne santé de son secteur minier.Labalance
commerciale des pays exportateurs de pétrole est largement excédentaire.

Indicateurs du commerceAlgérie
extérieur en milliards USD
2012
Importa-44,8tions de biens f.o.b.
Exporta71,9tions de biens f.o.b.
Balance commerciale 27,1
©G.Bonafi−A.Mebtoul

Indicateurs du commerce
Algérie
extérieur évolution en % 2012
Importa8,04tions de biens et de services
Exporta-4,43tions de biens et de services
©G.Bonafi−A.Mebtoul

Libye MarocMauritanie
2012 20122012
-25,65 -40.3-3,17
62,22 20.82,64
36,57 -19.5-0,53
Source :FMI CountryReports 2013

Libye
113,26
225,28

19

Maroc Mauritanie
-0,18 40,32
-1,89 4,34
Source :FMI

Tunisie
2012
-22,96
16,89
-6,06

Tunisie
9,23
6,70

4.- Import-Export de l’Algérie et duMarocauprès des principaux
partenaires

Malgré lacrise, nousassistons à lamontée en puissance desBRICS au
Maghreb.Laproximité géographique des pays du sud de l’Europe favorise
les échanges.La France reste le 1er partenaire duMaghreb, mais perd des
parts de marchéau profit de la Chine, la Russie et leBrésil.L’Italie (ce qui
n’est pas dans le tableau) était le premier partenaire de la Libye en 2010
avec :42,3 %des exportations de la Libye, largement devant la France
(15,5 %) et la Chine (9,4 %) ; 9,4 % des importations de la Libye (3e) juste
derrière la Turquie (10,6 %) et la Chine (9,6 %).

Importations-Exportations
2012 de l’Algérie et du Maroc
(millions USD)
France
Allemagne
Royaume-Uni
Italie
Espagne
USA
Chine
Russie
Brésil
Inde
©G.Bonafi−A.Mebtoul

Algérie

Maroc

ImportExportImportExport
6.433,3 6.124,15.548,4 4.619,4
2.591,1 238,12.139,3 644,7
1.283,3 3.668,0 982,93.540,9
5.191,0 11.512,52.196,3 782,3
4.343,2 7.809,35.901,4 3.540,9
1.769,7 7.809,32.858,9 929,7
5.964,8 2.596,62.967,8 278,8
1.207,4 3,12.350,4 251,6
1.343,7 3.395,41.013,2 1.266,3
1.107,5 1.067,1 507,71.160,5
UnitedNationsCommodityTradeStatisticsDatabase

5.-Poids duMaghreb dans l’économie mondiale

Avec unPIBde 437 milliards de dollars en 2012, le poids duMaghreb
dans le monde représenta% duit 0,608PIBmondial selon leFMIestimé à
plus de 73 000 milliards de dollars.Les contrastes sont très marqués et le
Maghreb est encore loin de laconvergence économique nécessaire à la
création d’une zone monétaire optimale comme le démontre le graphique
concernant lePIB.

20

Nous pouvons distinguer deux groupes et placer la Mauritanie à part :
les pays exportateurs d’hydrocarbures, l’Algérie et la Libye.L’Algérie
possède unPIBplus de quatre fois supérieur à celui de la Tunisie et 49,59
fois supérieur à celui de la Mauritanie ;
les pays importateurs de pétrole et de gaz, leMaroc et la Tunisie ;
la Mauritanie, un pays qui n’apas encoreamorcé son tournant
économiqueavec unPIBtrès faible de 4,19 milliards de dollars en 2012
selon leFMI.
Selon une étude publiée par labanque mondiale en 2009,
lanonintégration duMaghreb leur fait perdre chaqueannée plusieurs points de
1
croissance.Selon une étude publiée par leFMIen 2012, lacrise mondiale et
surtout européenne impacterait lourdement leMaghreb.Un impact négatif
de 1 % duPIBde lazone euro se traduit par un choc négatif à laproduction
de 0,65%auMaghreb.Les liensavec l’Europe (zone euro) sontainsi
clairement démontrésavec un impact 3,25 fois plus important par rapport
auxUSAou à la Chine.En effet, quatre facteurs clés expliquent l’impact de
lazone euro :
l’Europeabsorbe 60 % des exportations maghrébines ;
lesIDEproviennent pour l’essentiel d’Europe ;
le tourisme concernant essentiellement les habitants de lazone euro ;
ladiasporaqui vit essentiellement enEurope.

1
IMF: http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/reo/2012/mcd/menap1112_ch1-2.pdf.

21

6.-Leséconomies maghrébines dominées par lasphère informelle

L’Algérie compte 38,48 millions d’habitants en 2012 pour une population
active d’environ 11 984 410 personnes.Selon un document du ministère du
Commercealgérien en date de février 2013 existeraient 12 000
sociétésécransavec une transaction quiavoisinerait un total de 51 milliards d’euros
soit 66 milliards de dollars, plus de quatre fois le chiffre d’affaires de toutes
les grandes entreprises privéesalgériennes.
La Tunisie, en 2012,aurait 10,78 millions d’habitants pour une population
active de 3,896 millions de personnes.Le secteur informel y est estimé en
2010a% duenviron 38PIB% de let 53,5amain d’œuvre.HernandoDe
Soto, indique en 2012 pour la Tunisie que 524 000 entreprises sur un total de
616 000 sont extralégales, soit 85 %, lesactifs représentent un montant de 22
milliards de dollars.
Pour la Mauritanie, pour 2012, lapopulation totale est de 3,796 millions
pour une populationactive de 1,187 millions de personnes.Concernant la
sphère informelle, elle représentera% de lit plus de 60apopulationactive
dans les centres urbains et plus de 70 % en zone ruraleavec laprédominance
des emplois de fonctionnaireau niveau de lacapitale.
Pour 2012, la Libye, dont laguerre civileafortementaffecté son
économie, nousaurions 6,155 millions d’habitants pour une population
active de 2,3 millions de personnes.Selon la BanqueMondiale, d’autres
sources indiquant entre 6,4 et 6,8 millions d’habitants fortement concentrés
dans trois principales villes :Tripoli,Benghazi etAlBaydaoù les enquêtes
sur lasphère informelle sont inexistantes malgré son développement depuis
lachute du régime deKhadafi, expliquant en partie les tensionsauSahel
(trafic d’armes et de drogues), bien qu’à cette époque existaitavant les
évènements une très forte immigration notamment subsaharienne souvent
non déclarée.D’une manière générale,auMaghreb, lasphère informelle
dépasse 50 % de lasuperficie économique servant à court terme de tampon
social.

22

ACHRAF AYADI

LA TRANSITION ÉCONOMIQUE EN TUNISIE :
ENDETTEMENT, POLITIQUE BUDGÉTAIRE ET MONÉTAIRE

Biographie
AchrafAyadi est docteur enSciences deGestion et consultant pour le
secteur bancaire.Opérant depuisParis, il intervient sur des projets
stratégiques pour le compte de grandes institutions financières européennes.
Son expertise est régulièrement sollicitée par les chaînes de télévision
satellitaires en languearabe pour commenter l’actualité économique et
financière internationale.
http://www.dailymotion.com/achrafayadi

I.Introduction

* * * * *

La Tunisie est en train de vivre une période charnière de son histoire.La
chute de l’ancien régimeaprécipité le pays dans une certaine confusion
politique maisaussi économique.Le systèmeabasé une partie significative
des conditions de sastabilité et de sasolidité sur un réseau d’affaires fait de
relations personnelles et politiques d’une grande complexité.Toujours
restet-il que lafin des privilèges et lafuite de certains privilégiés ont précipité
dans l’inconnu des pans entiers de l’économie.Ainsi, le nouvelÉtat tunisien
aprocédé à l’expropriation pure et simple des biensappartenantau clan
familial duPrésident déchu, en fuite, et des personnes l’entourant.Il interdit
de voyage plusieurs dizaines d’hommes d’affaires locaux dans lafoulée et
mets sous séquestre des comptes bancaires et des biens meubles et
immeubles.Certes, cette transition estaussi bien politique qu’économique :
en s’attaquantaux réseaux d’affaires qui ont permisau système de construire
samainmise sur lapopulation, unealternative devrait exister ou être créée.
Seulement,après l’euphorie des médias internationaux pendant les quelques
semaines qui ont suivi le 14 janvier 2011, l’ampleur de latâchearefroidi les
investisseurs étrangers etasemé le doute chez lesacteurs économiques
locaux.Malgré le soutien unanime lors duSommet deDeauville du 26-27
mai 2011 les doutent s’amplifièrent à l’annonce des résultats des élections de
laconstituante du 23 octobre 2011.On s’interrogea alors sur lacapacité de la
Troïka aux commandes du pays, composée d’un parti islamiste réputé libéral,
d’un parti social-démocrate proche duPartiSocialiste français et d’un parti
arabiste nationaliste, de trouver une synthèse à même d’assurer latransition
d’un modèle économique initial à unautre.

23

Ce papier proposed’introduire le lecteuraux multiples facettes de cette
transition.D’abord, nousanalyserons l’impact du rating de la Tunisie par les
principalesagences de notation sur son niveau d’endettement.Ensuite, nous
nous focaliserons sur lacomplexité de laquestion de lamesure de ladette
publique tunisienne.Enfin, nous confronterons les éléments recueillisavec
les politiques budgétaires et monétairesactuellement menées.L’objectif
n’est pas d’approfondir le cas tunisien dans toute sacomplexité, mais d’en
situer les contoursactuels.Urn «apport d’étonnement» sur un contexte
particulier et ses principaux sous-jacents économiques.

II.De l’impact du rating de la Tunisie sur le niveau de l’endettement

Les récentes dégradations successives de lanote souveraine de la Tunisie
ont fait l’objet d’uneattention particulière de lapart des médias et des
acteurs politiques du pays.Il faut dire que lavague de dégradations
successives que le paysasubies, depuis janvier 2011, de lapart des trois
principalesagences de notations internationales est sans précédent.Bien
entendu, on peut considérer ces dégradations comme l’expression d’un
2
complot international contre la Tunisie oud’en minimiser complètement les
3
conséquences .L’impact financier est pourtant bien réel et correspond à une
indication de lacrédibilité économique et financière de la Tunisie sur les
marchés financiers (1) en tant que débiteur solvable ou pas et (2) en tant que
destination rentable ou pas des investissements directs étrangers (IDE).Les
chiffres parlent d’eux-mêmes : pour lamême notation chezFitchRatings et
chezStandard &Poor’s, la Tunisie emprunterait sur le marché international
4
au même taux que lePortugal et l’Irlande, soit plus de 6 % à 10ans .Nous
sommes, heureusement, loin des 11 % à 10ans de la Grèce !

2
R.Rochefort,DéputéEuropéen duMODEM(19 janvier 2011), «Le cynisme desagences
de notation qui s'attaquent à la Tunisie est insupportable »,
http://www.mouvementdemocrate.fr/actualites/Rochefort-tunisie-agencesdenotation-
19012011.html
3
E.Fakhfakh,Ministres desFinances de la Tunisie (6 mars 2013), «Les investisseurs se
soucient comme de colin-tampon desagences de notation »,
http://www.africanmanager.com/148097.html
4
Ladette souveraine duPortugal se négocieau 17 mars 2013 à 3.148 % à 2ans, 5.283 % à 5
ans et 6.115 % à 10ans.
Source : http://www.boursorama.com/bourse/taux/taux-souverains.phtml?pays=PRT

24

Tableau :Evolution de lanote souveraine de la Tunisie de 1995 à 2013
(Note àLTen monnaie étrangère/Perspective-/note àLTen monnaie locale)

Date de modificationMoody’s FitchRatings S&P’s
avr. -95Baa3/
sept.-95BBB-/ -BBB-/
sept.-96BBB-/ -
/Aavr. -97BBB-/stable/A
Juin.-99Baa3/stable/Baa2
févr.-00Baa3/positive/Baa2
mars-00BBB/stable/A
sept.-00BBB-/positive/A-
Mai.
-01BBB/stable/Aavr. -03Baa2/stable/Baa2
avr.
-09BBB/stable/Ajuil. -05
janv.-11Baa3/négative/Baa3BBB/négative/A-BBB/négative/BBB+
mars-11BBB-/négative/BBB BBB-/stable/BBB
juil. -11BBB-/négative/BBB
nov. -11
Mai. -12BB/stable/BB
Juin.-12
sept.-12Baa3/négative/Baa3
déc.
-12BB+/négative/BBBjanv.-13Baa3/négative/Baa3
févr. -13Ba1/négative/Ba1BB/négative/BB
Exemple depays deHongrie,Maroc,Irlande,PortugalPortugal,Jordanie
même notation (*)îlesBarbades
er
(*)Données rassemblées et mises à jour parTheGuardianau 1mars 2013, source:
http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2010/apr/30/credit-ratings-country-fitch-moodys-
standard#data.Source :www.gbo.tn d’aprèsMoody’s investors services,FitchRating etStandard &
Poor’s (mise à jour du 26 février 2013).

Pour rester concret, la Tunisie emprunterait,au taux du marché 100 000
5
USD avec un coût théorique à 10ans de 33 700USDenviron .Pratiquement
un tiers de lasomme cumulée des intérêts représente environ le tiers du
montant emprunté.C’est dire l’engrenage réel dans lequel les notations
peuvent pousser un pays.Et ce n’est pas encore terminé car, lavaleur du
TND ayant significativement chuté ces derniers temps, lavaleur de ce qui est
rembourséaugmente à chaque fois.Rappelons ici que le dollarUSse
négociait en 2008 à 1,15 dinars tunisiens (TND) et qu’ila atteint un pic
historique de 1,63TNDen juillet 2012 soit l’augmentation du rapport
défavorable du change de 40 % en 4ans.Pour rester, encore une fois, le plus
concret possible,au taux constaté en 2012, le coût du crédit pourrait

5
Simulation d’un emprunt de 100.000USDcontracté sur 10ansau taux de 6%avec
paiement trimestriel fixe, sans période de grâce, ni frais ou commissions en sus.Le calcul
donne 40 échéances à 3.342,71USDsoit un coût total de 33.708,38USD.

25

6
augmenter de 24 % à 70 % sur 10ans !Et encore, on ne tient pas compte ici
de l’inflation ni d’autres facteurs économiques relatifs à ladétérioration des
rapports de l’échange (import-export)avec les principaux partenaires du
pays.
En conclusion, dénoncer lesagences de notation comme unearnaque
insolente du capitalisme triomphant, ne changerapas leurs pratiques.Aussi,
minimiser le poids de ces notations sur lacapacité d’un pays à emprunter et
à honorer ses engagements est littéralement irresponsable, en particulier
lorsque d’autres facteursaggravants –comme un taux de change
défavorablealourdissent une facture déjà lourde.

III.Du poids réel de ladette publique

Ladetteadonc un poids qui évolue de façon dynamique dans le temps en
fonction de lasituation économique de celui-là même qui lacontracte, à
fortiori un pays comme la Tunisie.Ladette de l’Etat tunisien en particulier
suscite de multiples interrogationsau vu du peu de précisions et les
différences des estimations données par les uns et lesautres.Passons en
revue certaines sources :
LeCIA WorldFactbook de l’agence de renseignementaméricaine
indique que ladette de la Tunisie en 2012 représente 54,78 % du
7
PIBpour un montant total de 24,49 milliardsUSD;
Le rapport duFMId’août 2012 indique que ladette publique
tunisienne représentera% duit 53,7PIB% enen 2012 et 55,8
8
2013 ;
LeGouverneur de la BCT, indique le 25 janvier 2013 que ladette
9
de la Tunisie représente 47 % duPIB;en 2012
Dans une tribune duComité pour l’Annulation de la Dette du
TiersMonde (CADTM) publiée le 26 janvier 2013,Fathi
CHAMKHIestime que ladette tunisienneavoisine les 15
10
milliardsUSD;

6
Simulation de l’emprunt précédentavec un taux de changeUSD/TNDà 1,15 lors de la
signature de l’accord (équivalent donc à 115.000TND) et à lapremière échéance payée.Avec
l’hypothèse d’uneaugmentation du taux de cha%nge de 0,08au paiement de chaque
échéance, trimestriellement sur 10ans (ce qui est une progression moins rapide que ce qui est
actuellement constaté), lasomme des remboursements (principal + intérêts) serait égale à
180.373,36TND.
7
Source : https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ts.html.
8
“Tunisia:FinancialSystemStabilityAssessment”,IMF CountryReportNo. 12/241,août
2012.Source : http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2012/cr12241.pdf
9
http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&view=article&id=18046
Source2 :http://www.businessnews.com.tn/Chedly-Ayari-Lendettement-de-la-Tunisie-reste
ma%C3%AEtrisable, 520,35895,3.
10
Source : http://cadtm.org/Abattre-la-dictature-de-la-dette

26

Dansune conférence de presse conjointeau siège de la BCTle 4
février 2013, leGouverneur, le ministre desFinances et le
directeur de lamission duFMIpour la Tunisie, il estannoncé que
11
le taux d’endettement « réalisé » en 2012 est de 43,5 %;
Dans une conférence de presse le 17 février 2013,Eva JOLY
indique que ladette de la Tunisie est d’environ 20 milliardsEUR.
Elle fût reprise le 19 février par un éminent économiste tunisien
qui indique 31 milliardsTNDdont 11 milliardsTNDqui seraient
12
des dettes internes;
Dans deuxarticles fouillés publiés sur le siteNawaat le 26 février
2013,MehdiKHODJET EL KHILrelève les différences de
montants indiqués par les différentes sources statistiques sur
l’ampleur de ladette tunisienne.Un chiffre en particulier est à
relever : le stock de ladette tunisienne en 2011 tel qu’indiqué par
la BanqueMondiale est de 31,44 milliardsTND alors que la BCT
13
n’enannonce que 25,39 milliardsTNDpour cette mêmeannée!
Dans son papier, tout enaccusant la BCTde ne pas comptabiliser
les dettes extérieures à court terme, ilavance le chiffre de
136,67 %duPIBcomme le véritable ratio d’endettement public
du pays en 2011 !
Le dernier chiffre en date est celui contenu dans lalettre
d’intention duGouvernement tunisien en février 2013 à
l’attention deChristineLAGARDE,DGduFondsMonétaire
Internationalannonçant que ladette publique s’élève à 44,8 % du
PIB.
Alors, pourquoiautant de différences, y compris par des sources
officielles ?Unaudit n’est-il pas nécessaire pour mettre finaux doutes etaux
approximations ?Bien entendu, lasortie duSecrétaire d’Etat à lafiscalité le
18 février 2013 déclarant que le projet de loi d’audit de ladette tunisiennea
14
été retiré à l’AssembléeNationaleConstituante ,asuscité une forte émotion
15
chez l’opinion publiqueainsi que chez les élus.Cette volonté de ne pas
faire toute lalumière sur des chiffres, déjà polémiques vu les incertitudes qui
pèsent sur leuracuité, s’ajoute désormaisaux inquiétudes liéesaux
négociations en coursavec leFMI.La Tunisie ira-t-elle vers unPlan

11
http://www.lapresse.tn/07022013/62199/un-fonds-a-utiliser-en-cas-de-choc-externe.html
12
http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&view=article&id=18403
13
Source :
http://nawaat.org/portail/2013/02/26/la-dette-exterieure-de-la-tunisie-1970-2011-aqui-profite-le-crime/
14
Source
:http://www.radioexpressfm.com/podcast/show/slim-besbes-le-projet-de-loi-daudit-de-la-dette-a-ete-retire-de-l-anc.
15
Shttp://www.businessnews.com.tn/ource
:Slim-Besb%C3%A8s-annonce-le-retrait-duprojet-d%E2%80%99audit-de-la-dette-tunisienne,-le-CPR-s%E2%80%99indigne-
!,520,36389,3.

27

d’AjustementSdur »,tructurel «en pleine phase transitoire, sans connaître
précisément son taux d’endettement public ?
Nous, nous nous en tiendronsau 44,8 % duPIBen 2012annoncé dans la
lettre d’intention duGouvernementauFMI, l’ambition ici n’étant pas de
répondre à cette question.Ce serale rôle duditaudit, si les responsables
politiques du pays l’autorisent un jour bien entendu.Nous noterons toutefois
que ce même taux s’élevait à 40,4% en 2010 et à 44,6% en 2011.
Maintenant, concentrons-nous sur des chiffres sûrs, ceux des crédits
accordés à la Tunisie par la BanqueMondiale, par exemple, jusqu’en 2042,
16
dernière échéance répertoriée à ce jour.

Graphique 1 :Les paiementsau titre du service de ladette tunisienneauprès
de la BanqueMondiale (soldesarrêtésau 31/12/2012)

Source : http://www.worldbank.org/

Nous relèverons les constats suivants :
L’État tunisien doit rembourser 1,5 milliardsUSDà la Banque
Mondiale dont 224 millionsUSDd’intérêts entre 2013 et 2021 ;
Ce montant représente 52 % du service de ladette totalau titre des
financements de la BanqueMondiale et 64 % du total des intérêts
de 2013 à 2042 ;
Pour mémoire, l’Etat tunisien doit rembourser à la Banque
Mondiale 53 millionsUSDle 15 mai 2013 et 43 millionsUSDle
15 novembre 2013.
Parailleurs, le graphique montre que la Tunisie est en plein milieu de « la
pente »laplus dure à monter pour les remboursements et que l’étau du
service de ladette –pour les financements de la BanqueMondiale
uniquement- ne se desserrerarelativement qu’après 2022.Quelles sont donc

16
Source :Données détaillées disponibles sur le site de la BanqueMondia:le ici
http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/COUNTRIES/0,,COUNTRYCODE:TUN~
menuPK:177680~pagePK:169643~piPK:169646~theSitePK:136917~CURRENTPAGE:3~P
AGESIZE:100~TOTALRECORDS:291,00.html.

28

les politiques
situation ?

budgétaires et monétaires

employées pour sortir de cette

IV.Politique budgétaire, politique monétaire et dette publique

Éviter complètement de faireappelau levier financier de ladette est un
non-sens.Laisser filer ladette sous prétexte de lapériode de transition
démocratique que vit la Tunisie, depuis janvier 2011, est un non-sensaussi.
Deux raisons motivent particulièrement ces deux convictions :
Àpriori, la Tunisie ne dispose pas de moyens financiers importants
qui lui permettraient de payer, d’un trait de plume, des dettes
anciennes, parailleurs contestables vu l’impossibilité d’authentifier
qu’elles ont bien serviau développement du pays et non à enrichir
lanomenklaturalocale.Toutefois, des voix s’élèvent pour
renforcer lesattributs de souveraineté économique du pays, en
reprenant en main lamaîtrise de l’exploitation des ressources
naturelles minières et énergétiques.Le travail de mobilisation et de
réflexion mené parMohamedBALGHOUTHI(Comité de
Réflexion sur l’Economie tunisienne) est à ce titre particulièrement
17
intéressant .Il semblerait en effet que la Tunisie dispose bel et
bien des moyens de rembourser sadette et mêmeau-delà ;
Protéger l’État, les finances publiques et lapérennité de
l’administration et des institutions nationales est le devoir de
chaque gouvernant.Laisser filer ladette est contraire à lapérennité
de l’Etat et handicape sacapacité à investir, à créer des emplois et
à garantiraussi bien le système d’assurance-maladie que le
système des caisses de retraites.Aucun prétexte,aucune rhétorique
politicienne, serait-elle «révolutionnane peut justifier unire »,
recours excessif et démesuré à l’endettement.
L’équation est cependant bien plus compliquée.Le gouvernement tunisien
de transition s’est retrouvé confronté à plusieurs objectifs contradictoires et
quasi impossibles àatteindre en même temps :
Maximiser lacroissa% en 2012).nce économique (3,2Le niveau
de référence nécessaire pour créer un nombre suffisant d’emplois
se situeau-dessus de labarre des 5/6 %,
Réaliser le plein-emploi des ressources humaines (chômage à 17 %
en 2012),
Minimiser le taux d’inflation et stabiliser le taux de change face
aux principales devises détenues en réserves par la Banque

17
Intervention deMohamedBalghouthi co-fondateur duCRET(Comité deReflexion sur
l'EconomieTunisienne) lors de l'Université populaire deTunisie organisée parACET,RAID
et leCADTMle 10Juillet 2012.Source : http://www.youtube.com/watch?v=gJR00fKJKUc.

29

Centrale (taux d’inflation de 5,9 % en décembre 2012 contre 4,2 %
en novembre 2011 et dégradation forte du taux de change duDinar
Tunisien faceau dollarUSet à l’EURO),
Assurer l’équilibre extérieur.Le déficit des transactions courantes
est pa% dussé de 7,4PIB% en 2012en 2011 à 8,1avec des
réserves en devises constituées en grande majorité par des dettes.
Il semble donc que faceau « cruel dilemme » deSamuelson, le choixaété
fait de laisser filer l’inflation pour pouvoir résorber le chômage.On s’attend
donc à une politique budgétaire et monétaire expansionniste de lapart de
l’Etat.

4.1.Lapolitique budgétaire :Plus de dépenses de gestion, moins de
dépenses d’investissement et plus d’endettement

La Loi deFinances 2013aété fraîchementaccueillie par un nombre
important de commentateurs et d’analystes de lachose économique
tunisienne.En comparant le budget 2013 à celui de 2012, un certain nombre
de faits surprenants sembleattirer l’attention de tous :
L’augmentation du budget global de l’AssembléeNationale
Constituante de 15 % dont uneaugmentation de 96%au titre des
dépenses d’investissement.Le budget de la Présidence provisoire
de la Républiqueaugmentera% dont unde 10accroissement de
69 % pour les dépenses d’investissement.Cette même tendance est
également visible dans le budget duPremierMinistère et du
Ministère desAffairesReligieuses,
Labaisse du budget duMinistère duDéveloppement régional est
de 37%, celui de lacoopération internationale de 9%, celui du
Tourisme de 7 % et celui de l’agriculture de 4 %.
Plus globalement, nous remarquons uneaugmentation générale du budget de
l’Éta% pt en 2013 de 9,4ar rapport à 2012avec unaccroissement des
dépenses de gestion de 16,2% et une baisse des dépenses d’investissement
18
de 10,5 %.

18
Le calcul des pourcentages est fait par l’auteur sur labase des chiffres donnés par
Marsa(1) pour les rubriques détd.tn :ahttp://millées :arsad.tn/budget/2013 et (2) pour les
tableauxExcel :
https://docs.google.com/spreadsheet/ccc?key=0AgBRd4LI7yJAdDkyTEttYzFFVFZwWlVqO
HZRSFdTUnc#gid=2

30

Graphique 2 :Comparatif du budget de l’État tunisien en 2012 et en 2013

Il est surprenant de ne rien trouver dans la Loi desFinances de 2013 qui
puisse indiquer une prise en main de l’endettement public.Bienau contraire,
il semblerait que les déséquilibres sont bien partis pour perdurer.En 2013, et
par laloi, la Tunisie emprunterait à nouveau 6.717 millionsTNDpour
renforcer ses ressources.Après un déficit budgétaire à 6,1 % duPIBen 2012,
les estimations parlent d’un franchissement quasi certa%in du seuil des 7
voire des 8 % en 2013.

4.2.PolitiqueMonétaire :Plus d’inflation, des taux directeurs à la
hausse et des banques en difficulté

Les pressions inflationnistes et l’assèchement des liquidités ont conduit la
BanqueCentrale deTunisie à renforcer son concoursaux banques.Le
Gouverneurannonce le 1eravril 2013 que la BCTinjecte en moyenne 3
19
milliards deDinars par jour pour soutenir les banques .Au même moment,
le taux directeuraété relevé à 4,25 % et les réserves obligatoiresau titre des
crédits à laconsommation relevés.Ces mesures visent à freiner la
consommation et à ralentir le rythme de l’inflation.Si les créditsaccordés
par les banques finissent par l’être à un taux d’intérêt inférieur à l’inflation
(5,8 % en 2012 et bien plus en 2013),alors, pouvons-nousaffirmer que ces
crédits seraient subventionnés par le système financier ?Auquel cas, il
s’agirait d’une incitation à laconsommation, et donc à l’inflation, et non pas
le contraire !

19
Source : http://www.africanmanager.com/149201.html.

31

La dépendance des banquesau refinancement de la BCTreste forte dans
un contexte où le rythme d’accroissement des dépôts ne peut plus suivre
celui des demandes de crédit.De surcroît, les prêts improductifs par rapport
aux créances totales s’élèvent à 13,4 % et pourraient le dépasseraisément vu
les reclassements d’impayés non encore réalisés.Celaveut dire que certaines
banques (celles qui relèvent du secteur public notamment), pourraient se
révéler sous-capitalisées par rapportaux impayés de crédit à provisionner.
C’est l’ensemble du dispositif de suivi des risques qui devrait être revu.
Deux indices qui ne trompent pas seraient de nature à confirmer lanécessité
d’efforts imminents de recapitalisation de plusieurs banques :
Ladégradation de lanotation de la BCTpar l’agenceMoody’s le
1er mars 2013 deBaa3 àBa1 pour l’aligner sur lanote souveraine
de l’État, notamment, et ladégradation de lanotation de 5 banques
tunisiennes parMoody’s dont labanque publique laplus
importante de laplace,
Le lancement d’unaudit financier, institutionnel, de système
d'information, social et de performance sur les trois principales
banques publiques de laplace et 8 de leurs filiales.L'objectif final
est d'aboutir à un diagnostic exhaustif de chaque entité et de
dresser une « stratégie de restructuration ».
Le besoin en «restructuration »n’est pas exclusif à une banque en
particulier.Tout le secteur et son organisation sont à revoir.Rappelons qu’il
yaplus de 20 banques de détail dans un marché de 11 millions d’habitants et
que les niveaux de rentabilité et de couverture des risques de l’activité
bancaire ne sont pas sécurisés dans ce contexte.Il yaurait des privatisations
à faire et des consolidations entre banques privées et publiques à impulser
d’urgence.L’Etat ne peut pas se permettre d’éponger l’ardoise des banques
publiquesavec les niveaux d’endettementactuels.Ces fonds pourraient être
mieux employésailleurs en faveur de l’emploi et des régions marginalisées.

V.Conclusion

L’ambition de ce papieraété d’introduire le lecteur à lasituation
économique de la Tunisie en pleine transition.Lanotation risque du pays
sembleaggraver les niveaux d’endettement et les perspectives
d’amélioration semblent lointaines.Le refus de réaliser unaudit de ladette
passée de la Tunisiealors même qu’elle sollicite « unaccord de confirmation
à titre de précaution » d’une valeur de 1,8Milliards deDollarsUSde lapart
duFMI, continue à semer le doute sur lavéracité des chiffresannoncés.Les
citoyens craignent que, derrière l’augmentation des prix de l’énergie et de
certains produits de première nécessitéainsi que lademande d’aideadressée
auFMI, se cache unProgramme d’AjustementStructurel qui ne dit pas son
nom,aux effets dévastateurs sur l’économie nationale.

32

Lebudget 2013 suscite des questionnements légitimes sur sacohérence et
saportée.L’augmentation exponentielle des frais de gestion (et des coûts
salariaux du public) contre un tarissement des dépenses d’investissement ne
ferait qu’alimenter l’inflation croissante.Lapolitique monétaire gagnerait
elle-même en cohérenceau prix d’unajustement nécessaire de lapolitique
budgétaire.Lacontribution de l’État dans laprise en charge de certaines
entités défaillantes et coûteuses (comme certaines banques publiques mal
gérées et portant des risques trop important dans leurs comptes) doit être
réanalysée.Comment faire face à tous ces enjeux dans une phase de
transition ?Peut-être est-iladéquat de dire que ces enjeux dépassent de loin
une phase de transition !La Tunisiealachance de disposer d’une
infrastructure économique intéressante et de ressources humaines de qualité
pouraffronter l’avenir.Mais l’avenir se fera avec un projet de société clair et
consensuel, un projet économique durable et une stabilité politique et un
climat social favorable à l’investissement.C’est seulement à ce moment-là
qu’on pourradire que la Tunisie n’est plus dans une phase de transition.

33

AHMED YOURA OULD HAYE

ECONOMIE DE LA MAURITANIE : OPPORTUNITES, DEFIS
ET PERSPECTIVES D’AVENIR

Biographie
Docteur èsSciencesEconomiques,MonsieurAhmedYoura OuldHaye
est enseignant à l’Université deNouakchott où il fut, durant troisannées
consécutives,Président du département économieau sein de lafaculté des
SciencesJuridiques etEconomiques.Il enseigne également à l’Ecole
Nationale d’Administration, deJournalisme et deMagistrature (ENAJM) et
à l’InstitutUniversitaireProfessionnel (IUP).Parailleurs,M.AhmedYoura
OuldHayeaexercé des hautes responsabilitésau sein des ministères chargés
du développement rural et desaffaires économiques et du développement.
Dans ce cadre, ila assuré, entreautres, lacoordination duProgramme
National deBonneGouvernance (PNBG) et du projet de prospective
«MauritanieVision 2030».Depuis 2012, il est consultant de l’Agence
Française deDéveloppement (AFD)auprès de la Chambre deCommerce,
d’Industrie et d’Agriculture deMauritanie (CCIAM) où il coordonne un
programme d’appuiaux petites et moyennes entreprises (Programme
mésofinance).Auteur de plusieurs études,articles et rapports,M.OuldHaye
est, en outre, consultantauprès de plusieurs organismes nationaux et
internationaux.

* * * * *

Située entre les 15es et 27es degrés de latitude nord et les 5es et 17es
degrés de longitude ouest et bénéficiant d’une position géographique
stratégiqueau carrefour de l’Afrique duNord et de l’Afrique subsaharienne,
la Mauritanie s’étend sur une superficie qui est le double de celle de
l’Espagne (1.030.700 km²) dont lamoitié est désertique.Avec un climat
désertiqueau nord et sahélienau sud, le pays reçoit, dans samajeure partie,
une pluviométrie inférieure à 300 mm/an.Les conditions climatiques
difficiles et incertaines l’apprêtent à l’instabilité et à ladégradation des
ressources naturelles.
Les ressources en eau, relativement rares, sont constituées des eaux de
pluie irrégulières et mal réparties, des ressources en eau de surface dont les
principales sont constituées par le fleuveSénégal (régularisé par les barrages
deMANANTALIet deDIAMAréalisés dans le cadre de l’Organisation de
Mise enValeur du fleuveSénégal/OMVS) et sesaffluents enMauritanie
dont les bassins versants totalisent environ 56 000 km² et des réserves d'eau
souterraine (CSAO-CILSS, 2008 : 6).

35

Sur le territoire diviséadministrativement en 13 wilayas (Régions), 54
moughataas (préfecture) et 216 communes, vivait en 2011, selon les
projections établies par l’OfficeNational de la Statistique (ONS), une
population de 3 340 627 personnes (dont 1 678 324 hommes et 1 662 303
femmes)avec un taux de croissa% et une densité de 3,2nce de 2,4
habitants/Km²avec des disparités selon les régions.Sur cette population,
plus de 61% ont moins de 25ans.Eu égard à l’importance de la
désertification et de l’exode rural,Nouakchott, lacapitale,abritait, en 2009,
plus d’un quart des ménages, plus de 60 % de lapopulation urbaine et près
de 28 % de lapopulation totale du pays.
Le taux d’espérance de vie à lanaissance était, en 2009, de 57années et
les taux,au niveau national, de mortalité infanto-juvénile et de mortalité
infantile se sont établis, en nombre pour mille, respectivement à 122 et 77 en
2007.E% en 2007 contren outre, l’indice synthétique de fécondité (4,6
4,7 % en 2000) et le taux d’usage de lacontraception (9,3 % en 2007 contre
5,1 %en 2000) sont demeurés pratiquement stables ou ont progressé
légèrement depuis une dizaine d’années (RIM, 2011 : 38).
Parailleurs, la Mauritanie est un haut lieu de brassage ethnique et culturel.
Les langues parlées par les différentes composantes de lapopulation du pays,
musulmane sunnite de riteMalékite, sont l’arabe, le pulaar, le soninké et le
wolof.Les langues de travail sont l’arabe, lalangue officielle, et le français.
En outre, la Mauritanie, grâce à saposition géographique spécifique, est le
lieu de contact privilégié entre trois espaces stratégiques (Méditerranée viale
Maghreb,Océanatlantique,Afrique de l’Ouest) et un carrefour de routes
commerciales.Cette position géographique exceptionnelle est en train de
façonner lagéopolitique du pays qui devient un desacteurs essentiels de la
lutte menée contre toutes les formes imbriquées de terrorisme dans leSahel à
savoir les réseaux djihadistes et mafieux :émigration clandestine,armes,
véhicules, cigarettes, médicaments,avec une fulgurante montée en puissance
du trafic de drogue (cf.TAJE M.Mehdi, 2010).
Avec unPIBpar habitant de 1100US$ en 2010, unIndice de
DéveloppementHumain (IDH) de 0,453, la Mauritanie quiappartientau
groupe des pays les moinsavancés (PMA) se situeau 159e rang sur les 187
pays classés par lePNUDdans son rapport mondial sur le développement
humain 2011 (PNUD, 2011 : 144).
Dans les développements qui suivent dont l’objet est de faire une
présentation générale de l’économie mauritanienne, l’accent seramis
successivement sur :
les ressources naturelles du pays, jusqu’ici insuffisamment
exploitées et à l’abri de fortes convoitises internationales,
lastructure de l’économie,
les principaux défis à relever
les perspectives d’avenir.

36

I. Les ressources naturelles insuffisamment exploitées

Dès que laquestion des ressources naturelles estabordée enAfrique,
l’image duNigeriasurgit à l’esprit.Doté de grandes ressources humaines et
naturelles, ce pays est le premier producteur de pétrole enAfrique et le 10e
exportateur de pétrole à l’échelle mondiale.Le secteur pétrolier détermine le
fonctionnement de toute l’économie du paysavec plus de 95 % des recettes
d’exporta% des recettes publiques et un tiers dution, 76PIB.Malgré son
immense potentiel, leNigériaqui figuraitau début desannées 70 parmi les
50 pays les plus riches du monde estaujourd’hui classé parmi les 25 pays les
plus pauvres et les plus inégaux (ACBF, 2011a: 66).
Notre propos à travers l’évocation de l’exemple duNigériaest de ramener
à l’esprit,avant l’explicitation des potentialités de la Mauritanie, les idées
ayant trait à l’association paradoxale entre exploitation des richesses du
sous-sol à lapauvreté des populations, à lamauvaise gouvernance et à la
détérioration de l’environnement (T.L.KARL, 1997)ainsi que toute la
littérature sur «lamades ressources nlédiction »aturelles [cf.A.Rosser,
2006 ;Carbonnier,G, 2007 ].Dans le cadre de cette littérature,P.COLLIER,
P. etA.HOEFFLER avaient montré, en 2002, que les chances de conflit
civil dans un paysaugmentent sensiblementavec larichesse en ressources
naturelles.Les calculs effectués par cesauteurs indiquent que laprobabilité
de conflit dans un pays non doté de ressources naturelles est de 0,5 %.Cette
probabilité s’établit à 23 % dans un pays disposant de ressources naturelles
égalant 26% duPIB(cf.SALA-I-MARTIN,X andA.SUBRAMANIAN,
2003).Cette question des ressources naturelles revêt une importance
spécifique pour les pays concernés comme la Mauritanie et ceci pour un
certain nombre de raisons liées :
aux mutations de l’économie mondialeavec leurs conséquences
sensibles sur lademande ;
à ladifficulté de gérer l’effet de volatilité des prix sur lastabilité
macroéconomique et financière ;
au défi du renforcement de lacompétitivité en liaisonavec le
« syndrome hollandais » ;
à lanécessité du maintien d’un rythme mesuré des dépensesafin de
préserver lastabilité macroéconomique et les intérêts des
générations futures et à l’importance d’institutions solides et de la
bonne gouvernance pour garantir l’efficacité des politiques
publiques et l’utilisation rationnelle des ressourcesau profit de
toute lasociété (cf.STRAUSS–KAHN,D., novembre 2010).
Les éléments précités étant rappelés, il faut souligner que les ressources
naturelles du pays sont concentrées essentiellementau niveau des secteurs de
l’agriculture, de l’élevage, des pêches, des mines et hydrocarbures et du
tourisme.

37

1.1. Lesecteur rural

Dans le contexte global de croissance et de production, le secteur rural
(agriculture et éleva% duge) représente, en moyenne, 20PIBet concerne,
directement, plus de lamoitié de lapopulation.

1.1.1.L’agriculture

Le sous-secteuragriculture est largement tributaire de lasituation
géographique du pays.De ce fait, les terresarables représentent environ
502.000 hadont 137.400 hairrigables, 5.500 had’oasis, 139.100 hade terres
de décrue et 220.000 hade terres exploitables en pluvial.Ce potentiel n’est
exploité que partiellement.Selon les données disponibles, lasurface totale
exploitée pour laproduction céréalière connaît depuis une quinzaine
d’années un mouvement discontinu passant d’un minimum de 109 218 ha au
cours de lacampagne 2002-2003 à 212 600 haen 2003–2004 et à un
maximum de 240 000 ha au titre de lacampagne 2007– 2008.Lasurface
moyenne cultivée par un ménageagricole est d’environ 1,3 ha, variant de
moins de 0,5 hadans les zones pastorales à 2,4 hadans les zones
d’agriculture pluviales.
Laproductionagricole nationale est essentiellement constituée de céréales.
Le mil, le maïs et le sorgho, le niébé et les pastèques constituent les
principales cultures sous pluies et de décrue.Le riz représente laprincipale
culture irriguéeau moment où les cultures maraîchères jouent un rôle de
second plan.Laproduction céréalière brute des cinq dernièresannées est de
151.000 tonnes en moyenne.Elle ne parvient pas à couvrir les besoins des
populale ptions ;ays importa% des produitsnt près de 70alimentaires de
base (RIM-CTLP: 8)., 2010Ces faibles performances, l’agriculture
représentant environ 5% duPIB, sont enregistrées malgré les importants
investissements réalisés dans lavallée du fleuveSénégal et lamise en œuvre
d’une politique d’ajustement engagée depuis 1989 dans le cadre du
Programme d’Ajustement duSecteurAgricole (PASA), quiaintroduit des
réformes fondamentales dans lapolitiqueagricole.Ces investissements ont
donnéau secteur privé laprimauté dans laproduction, lacommercialisation
et latransformation tout en recentrant l’intervention de l’État dans ses
fonctions de planification et de création d’un environnement favorable à une
croissance forte.
Depuis cette date, lapolitique gouvernementale dans le domaine des
productions végétales est marquée par :
l’institution d’un créditagricoleautonome ;
larestructuration duMinistère duDéveloppementRural et de la
SociétéNationale deDéveloppementRural (SONADER) ;
laréforme foncière ;

38

lalibéralisation des prix et de lacommercialisation ;
lacréation des infrastructures ;
l’introduction de semencesaméliorées ;
le lancement de programmes majeurs dans les principales zones
agroécologiques du pays ;
lapromotion des exportations notamment des produits maraîchers
vers les pays européens.
Les contraintes spécifiques les plus citées sont l’enclavement et
l’insuffisance des infrastructures dans les zones de productionagricole, la
faiblesse des systèmes de production, lafaible qualité des semences utilisées,
les dysfonctionnements de lacommercialisation, l’importance des fléaux
naturels (criquets, oiseaux granivores, inondations)…, le manque de
politiques incitatives stables et ciblées, laquasi-absence d’une politique de
soutien à l’agriculture pluviale et laconcurrence des produits importés.Il est
bien évident que dans le long terme l’agriculture mauritanienne estappelée à
cesser d’être un grand réservoir d’emploi (10,5 % de lapopulationactive en
2008) pour une faible contributionauPIBnational.Celadevrait se traduire
par l’abandon de lalogique de subsistance et le cheminement vers une
agriculture moderne, diversifiée et rentable pour les exploitantsagricoles.

1.1.2.L’élevage

Dans le sous-secteur de l’élevage qui contribue pour près de 15 % duPIB
national, les ressources et les potentialités sont énormes.Le cheptel est
estimé en 2010 à 1.394.000 bovins, 1.185.000 camelins et 11.393.000
ovins/caprins soit (enajoutant à ce cheptel 250.000asins et 63.000 équins)
3.637.060UBTou 1,42UBT/habitant.Ce rapport est le plus élevé de la
sous-région.Au-delà de cetaspect quantitatif, il yalieu de mentionner que
le cheptel, bienadaptéaux conditionsagroécologiques du pays, est diversifié
avec de bonnes races à viande, des zébus laitiers et des filières à grandes
opportunités de croissance et d’investissement (filières lait, viandes rouges,
peaux et cuirs etaviculture).En outre,l’élevage occupe une place
socioéconomique importante et joue un rôle central dans lasécurité
alimentaire nationale et lalutte contre lapauvreté notamment à travers
les mécanismes traditionnels desolidarité que constituent lazakat
(aumône /3e des piliers de l’Islam), lamniha(usufruit) et les dons.
Au cours des dernières décennies, lapolitique du gouvernement s’est
focalisée sur le renforcement des infrastructures sanitaires, lamise en place
d’un crédit spécifique, lalibéralisation de laprofession vétérinaire et du
marché de médicaments, laresponsabilisation et l’organisation en
associations pastorales des éleveurs, lapréservation des pâturages et
l’amélioration des conditions d’abattage à travers laconstruction de
l’abattoir deNouakchott et desaires d’abattage à l’intérieur.En dépit de

39

l’ensemble des éléments précités, d’un besoin local important et de la
présence de marchés extérieurs de proximité porteurs (pays duMaghreb et
de lasous-région ouest-africaine), le potentiel national en matière d’élevage
demeure sous-exploité.Cette situation est imputable à un certain nombre de
faiblesses parmi lesquelles on peut citer :
1. l’insuffisance des infrastructures d’élevage ;
2. lafaible productivité desanimaux ;
3. l’absence de données statistiques fiables et laméconnaissance des
paramètres zootechniques ;
4. lafaiblesse des capacités de suivi et de contrôle ;
5. l’inexistenced’un système d’identification et de suivi desanimaux ;
6. l’insuffisance du personnel scientifique et technique qualifié ;
7. leslimites du cadre législatif et réglementaire ;
8. l’inadaptation du cadre institutionnel ;
9. lafaible structuration du secteur, le manque d'opérationnalité des
organisations socioprofessionnelles ;
10. l’insuffisance de contrôle sur l’hygiène et laqualité des produits et
intrants de l’élevage ;
11. l’absence de systèmes performants de collecte, de transformation et
de commercialisation des produits ou sous-produits d’élevage ;
12. l’absence de crédits spécifiques, le nouveau système de crédit à
l’élevage n’est pas encore opérationnel
13. lafaible capacité de gestion de l’espace (Projet «Mauritanie
Vision 2030 », 2010a: 13).
En conclusion, lacontribution du secteur rural dans son ensemble
(agriculture et élevage) à l’économie nationale est encore en deçà de ses
possibilités car ce secteur possède d’importantsatouts, en particulier :
des potentialités de terres irrigables nonaménagées à l’heure
actuelle ;
des terres irrigables moinsaptesaux cultures mais néanmoins
utilisables pour laproduction de bois ;
des excédents importants de viande rouge, de cuirs et peaux
disponibles pour l’exportation ;
des possibilités élevées d’intégrationagriculture/élevage et un
potentiel important de production fourragère en irrigué ;
des conditions favorables à l’implantation d’agro-industries suite à
l’électrification de l’intérieur du pays et de larive droite de la
vallée du fleuveSénégal dans le cadre de l’Organisation deMise
enValeur du fleuveSénégal (OMVS) ;
des possibilités de diversification des cultures encore très peu
exploitéesau sein desquelles laproduction maraîchère, notamment
pour les besoins de l’exportation, pourrait occuper une place
importante.

40

Cependant, le secteur reste soumis à un certain nombre de facteurs de
blocageayant traitauxaspects techniques, économiques et sociaux.Parmi
ces facteurs on peut citer :
une politique de développement du secteur qui n’apas été
réactualisée depuis le début de ladécennieafin de tenir compte des
évolutions enregistrées
lafaiblesse de l’organisation étatique du secteur marquée par des
changements constants de l’organisationadministrative et
institutionnelle
laforte prévalence de lapauvreté et des inégalités
les lenteurs dans lamise en œuvre du processus de régularisation
foncière
l’engagement limité du système financier
les insuffisances en termes de recherche-formation-vulgarisation.
De ce fait, lesactions prioritaires dans ce domaine pourraient se focaliser
au cours des prochainesannées sur lamise en place d’un système
d’irrigationadéquat, le désenclavement des zones de production, la
disponibilisation d’intrants, une plus grandearticulation de l’agriculture et
de l’élevage, l’intégration de ce dernier dans les circuits formels de
l’économie et laformation technique.

1.2.Le secteur des pêches

L’InstitutMauritanien deRecherchesOcéanographiques et desPêches
(IMROP)aévalué en 2002 le potentiel de prélèvement permissible à
1.539.000 tonnes paran dont 120 000 tonnes d’espèces de fond, 118 000
tonnes de pélagiques et 301.000 tonnes de coquillages.Sur ce potentiel, les
captures déclarées d’origine mauritanienne se situent, depuis quelques
années, entre 700 000 et 800 000 tonnes/an.L’analyse de lastructure de
cette production donne près de 90 % des captures par lapêche industrielle et
10 %par lapêcheartisanale.L’armement national ca%pture environ 20
contre 80% pour lesarmements étrangers.Les captures provenant de la
pêcheartisanale se situentaux environs de 80 000 tonnes/an et représentent
20 % de laproduction nationale (Projet «MauritanieVision 2030 », 2010b :
6).
LeCode des pêches (loi n° 2000-025 du 24 janvier 2000)aprévu trois
régimes d’accès à laressource, à savoir l’acquisition pour les nationaux,
l’affrètement et les licences libres.Àlafin de l’année 2009, laflotte
nationale était constituée de 211 navires industriels (congélateurs et glaciers)
côtiers et de 4022 embarcations et lanchesartisanales.Àlamême période,
l’armement étranger comptait 134 navires dont 96 pêchent dans le cadre de
l’accord liant le pays à l’UnionEuropéenne et 38autres entre navires
affrétés (4) et pêchantavec une licence libre (34).Ace niveau, il faut

41

souligner que le dernieraccord de pêche signé en 2006avec l’Union
Européenne, et qui doit prendre fin en 2012, octroieaux navires européens
un quotade priseannuelle de 205 000 tonnes en contrepartie du versement
d’un montant de 305 millions d’Euros.
Malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics depuis 1994 visant à
réorienter de façon radicale lapolitique des pêches (protection de la
ressource, rationalisation de l’effort de pêche, intégration à l’économie
globale, développement des capacités des structures institutionnelles et
préservation de l’environnement et de lasécurité maritimes), les résultats
enregistrés n’ont pas été à lahauteur des espérances investies.
En effet, le secteur qui étaitassez dynamiqueau début desannées 1990a
fortement décliné consécutivementau vieillissement de laflotte nationale, à
l’exacerbation de laconcurrence internationale etaux problèmes de
régénération de laressource (surexploitation du stock de poulpes, baisse
généralisée des stocks démersaux…).Au cours des dernières décennies, il
n’a% dureprésenté, en moyenne, que 5PIBet un quart des recettes du
budget de l’Etat.Lacontribution sectorielle à l’emploi (entre 36 000 et 40
000 emplois) – même si elle représente 36% des emplois des secteurs
formels ou modernes - est relativement faible par rapport à celle des pays
voisins et à l’importance des ressources halieutiques du pays, des navires
autorisés pour opérer dans les eaux nationales, des industries à terre et des
services connexes à l’activité de pêche (Projet «MauritanieV»,ision 2030
2010b : 7-8).
Àcelas’ajoute le déficit cruel en infrastructures de débarquement qui
continue de constituer un véritable facteur limitant pour ladomestication des
activités de pêche.Àce jour, moins de 20% des captures sont débarquées
sur le territoire national dont 90 % sont exportées à l’état brut librement ou
sous le contrôle de la SociétéMauritanienne deCommercialisation du
Poisson (SMCP) quiassure lacommercialisation de tous les produits
congelés.
Dans le cadre de leurs efforts pour pallier cette situation, les pouvoirs
publics ont signé, le 07 juin 2010, unaccord d’une durée d’un quart de siècle
avec lasociété chinoisePolyHondonePélagicFisheryCo.Aux termes de
cetaccord très contesté par les opérateurs du secteur et une large frange de la
classe politique nationale, lasociété chinoise devrait construire et exploiter
un complexe industriel complémentaire de lapêche industrielle à
Nouadhibou, réaliser une productionannuelle de 100 000 tonnes de produits
finis,acquérir des bateaux de pêche et créer 2500 emplois nationaux et ceci
pour un investissement global devantatteindre les 100 millions de dollars
US.
En conclusion, lasurexploitation de laressource, labaisse de la
contribution du secteurauPIBet le faible niveau des emplois créés
indiquent que les objectifs des politiques publiques dans le secteur n’ont pas
étéatteints.Par conséquent, il est de laplus haute importance de mettre en

42

place une nouvelle politique pour pallier lasurexploitation des espèces de
fonds et optimiser les potentialités du secteur à travers notamment le
développement de l’industrie de latransformation ce qui suppose, entre
autres, lamodernisation de laflotte nationale, l’amélioration de l’existant
(port, infrastructures de transport…) et lamise en place d’un port de pêche
artisanale.

1.3.Le secteur des mines et hydrocarbures

Après lapêche, ce secteur offre d’importantes opportunités économiques.
Les gisements de minerai de fer deKédia, deGuelbs et deMhawdat dans le
nord du paysactuellement en exploitation, recèlent encore d’importantes
réserves estimées à plus de 250 millions de tonnes en minerai dit riche et
plusieurs millions de tonnes de minerai pauvre.De plus, des potentiels
importants de gypse, de sel, d’or, de diamant, de terres rares et de pétrole ont
été identifiés et font déjà ou le feront dans un procheavenir, l’objet
d’exploitation.Parailleurs, les prospections, en cours, indiquent l’existence
de tourbe, de cobalt, de plomb, de zinc, de chrome, de manganèse,
d’uranium…
Depuis le milieu desannées 1980, lapolitique duGouvernement dans le
secteuraété centrée sur l’amélioration constante des performances de la
SociétéNationaleIndustrielle etMinière (SNIM) et sur l’intensification des
recherches minières.C’est dans ce cadre que s’inscrit la Déclaration de
développement du secteur minier (1998) qui s’est fixée pour objet de
consolider le développement du secteurainsi que lapromotion et la
diversification desactivités en créant les conditions favorables à leur
développement dans le cadre d’une économie libérale davantage ouverteaux
investisseurs étrangers.
Les réformes entreprises, en particulier dans le cadre du projet de
renforcement institutionnel du secteur minier (PRISM)avec l’assistance de
la BanqueMondiale et la BanqueAfricaine deDéveloppement, la
promulgation d’un code minier et l’exploitation de nouvelles ressources
minières ont permis d’attirer des investisseurs privés dans le secteur dont les
activitésaujourd’hui s’organisentautour du fer, de l’or, du cuivre, des
phosphates, du quartz et des hydrocarbures.

1.3.1.Le fer

L’exploitation des gisements de fer deZouerate (WilayaduTirisZemour)
reliés par voie ferroviaire (700 km)au port minéralier deNouadhibouau
rythmeactuellement de 1100 convois de 150 wagons paran, estassurée par
la SNIMqui est laplus grande entreprise du paysavec plus de 4500 emplois
directs et un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards de dollars en 2010.

43

En tantque deuxième producteur de fer enAfrique, la SNIM(environ 12
millions de tonnes paran)alancé, en 2010, un vaste programme de
modernisation pour une valeur d’un milliard de dollars devant permettre
d’augmenter sensiblement saproductionafin d’atteindre 16 millions de
tonnes en 2013, 18 millions de tonnes en 2014 et 25 millions de tonnes à
l’horizon 2018.

1.3.2.L’or et le cuivre

Les travaux de construction ont commencé en novembre 2005au projet
aurifère deTASIASTet laproductionadémarré en 2007 pour une durée
prévisionnelle de 8ans.En 2011, lasociétéKINROSS TASIAST
propriéta% de lire à 100amine d’or deTASIAST(depuis septembre 2010
lors de l’acquisition deRED BACK MINING INCpour plus de 7 milliards
USD)adécidé d’investir plus de 3,5 milliards de dollars pour réaliser le
projet d'extensionTASIASTdont l'étude de faisabilité s'achèvera au cours
de l'année 2012.Cette extension permettrad’installer laplus grande mine
d’orau mondeavec des réserves prouvées de près de 8 millions d’onces.
En 2010, laproductionaété d’environ 5 tonnes d’or, soit près de 160 000
onces d’or.Elle devrait s’élever à 275 000 onces dès l’année 2012 pour
s’établir à 32 tonnes paran en 2014avec création de plus de 3000 emplois
en 3ans.Deuxième producteur de fer enAfrique.En outre, laproduction
dans lamine d’or et de cuivre d’Akjoujtaété entamée en 2006 par
MAURITANIAN COOPER MINES(MCM)avec une durée de vie prévue
de 9ans susceptible d’être étendue.Cette sociétéaété créée en 2004 par la
société canadienneFIRST QUANTUM MINERALqui détient 80%, la
firme émiratieWADI ARRAWDA,avec 19 % et l’australienneGENERAL
GOLD INTERNATIONAL(1 %).
Au titre de l’année 2009, lasociété qui employait plus de 1050 travailleurs
aproduit 37.000 tonnes métriques de concentré de cuivre.Ellealancé en
2010 un investissement de plus de 100 millions de dollarsUSpour
l’installation d’une usine qui permettraune productionannuelle de 120.000
tonnes de concentré renfermant plus de 60.000 onces d’or, soit environ 2
tonnes paran (PRISM, 2011 : 6).

1.3.3.Les phosphates et quartz

Les phosphates sont exploitésau sud du pays par lasociété indienne
BOFAL INDO MINING COMPANY(BIMC).Cette société dont l’Etat
détient 30% du capital prévoit une production d’un million de tonnes en
2012 et construitactuellement une usine de traitement d’acide phosphorique
dont le démarrage desactivités est prévu en 2013.Le quartz, quant à lui, est
exploité dans lazone deNouadhibou par la MAURITANIAN MINERALS

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COMPANY (MMC) détenue à 10 % par l’Etat qui envisage d’extraire, d’ici
2014, environ 300 000 tonnes.

1.3.4.Les hydrocarbures

Dès lafin desannées 1990, plusieurs travaux de recherche dans le
domaine des hydrocarbures ont été lancés dans le pays par une multitude de
compagnies internationales.En 2006, lacompagnieaustralienne de
production et exploration de pétrole (WOODSIDE)aété lapremière à
exploiter du pétrole dans l'offshore de la Mauritanie (CHINGUITTY).La
production quiavait été estimée à 75 000 barils/jour n'ajamais étéatteinte.
Elle s'est limitée à 37 000 barils/jour en 2006 etadiminué à 20 000
barils/jour durant lapremière moitié de 2007.Suite à cette baisse de la
production et à des problèmes relatifs à larévision des contrats de partage de
production, lacompagnieacédé, en 2007, tous ses droits à lasociété
malaisiennePETRONAS.Parailleurs, les prospections s’intensifient
notamment dans le bassin deTAOUDENI.
Au-delà dePETRONAS, les principaux investisseurs dans le secteur sont
aujourd’huiTOTAL,REPSOL,WINTERSHALL,DANA PETROLIUM,
TULLOW OIL,GDF-SUEZ...Même si ladésillusion du pétroleaété
relativement forte, le pays espère toujours devenir un petit exportateur de
pétrole.Toutefois, les spécialistes pensent qu’il possède surtout des
gisements importants en gaz naturel dont les réserves seraient capables de
fournir toute l’énergie nécessaire à laproduction de 700 mégawatts
d’électricité durant un quart de siècle.L’année 2014 est ladate pressentie
pour l’entrée dans laphase de production du premier champ gazier (CCFA,
2012 : 7).
En conclusion, l’activité dans le secteur des mines et hydrocarbures est
intense.Il ya actuellement enMauritanie plus de 50 sociétés impliquées
dans larecherche de divers minerais, dont laplupart sont des sociétés
étrangères.Trois principales sociétés d’exploitation des mines opèrent dans
le secteur à savoirMCM,TASIASTetSPHEREen partenariatavec la
SNIM(CMAP, 2011 : 11).L’économie nationale est largement tributaire du
secteur dont les contributions moyennesauPIB(20 %),au budget de l’Etat
(15 %) et à labalance commerciale (75 %) sont relativement importantes et
quiapermis lacréation d’un effectif de 11 000 emplois directs et le
développement de laformation professionnelle (RIM-GTT, 2010b : 21).
Dans laperspective d’un développement rationnel du secteur des mines et
hydrocarburesappelé à être le moteur de l’économie nationale, il faut
souligner que, dans le court terme, lahausse de laproduction et de lavaleur
ajoutée proviendrafondamentalement de l’exploitation de l’important
potentiel existant.Par contre, dans le long terme, cetteaugmentation
proviendrasurtout d’une plus grande productivité desactivités du secteur et

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del’accroissement des investissements dans larecherche et l’exploration.
Dans ce cadre, il est essentiel de tirer les leçons qui s’imposent de laforte
dépendance, jusqu’à présent, du pays des revenus tirés de l’exploitation des
ressources nationales à l’état brut et d’éviter le « syndrome hollandais ».

1.4.Le secteur du tourisme

La Mauritanie dispose d’un patrimoine touristique riche et varié.On
distingue en général 4 formes essentielles du tourisme liées intimementaux
conditions climatiques :
un tourisme du désertavec ses immenses étendues entrecoupées
par des campements et des oasis ;
un tourisme culturelavec ses villesanciennes (Chinguitty,
Ouadane,OualataetTichitt) classéesau patrimoine mondial de
l’humanité, ses sitesarchéologiques (Azoughi,KombiSaleh,
Aoudaghost,Akreijit etKsarElBarka) … et sonartisanat ;
un tourisme écologiqueavec deux réserves (ParcNational du
Diawling etParcNational duBanc d’Arguin) dont ladernière est
classéeau patrimoine culturel de l’humanité
un tourisme balnéaireavec près de 700 km de côtes sablonneuses
sur lesquelles on peut pratiquer, entreautres, lesactivités
balnéaires et sportives particulièrement lapêche en gros et le
windsurfing (Journal «Horizons », 2011 : 39).
Malgré sesatouts, l’immense potentiel touristique du pays est jusqu’à
présent sous-exploité.Celarésulte fondamentalement d’un certain nombre
de contraintes liées, du côté de l’offre, à l’insuffisance des infrastructures et
à l’absence d’une main-d’œuvre qualifiée, d’activités d’animation culturelle,
de loisirs et de détente pour retenir les touristes dans les centres urbains et de
mesures incitatives pour l’investissement.Du côté de lademande, ces
contraintes font référence à lafaible présence de la Mauritanie sur les
marchés émetteurs,au tarif élevé de ladesserteaérienne et à laforte
concurrence des pays de lasous-région (RIM-GTT, 2010b : 22).

II.Lastructure de l’économie

Le sentier de lacroissance économique dans le pays est irrégulier malgré
des taux d’investissement élevés par rapportauPIBqui étaient de l’ordre de
22 %en moyenne sur lapériode 1970-2006.Sur lapériode 2006-2010, ce
sentieraété marqué par une croissance duPIBde l’ordre de 4 % qui était la
moitié des prévisions (9,4).Celas’explique principalement par les modestes
résultats de l’exploitation pétrolière, les conséquences des crises
internationalesalimentaires, énergétiques et financières et les différents
changements institutionnels qu’aconnus le pays durant lapériode.Selon le

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Premier ministre mauritanien, les performances de l’économie nationale en
2011 ont été bonnes et conformesaux objectifs fixésavec une croissance de
4,8 % duPIB, une inflation d’environ 5,9 % et des réserves de changes d’un
montant de 522 millions de dollarsUSà lafin du mois de septembre.Ces
réserves devraient permettre d’assurer, à lafin du mois de décembre, 3,9
mois d’importations (Journal «Horizons », 2012 : 7).
L’analyse fine du sentier de croissance économique permet de constater
que lapart du secteur primaire dans l’économie n’acessé de décliner depuis
l’indépendance nationale en 1960.SacontributionauPIBestaujourd’hui de
l’ordre de 20 % contre près de 30 % durant lesannées 1970.Cette régression
résulte, principalement, de lacroissance relative desautres secteurs de
l'économie et surtout des difficultés enregistréesau niveau du secteur de la
pêche dont lapart dans lePIBn’acessé, comme souligné plus haut, de
décroitre depuis le milieu desannées 1990.Au sein du secteur primaire, la
part du secteur de l'élevage est demeurée relativement stablealors celle de
l'agricultureaconnu de fortes fluctuations en fonction des changements
climatiques et des invasionsacridiennes (sauterelles).
Le secteur secondaire, quant à lui,aconnu sur lalongue période une
relative stabilité, sapart dans lePIBéta% environ de nos joursnt de 34
contre 36 %au début desannées 1970.Cette stabilité ne doit pas, cependant,
faire perdre de vue les importants changementsau niveau des sous-secteurs
qui se sont traduits par lachute du secteur manufacturier et lacroissance des
autres industries.Parailleurs, le secteur tertiaireaenregistré une croissance
relativement forte.Sapart dans lePIBest passée de 34% environ à lafin
desannées 1990 àapproximativement 45 % de nos jours.Ce secteuraconnu
une croissance régulière en raison notamment de :
l’expansion du secteur des télécommunications ;
lalibéralisation des marchés et des prix et les diverses mesures
visant lapromotion du tourisme ;
le renforcement des services bancaires et des compagnies
d’assurances par l’entrée de banques internationales sur le marché
local.
En termes d’emplois, et par ordre croissant, larépartition sectorielle en
pourcentage de lapopulationactive selon l’EPCVde 2008 était lasuivante :
pêche (2,9), transports (3,1), mines et industries (3,3),BTP(5,4), élevage
(9,9),agriculture (10,5), services (14,9),administration publique (15,2),
commerce (24,6) etautres emplois (10,2).Ces chiffres ne doivent pas
cependant cacher une réalité importante à savoir que les secteurs des mines,
industries et pêches qui ne représententaujourd’hui que 6,2 % desactifs sont
les secteurs moteurs de l’économie.Ils orientent lacroissance et le
développement économique et social du pays.
Dans l’économie nationale, le secteur informel demeure importantavec
plus de 30 % duPIBet 70 à 80 % de l’emploi desactifs urbains.Au-delà des

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