Le livre, le droit et le faux

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Livres
296 pages
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Description

Livre et contrefaçon ont mené une existence propre, jusqu'à ce que le gouvernement, en 1777, bouleverse le fonctionnement du marché français du livre en imposant une réforme ambitieuse. Une vaste enquête est alors lancée afin de connaitre les domaines littéraires concernés et la façon dont les professionnels, imprimeurs et libraires, prenaient des chemins détournés pour se lancer dans la contrefaçon. Cette enquête révèle aussi le basculement d'inspiration libérale du modèle économique du livre qui, désormais, introduit une dose de concurrence et s'efforce de donner aux auteurs la juste place qui leur revient.

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Date de parution 15 mai 2017
Nombre de lectures 10
EAN13 9782140037764
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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moindres – tiraient profit de ce marché occulte, qui violait et le droit
Sébastien EVRARD
LE LIVRE, L E D R O I T ET LE FAUX
Essai sur l’édition juridique et la contrefaçon au Siècle des Lumières
SOCIO-ÉCONOMIEDE LA CHAÎNE DU LIVRE
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© L’HARMATTAN, 2017 5-7, rue de l’Ecole-polytechnique, 75 005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12167-3 EAN : 9782343121673
Le livre, le droit et le faux
ÉTUDES&ESSAISCollection fondée et dirigée par Julien DENIEUILSérie « ÉTUDES» Partant du constat d’un manque évident de documents et de publica-tions en la matière, la collection « Socio-économie de la chaîne du livre » s’est donné pour objectif d’exposer et de rendre accessibles, au plus large public, des textes s’intéressant à la socio-économie contemporaine de l’édition française et francophone. Dans son acception strictement socio-économique, la collection regroupe des travaux qui portent sur les problématiques des différents maillons de la chaîne (processus de production et de commercialisation du livre, de l’auteur au prescripteur), et qui prennent en compte les évolutions du secteur éditorial (innovations numériques, notamment). Selon une acception plus symbolique, plus militante, la collection pro-pose également des écrits qui abordent, d’une manière ou d’une autre, les notions d’indépendance éditoriale et de diversité culturelle, de même que la singularité du vecteur livre au sein de l’espace public, dans un contexte capitalistique marqué entre autres, ces dernières décennies, par une concentration et une financiarisation accrues du paysage éditorial. Série « ESSAIS» La série « Essais » accueille des écrits plus personnels d’auteurs manifestant une vision originale et singulière de l’objet-livre et de la lecture, et se détachant des lignes théoriques attendues.
Déjà parus : Stella CAMBRONE-LASNES,Internet, un espace de commercialisation du roman antillais francophone, 2017.
Adrien de CALAN,Le livre et le politique au prisme des médias. Publier pour exister ?, 2017.
Julien PÉLISSIER,Lectures à vivre suivi de Vies à écrire, 2016.
Thierry CHARLES,Fahrenheit 4.0. Essai sur la disparition du livre, 2016.
Jean-Luc PIOTRAUT, Sébastien EVRARD(dir.),Le droit et l’édition. Regards français et étrangers sur les mutations engagées, 2016.
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Sébastien EVR A RDLe livre, le droit et le faux Essai sur l’édition juridique et la contrefaçon au Siècle des Lumières
TABLE DES SIGLES
ADCO : Archives départementales de Côte-d’Or.
ADDoubs : Archives départementales du Doubs ADC : Archives départementales du Calvados AD : Archives départementales BHVP : Bibliothèque historique de la ville de Paris BM : Bibliothèque municipale BML : Bibliothèque municipale de Lyon. BNF : Bibliothèque nationale de France. Ms. BNF, Manuscrits Fonds français. MSHDB : Mémoires de la société pour l’histoire du droit et des institu-tions des anciens pays bourguignons, comtois et romands
AVANT-PROPOS
a culture occidentale, qui repose en grande partie sur le livre L imprimé, fait de ce support l’un des éléments majeurs de sa volonté de populariser les savoirs. Les juristes éprouvent encore le besoin de se former et de s’informer par la littérature juridique spécialisée qui est celle de l’édition juridique. Elle constitue un support essentiel. e Avant le XV siècle – donc avant l’apparition de l’imprimerie –, l’absence de moyen mécanique de reproduction rendait la littéra-ture de droit peu accessible. En effet, lapeciaalors la seule était méthode de copie usitée, mais elle présentait plusieurs inconvé-nients. Pour s’en tenir aux trois principaux, il y avait d’abord le coût élevé puisque la main-d’œuvre nécessaire pour la reproduc-tion d’un livre de droit pouvait être employée sur des dizaines de mois d’affilée. Ensuite, c’est le problème du temps nécessaire à la fabrication de l’œuvre : il faut donc que le lecteur patiente pour obtenir la possession de l’ouvrage. Enfin, reste l’écueil du prix : on l’évalue, à cette époque, à la valeur d’une petite maison de ville. En effet, la rareté fait le prix et, en conséquence, même les plus émi-nents juristes de la monarchie française disposaient d’un catalogue réduit de manuscrits. Leur valeur était telle qu’ils ne pouvaient évidemment pas s’offrir ceux qui étaient proposés sur le marché. L’avocat Hulin, parmi d’autres, évoque le prix comme un facteur d’éloignement de la culture juridique : «j’étudiois Cujas et Bartolee e [deux juristes des XVI et XV siècles],et Desmoulin que j’aimais assez, mais que je n’avois pas le moyen d’acheter quand Louis XV est 1 mort». Ainsi, la bibliothèque particulière de chanceliers de France
1 A. POIROT,Le milieu socio-professionnel des avocats au Parlement de Paris à la veille de la Révolution 1760-1790, thèse de l’Ecole des Chartes, 1977, t. I, p. 4 note 6.