Le partenariat public-privé comme alternative au financement des infrastructures publiques performantes : mythe ou réalité ?

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Français
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Description


Cet ouvrage, publié à la suite de la soutenance du Doctorate in Business Administration (DBA) du Business Science Institute (BSI) du Luxembourg, porte sur la performance des partenariats public-privé (PPP) au sein de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).



En effet, des résultats de la thèse du DBA, il ressort que la performance globale des PPP est indépendante de la structure financière et de la structure de propriété. L’enseignement majeur de cette analyse est la mise en évidence de facteurs endogènes et exogènes qui pourraient expliquer la performance.



C’est pourquoi, cet ouvrage vise à mettre en exergue l’analyse de ces facteurs ainsi que leur prise en compte dans la construction d’un environnement favorable à l’essor des PPP. L’objectif recherché consiste à alimenter les réflexions destinées à la construction progressive d’un tel environnement.



Fortement empreint de terrain et finalisé avec la production de recommandations managériales détaillées, cet ouvrage se veut à la fois académique – avec la présentation actualisée de l’état de l’art dans le domaine des PPP à travers la mobilisation des apports de la théorie économique et financière – et appliqué, ciblant un lectorat de praticiens cherchant à acquérir un bilan sur l’état des connaissances mais aussi à s’imprégner sur les retours d’expérience des PPP réalisés.



Les résultats obtenus, apportant un éclairage utile sur la construction des PPP, offrent l’opportunité au lecteur de porter une appréciation personnelle sur la mise en œuvre des PPP au sein de l’UEMOA au regard de la question suivante : les PPP sont-ils un mythe ou une réalité ?


Au-delà du sujet des PPP, cet ouvrage permet de faire un tour d’horizon des principales problématiques liées à la mise en œuvre des infrastructures en Afrique : financement-gouvernance ; contractualisation et cadre institutionnel ; planification-évaluation ; performance.

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Publié par
Nombre de lectures 23
EAN13 9782376872870
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Collection Business Science Institute
Le partenariat public-privé comme alternative au financement des
infrastructures publiques performantes : mythe ou réalité ?
Cas des pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA)
Kubeterzié Constantin Dabiré
136 boulevard du Maréchal Leclerc
14000 CAEN© 2019. EMS Editions
Tous droits réservés
www.editions-ems.fr
ISBN : 978-2-37687-287-0
(Versions numériques)Table des matières
Remerciements
Préface
Sigles et abréviations
Introduction générale
1. Contexte général
2. Problématique
3. Plan de l’étude
PARTIE I. Environnement et cadre théorique des partenariats public-privé
Chapitre 1. Les PPP : problématique-évaluation et gouvernance
1. Problématique du financement des infrastructures
2. PPP et évaluation de politiques publiques
3. Les institutions multilatérales de développement (IMD) et la gouvernance de l’action
publique en Afrique
Conclusion du chapitre 1
Chapitre 2. Environnement des partenariats public-privé
1. Les PPP : une initiative pour le développement des infrastructures au sein de l’UEMOA
2. Cadre institutionnel et règlementaire de l’initiative PPP au sein de l’UEMOA
3. En quoi l’initiative régionale de l’UEMOA peut-elle renforcer le financement et la gestion des
PPP ?
Chapitre 3. Conditions de financement des PPP : aspects pratiques
1. Concepts clés relatifs au financement et à la performance des PPP
2. Outils et instruments de financement des PPP
3. Modalités de financement des projets PPP au sein de l’UEMOA : quelles relations avec la
théorie financière ?
4. Débats sur l’origine publique/privée des sources de financement des PPP
PARTIE II. Évaluation indépendante des PPP, présentation et discussion des résultats,
recommandations managériales
Chapitre 4. Analyse et discussion des résultats
1. Synthèse du traitement de la base de données
2. Critères de performance et évaluation des politiques publiques au sein de l’UEMOA
3. Enjeux et perspectives de l’initiative PPP
Conclusion du chapitre 4
Chapitre 5. Recommandations managériales
1. Identification et prise en compte des facteurs explicatifs de la performance des PPP
2. Poursuite de nos travaux de recherche par un approfondissement à l’aune de la littérature
sur la performance des PPP et sur la théorie des parties prenantes
3. Pistes de solutions pour le développement pérenne des PPP
4. Développement d’une base de données d’études et ouverture à la concurrence du choix
des partenaires privés
5. Retours d’expérience des projets PPP en Europe
6. Perspectives
Conclusion générale
BibliographieR e m e r c i e m e n t s
Au terme de ce travail qui est adossé sur une recherche doctorale, je tiens à remercier
chaleureusement toutes les personnes qui, d’une façon ou d’une autre, m’ont accompagné tout
au long de ce parcours. Ce travail n’aurait pu arriver à son terme sans leur soutien.
En cela, je formule ma gratitude à Son Excellence Monsieur Rock Marc Christian Kabore,
Président du Faso, pour la grande confiance qu’il a su faire montre à ma personne en me
faisant détacher auprès du Gouvernement burkinabè afin de prendre en charge les questions en
relation avec les partenariats public-privé dans la mise en œuvre du programme
gouvernemental.
Je réitère mes remerciements à Son Excellence Monsieur Christophe Joseph Marie Dabiré,
Premier Ministre du Burkina Faso, pour ses conseils et son expérience qui ont été d’un grand
intérêt pour mon parcours professionnel.
A Monsieur Christian Adovelande, Président de la Banque Ouest Africaine de Développement
(BOAD), je voudrais exprimer ma gratitude. Cet ouvrage s’inscrit en droite ligne de son combat
pour améliorer les conditions de vie des populations des pays membres de l’Union Economique
1et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) à travers le financement des projets de développement
dont les projets montés en partenariats public-privé. Je ne cesserai de m’inspirer de ce combat
à travers mes travaux futurs visant à susciter des réflexions à même de favoriser la mise en
œuvre de politiques publiques favorables à la construction d’infrastructures de qualité, durables
au profit de ces populations.
Comme on pourra le constater, ce travail est le fruit d’une longue recherche, caractérisée par
une forte orientation managériale. A ce sujet, j’y visualise à la fois la conceptualisation de mon
expérience et l’apport d’une réflexion et d’une méthode de travail pour aborder la problématique
de la mise en œuvre des projets PPP au sein de l’UEMOA.
C’est pourquoi, je voudrais adresser mes remerciements à des personnes du monde
universitaire dont les conseils et les orientations ont permis d’allier la théorie et la pratique pour
produire de la connaissance à même d’intéresser à la fois le monde universitaire, les décideurs
politiques, les chefs d’entreprise, les institutions financières ainsi que toute personne intéressée
par le sujet des PPP.
Je voudrais remercier particulièrement le Professeur Éric Lamarque de l’IAE (Sorbonne
2Business School), Université Paris 1 Panthéon, mon directeur de thèse , pour son
encadrement, ses orientations et sa disponibilité à toutes les étapes de ce travail. La qualité de
ses conseils, la diversité de ses regards sur les travaux menés et son soutien scientifique ont
grandement contribué à la réalisation de cette thèse. Je lui réitère mon entière disponibilité à
poursuivre avec lui des travaux futurs de recherche toujours dans le domaine de la
problématique concernant à la fois le financement, la construction et l’exploitation des
infrastructures en Afrique, spécifiquement la problématique des Partenariats Public-Privé
comme mode alternatif à la réalisation puis à l’exploitation des infrastructures.
Mes remerciements vont également à l’endroit du Professeur Michel Kalika, Président du conseil
scientifique de Business Science Institute, et toute l’équipe de Business Science Institute pour le
suivi régulier tout au long de mon parcours.
A Monsieur Robert Bationo, Maître Assistant à l’Université de Ouagadougou, je dis que cet
ouvrage est la résultante de nos longues séances de travail passées à domicile pour
s’approprier l’approche méthodologique qui a permis de collecter, de traiter et de présenter les
résultats de la thèse.
Ce travail est le fruit d’une longue réflexion nourrie de la sève d’une forte expérience
professionnelle à la fois riche et très diversifiée. A cet égard, je suis reconnaissant à l’égard de
personnes qui m’ont consacré de leur temps pour lire cet ouvrage et apporter ainsi leur
contribution aux idées développées dans ce livre : Monsieur Dramane Raphaël Pare, Directeur à
la BOAD ; Monsieur Roméo Kabore, Chef de Division à la BOAD ; Monsieur Hassane
Tamboura, Chef de Division à la BOAD ; Monsieur Kadima Cisse, Analyste Financier Senior à laBOAD ; Madame Jeanne Guel Tapsoba, Consultante ; Monsieur N. Gado Tchabode,
Consultant.
Mes remerciements s’adressent également à l’endroit des relecteurs de cet ouvrage : Tonton
Joachim Some, Enseignant d’université, consultant retraité, auteur et écrivain ; Monsieur Issaka
Salia, fonctionnaire international à la retraite et enseignant d’université.
A Monsieur Ripert E. Bossoukpe, Directeur des émetteurs au Conseil régional de l’Epargne
Public et des Marchés Financiers (CREPMF), je voudrais te remémorer les longs moments
nocturnes que nous avons passés ensemble autour des poulets flambés tant appréciés des
Burkinabè lors de tes différents séjours à Ouagadougou. Pendant ces moments précieux
passés à Bravia Hotel, à l’hôtel Silmandé, au paradis des vins, au jardin jouxtant le barrage de
l’hôtel Silmandé, nous avons abordé des sujets relatifs au financement des infrastructures par le
canal du marché financier régional. Cet ouvrage rend compte de ces moments qui ont permis
d’approfondir cette problématique du financement des infrastructures et de mettre en exergue
les difficultés du marché financier régional à créer des instruments financiers appropriés pour
financer sur de très longues maturités des infrastructures d’utilité publique.
Merci à ceux et celles dont les noms ne figurent pas dans cet ouvrage mais qui l’ont enrichie de
leurs idées et de leurs connaissances.
Enfin, que toutes les personnes qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à
l’aboutissement de ce travail trouvent avec cette thèse le fruit de leur effort. Elles se
reconnaîtront à travers mes propos.
1. Les Etats membres de l’UEMOA sont : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte-d’Ivoire, la Guinée
Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.
2. Cette thèse a été soutenue le 26 septembre 2018 à Wiltz au Luxembourg sous le thème
suivant : « Impact de la structure financière et de la structure de propriété sur la performance
globale des projets de Partenariats Public-Privé (PPP) : cas des pays membres de l’Union
Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) » (311 pages).P r é f a c e
1A la demande de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), la Banque
Ouest Africaine de Développement (BOAD) et la Commission de l’UEMOA ont conduit des réflexions sur la mise en œuvre d’un cadre règlementaire
et d’instruments de financements dédiés aux PPP à l’échelle régionale.
Ainsi, cette instruction de la Conférence des Chefs d’Etat a été le fait générateur de la mise en œuvre d’une initiative régionale dédiée au
développement des PPP afin d’ « instaurer une nouvelle forme de gouvernance axée sur le Partenariat Public Privé (PPP) et sur des réformes
structurantes destinées à l’amélioration du financement des économies de l’Union ».
Cette question du financement des PPP est d’autant fondée que les Etats des pays développés et ceux en voie de développement n’ont plus la
capacité suffisante pour réaliser et assurer l’entretien des projets d’infrastructures dans un contexte où les besoins y afférents vont croissant tandis
que les ressources budgétaires se raréfient.
Cette contrainte de capacité des États, en relation avec l’énormité des besoins d’investissements, s’exprime à la fois dans l’entretien des
infrastructures existantes, mais également dans la construction de nouvelles infrastructures dans la mesure où les financements y afférents sont
majoritairement déficitaires dans les comptes publics. Dans ce contexte, l’apport du secteur privé dans le cadre d’un Partenariat Public-Privé vient en
complément des efforts d’investissements publics réalisés. En outre, un tel effort constitue une alternative à la construction et à la maintenance
d’infrastructures d’utilité publique, génératrices d’une forte valeur ajoutée à la fois organisationnelle, technique, économique et sociale.
Par ailleurs, une revue de la littérature révèle que plusieurs auteurs se sont intéressés à la thématique des PPP, principalement dans les pays
développés en abordant les aspects liés à la gouvernance des PPP, à l’évaluation socio-économique des PPP, à la performance des PPP, à la
problématique du financement des PPP. De ces travaux, il en découle deux principaux constats. Le premier est que les débats sur les PPP
continuent. Le second est la mise en évidence de la profondeur du sujet montrant que « rien n’est arrêté d’avance » et que toutes les pistes de
réflexions y afférentes doivent être investiguées et poursuivies.
En Afrique, plusieurs études et réflexions concernant la problématique du financement des infrastructures ont été conduites par des auteurs et des
institutions internationales. Ces études et réflexions ont notamment abordé les différentes interventions des Banques Multilatérales de
Développement (BMD) dont celles installées en Afrique ; l’importance du recours aux marchés financiers internationaux, ainsi qu’aux investisseurs
privés tant d’origine interne qu’externe (hors de l’Afrique le plus souvent) pour la réalisation et la gestion d’infrastructures dont celles montées en
mode PPP.
Toutefois, la littérature reste peu expressive sur la relation entre structure financière/structure de propriété et performance des PPP. Il apparaît qu’à
ce jour, les sujets de recherche n’abordent pas encore la dimension performance des PPP – en rapport avec leur structure financière et leur structure
de propriété – à l’échelle régionale dans l’espace UEMOA.
La problématique des PPP reste ainsi une question d’actualité inépuisée qui augure des perspectives en termes de travaux de recherches futures. Ce
qui justifie l’intérêt à étudier la performance rétrospective des PPP réalisées dans l’espace UEMOA. En effet, faire des PPP un outil de Bonne
gouvernance suppose une évaluation rétrospective de la performance des projets de ce type déjà mis en œuvre ou en cours de mise en œuvre dans
le même espace. Une telle évaluation devrait aborder entre autres, l’impact de la structure de financement et de la structure de propriété sur la
performance des projets réalisés afin de : (i) profiter des retours d’expérience pour améliorer la réalisation des projets ; (ii) fournir de la matière
première tant pour la mise en œuvre de l’initiative régionale des PPP que pour alimenter les débats sur la gouvernance, le financement et la
performance des PPP.
En cela, l’ouvrage de Monsieur Constantin Dabiré, cadre à la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), vient à point nommé. Il rend
compte de la mise en œuvre des partenariats publics privés au sein de l’UEMOA de deux manières. En premier lieu, il dresse le bilan de mise en
œuvre de l’Initiative PPP amorcée à partir de 2012 sur instruction de la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement de l’UEMOA. En seconde
lieu, il établit un bilan assez détaillé des retours d’expérience portant sur 29 projets financés par les banques multilatérales de développement de 1999
à 2016. Il reste entendu que les opinions émises sur cette mise en œuvre relèvent de la responsabilité de l’auteur.
Ouvrage à la fois pratique et didactique, ce livre de Monsieur Constantin Dabiré réussit un tour de force unique en son genre en synthétisant
rigoureusement en un langage simple et accessible, l’état de l’art dans le domaine des partenariats public et privé en prenant soin de faire ressortir la
particularité de cet état de l’art de son terrain d’étude : l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.
D’un point de vue pratique, ce livre est un véritable référentiel au service des praticiens et des décideurs politiques intéressés par le sujet des PPP de
même que les utilisateurs des services afférents aux PPP. Ils disposent désormais d’un outil de travail indispensable à la conception, au financement,
à l’exploitation, à la maintenance, au suivi des projets montés en PPP.
Sur le plan académique, ce livre est un trésor précieux de par sa capacité à couvrir toutes les dimensions fondamentales de la question des PPP. Il
offre un survol de la littérature qui permet à son lecteur d’être à jour dans les dimensions clés des PPP. Mieux, il analyse, sans détour et
minutieusement, les retours d’expérience rétrospectifs portant à la fois sur la mise en œuvre de l’initiative PPP de l’UEMOA que sur celle des projets
financés et montés en PPP dans cette union.
In fine, l’évidence apparaît, à la lecture de ce livre, qu’il reste beaucoup à faire dans le domaine des PPP au regard de l’objectif noble et volontariste
affiché par les Autorités de l’UEMOA qui est l’instauration d’une nouvelle forme de gouvernance et l’instauration des réformes structurantes destinées
à l’amélioration du financement des économies de l’Union.
C’est pourquoi, je voudrais adresser mes félicitations à Constantin Dabiré qui a pris l’initiative une fois encore d’alimenter le débat sur le sujet des PPP
en publiant pour la troisième fois, en l’espace de cinq ans, un ouvrage sur cette thématique.
M’ayant personnellement beaucoup investi dans ce domaine, je ne peux que me réjouir de l’édition de ce livre dont le succès sera, j’en suis
convaincu, à la mesure de la qualité de son contenu.
Christian ADOVELANDE
Président de la Banque Ouest Africaine
de Développement (BOAD)
1. Le communiqué final de la seizième Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’UEMOA, tenue à Lomé le 6 juin 2012, précise cette
http://www.izf.net/sites/default/files/MaJ2015/uemoa/conf%C3%A9rence%20des%20chefs%20d%27etas/ComPresse_CCEG_UEMOA_06062012.pdf.Sigles et abréviations
Adetef : Assistance au Développement des Echanges en Technologies Economiques et
Financières
AFD : Agence Française de Développement
ALSF : African Legal Support Facility
BAD : Banque Africaine de Développement
BCEAO : Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
BEI : Banque Européenne d’Investissement
BIDC : Banque d’Investissement et de Développement de la Communauté Economique des
États de l’Afrique de l’Ouest
BMD : Banque Multilatérale de Développement
BOAD : Banque Ouest Africaine de Développement
BSI : Business Science Institute
CEDEAO : Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest
CEEAC : Communauté Economique des États de l’Afrique Centrale
CEFEB : Centre d’Etudes Financières Economiques et Bancaires
CEMAC : Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale
CO-PPP : Comité des Partenariats Public-privé
DBA : Doctorate in Bussiness Administration
DSP : Délégation de service public
ECP : Engineering, Procurement and Construction
FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine
GIF : Global Infrastructures Fund
IMD : Institution Multilatérale de Développement
M USD : Millions de dollar américain
OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Économiques
ONG : Organisation Non Gouvernementale
PFA : Perspectives Financières Actualisées
PFI : Private Finance Initiative
PME : Petite et Moyenne Entreprise
PPDU : Projects Preparation and Development Unit
PPIAF : Public-Private Infrastructures Advisory Facility
PPP : Partenariat Public-Privé
SFI : Société financière Internationale
SPV : Special Purpose Vehicle
TRI : Taux de Rentabilité Interne
TRE : Taux de Rentabilité Economique
TRF : Taux de Rentabilité des Fonds Propres
UE : Union Européenne
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
UNEG : United Nations Evaluation Group
URD-PPP : Unité Régionale de Développement des Projets en Partenariat Public-PrivéIntroduction générale
1. Contexte général
Un matin à mon réveil, j’entre dans ma douche pour prendre un bain matinal. J’ouvre mon
robinet ; aucune goutte d’eau ne coulait. C’est alors que mon épouse m’informa de la coupure
d’eau par la régie des eaux dans le cadre de son programme de rationalisation de
l’approvisionnement de la ville de Lomé en eau. Le mois suivant, pendant un séjour
professionnel à Cotonou, je m’assis un soir à ma descente du bureau devant un poste téléviseur
de ma chambre d’hôtel, pour suivre la finale de la coupe de la ligue des champions européenne.
Que ne fut pas ma surprise de constater une coupure soudaine d’électricité. Interrogée, la
réception de l’hôtel m’informa qu’il s’agissait d’une coupure d’électricité à l’échelle de la ville. La
semaine suivante, je me retrouve à Bamako pour un congrès associatif de deux jours. Pendant
ce séjour, il était impossible de communiquer par l’entremise d’internet. Un mois plus tard, je me
rendis à l’aéroport de Ouagadougou pour un voyage professionnel au Sénégal. Au moment
d’embarquer, nous sommes informés du report du vol de 16H pour des raisons techniques liées
à l’appareil qui devait effectuer le vol.
Ces exemples suscités sont révélateurs des conditions de vie pénibles des ménages et des
populations dans les pays en voie de développement, précisément dans les pays africains
surtout ceux en dessous du Sahara. Ils traduisent à la fois le déficit d’infrastructures et les
conditions d’exploitations exécrables des infrastructures existantes. Ces conditions de vie sont
encore plus répugnantes pour les populations vivant en milieu semi-urbain et rural, privées
d’infrastructures socio-économiques de base : eau et assainissement, électricité, transport,
éducation de base, santé. Ces conditions de vie à la limite de la précarité risquent de s’amplifier
avec la démographie galopante des pays concernés. En effet, ces pays sont confrontés aux
difficultés économiques, aux contraintes budgétaires des Etats, à la raréfaction des ressources
financières publiques. Ces obstacles freinent, en dépit de la bonne intention de ces pays à
développer des programmes d’investissements pour améliorer les conditions de vie des
populations, leur volonté de développer des infrastructures aussi bien qualitativement que
quantitativement.
Face à cette situation existentielle, plusieurs pistes de solutions sont préconisées tant par la
littérature en sciences humaines et sociales – dont l’économie publique et les sciences de
gestion – que par les spécialistes des questions du développement socio-économique telles les
institutions internationales du développement, les ministères en charge des finances, de
l’économie et du développement des pays développés ou en voie de développement. Parmi
celles-ci, figurent toutes les formes d’association regroupant à la fois les secteurs publics et
privés pour concevoir, financer, construire, exploiter ou assurer la maintenance des
infrastructures d’utilité publique ou d’intérêt général. Connues sous le vocable PPP, ces
associations connaissent une forte expansion en Afrique notamment en Afrique sub-saharienne
à la fin de la décennie 2000 et au début de la décennie 2010. Tous les pays s’y intéressent. Il ne
peut se passer une journée sans que l’actualité médiatique nationale ou internationale n’aborde
le sujet des PPP. Ainsi, les PPP sont devenus un phénomène de mode, usité à tout bout de
champ pour résoudre l’épineuse problématique de la construction et du financement des
Infrastructures.
Les développements qui précèdent sont une conception modélisée simplificatrice des PPP, telle
que ressentie par le commun des mortels. Ils donnent une image simplifiée d’un sujet d’actualité
qui prend de l’ampleur au fil du temps. On est alors tenté de se demander si les PPP sont un
mythe ou une réalité visant à favoriser l’amélioration des conditions de vie des ménages par la
construction d’infrastructures de qualité, accessibles à tous. Cette interrogation est fondée en
raison, d’une part, de l’état de pauvreté extrême des ménages de même que leur condition de
vie à la limite de l’humanité et d’autre part, de la raréfaction des ressources financières pour
financer les infrastructures notamment celles d’utilité publique. D’ailleurs, la seizième conférence
des Chefs d’Etats et de Gouvernement de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
(UEMOA), tenue à Lomé en juin 2012, s’est faite sien ce sujet des PPP en invitant les organes
exécutifs de l’Union à y réfléchir.
2. ProblématiqueEn considération de ce qui précède, il apparaît plus qu’opportun de s’interroger sur les
fondements à la fois conceptuels et pragmatiques des PPP. D’où tirent-ils leurs origines ?
Pourquoi les Etats des pays en voie de développement s’y intéressent-ils ? Contribuent-ils à
résoudre l’épineuse problématique de la construction et du développement des infrastructures
pour sortir des pays africains de leur précarité ?
C’est ainsi que cette question des PPP a suscité notre appétence. Nous l’avons traitée dans le
cadre de l’Executive Doctorate in Business Administration (EDBA) du Business Science Institute
du Luxembourg (BSI), un programme doctoral qui est le fruit d’une collaboration entre le BSI et
plusieurs universités publiques et privées dont l’Université publique Jean Moulin Lyon III
(France). Le sujet de la recherche portait sur le thème suivant : Impact de la structure financière
et de la structure de propriété sur la performance globale des projets PPP-Cas des pays de
l’UEMOA.
Loin de vouloir présenter toute la thèse dans ce présent ouvrage, nous y avons extirpé les
parties susceptibles d’intéresser le grand public et de susciter un grand débat. Ces parties
rendent compte de la problématique des PPP en relation avec leur performance en s’appuyant
sur : (i) les résultats d’un échantillon de 29 projets PPP financés par les Banques multilatérales
de développements en Afrique ; (ii) l’évaluation du processus de construction d’une initiative
régionale PPP amorcée au sein de l’UEMOA à la demande des plus hautes autorités de cette
Union. Précisément, l’étude a été conduite à partir d’une base de données primaires et
secondaires. Les données primaires proviennent d’une enquête de satisfaction en ligne des
usagers de 29 projets PPP concernant 7 pays dans divers secteurs d’activités de l’Union
Economique et Monétaire Ouest Africaine.
Ainsi, cet ouvrage offre l’avantage de réfléchir à une question d’actualité, à savoir, comment
financer des projets à partir d’un partenariat public-privé qui puisse permettre de satisfaire
l’ensemble des partenaires, privé, public et usagers. C’est une question qui touche les pays
africains, mais qui peut aussi se poser pour les pays développés qui ont une dette publique en
augmentation constante. Les autorités publiques sont désormais confrontées à un problème de
raréfaction de leurs ressources avec des besoins de financement croissants pour répondre à
une forte demande sociétale de services et d’infrastructures publiques. Donc, la question
essentielle est de construire l’instrument de financement le mieux adapté à cette situation et de
trouver la forme d’organisation optimale pour répondre à ce dilemme. Face à ce problème
d’inadéquation entre le manque de ressources et les besoins de financement, l’intervention du
secteur privé peut représenter une solution alternative pour lever des ressources privées en vue
de la réalisation d’infrastructures publiques. Mais, toute la question réside dans la définition de
l’instrument de financement et dans la forme d’organisation.
Tout au long de ce travail, le contexte africain des PPP notamment celui des pays de l’UEMOA
est bien exposé et illustré. Le choix du terrain (Zone géographique des pays de l’UEMOA)
renforce l’originalité du travail et souligne bien la pertinence de la question de recherche. Ceci
permet de comprendre les échecs et réussites des différentes initiatives africaines en matière
de financement des infrastructures.
Fortement emprunte de terrain et finalisée avec la production de recommandations
managériales détaillées, cet ouvrage s’inscrivant dans le cadre d’une recherche-action vise ainsi
à produire des savoirs actionnables, caractéristique essentielle des travaux de recherche de
DBA.
Par cette recherche et la question de la conjugaison du financement d’infrastructures publiques
et d’un management privé, cet ouvrage ouvre un débat managérial d’actualité. Les résultats
obtenus apportent un éclairage utile sur la construction des PPP. Un certain nombre de
recommandations managériales, opérationnelles, sont réalisées à la fin de l’ouvrage. Dès lors, il
permet au lecteur de porter une appréciation personnelle sur les résultats de la mise en œuvre
des PPP au sein de l’UEMOA tout en répondant à l’aune des retours d’expériences formulées, à
la question suivante : les PPP sont-ils un mythe ou une réalité ?
3. Plan de l’étude
Ce livre comporte deux parties. La première partie aborde à la fois la problématique, laCe livre comporte deux parties. La première partie aborde à la fois la problématique, la
gouvernance, l’environnement et le cadre théorique des PPP. Elle se subdivise en trois
chapitres. Le premier chapitre analyse la problématique du financement des infrastructures,
l’évaluation et la gouvernance des politiques publiques dont les PPP. Le deuxième chapitre
s’attèle à cerner l’environnement des PPP de façon générale et plus spécifiquement dans
l’espace UEMOA. Le troisième chapitre porte sur l’étude des conditions de financement des
PPP au sein de cet espace.
S’agissant de la deuxième partie du livre, elle est consacrée, à travers deux chapitres, à la
présentation et la discussion des résultats, les recommandations managériales. A cette fin, le
premier chapitre présente et discute les résultats de l’étude. Le deuxième chapitre synthétise les
résultats de la thèse susceptibles d’intéresser un large public concerné par la question des
résultats de l’évaluation des politiques et formule sur la base des connaissances générées, des
recommandations managériales.