Ecrire un texte érotique et se faire publier

-

Livres
166 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Vous voila prêt à aborder l'écriture érotique. Raconter le réel et le réalisable mais aussi le fantasme et la transgression. Trouver les mots justes, sensuels et sincères mais aussi les mots troublants, dérangeants, insupportables même.



L'écriture érotique n'est pas si facile qu'elle peut paraître au premier abord. Sans nuance, elle se borne à la description crue de gestes sexuels et verse dans la pornographie. Trop subtile ou lyrique, elle s'élève en poésie, touche le coeur mais pas le corps. Comme le désir, fragile et fort, l'écriture érotique joue les équilibristes. Pas d'inquiétude cependant. Si elle sait se dérober, elle se laisse aussi dompter !



Dans cet ouvrage, vous pourrez butiner d'un texte à l'autre, suivre patiemment l'ordre des pages ou aller directement à l'essentiel. Six chapitres s'offrent à vous, et avec eux, de nombreux exemples pour vous donner le ton et l'audace. Vous pourrez puiser dans chacun les propositions d'écriture selon vos désirs du jour.



Que vos lectures soit bonnes et que vos écrits s'épanchent sans retenue !




  • Au commencement était le sexe


  • Les mots polissons


  • De la fesse au téton


  • L'emprise des sens


  • Mise en scène


  • No limit

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 12 septembre 2013
Nombre de visites sur la page 639
EAN13 9782212236033
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0105 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Écrire un texte érotique
Vous voilà prêt à aborder l’écriture érotique. Raconter le réel et le réalisable mais aussi le fantasme et la transgression. Trouver les mots justes, sensuels et sincères mais aussi les mots troublants, dérangeants, insupportables même.
L’écriture érotique n’est pas si facile qu’elle peut paraître au premier abord. Sans nuance, elle se borne à la description crue de gestes sexuels et verse dans la pornographie. Trop subtile ou lyrique, elle s’élève en poésie, touche le cœur mais pas le corps. Comme le désir, fragile et fort, l’écriture érotique joue les équilibristes. Pas d’inquiétude cependant. Si elle sait se dérober, elle se laisse aussi dompter !
Dans cet ouvrage, vous pourrez butiner d’un texte à l’autre, suivre patiemment l’ordre des pages ou aller directement à l’essentiel. Six chapitres s’offrent à vous, et avec eux, de nombreux exemples pour vous donner le ton et l’audace. Vous pourrez puiser dans chacun les propositions d’écriture selon vos désirs du jour.
Que vos lectures soit bonnes et que vos écrits s’épanchent sans retenue !
Faly Stachakconseil en pratiques d’écriture et auteur notamment du best-seller est Écrire, un plaisir à la portée de tous, aux éditions Eyrolles. Elle conçoit et anime des workshops en techniques d’écriture et parfois, quelques nuits d’écriture érotique (www.falystachak.com).
Jean-Marie Gachon est chargé de communication au CNRS et chargé de cours en stratégies créatives à l’Université de Strasbourg. Il anime un site de correspondances érotiques depuis plus de dix ans.
Faly Stachak – Jean-Marie Gachon
Avec la complicité de Luc Kern
Écrire un texte érotique et se faire publier
Groude Eyrolles 61, pD Saint-Germain 75240 Paris CeDex 05
www.eDitions-eyrolles.com
Pour communiquer avec l’auteur : www.falystachak.co m
ans la même collection et Du même auteur : Écrire– Un plaisir à la portée de tous Écrire pour la jeunesse Faire écrire les enfants 50 ans, la plus belle vie des femmes
En addlication De la loi Du 11 mars 1957, il est interDit De redroDuire intégralement ou dartiellement le drésent ouvrage, sur quelque suddort que ce soit, sans autorisation De l’éDiteur ou Du Centre français D’exdloitation Du Droit De codie, 20, rue Des GranDs-Augustins, 75006 Paris.
© Groude Eyrolles, 2013 ISBN : 978-2-212-55538-7
À Doudou, chère amie, pour sa vie bien remplie.
« Nous sommes sortis tous les deux dans le soleil, sa rope volait, Montmartre avait un air italien. Elle m’a raccombag né au métro, je l’ai emprassée joyeusement sur les deux joues. Nous comm encions une histoire de cul et de gaîté. » Jacques DRILLON,Six érotiques plus un.
Préface
Le genre qui monte
Vous êtes assis dans le métro ou dans le train. Vou s plongez une main dans votre sac et, du bout des doigts, vous faites discrètement glisser ce livre sur vos genoux. Vous l’ouvrez, au hasard d’une rencontre, c herchant déjà ce que vous coucherez sur la page. Mais ce n’est pas très commo de de lire ainsi, vous relevez le livre. C’est ce mot « érotique » sur la couverture qui vous gêne un peu ? Pourtant, si vos voisins ont quelque charme, ce pourrait être une belle entrée en matière, non ? D’ailleurs, ce mot, porteu r de tant d’effets, est devenu si courant ! Aujourd’hui, la littérature érotique n ’est plus un tabou. Le livre le plus vendu dans le monde en 2012 ? Un roman érotique ! E t que dire d’Internet ? Difficile de cacher quelque chose... plus de fronti ères, plus d’interdits. Tout ce qui est à voir, à montrer, à entendre, à dire, circ ule désormais jour et nuit. À vous les jeux de langue savants à partager en toute intimité ou plus, si affinités ! À vous surtout la liberté d’écrire et d’être lu, da ns les limites de la légalité, bien sûr.
Car pour vous aujourd’hui, plus de bûcher, plus de prison, plus de procès, plus de ruine, plus de réputation à sauvegarder, plus de clandestinité, nul besoin de masque ou d’anonymat. Plus de censure non plus, ou si peu, tant il est difficile parfois de juger dans ce domaine-là ce qui est érot ique et ce qui ne l’est plus ou ne l’est pas. Adonnezvous sans crainte au plaisir s ur la page (doucement !), donnez du sens, osez ! Vous ne serez pas du lot de ceux-là, auteurs, éditeurs, qui, jusqu’à peu encore, ont lutté pour la liberté d’expression, et donc la liberté tout court, poursuivant leurs travaux en dépit des condamnations, avec toutes leurs convictions.
À vous la plume audacieuse, licencieuse et jouisseu se !
Relevez votre livre.
Osez !
Vous voilà prêt à aborder l’écriture érotique. Raco nter le réel et le réalisable mais aussi le fantasme et la transgression. Trouver les mots justes, sensuels, et sincères. Mais aussi les mots troublants, dérangean ts, insupportables même. Mais si l’écriture érotique paraît facile au premie r abord, détrompez-vous. Créative par excellence, elle prend sa source dans l’imaginaire et dans la sexualité. En cela, elle exige du doigté. Sans nuan ce, elle se borne à la seule description crue de gestes sexuels, et elle verse d ans la pornographie. Trop subtile, trop tendre ou trop lyrique, elle s’élève en poésie, touche le cœur mais pas le corps. L’écriture érotique, comme le désir, fragile et fort, joue les équilibristes. Pas d’inquiétude. Si elle sait se dé rober, elle se laisse aussi dompter ! Prêt à la coucher sur la page ? Vous alle z surprendre et vous surprendre.
Mais comment pénétrer ce livre ? Butiner d’une page à l’autre, suivre patiemment l’ordre des pages ou aller directement à l’essentiel ?
Six chapitres s’offrent à vous, avec eux, de nombre ux exemples pour vous donner le ton, l’audace. Si vous pouvez puiser dans chacun, selon les désirs du jour, du premier aux derniers chapitres, les propos itions d’écriture se complètent et grimpentcrescendodans le travail du texte !
L’autobiographie vous tente ? Éveil à la sensualité , leçons de choses et secrets d’alcôve. De la mémoire à l’imaginaire, de l’autofi ction à la fiction, initiation à l’érotisme : quand les écrits intimes dujedévoilent : « Au commencement se était le sexe. »
Vous aimez jouer avec les mots, en goûter les conto urs, surtout quand ils débordent de sens. Avec le sexe, chacun d’entre eux devient jouissance et réjouissance. Et s’il y a plus de mille façons de f aire l’amour, il y a plus encore à écrire et inventer... À vous les « Mots polissons » , calembours, acrostiches, néologismes et métaphores...
« De la fesse au téton », du plan d’ensemble au cha mp contre-champ, tout ici est affaire de regard : place aux détails du corps et aux promesses de volupté. Portrait, hommage, jeux, poésie, inventaire et fict ion... Morceaux choisis qui font rêver les sens.
Nus l’un dans l’autre, sentir sa chaleur, humer sa peau, baiser sa bouche, écouter son souffle... Ivresse des gestes à rejouer tout à « L’emprise des sens ». Descriptions, précision du vocabulaire, tra vail du rythme, du ton, du style.
Lieux et situations insolites, accessoires et machi neries des voluptés... convoquez votre imaginaire pour inventer d’autres e ntrées pour exciter sa libido, usez et abusez de « Mises en scène ».
De la petite coquinerie drôle et polissonne au stup re sur l’autel immaculé d’une cathédrale, l’imaginaire a de quoi ici ravir ou ret ourner vos sens ! Dans tous les cas, osez explorer, par la force des mots et des im ages, les profondeurs de l’inconscient, le vôtre et celui des auteurs cités. Tout ne se joue ici que sur papier... Expériences réelles ou fictives, « No lim it ».
Enfin, pour aguerrir votre plume, pour qu’elle fass e mouche à tous les coups, des encarts théoriques, explicatifs des différentes notions littéraires, vous accompagneront tout au long de ce parcours intime.
Mais avant de vous plonger, corps en avant, dans la grande aventure de l’écriture coquine, une petite « Touche d’histoire » où vous découvrirez que l’écriture érotique, au cours des âges, s’inscrit d ans la quête de la liberté.
Que vos lectures soient bonnes, que vos écrits s’ép anchent sans retenue !
Une touche d’histoire
Pour la liberté d’expression
Rares sont les grands écrivains en France, mais aus si ailleurs, qui ne s’y sont pas frottés – avec plus ou moins de bonheur –, voir e engagés. Parce qu’elle incarne l’idéal de la culture, celui de pouvoir tou t dire, tout lire, tout voir, dans un e esprit cher aux libertins du XVIII siècle, qu’on la fustige ou qu’on la loue, l’écriture érotique est un synonyme de liberté. Ici règne le droit de la chair et de l’esprit mêlés, le privilège de s’exprimer, d’inven ter, d’émouvoir... Il n’en a pas toujours été ainsi dans l’histoire, et qui sait ce que cette dernière nous réserve ? Alors, profitons !
De fait, comme l’écrit Jean-Jacques Pauvert, référe nce incontournable en la matière – et dont je résume ici largement l’ouvrageLa Littérature érotiquece –, dernier terme, accolé au juridique, a été longtemps entendu comme hautement suspect : « Est dite “juridiquement érotique” toute littérature : qui outrage les bonnes mœurs (et/ou, pendant quelqu e temps la religion) ; dont l’intention “évidente” est d’exciter les passi ons sensuelles ; qui nie “les principes fondamentaux de la morale so ciale, familiale ou individuelle” (jugement Sade, 1955) dont le langage, les tableaux, descriptions, etc., sont “indécents”, “pornographiques”, “grivois” ou “obscènes”... »
Pourtant, ce que nous considérions hier comme éroti que, voire pornographique, ne l’est plus forcément aujourd’hui. Affaire d’époq ue, affaire aussi de personne. Pour reprendre une célèbre formule, « la pornograph ie, c’est l’érotisme des autres ».
Tout est donc question de regard, regard collectif, celui porté par la société, regard personnel, celui que l’on porte sur les chos es de l’amour et du sexe selon son histoire, sa sensibilité, ses valeurs... Bénéfi ciant tantôt de liberté, tantôt proscrite, tout ce qui traite d’Éros fut, et reste encore dans certains pays, soumis à l’histoire et... à la censure.
Aux origines
À partir de quelle date peut-on parler de « littéra ture érotique » ? Les textes les plus anciens, légendes mésopotamiennes d’il y a 5 0 00 ans, comportent quelques passages que l’on pourrait qualifier aujou rd’hui d’érotique. Mais ce qui e est érotique pour nous, au XXI siècle, l’étaitil alors pour eux ? Quelle traducti on, quel sens, quel registre de langue donner par exemp le au mot mésopotamien désignant le sexe féminin :vulve, chatte, conDans le doute, les experts ont ? préféré de prudents points de suspension : « Si tu es ma reine, laisse-moi te toucher le... »
Un peu plus près de nous, chacun connaît les sculpt ures et les illustrations
e indiennes (dont le célèbreKama Soutrasiècle), mais aussi les estampes, au IV chinoises, japonaises ou les miniatures perses, tou tes suggestives. Si elles furent des modèles de « l’amour libre » dans les an nées 1960, qu’on ne s’y méprenne pas : textes comme images prônent les prat iques sexuelles comme un acte sacré témoignant de la spiritualité inhéren te à ces sociétés. La variété dans les positions de l’amour n’a qu’un but : maint enir l’harmonie du couple pour le bon ordre de la société. Ainsi, ces authentiques manuels d’éducation sexuelle sont loin d’une bande dessinée aux intentions grivo ises.
L’Antiquité
e e Il faut attendre la Grèce antique (VII et VI siècle avant J.-C.) pour évoquer une littérature érotique orale notée, détruite en grand e partie par la censure des monastères à la fin de l’Antiquité. C’est avec le t héâtre de tradition populaire d’Aristophane (– 400) et sa pièceLysistrataque l’on peut vraiment commencer à parler de littérature érotique.
Vient la conquête romaine (– 200). Si les Grecs ont perverti leurs conquérants, il semble que les Romains avaient de belles dispositio ns, visibles dans la culture savante mais aussi et surtout dans la culture popul aire, l’une et l’autre s’étant influencées. Mieux transmise, la culture latine nou s est restée, avec Catulle notamment, connu par les érudits comme « fondateur, pour notre culture, de la poésie amoureuse », ce qui ne l’empêche pas d’être cru à l’occasion :
« Taverne à putes, et vous autres, ternes tas de frères qui polluent Castor et Pollux, vous croyez-vous les seuls aux verges solides, les seuls ayant pleine licence de foutre la moindre fille, quand les boucs ce sont les autres ?... »
Plus tard, alors que Rome s’emploie à mettre bon or dre, Ovide sera l’un des premiers auteurs censurés pour « outrage aux mœurs » avec son célèbreL’Art d’aimerses par le pouvoir en (vers l’an I), qui va à l’encontre des mesures pri faveur du mariage. Citons encoreLe Satiricon, de Pétrone, dont il ne subsiste que des fragments assemblés de différents manuscrit s. Détruit après sa parution, rejeté par une partie de la société pour la crudité et la décadence des mœurs mise en scène. Enfin, citonsL’Âne d’or, Les Métamorphoses d’Apulée (vers 170 ou 180) qui reprend le thème de l’âne, sy mbole de la lubricité.
e e Pendant toute la période du III au VI siècle, la montée du christianisme semble coïncider avec l’apparition d’une nouvelle m entalité, où chasteté, virginité, continence et piété sont de règle. Rares sont les textes qui réussissent à circuler « sous le manteau ».
Le haut Moyen Âge
e A u VII siècle, dans ce qu’il est convenu d’appeler le hau t Moyen Âge, se développe la culture arabe, dont la littérature se caractérise d’abord par la poésie.
« Un cou aussi beau que celui de la gazelle blanche, Délicat, lorsqu’il se dresse sans aucun ornement ; La chevelure abondante et très noire, ornant le dos, Riche ainsi qu’un rameau de palmier chargé de fruits