De la réflexion stratégique à l'action

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206 pages
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Description

Ce guide est à la fois un essai sur le pouvoir et un guide de management stratégique.

S'appuyant sur l'enseignement des plus grands maîtres en stratégie, Philippe Ramond, après son best-seller Le management opérationnel des équipes, apporte ici une vision renouvelée de la stratégie, appliquée à la conduite de l'entreprise.

Si l'auteur tente de répondre aux questions générales de type : "Quel est le sens de l'action ?" ou "Tout est-il une question de pouvoir ?", l'intérêt de son ouvrage est également pratique. Il permet :
* de clarifier le concept de stratégie, de le sortir des ambiguïtés qu'il suscite, notamment de la confusion entre stratégie et politique ;
* d'identifier les notions essentielles à mobiliser pour élaborer une planification stratégique.

Enfin, il propose une démarche méthodologie complète permettant de conduire le changement sous le double éclairage de la recherche du "bien commun" et du renforcement de son "pouvoir personnel".

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Nombre de lectures 59
EAN13 9782818808214
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Philippe Ramonddirige le Cabinet Cardinal Conseil, spécialisé dans les activités de conseil et de formation en stratégie, organisation, marketing et ressources humaines. Diplômé en économie et en psychologie sociale de l’Université Paris-Dauphine, il est l’auteur de nombreux articles et études dans les domaines de l’organisation, du management et de la vente. Il a publié aux éditions Maxima – Laurent du Mesnil éditeur :Le Management opérationnel des équipes (best-seller, 2002) etLe Marketing opérationnel(2003). L’auteur peut être joint à :philippe.ramond@maxima.fr infos/nouveautés/catalogue :www.maxima.fr
192, bd Saint-Germain, 75007 Paris Tél. : + 33 1 44 39 74 00 – Fax : + 33 1 45 48 46 88 ©Maxima, Paris, 2007. ISBN 10 : 2-81880-821-4 ISBN 13 : 978-2-81880-821-4 Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Sommaire
Avant-propos Introduction : La pensée, le pouvoir et l’action I : Les références fondamentales de la pensée strat égique • Le choix des auteurs de référence • Sun Tzu ou la sagesse stratégique • Xénophon ou l’aventure stratégique • Machiavel ou la subtilité stratégique • L’enseignement des maîtres
II : La planification stratégique • Les concepts de la planification stratégique • Les différentes approches de la planification • Les modalités de mobilisation • Vision stratégique et planification
III : L’analyse stratégique ou les jeux de pouvoir • À la frontière du politique • La carte des partenaires • Les conflits individuels • Les conflits collectifs
IV : L’action stratégique ou la conduite du changem ent • Les notions d’« action stratégique » et de « chang ement » • Les quatre dimensions de la conduite du changement • La dynamique du changement • Le stratège et le changement
V : Les figures du stratège • Le statut du...
Avant-propos
Il est toujours délicat de parler de stratégie. Après vingt années d’exercice du métier de conseil auprès de chefs d’entreprise confrontés à des conduites de changement et à des gestions de crise (fusion, redimensionnement, restructuration, redressement, conflits sociaux…), j’ai décidé de fo rmaliser ma pensée et ma pratique. Plusieurs objectifs ont guidé la rédaction de cet o uvrage : • clarifier le concept de stratégie, le sortir des f antasmes ou des ambiguïtés qu’il suscite, notamment de la confusion entre le domaine du stratégique et le domaine du politique ; • identifier les notions essentielles à mobiliser da ns le cadre d’une réflexion stratégique, les cadres de référence théoriques à connaître et à intérioriser ; • proposer une démarche méthodologique complète perm ettant à un manager de conduire son action sous le double éclairage de la recherche du « bien commun » et du renforcement de son « pouvoir personnel ».
Cet ouvrage s’adresse, bien entendu, à des dirigean ts et à des responsables d’entreprise. Il leur donn era un cadre de réflexion et d’action pour : 1) concevo ir une planification stratégique, 2) analyser et ré soudre les oppositions de pouvoir qu’ils rencontrent, 3) c onduire le changement (quelle que soit sa nature ou sa forme), 4) gérer des crises ou des conflits collect ifs. Toutefois, mon ambition est d’intéresser toute pers onne qui s’interroge sur des questions essentielles de type : • Qu’est-ce qu’un stratège ? Comment le devient-on ? Pourquoi est-on prêt à suivre un homme, parfois au bout du monde et en dépit de son propre intérêt ? • Qu’est-ce que le pouvoir ? Tout est-il question de pouvoir dans l’entreprise, dans la famille, dans l e préau de l’école, … ? • Quel est le sens de mon action ? Faut-il ou non ex ercer une responsabilité sur une collectivité humaine ? Ne recherche-t-on pas...
Introduction LA PENSÉE, LE POUVOIR ET L’ACTION
I. LE CONCEPT DE STRATÉGIE De nombreuses définitions existent. La difficulté d e saisir ce concept vient de cette profusion. La première définition que nous proposons est lexic ale : «Art d’utiliser au mieux les ressources disponibles». Chaque mot est important. Art: la stratégie ne repose pas uniquement sur la mise en œuvre, même experte, de méthodes et de techniques qui garantissent un résultat certain et reproductible. Le stratège est un artiste, son tour de main, son génie propre (qui tient à sa personne, à sa pensée, à sa parole) sont décisifs. Un stratège, sans technique ni méthode, peut manquer de pertinen ce, voire être dangereux (pour lui-même et pour les autres). Un technicien, sans âme stratégique, ne se ra qu’un pâle figurant. Utiliser: très souvent nous préférons le terme « déployer » au sens des armées sur un champ de bataille ou des pièces sur l’échiquier, moins utilitariste e t plus aérien. Toutefois, le stratège utilise, mobi lise, fait usage de tous les moyens possibles pour assurer sa victoire. Au mieuxoute planification stratégique. On ne peut: ces termes connotent l’imperfection inhérente à t que plus ou moins bien « rater » (ou réussir) son p rojet d’entreprise ou son plan de développement. Les ressources disponiblesilisables (humains,: Ces notions renvoient à l’ensemble des moyens mob matériels, financiers, logistiques, …). SUN TZU ajouterait à cette définition que la stratégie c’e st, aussi, l’art de se doter d’un maximum de ressources. MACHIAVEL ne dit pas autre chose dans sa célèbre formule : « préparer la guerre en temps de paix ». Au-delà de cette définition que nous venons de comm enter, quatre autres définitions, de portée moins générale, méritent d’être citées et commentées : 1. Le champ de réflexion ouvert à l’homme quand il d oit penser et agir pour résoudre des problèmes 1 posés par les conflits de société . 2. La restitution de l’expérience humaine des confli ts, pour dire toutes les manières de penser, de calculer et d’employer la violence armée dans l’act ion collective, dans l’épreuve des volontés 1 antagonistes . 3. L’expérience intériorisée, décrite et expliquée, telle qu’elle se manifeste à tous les niveaux de dé cision 1 et d’exécution, depuis le politique jusqu’au combat tant . 4. Une façon d’exprimer les postures de l’homme deva nt l’éternelle prégnance de la violence ; comment il a appris à s’accommoder de la tyrannie des armes et comment, avec elles et malgré elles, il a su et 1 pu « en faire quelque chose » . La stratégie appartient au champ de la pensée, de l a réflexion. Le stratège doit...
Chapitre I LES RÉFÉRENCES FONDAMENTALES DE LA PENSÉE STRATÉGIQUE
I. LE CHOIX DES AUTEURS DE RÉFÉRENCE La stratégie a fait couler beaucoup d’encre. Toutes les grandes civilisations ont généré des aut eurs, des textes mythiques, des pensées fécondes. La guerre et les batailles ont inspiré prioritairem ent, successivement ou simultanément : les Chinois, les Grecs, les Romains, les Mongols, les Arabes, les In diens, les Occidentaux. Une centaine d’auteurs mériterait d’être étudiée, à tout le moins (cf. tableau 3, p. suivante). Dans ce fourmillement, il faut opérer un choix, naturelleme nt subjectif, au regard de l’objet qui nous intéres se à savoir « le management stratégique ». Nous avons retenu trois textes de référence : 1 L’art de la guerrede SUN TZU , 1 L’Anabase,de XÉNOPHON 1 Le Prince.de MACHIAVEL
Civilisations La Chine
La Grèce
Rome
Byzance
L’Inde
Les Arabes
Tableau 3 : Les différentes sources de la pensée stratégique
Auteurs e SUN TZU (IV siècle avant J.-C.) e Shang Yang (IV siècle avant J.-C.) Szu-Ma Chien (~ 145 – ~ 86 avant J-.C.) Mao Tse Toung (1893-1976) e Énée le Tacticien (IV siècle avant J.-C.) Thucydide (~ 460 – ~ 399 avant J.-C.) XÉNOPHON (~ 426 – ~ 354 avant J.-C.) Polybe (~ 202 – ~ 120 avant J.-C.) Jules Cesar (~ 101 – ~ 44 avant J.-C.) Salluste (~ 86 – ~ 35 avant J.-C.) Tite Live (~ 59 avant J.C – ~ 17 après J.-C.) Plutarque (~ 46 – ~ 120 après J.-C.) Tacite (~ 55 – ~ 120 après J.-C.) Flavius Arrien (~ 92 – ~ 175 après J.-C.) e Polyen (II siècle après J.-C.) e Procope de Cesarée (Début VI siècle – ~ 565) Maurice (539-602) Nicéphore Phocas (912-969) Kritovoulos (né ~ 1410) e Kautilîya (IV siècle avant J.-C.) er Le Mahâbhârata (I siècle après J.-C.) Gandhi (1869-1948) Al-Muttaki (1477-1567) Al-Bokhari (810-870) Al-Tabarî (~ 838-923)
Les persans
Les Mongols
L’Occident
Ibn Al-Athir (1160-1233) Ibn Kahldoun (1332-1406) e Daqiqi (X siècle) Ferdousi (~ 932-1020) Nizam Al-Mulk (1018-1092) e Rawandi (XIII siècle) Saadi (~ 1200-1291) Juvaïni (1226-1283) Tamerlan (1336-1405) Babur (1483-1530) Jean Froissart (~ 1337- ~ 1404) Blaise de Montluc (~ 1500-1577) Hernan Cortes (1485-1547) NICOLAS MACHIAVEL (1469-1527) Richelieu (1585-1642) Vauban (1633-1707) Frédéric II (1712-1786) Karl von Clausewitz (1780-1831) ……
De nombreuses raisons peuvent justifier cette sélec tion : • Il s’agit de trois références « absolues », indisc utables par la richesse et l’originalité de leurs p ensées. Ces textes ont inspiré, et inspirent encore, tous l es stratèges de tous les temps (Richelieu, Napoléon , Mao Tse Toung, de Gaulle. Ces trois auteurs parlent de choses différentes : – la raison et la modération au cœur même de la guer re, qui est pourtant un acte de violence poussé jusqu’à ses limites les plus extrêmes (SUN TZU) ; – l’aventure existentielle d’un jeune homme qui va d evenir progressivement un stratège (XÉNOPHON) ; – le témoignage d’un politique qui a perdu tous ses combats et qui souhaite insuffler l’idéal du « bien commun » au Prince pour sortir Florence du temps ob scur où elle s’enfonce (M ACHIAVEL). • Notre culture (grecque et latine) et notre histoir e (occidentale) jouent forcement un rôle prépondéra nt dans ces choix : – XÉNOPHON nous touche, au-delà deL’Anabase, par sa relation privilégiée avec SOCRATE, par son souci de l’esthétique (dans son corps, dans sa paro le, dans ses comportements), par sa légèreté aussi ; – M ACHIAVEL est magnifique dans sa tentative d’allier la reche rche permanente de l’idéal (le bien commun) et le cynisme du vaincu (« se conformer à l a vérité effective des choses et non aux imaginations qu’on s’en fait »). • Le choix de SUN TZU mérite quelques explications. Pour certains, il s’ agit d’un auteur surfait, mis à la mode (il existe même des versions deL’art de la guerreen bandes dessinées) par la vague « Mao », dont les enseignements sont datés (la période des r oyaumes combattants vers 400-350 av. J.-C.) et limités (la guerre dans un contexte de stratégie in directe et d’objectifs limités). La lecture attentive du texte invalide ces idées re çues.L’art de la guerreest un chef-d’œuvre inégalé qui traite de bien autre chose que de la seule tactique militaire. Pour SUN TZU, la guerre relève du politique, de la gouvernance, d’une pensée globale sur l’évolution de la société et sur le bien de la collectivité humain e.
II. SUN TZU OU LA SAGESSE STRATÉGIQUE
L’art de la guerre’hommes et des généraux dans la est « un traité méthodique à l’usage des meneurs d
poursuite intelligente d’une guerre victorieuse ». Il est le plus ancien ouvrage connu traitant de cet te question. SUN TZU se caractérise par son réalisme et sa modération : • « Jamais guerre prolongée ne profite à aucun pays », • « L’art suprême de la guerre c’est soumettre l’enn emi sans combattre ». Clausewitz s’oppose radicalement à cette vision raisonnable ; sa théorie et sa pratique de la guerre t otale en sont la démonstration : « introduire dans la phi losophie de la guerre un principe de modération ser ait une absurdité, la guerre est un acte de violence po ussé jusqu’à ses limites extrêmes » (Karl von Clausewitz,De la guerre). L’arme atomique et ses conséquences (le retour à de s conflits à objectifs limités) ont donné raison au penseur chinois et tort au stratège germanique. Nous ne savons pas avec certitude qui était SUN TZU ni à quelle époque il vécut. Il était, sans doute, un stratège (le Conseil du Général des armées – T’ien chi – du royaume de Ch’i) et il écrivit, sans doute , son traité entre 400 et 350 av. J.-C. L’époque (où SUN TZU a, peut-être, existé et agit en tant que stratège, sous le nom de Sun Pin) peut être caractérisée par les éléments suivants : Confucius meurt en 479 av. J.-C. À peine quelques dizaines d’années plus tard, émerge l’époque des « royaumes combattants » et des « Conseils » (déjà). Les souverains se disputaient les Conseils qui les subj uguaient grâce à des raisonnements d’une déroutante diversité. Lorsque les Conseils se révélaient profi tables, ils atteignaient souvent des positions élev ées ; dans le cas contraire, ils étaient sciés en deux. I l arrivait souvent qu’ils servissent secrètement de ux princes à la fois, les dressant l’un contre l’autre . En fait, ils combattaient le particularisme de la v ieille aristocratie féodale et formaient des projet s visant à faire tomber l’empire tout entier sous la dominatio n du souverain qu’ils servaient. La guerre, avant SUN TZU, est un rituel sacré comme au cours du haut Moyen Âge en Occident. La bataille n’est que le recours ultime au jugement de Dieu (« son rôle est de forcer le ciel à se déclar er », J. Duby,La bataille de Bouvines). Deux caractéristiques structuraient alors la logiqu e guerrière : • les armées sont privées (des mercenaires), • une distinction est établie entre les guerres just es (civiliser les barbares) et les guerres injustes (écraser ses voisins, de la même race, de la même r eligion, de la même culture). La guerre, selon SUN TZU, consiste à triompher :
• dans les plus brefs délais, • au moindre mal et aux moindres frais en vies humai nes, • en infligeant à l’ennemi le moins de perte possibl e. Son apport essentiel est d’identifier les condition s de la victoire. Pour cela, il faut : • l’unité nationale, permise par un gouvernement dév oué au bien-être du peuple faisant preuve de « bonté et justice » ; • l’estimation rationnelle de la puissance comparée des deux parties en présence (« Connais ton ennemi et connais-toi toi-même et tu pourras livrer cent b atailles sans essuyer un désastre ») ; • la claire conscience des répercutions financières (une guerre doit être rentable, sinon on ne la fait pas) ; • une stratégie nationale doit être définie avant de penser une stratégie militaire. Pour SUN TZU, trois facteurs doivent être pris en compte pour la conduite d’une guerre : • le facteur humain, (le moral des troupes et la loy auté au commandant, qui sont liés à la stratégie nationale) ; • le facteur doctrinal, c’est-à-dire le principe mêm e de la guerre (« les armées sont des instruments d e mauvais augure à utiliser lorsqu’il n’existe pas d’autre solution ») ;