Innovations. Ames de l'entreprise, expression du monde

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Français
201 pages
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Description

Comment anticiper pour avoir la bonne innovation, au bon moment, pour rester compétitif ou accroître le potentiel de l'entreprise ? L'innovation (bonne ou mauvaise) est devenue l'expression du monde, par son enveloppement de l'économie et les besoins sociopolitiques manifestés. Assistée de la technique, elle crée les machines, les biens, l'information, les moyens de communication. Elle constitue le principal lien par lequel se manifestent l'évolution et les avancées de toute nature.

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Date de parution 01 juillet 2010
Nombre de lectures 72
EAN13 9782296702554
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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IN-NOVATIONS
Âme de l’entreprise, expression du monde

Suivi d’une schématisation neurotique :
Progiciel d’Assistance au Cerveau

Collection « L’esprit économique »

fondée par Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis en 1996
dirigée par Sophie Boutillier, Blandine Laperche, Dimitri Uzunidis

Si l’apparence des choses se confondait avec leur réalité, toute réflexion, toute
Science, toute recherche serait superflue. La collection «L’esprit économique»
soulève le débat, textes et images à l’appui, sur la face cachée économique des
faits sociaux: rapports de pouvoir, de productionet d’échange, innovations
organisationnelles, technologiques et financières,espaces globaux et
microéconomiques de valorisation et de profit, pensées critiques et novatrices sur
le monde en mouvement...
Ces ouvrages s’adressent aux étudiants, aux enseignants, aux chercheurs en
sciences économiques, politiques, sociales, juridiques et de gestion, ainsi qu’aux
experts d’entreprise et d’administration des institutions.

La collection est divisée en six séries :

Dans la sériennn te etc npubliés des ouvrages sontd’économie
industrielle, financière et du travail et de sociologie économique qui mettent
l’accent sur les transformations économiques et sociales suite à
l’introduction de nouvelles techniques et méthodesde production.
L’innovation se confond avec la nouveauté marchande et touche le cœur
même des rapports sociaux et de leurs représentations institutionnelles.

La sériec ne fe e apour objectif de promouvoir l’analyse des faits
économiques contemporains en s’appuyant sur les approches critiques de
l’économie telle qu’elle est enseignée et normalisée mondialement. Elle comprend
des livres qui s’interrogent sur les choix des acteurs économiques dans une
perspective macroéconomique, historique et prospective.

Dans la sériee M nde ene tn sontpubliés des ouvrages d’économie
politique traitant des problèmes internationaux. Les économies nationales, le
développement, les espaces élargis, ainsi que l’étude des ressorts fondamentaux
de l’économie mondiale sont les sujets de prédilection dans le choix des
publications.

La sérieKa été créée pour faciliter la lecture historique des problèmes
économiques et sociaux d’aujourd’hui liés aux métamorphoses de l’organisation
industrielle et du travail. Elle comprend la réédition d’ouvrages anciens, de
compilations de textes autour des mêmes questions et des ouvrages d’histoire de
la pensée et des faits économiques.

La sérieéC c aété créée pour fixer les impressions du monde économique. Les
ouvrages contiennent photos et texte pour faire ressortir les caractéristiques d’une
situation donnée. Le premier thème directeur est : mémoire et actualité du travail et de
l’industrie ; le second : histoire et impacts économiques et sociaux des innovations.

La sérieC Pnc px comprenddes ouvrages simples, fondamentaux et/ou
spécialisés qui s’adressent aux étudiants en licence et en master en économie,
sociologie, droit, et gestion. Son principe de base est l’application du vieil adage
chinois : « le plus long voyage commence par le premier pas ».

Lucien Lamairé












IN-NOVATIONS
Âme de l’entreprise, expression du monde

Suivi d’une schématisation neurotique :
Progiciel d’Assistance au Cerveau



























L’Harmattan












































© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12293-2
EAN : 9782296122932







En gouvernant l’univers,
l’esprit ouvre nos regards sur l’invisible

INTRODUCTION

Uneréflexion sur l’innovation devrait commencer par citer
la première, la plus considérable, la moins économique, la plus
perturbante qu’ait connue l’humanité : celle de l’idée novatoire
de Dieu et des religions conséquentes. Des millions d’années
ont été nécessaires pour que quelques hommes, en dépassant de
manière illimitée les quatre attributs que sont la Vie, la
Puissance, la Connaissance et l’Amour en établissent la
synthèse sous la forme pensée de Dieu, être suprême, immortel
et hors qualificatif. Malheureusement, s’engager sur le
développement du caractère infini de cette novation originelle
dépasserait de beaucoup trop loin le cadre de ce travail, avant
tout pragmatique,représentant l’essentiel de ce que pourrait
être un «roman »de l’innovation. Nombreuses seront les
occasions ressenties par le lecteur où l’innovation de Dieu et
des religions surgissent comme sous- jacentes de propositions à
développer, mais auxquelles un refus s’est imposé pour la

raison indiquée.

L’In-Novation, onl’aura tout de suite compris est
l’innovation recherchée et extraite du cerveau, son moyen
créateur. Je dois préciser qu’une des raisons d’être de cet
ouvrage est une tentative pour combler la disparité existante
entre la masse des publications et articles concernant le
traitement d’aval de l’innovation et la situation de quasi vide
pour l’amont. D’un côté abondance et redondance de conseils et
de projets pour le développement, le marketing, les
financements dans un contexte hyper concurrentiel, dont la
différenciation principale entre projets est souvent l’emballage
marketing. De l’autre côté, un pré-amont, consistant àdécouvrir
à travers la technologie, la Recherche et l’expérimentation un
élément innovant ou une innovation. Mais la recherche majeure
vers l’activitécréatrice, oumême ses prémisses, en vue d’une
in-novation ayant pour point de départ un objectif

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correspondant au comblement originel d’un manque véritable,
est pratiquement absente.

Cespages proposent donc modestement de combler un peu
ce manque en faisant les premiers pas vers le domaine qu’on
pourrait nommer «l’in-novation neuronale», très certainement
voie royale de la compétition novatoire mondiale à venir.

Dansmon parcours d’occupations économiques
opérationnelles et administratives, j’ai constaté que nombreux
étaient les décideurs, les concepteurs, les donneurs d’ordre, les
politiques, les journalistes…, en bref les responsables du privé
ou du public qui utilisaient peu, maladroitement ou
superficiellement le concept de la création-innovation. D’où
une méconnaissance de ce qui était leur essentiel, c’est-à-dire
qu’ils cherchaient constamment l’idée nouvelle apportant la
solution espérée, sans se préoccuper sérieusement du
« commentla faire naître? ». C’est pourquoi chaque thème,
chaque matière traité dans ces pages est un itinéraire scrutant
l’amont, la source, l’intime naissance de l’innovation,
permettant à chacun de se positionner potentiellement dans
cette grande aventure, pour éventuellement y participer:
l’Economie a besoin d’innovations autant que l’individu a
besoin d’oxygène ou une industrie de matières premières.

L’épopéede l’innovation est en tout cas d’une telle richesse
qu’il n’est pas nécessaire de l’écrire pour savoir qu’elle imbibe
les populations, que l’intelligence est innovation et qu’elle est
dans tout… Peu à peu toutes sortes d’innovations se sont
superposées partout où l’individu pouvait et devait se
« prolonger »,au sens physique et mental. Pénétrant dans tous
les secteurs et dans toutes les activités, la pensée novatoire a vu
se multiplier ses canaux de diffusion créant la fluidité qui a
permis une première accélération novationniste, dont le champ
est à présent illimité.

Illimitéssont aussi les novateurs, en nombre et en qualité.

L’architecturede cet ouvrage est la suivante :

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Globalement, les chapitres distillent une succession de miroirs
montrant les multiples facettes et la permanence de l’esprit
novateur. En Première partie, ils débutent symboliquement par
la relation de prégnance entre l’innovation et les crises
économiques et financières, nationales et internationales,
réservant ainsi une place importante à l’économie. Une autre
place d’influence a été réservée à l’innovation politique, gérante
de la vie sociétale. A ce sujet en effet, le début du XXIème
siècle continue de s’arrimer à une idéologie bipolaire dominante
comme si les hémisphères du cerveau restaient l’immuable
symbolique. Certes, un nouveau contenant est apparu sous la
forme «écologique » maisson contenu, rassemblant savoirs et
surtout marchés, est plus polémique que politique et dépourvu
de concept gestionnaire. De plus, « l’avenir durable » qui lui est
accolé est un pléonasme, au pire une tautologie. En pénultième
position, un aperçu des conséquences monétaires possiblement
issues d’innovations très avancées. Pour terminer unabrégé du
fonctionnement du cerveau: un minimum pour percevoir la
complexité de la machine cérébrale et de ses extraordinaires
potentialités.

Cenovationnisme appelle un prolongement de nature à
accroître une productivité éclairée de l’innovation. Une
Seconde Partie,d’intention «numérique »et informatique
avancée, présenteune structure méthodologiquepréfigurant
les bases d’une assistance logicielle à développerau service
des promoteurs et instigateurs d’in-novations de tous ordres.

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PREMIERE PARTIE

LES MEANDRES DE L’INNOVATION

ET LES MIROIRS DE L’ESPRIT

CHAPITRE I

CONFIGURATION ET COMBINATOIRE

Les différences sémantiques sont tellement importantes entre
le verbeinnover,les motsinvention, innovation, les
périphériquescréationetdécouverte,le conceptnovatoireet les
néologismesnovationniste et novationnisme qu’uneprécision
doit être apportée pour éviter toute confusion. D’autant plus
qu’il n’est pas possible de se satisfaire des indications usuelles
des dictionnaires, par trop superficielles dans le contexte de cet
ouvrage. Les acceptions suivantes sont donc retenues :

• Innover est l’action d’amont volontaire de recherche
d’une idée nouvelle, capable de satisfaire un objectif
précisé ;Ce n’est donc pas seulement« introduiredu
neuf dans ce qui a un caractère bien établi ».

• Une Innovation n’est pas simplement« lefait
d’innover ».C’est, globalement, le perfectionnement de
tout. C’est un changement, une modification, une
nouveauté qui prolonge et décline l’identité d’un projet
défini. Ce n’est pas seulement la stabilisation de
l’invention mais son dépassement immédiat ou son
surpassement scientifique. Toute innovationcardinale
d’un moyen nouveau de production est généralement
développée par d’innombrables autres innovations,
parfois juridiquement transformées en« invention »,
assurant son évolution dans l’économie. L’innovation

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occupe ainsi l’espace considérable dédié à l’esprit
novatoire, ajoutant sans cesse du sens aux créations,
découvertes, et inventions, scientifiques ou non.


• Leterme« novatoire », souventemployé dans le
texte est assez peu usité mais n’est pas un néologisme.
Les dictionnaires disent que« novatoire est de la nature
de la novation, ou a rapport à elle». Cettedéfinition
est ici élargie et cherche toujours à apporter une
précision ou un éclairage spécifique au sujet traité.
« Novatoire »une nuance de la pensée par ajoute
rapport à innovationou innovateur, l’un et l’autre
traduisant et appliquant en fait la pensée novatoire.
Celle-ci est donc le contenu, le ferment et finalement
l’expression constitutive de l’idée innovante finale en
utilisant les réserves de l’esprit. La pensée novatoire
construit, ou explique l’idée innovante, selon son
positionnement.

• termes Les« novationniste » et« novationnisme »
sont par contre des néologismes exprimant une idée
générale, un contenant, une tendance ou uncourant de
pensée englobant l’innovation dans la réflexion et
l’action.


• L’Invention sesitue entre la recherche et l’inné:
inventer c’est alors donner forme et utilité à une idée.
Toutes les grandes inventions ont un nom d’inventeur.
Mais il est certain, sous un aspect sans doute différent,
que la même chose aurait vu le jour, sous un autre nom,
parce qu’inventer c’est faire naître une idée
correspondant ou concrétisant une utilité nouvelle, ou
apportant satisfaction à un besoin ou à un désir encore
inexprimé.
• LaCréation estle fait de produire quelque chose à
partir de rien. Elle est essentiellement œuvre de l’esprit.

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Les créations artistiques, littéraires, musicales… sont
des formes de création unique : nul autre que l’auteur a
pu ou pourrait produire l’œuvre qui porte son nom. La
sculpture aussi entre dan cette catégorie où la matière
n’a rien à voir avec le résultat. Il y a recherche d’idées
profondes et succession d’idées adossées.

• LaDécouverteest la mise en valeur, la connaissance, le
faire-valoir ou le faire apparaître de ce qui existe déjà,
de manière invisible, inconnue ou cachée : ainsi lorsque
Colomb découvre l’Amérique, Newton la gravitation,
Curie le radium et les scientifiques du siècle dernier,
l’atome dans sa diversité. Il n’y a donc ni idée ni
concept à priori, mais recherche d’un existant supposé.

A partir de ces définitions il est possible de procéder à une
distinction hiérarchique des innovations puis d’évoquer
leurs rapports avec l’économie et les autres composants
politiques et sociaux de la société.

Enfin,précision capitale, «In-Novation »utilise
l’élément locatiflatin «in »signifiant «en »ou
« dedans » pour localiser l’origine de toute innovation dans
le cerveau, auquel le dixième chapitre est consacré. Dans
ce titre d’ouvrage et dans ces pages le sens de
« l’in-novation »a pour signifiant le cerveau et la
production novatoire par la machine cérébrale.

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MIROIR DE LA PENSEE NOVATOIRE

Tout ce qui se dit et se fait depuis l’origine de l’humanité est du
ressort de l’esprit. Penser et être sont une même chose et chaque
personne est distributrice d‘idées, donc d’elle-même, qui
.
influence et est influencée

Parlerdu miroir de l’innovation, c’est parler de son
fondement, par conséquent de la substance de la personne
humaine et de la combinatoire inconsciente de ses composants
produisant des concepts puis les combinant pour en dégager de
nouveaux. Or, cette production itérative de concepts est
présentement très insuffisante. Pour parer au plus pressé on
essaie de combler ce déficit par un toilettage du stock. La
difficulté est qu’en économie, comme en politique, rien n’est
jamais tout-à-fait équivalent parce que tout évolue et aucun
modèle ne constitue une référence duplicable.

Etpourtant, l’exemple de la grande récession 2008-2009
pourrait apporter une démonstration supplémentaire que les
mêmes causes engendrent les mêmes effets, à la différence
essentielle que d’innovations en innovations contraires,
parallèles, modulées… la multiplication des analyses et des
interprétations entraîne de nouvelles innovations dont l’ordre et
la validité ne sont pas plus pertinents que les effets.

La liaison organique entre les crises économiques,
financières, boursières, sociales et politiques qui ont jalonné le
20è siècle est incontestable. Elle souligne la faiblesse de la
pensée novatoire au cours de cette période à laquelle s’ajoutent
la répétition d’erreurs et les mauvais choix imposés par les
autorités dites «compétentes ».Avec le recul, la gestion de ce
sicle, dans son ensemble, est une honte pour la pensée humaine.

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MIROIR DU XXème SIECLE EN 20 POINTS.

ème
1-.Bien avant le 20siècle les crises économiques ne
manquèrent pas. Elles en sont les antécédents directs et leur
place ici n’est pas usurpée. Les crises agricoles provoquées par
de mauvaises et souvent consécutives récoltes entraînèrent
l’envolée du prix du blé et la famine de 1692 à 1695. Jusqu’à la
fin du 18è siècle le problème des récoltes a été la caractéristique
de l’économie agricole de subsistance.

2-.A partir des années 1800, la révolution industrielle et les
investissements dans les transports et les infrastructures
modifièrent complètement la situation: développement du
commerce, des productions de toutes sortes, des banques, de
l’épargne, du capitalisme originel, de l’exploitation minière et
autres richesses naturelles internes et externes. La première
grande crise «moderne »a été celle de 1847-1848, sonsigne
précurseur datant d’octobre 1845, période à partir de laquelle
les cotations à la Bourse de Londres sont restées atones
plusieurs mois durant. En 1847, les marchés de Londres et Paris
s’affaissent. S’ensuivent immédiatement une hausse des taux
d’intérêt et des taux d’escompte, une réduction des crédits, une
multiplication des faillites, le marasme des affaires, le chômage
et enfin la révolution française de 1848 qui ébranle toute
l’Europe du fait de la position dominante de la France.

3.-De 1857 à 1907, plusieurs crises industrielles d’ampleurs
variables se diffusent un peu partout dans le monde à partir de
faits déclencheurs divers: rupture des approvisionnements en
coton, difficultés du commerce entre l’Angleterre et
l’Argentine, spéculations, émergences des politiques de
puissance des Etats avec création d’une hiérarchie industrielle
entre Angleterre, Allemagne, France, Etats-Unis.

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4.-Dans ce contexte, l’analyse des économistes de ce temps
souligne la présence de symptômes boursiers, monétaires,
industriels et commerciaux semblables les incitant à chercher la
véritable cause de ces crises, sans la trouver réellement. Sont
listés et analysés les accidents extérieurs, les difficultés
internes, la sous-consommation, la surproduction, les
dysfonctionnements du cycle de l’investissement. Les
difficultés bancaires sont soulignées, tel le krach de l’Union
Générale en 1882, suivi d’une rapide panique, puis reprise toute
aussi rapide d’une vaste distribution de crédits. Aiguisés par un
jeu politique privilégiant le nationalisme sous toutes ses formes,
les économies devinrent de plus en plus conflictuelles jusqu’à
l’explosion de 1914.

5.-La prospérité des années 20, initiée par la fin de la
guerre, la nécessité de la reconstruction et les progrès
techniques et technologiques s’est transformée en véritable
frénésie industrielle et financière jusqu’en 1926, date marquant
d’importantes inflexions : plafonnement de la construction puis
de l’industrie, baisse de l’activité commerciale et des prix de
gros, fléchissement de la production automobile. A peu près
tous les pays industriels enregistrent les mêmes difficultés
auxquelles vient s’ajouter le retour à l’étalon-or en 1925 créant
un fossé conjoncturel entre les pays vaincus, lourdement
endettés et les pays vainqueurs créditeurs et paraissant plus
solides. Mais, le 24 octobre 1929, après 18 mois de hausses
délirantes à Wall Street, c’est le début d’une chute des cours qui
va se poursuivre pendant près de 5 ans, jusqu’en 1933.

6.-Outre la ruine brutale et ce qu’il est permis de nommer
par extension un discret génocide économico-bancaire des
années 29 et 30, la crise de 1929 n’apparait pas plus violente
que celle de 1920-1921. Ce qui la caractérise est
l’approfondissement régulier de l’effondrement de toutes les
constructions économiques et financières existantes. Il y a eu un
engrenage de destruction des économies dominantes du monde,
allant jusqu’à la dislocation sociale en Allemagne et en Russie,
initiatrice de la seconde guerre mondiale. Un nombre

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considérable d’études et d’analyses de la crise de 1929 ont eu
pour objet, d’abord de déceler le mécanisme de développement
de la crise, ensuite d’en rechercher les raisons.
Le point de départ ne fait aucun doute: l’économie dominante
américaine est à la base du déclenchement international de la
crise. A cette époque en effet, 12% du commerce mondial, 45%
de la production industrielle mondiale et plus de 75% des
investissements extérieurs sont américains.
Les explications originelles formulées à l’aide du recul sont, sur
le fond strictement identiques aux précédentes, mais assorties
d’une complexité supplémentaire due à l’importance inédite des
masses concernées. Le changement de dimensions des
échanges, de la production, des capitaux, des forces sociales…
par rapport aux crises précédentes, n’a pas entraîné un
changement de nature des faits, mais a noyé la recherche des
causes dans un océan de conséquences polémiques, élevant
jusqu’à l’impossible la juste synthèse.
Compte tenu de la complexité des circuits et réseaux constitutifs
de l’économie, les explications à postériori sur l’origine des
crises sont extrêmement diverses. Elles ontmultiplié les points
de vue et les réflexions des économistes. Leurs analyses
divergentes, généralement contradictoires, cherchent à
s’accompagner d’une logique apparente sans apporter de
compréhension profonde. Pour cela il faut chercher ailleurs et
autrement.

7.-Ce sont en réalité les décisions erronées des Etats que
l’on trouve toujours à l’origine des crises: soit parce qu’elles
ont été dictées par des faits illusoires considérés évidents; soit
parce qu’elles ont été décidées à contre courant des réalités
profondes ;soit parce que les choix sont mauvais; soit enfin
parce que la difficulté politique interdisait une position
différente. Dans tous les cas ce sont les gouvernements ou les
Etats, mais seulement eux, qui déclenchent inconsciemment par
telles ou telles mauvaises innovations les facteurs de crises,
sans disposer ensuite des moyens pour en dominer les effets,
devenus effectivement hors de portée.

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8.-Ainsi, dès 1930 le renforcement de la désagrégation
mondiale découle d’abord du renforcement des actions et
interventions protectionnistes dont les Etats sont maîtres. Au fil
du temps et des difficultés qui s’auto-développent, chaque Etat
prend les mesures compatibles avec sa situation et ses moyens,
sans avoir d’autre choix que la priorité d’apporter le plus vite
possible une amélioration à sa population. Mais, toute crise
économique étant simultanément et fatalement une crise
financière et boursière ne peut être isolée,ni géographiquement
limitée. Dès lors que les échanges sont internationaux et
planétaires, que les monnaies constituent la liaison organique
entre tous les composants des crises, aucune nation ne peut être
épargnée.

9.-L’importance du traumatisme des crises se poursuit dans
la durée et la profondeur des économies. La crise de 1929 a été
la plus longue du siècle : aux USA, sa durée a été de 33 mois ;
25 années ont été ensuite nécessaires pour, qu’en tendance, les
indices boursiers retrouvent leur niveau d’avant krach. La crise
de 1973, choc pétrolier, a duré 23 mois aux USA et il a fallu 7,5
ans pour que la Bourse retrouve ses niveaux antérieurs. La crise
de 1987 a été moins longue: 4 mois, mais l’effacement des
pertes boursières consécutives a exigé 23 mois.

10.-Chaque pays réagit à ses crises selon lui-même, ce qui
implique que les sorties de crise sont différentes d’un pays à
l’autre. L’économie mondiale ne peutpas, en effet,évoluer en
harmonie, même très approximative, sauf en déclarations
politiques lénifiantes. Par la multiplication et la répartition des
séquelles, des dysfonctionnements, des bulles spéculatives, les
décisions prises ici ou là influencent partout l’évolution des
composants mondiaux. Aucun des pays d’Amérique, d’Asie ou
d’Europe à économie structurée n’a pu échapper à une crise au
ème
cours du 20siècle :14 pour les USA et 10 pour la France;
les pays émergents ont connu 25 crises depuis 1980.
Il faut par conséquent s’interroger sur les choix
gouvernementaux, la qualité des décisions, le niveau des
responsabilités, la qualification des innovations politiques.

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