Autisme et troubles métaboliques : ces enfants au cerveau carencé
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Description

Après l'annonce de l'autisme de sa petite-fille, la médecin enquête sur cette pathologie en réfutant son origine génétique. Elle décrit les problèmes immunologiques, gastro-intestinaux et neurologiques générateurs des comportements autistiques tout en proposant des outils diagnostiques et thérapeutiques avant de rappeler le rôle primordial des parents d'enfants atteints par cette maladie. ©Electre 2020

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 février 2020
Nombre de lectures 11
EAN13 9782840586937
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,1845€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
Titre


Jaquelyn McCandless, docteur en médecine








Autisme et troubles métaboliques

Ces enfants au cerveau carencé


Traduction de Catherine Marquot



avec les contributions de
Teresa Binstock et Jack Zimmerman, docteur ès sciences

ainsi que de
J . N eubrander, docteur en médecine,
D . L onsdale, docteur en médecine,
Stan Kurtz, R . D eth, docteur ès sciences,
C . S chneider, docteur en médecine
M . E lice, docteur en médecine, S . O wend





Éditions Le Souffle d’Or
5 , allée du Torrent – 05000 Gap (France)
Tél. 04 92 65 52 24
www.souffledor.fr
Nous vous recommandons de consulter fréquemment le site du guide Rx de l’autisme (Autism-Rx Guide Book) pour les mises à jour et les nouvelles découvertes :

www.starvingbrains.com
À propos de l’auteur
Jaquelyn McCandless a passé son doctorat de médecine au College of Medicine de l’Université de l’Illinois. Elle est également diplômée de la c haire américaine de psychiatrie et de neurologie et a commencé à pratiquer la psychiatrie en 1966, en Californie du Sud.
Dès le début des années 1990, elle s’est intéressée aux problèmes des femmes et à la sexualité, ce qui l’a conduite à une pratique médicale plus alternative, ciblée sur les thérapies antivieillissement, la nutrition du cerveau et les remèdes à base d’hormones naturelles.
En 1996, sa petite-fille de trois ans, Chelsey, a été diagnostiquée comme autiste. Le docteur McCandless s’est alors résolument tournée vers la médecine de base et a exploré les aspects biomédicaux complexes des enfants souffrant d’un retard de développement. C’est à cela qu’elle s’est consacrée en priorité pendant ces dix dernières années. Elle recherche sans relâche des traitements efficaces pour les personnes du spectre. En détectant des substances susceptibles de fortifier le système immunitaire, elle élargit désormais ses cibles et souhaite soulager toutes les personnes qui souffrent d’une faiblesse immunitaire, y compris celles atteintes du VIH, du sida et d’autres maladies auto-immunes.
Dédicace
J’exprime mon amour et ma reconnaissance infinis à Bernard Rimland, docteur ès sciences, qui a vécu de 1928 à 2006. Il a été le « premier parrain du mouvement pour la compréhension et la mise en œuvre du traitement ­biomédical de l’autisme ».
Préface aux 1 re et 2 e éditions
REMERCIEMENTS
En 1996, Chelsey, ma petite-fille bien-aimée, alors âgée de deux ans et neuf mois, a été diagnostiquée comme atteinte de Troubles du Spectre Autistique ( TSA). Ce diagnostic, ainsi que le caractère étonnamment irrésistible de cette enfan t m’ont amenée à réorienter ma vie professionnelle. Jusque-là, je pratiquais la psychiatrie en m’intéressant particulièrement à des traitements alternatifs antivieillissement. Je me suis alors plongée dans les aspects biomédicaux de l’autisme. Malgré mes décennies de pratique de la médecine, j’ai constaté ma vaste ignorance en matière d’autisme et il m’a fallu revenir aux fondamentaux de la médecine. Le cœur du parcours qui s’est finalisé par l’écriture de ce livre est en réalité une histoire d’amour. Je viens d’une famille nombreuse et pleine d’affection, j’ai moi-même eu cinq enfants biologiques et trois beaux-enfants, ainsi que treize petits-enfants ; tout ceci a certainement créé en moi un vaste creuset d’amour, d’émerveillement et de soutien. Pourtant, quelque chose en Chelsey a ouvert une partie de mon cœur que j’ignorais encore. Et j’ai découvert que tous les enfants au diagnostic similaire me touchent de la même manière. Dans ma recherche passionnée des causes de l’état de Chelsey et des traitements possibles, j’ai activé mon cerveau médical, et des informations dont je ne me souvenais même plus que je les avais apprises sont apparues disponibles en moi, selon un processus impossible à comprendre. La complexité de l’autisme m’a amenée à connecter ensemble énormément de données médicales que j’avais l’habitude d’envisager séparément. J’ai dû adopter une approche entièrement nouvelle de la pratique de la médecine, que j’entretiens inlassablement désormais. Cette « mutation » a été synonyme d’aventure permanente et passionnante d’expansion de l’esprit comme du cœur, tout au long de laquelle j’ai reçu énormément de soutien. L’épidémie de TSA, que ne connaissent que trop bien les familles, enseignants et personnel de santé de ce pays, fait éclore de nouveaux paradigmes pour l’éducation et la médecine et le fait de participer à ce mouvement me remplit d’enthousiasme. Tandis que se poursuit mon parcours dans cette direction, je veux rendre hommage, par ordre chronologique, aux personnes qui ont le plus contribué à ce que je comprenne ces enfants et puisse travailler avec eux.
Le site web de l’Autism Research Institute (ARI), créé par le Docteur Bernard Rimland, ainsi que ses études sur l’efficacité du traitement par la vitamine B6, m’ont mise sur la voie de l’appréhension de l’autisme en tant que trouble d’ordre biochimique. La vitamine B6 a eu un effet immédiat sur l’hyperactivité de ­Chelsey. À une occasion où elle n’en avait pas pris pendant plusieurs jours, elle a réussi à se casser les dents de devant. Inutile de préciser qu’à partir de ce moment-là, nous n’avons jamais oublié de lui donner sa dose quotidienne. Pour moi, le Dr Rimland est le « premier parrain » du mouvement pour la compréhension du traitement biomédical de l’autisme. L’organisation Vaincre l’autisme maintenant ! (Defeat Autism Now ! ou DAN !), dont il est l’un des cofondateurs, rassemble les médecins, chercheurs et parents les plus généreux, les plus dévoués et les plus optimistes qui puissent exister. Nombre d’entre eux, y compris « Bernie » et moi-même, sont parents ou grands- parents d’un enfant atteint d’un trouble du spectre autistique. Ce groupe n’a de cesse de partager toutes ses connaissances quant à la nature biologique de l’autisme et aux moyens d’aider nos enfants autistes ; c’est une posture extrêmement respectable, éminemment admirable.
Bien que je n’aie jamais eu l’honneur de rencontrer personnellement le Dr Iwar Lovaas, j’ai eu l’occasion, quand Chelsey avait trois ans, de visionner un film montrant comment il travaillait avec plusieurs enfants gravement atteints d’autisme. Son engagement passionné et l’efficacité de ses méthodes m’ont convaincue que nombre de ces enfants étaient capables d’apprendre, pour peu qu’on capte leur attention. Ceci nous a incités à faire suivre à Chelsey un programme ABA intensif, qui a produit des résultats positifs considérables.
Karl Reichelt, docteur en médecine et docteur ès sciences, est un chercheur éminent et très bienveillant ; il m’a aidée à persuader Elisabeth, mère de ­Chelsey et de trois autres jeunes enfants, de trouver l’énergie d’introduire dans son emploi du temps déjà extrêmement chargé la préparation de repas sans gluten ni caséine pour Chelsey. Depuis son laboratoire de recherche implanté en Norvège, le Dr Reichelt m’a inlassablement et généreusement communiqué par e-mails des informations complètes et convaincantes en faveur d’un tel régime, tout à fait inconcevable à cette époque. Une semaine après le début de ce régime, Chelsey a connu le premier mouvement volontaire de ses intestins, ce qui a bien sûr nettement amélioré sa santé, mais l’a conduite aussi à utiliser sans problème les toilettes. Ce dernier aspect récompensait grandement l’effort d’avoir préparé un régime adapté.
Les forums internet de discussion sur l’autisme ont été et sont toujours d’une aide précieuse. Ils permettent non seulement le partage d’informations, mais également l’accès à une communauté de personnes aussi passionnées que moi par l’autisme. À toute heure du jour ou de la nuit, il est possible de demander et de recevoir de l’aide et des encouragements de la part de parents et de professionnels du monde entier. Dès mon premier message, en 1998, à ce qui était à l’époque la « liste sécrétine » (désormais baptisée abmd), ma vie professionnelle s’est rapidement transformée. Les groupes d’adresses électroniques m’ont apporté énormément d’informations de base et ont largement contribué à mon désir de partager ce que j’ai app ris avec le plus grand nombre possible de parents et de professionnels.
Mon amie et collègue Teresa Binstock m’a confié qu’on l’avait officiellement diagnostiquée comme porteuse du syndrome d’Asperger en 1997, en école supérieure. Elle se qualifie d’« aspergérienne ». Ce sont les recherches et les écrits – à la fois publiés et informels – de Teresa qui m’ont, au départ, sensibilisée à l’importance d’explorer les dérèglements immunitaires, les infections virales chroniques ainsi que d’autres pathologies dont souffrent certains sous-groupes d’autistes. Elle m’a aidée pour certains de mes cas les plus troublants et a apporté une relecture extrêmement précieuse ainsi que des conseils inestimables quant aux aspects scientifiques de ce livre. Au cours de sa rédaction, elle m’a inlassablement fourni des références et des publications de recherches qui m’ont énormément aidée, en particulier pour le chapitre VIII consacré à l’immunité et aux virus. Elle défend vigoureusement la nécessité d’un changement du paradigme médical de l’autisme. Elle m’a aidée à accoucher de mon précepte opérationnel : « Guéris l’intestin, nourris le cerveau carencé, traite les agents pathogènes, élimine les produits toxiques et soutiens le système immunitaire de toutes les façons possibles » ; et bien sûr, en actionnant toutes ces stratégies en même temps ! En tant que médecin, j’ai toujours pour objectif ultime un traitement efficace et tout comme d’autres – qu’ils soient parents ou médecins – je compte sur Teresa pour qu’elle nous guide vers la recherche la plus récente, qu’elle nous aide à éclaircir un diagnostic et nous offre ses suggestions les plus pertinentes pour la guérison.
Je remercie également Amy Holmes, docteur en médecine. C’est elle qui m’a donné l’idée de travailler deux fois plus, tout en gagnant deux fois moins. Poussée par les découvertes d’Edelson et al. , de Bernard et al. et par les protocoles cliniques rigoureux de Stephanie Cave, le Docteur Holmes est devenue la « marraine » bien-aimée et respectée de la chélation des métaux lourds chez les enfants autistes. Elle-même mère inspirée d’un enfant autiste, elle était convaincue que les médecins, parents ou grands- parents d’enfants du spectre pourraient être les pionniers de changements décisifs et majeurs du modèle médical dominant quant à l’évaluation diagnostique et le traitement de ces enfants.
Je veux remercier tout particulièrement la personne qui m’a aidée au démarrage de l’écriture de ce livre. Juste au moment où je désespérais de trouver un jour le temps d’écrire, du fait de la liste d’attente de plus en plus longue de mes patients autistes, le Dr Maury Breecher m’a contactée et demandé : « Auriez-vous besoin d’aide pour écrire votre livre ? » Il est auteur, rédacteur médical et diplômé dans les domaines des médias et de la santé publique. Il m’a expliqué être attiré par ma passion d’aider les enfants autistes. Il partageait mon sentiment qu’il était urgent de mettre à la disposition des parents toutes les données dont je pouvais disposer. Maury m’a aidée à mener une série d’interviews très productives, qui ont mis en lumière tout ce que j’avais encore à apprendre en matière d’autisme. Du fait qu’aucun éditeur n’a semblé s’intéresser à mon livre, Maury s’est alors consacré à d’autres tâches ; mais ces interviews globales et très détaillées, ainsi que ses premiers conseils rédactionnels, m’ont réellement lancée dans l’écriture et je lui en serai éternellement reconnaissante.
Paradoxalement, je suis également redevable aux pédiatres et autres médecins qui écartent les enfants du spectre autistique comme ayant des problèmes psychologiques, étant issus de mauvais parents, ou étant dotés d’un héritage génétique catastrophique – et qui assènent ces jugements sans la moindre analyse biomédicale, refusant de penser « hors du cadre ». Ma frustration face à de tels médecins et à leurs modèles obsolètes a contribué à faire naître en moi un fort désir de fournir aux parents des informations leur permettant de comprendre ce que leurs médecins ne saisissent parfois pas encore : indépendamment des autres facteurs de causalité, la plupart des enfants autistes – c’est ma conviction profonde – souffrent d’une maladie complexe et méritent de recevoir des diagnostics biomédicaux et un traitement médical. Même si l’épidémie de troubles du spectre autistique force de plus en plus de médecins à envisager ce modèle, le champ est si complexe que l’évaluation et le traitement doivent s’ajuster spécifiquement à chaque individu. Les praticiens doivent prendre en compte les carences immunitaires, les infections chroniques, les accumulations de faibles doses de métaux lourds, les régimes spéciaux et les compléments alimentaires calibrés pour chaque enfant. Leurs études de médecine n’ont jamais abordé cette nouvelle biochimie de l’autisme.
Il va sans dire que je n’aurais jamais mené aucune des expériences ni des recherches ayant généré ce livre sans Chelsey, et sans tous les autres enfants autistes dont les parents m’ont fait confiance et m’ont permis de les aider dans leurs efforts pour guérir leur enfan t . Je veux remercier particulièrement ma fille Elisabeth qui a appliqué 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 tous les traitements biomédicaux très lourds que j’ai élaborés pendant les sept années – dix maintenant – où Chelsey nous a enseigné l’autisme. Au cours de ce processus, Liz est devenue une mère magnifique, incroyablement aimante, pleine de sagesse et de compréhension et c’est le cas d’énormément de mères (et de pères !). Ces enfants particuliers nous invitent à nous réveiller tous ; tels des messagers, ils nous révèlent ce qui se passe dans notre monde toxique et tout ce qui doit se transformer dans nos académies de médecine, dans nos écoles et dans nos vies de famille.
Au final, d’abord et toujours, je remercie Jack Zimmerman, mon époux depuis trente-trois ans. Il m’a aidée à faire grandir mon amour de nos huit enfants et treize petits-enfants, au point que ce sentiment englobe aujourd’hui tous les enfants du monde. Docteur ès mathématiques et poète, devenu enseignant visionnaire, écrivain et directeur du Center for Council Training – annexe de la Fondation Ojai, d’Ojai en Californie – , il a contribué à développer un réseau de médiateurs en conseil. Ces professionnels transmettent ce processus de communication authentique à des dizaines de milliers d’enfants scolarisés, non seulement en Californie du Sud mais dans tout le pays, avec des programmes récemment lancés en Europe, en Israël et à Hawaï. Sa recherche actuelle, menée conjointement avec d’autres éducateurs intéressés, porte sur les manières d’introduire du conseil à des groupes d’enfants aux besoins particuliers, à la fois dans des écoles privées et des écoles publiques. Son amour et son soutien indéfectibles dans notre travail thérapeutique avec Chelsey, ainsi que ses encouragements constants, m’ont aidée à percevoir le message plus vaste que ces centaines de milliers d’enfants du spectre autistique apportent au monde. Sa fonction d’éditeur a permis de compenser certaines de mes limites en tant qu’écrivain ; notre collaboration n’a fait qu’approfondir notre amour. Ses écrits au chapitre XII et dans l’annexe D, ainsi que sa poésie à la fin de l’ouvrage, vous donneront ­l’occasion de découvrir son esprit visionnaire et son cœur merveilleux. Jack est une bénédiction et une source intarissable de force et d’inspiration, pour moi comme pour toute personne qui le fréquente.
Jaquelyn McCandless , docteur en médecine
Préface à la 3 e édition (2007) et à la 4 e édition (2009)
DESCRIPTION DE L’OUVRAGE
L’achèvement de la troisième édition de cet ouvrage, début 2007, a suivi de près le décès par cancer de la prostate de notre bien-aimé Dr Bernie Rimland, disparu fin novembre 2006 à l’âge de soixante-dix-huit ans. Il a vécu assez longtemps pour entendre le plus important de ses messages résonner aux oreilles d’un nombre croissant de parents et de professionnels du monde entier : ON PEUT TRAITER L’AUTISME, IL EST POSSIBLE D’EN GUÉRIR. Il est, il fut et il sera toujours un géant de l’autisme ; il nous a laissé à tous un héritage de courage et d’engagement qui nous sert chaque jour de modèle pour aider nos patients autistes à mener des vies aussi heureuses et épanouissantes que possible. Dans le premier chapitre, je développe les modèles de causalité des TSA, afin d’aider les parents à comprendre la logique qui sous-tend les différents traitements biomédicaux. Le chapitre II traite des carences nutritionnelles comme d’un dénominateur commun chez presque tous les enfants atteints de TSA ; il souligne l’importance de l’appareil gastro-intestinal et sa relation au système immunitaire. Dans le chapitre III consacré aux obstacles à la détoxication, aux accumulations toxiques et à la politique, nous discutons longuement des accumulations de produits toxiques, métaux lourds en particulier, et de la controverse « autisme et vaccination ». Le chapitre IV est consacré aux évaluations diagnostiques et comporte une description des analyses de laboratoires qui contribuent à définir le traitement et à en suivre l’impact.
Les chapitres V à XI décrivent les traitements biomédicaux des TSA que j’utilise dans mon cabinet depuis plus de onze ans, à savoir : la guérison gastro-intestinale, la nourriture du cerveau carencé, la thérapie de détoxication, les stratégies de méthylation, de nouvelles thérapies dont l’HBOT – objet du chapitre IX rédigé par le Dr James Neubrander – ainsi que l’amélioration de traitements plus anciens. Le chapitre VIII, consacré à l’immunité, l’auto- ­immunité et les virus, comporte un témoignage de Stan Kurtz qui relate la guérison de son fils autiste grâce à des antiviraux, des antifongiques et un régime particulier. Le chapitre X expose de nouvelles découvertes, autres que l’HBOT. Le chapitre XI détaille le dysfonctionnement mitochondrial ainsi que son traitement dans le contexte des TSA.
Dans le chapitre XII, j’ai invité Jack Zimmerman, docteur ès mathématiques, écrivain et éducateur visionnaire – mon mari – à aborder la signification culturelle de l’arrivée actuelle dans le monde de ces hordes d’enfants particuliers. Jack se penche sur ce que révèle l’épidémie de TSA quant aux dynamiques familiales et à la médecine de notre époque et souligne l’importance d’entendre le message porté par ces enfants, tout en apprenant à les guérir et à nous guérir.
L’annexe A offre à la chercheuse Teresa Binstock l’occasion de présenter les informations les plus récentes glanées dans la littérature scientifique à propos de l’appareil gastro-intestinal et des défis auxquels ces organes doivent faire face dans le cas de l’autisme. L’annexe B, également rédigée par Teresa, présente son introduction au désormais célèbre D ocument sur l’autisme et le mercur e de Sallie Bernard, Albert Enayati, Heidi Roger, Lyn Redwood et Teresa Binstock, ainsi que la version alternative de cette étude. C’est ce document – reproduit ici avec l’autorisation des auteurs – qui a conduit, fin 2001, à ce qu’on retire le thimérosal des vaccins contre l’hépatite B destiné aux nouveau-nés. L’annexe C donne à Teresa l’occasion de présenter des informations nouvelles et capitales sur l’un de ses thèmes favoris et dont nous devrions tous prendre conscience : l’accélération de la toxicité dont souffre le monde entier à notre époque. Elle examine les implications de cette intoxication croissante, en particulier dans les maladies humaines – et animales. Dans l’annexe D, Teresa résume un très grand nombre de recherches scientifiques portant sur l’importance de l’atteinte aux mitochondries. Y sont consignées de nombreuses références destinées à ceux d’entre vous qui souhaiteraient explorer plus en profondeur les implications scientifiques de ces structures si déterminantes pour notre santé. Dans l’annexe E, Jack Zimmerman poursuit son analyse de la signification culturelle de l’épidémie de TSA, en relation avec l’éducation et l’environnement. Nous clôturons l’ouvrage par une compilation de poèmes de Jack intitulée « Une version poétique de notre parcours avec Chelsey » et qui illustre notre travail et notre vie avec celle qui fut notre première enseignante en matière d’autisme.
Jaquelyn McCandless , docteur en médecine
Introduction
DES ENFANTS ATTEINTS DE VÉRITABLES MALADIES
Un message d’espoir
Ces enfants au cerveau carencé est un message d’espoir pour les parents dont les enfants ont été diagnostiqués comme atteints d’autisme ou de l’un des troubles du spectre autistique ( TSA). Ce message est particulièrement important si le diagnostic est très récent et si vous venez tout juste d’engager le parcours compliqué consistant à trouver un suivi médical adapté. Cet ouvrage est également destiné aux parents convaincus que leur enfant souffre de quelque chose mais n’ayant pas trouvé de soutien médical qualifié, capable de poser un diagnostic et de proposer un traitement. Si vous ne le savez déjà, vous allez découvrir dans le premier chapitre que nous sommes au cœur d’une épidémie de TSA. Or, bien des cas n’ont pas encore été diagnostiqués. Les modalités traditionnelles de traitement proposent une intégration sensorielle, un entraînement visuel et auditif et des modifications comportementales. Toutes ces approches sont importantes et la littérature scientifique actuelle sur l’autisme les a déjà bien décrites. Cet ouvrage s’intéresse plutôt aux traitements biomédicaux récemment mis au point, et qui s’avèrent très prometteurs pour améliorer la santé et la fonction neurologique de bien des enfants du spectre autistique.
L’autisme est un trouble souvent caractérisé par l’incapacité à établir des liens, le manque d’interaction sociale, l’évitement du contact visuel direct, certaines difficultés de développement du langage et des comportements répétitifs qualifiés d’autostimulation. On y associe des formes atténuées de cette pathologie tel le s que le syndrome d’Asperger, le trouble envahissant du développement ( TED) et le trouble déficitaire de l’attention, avec ou sans hyperactivité ( TDA ou TDAH). Toutes ces pathologies sont regroupées dans le terme collectif de troubles du spectre autistique ou TSA.
Cet ouvrage présente ma thèse principale, à savoir que les TSA sont un syndrome complexe, basé sur des troubles physiologiques et biochimiques ­générant tous, au final, le dysfonctionnement cognitif et émotionnel que nous associons à l’autisme. En d’autres termes, nous avons affaire à des enfants malades d’un point de vue médical et tant un diagnostic correct qu’un traitement adapté de leurs pathologies sous-jacentes pourraient s’avérer extrêmement bénéfiques sur les plans médical, comportemental et cognitif. Cette vision est capitale pour la compréhension de l’autisme et bien des praticiens de la vieille école ont eu du mal à la saisir. Dans le passé, l’autisme et les autres troubles du spectre étaient considérés comme des troubles « psychiatriques » ou comportementaux et on ne les traitait qu’avec des approches psychiatriques ou comportementales. Plus nous comprenons que ces troubles sont davantage d’ordre médical que mental, plus nous découvrons et maîtrisons de nouvelles manières de leur appliquer des traitements médicaux ajustés afin de satisfaire les besoins particuliers de chaque enfant. En tant que médecin et grand-mère d’une enfant qui a été diagnostiquée comme autiste en 1996, j’en suis venue à réaliser que les moyens traditionnels de diagnostic et de traitement des TSA laissaient beaucoup à désirer. Dans l’ensemble, les protocoles de traitement dominants les plus employés sont sous-tendus par la croyance vieillotte que les TSA ne sont que des troubles comportementaux dus à des anomalies génétiques incurables. Pendant de nombreuses années, le modèle basé sur la génétique a été considéré comme un progrès, parce qu’il avait le mérite de remplacer la théorie psychanalytique des « mères réfrigérateurs », incapables d’établir correctement un lien avec leur enfan t ni de l’ aimer. Mais l’hypothèse actuelle selon laquelle l’autisme ne ­relèverait, en partie ou totalement, que de la génétique s’est avérée très limitante : jusqu’à très récemment, les protocoles classiques de traitement conseillaient rarement d’autres options que des modifications comportementales ou de l’éducation thérapeutique. Ces dernières s’accompagnaient parfois de médicaments influençant l’humeur tels que les SSRI (le Prozac, le Zoloft, etc.), de stimulants (la Ritaline, les amphétamines, etc.) ou de médicaments influençant le comportement – comme la rispéridone (le Risperdal).
Du fait que bon nombre de médecins ont appris pendant leurs études que les TSA résultaient d’anomalies génétiques, ils dépistent en routine les troubles génétiques tels que la trisomie 21 ou le syndrome de l’X fragile et ne prescrivent pas d’analyses de laboratoires susceptibles de détecter des troubles gastro-­intestinaux, immunologiques ou liés aux infections, problèmes qui assaillent pourtant les enfants atteints de TSA. On explique souvent aux parents qu’il n’existe aucun autre traitement connu que celui que propose la modification comportementale. On leur assure même, parfois catégoriquement, que rien ne prouve que des vitamines ou des changements de régime alimentaire pourraient s’avérer bénéfiques pour leur enfant. Je m’appuie sur une expérience clinique solide pour réfuter catégoriquement ces affirmations. Les anciens modèles de diagnostic et de ­traitement des TSA sont de plus en plus complétés par une approche biomédicale. Ce changement majeur de paradigme résulte en partie de l’épidémie actuelle de TSA, car bien des professionnels de la santé ont eux-mêmes un enfant, ­petit-enfant, neveu, nièce ou un proche récemment diagnostiqués comme autistes. Bon nombre de ces médecins avec « l’autisme dans la famille » contribuent à la prise de conscience que le syndrome est en réalité une maladie biomédicale qui exige des traitements biomédicaux, auxquels elle réagira positivement.
Après une longue carrière en psychiatrie et en médecine alternative, j’ai réorienté en priorité ma pratique vers une spécialisation autour des enfants atteints d’un retard de développement, la plupart d’entre eux étant dans le spectre autistique. Du fait que, selon moi, les troubles du déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité ( TDA ou TDAH), ne sont que des versions atténuées du même problème, j’évalue également les enfants atteints de ces troubles et dont les parents préfèrent explorer les possibilités d’amélioration via des régimes, des compléments alimentaires ou des protocoles de détoxication, plutôt que de se tourner directement vers des stimulants ou d’autres médicaments sur ordonnance. M’efforçant d’en apprendre le plus possible pour aider ma petite-fille et les autres enfants que j’accueillais dans mon cabinet, j’ai épluché la littérature scientifique, assisté à des conférences médicales, participé à des groupes sur Internet axés sur la recherche et dressé le bilan des traitements alternatifs employés par de plus en plus de médecins avant-gardistes.
Vaincre l’autisme maintenant ! (Defeat Autism now ! ou DAN !)
Quel soulagement de découvrir que je n’étais pas seule dans ma recherche ! J’ai été influencée par des chercheurs avant-gardistes tels que Bernard Rimland, docteur ès sciences, William Shaw, docteur ès sciences, Karl Reichelt, docteur en médecine et docteur ès sciences, Richard Deth, docteur ès sciences, Jill James, docteur ès sciences, James Adams, docteur ès sciences, Ari Vojdani, docteur ès sciences, et Andrew Wakefield, docteur en médecine, ainsi que des médecins pionniers tels que Sidney Baker, Michael Goldberg, Jim Neubrander, Derrick Lonsdale, Alan Goldblatt, John Green, Anju Usman, Marvin Boris, Amy Holmes, Stephanie Cave, and Jeff Bradstreet. Ma pratique clinique a profité des contributions majeures de Teresa Binstock et Susan Owens, chercheuses indépendantes, ainsi que de celles de parents chercheurs tels que Victoria Beck, Sallie Bernard, Allison Plant et bien d’autres.
Ces personnes et d’innombrables autres rencontrées tout au long de mon parcours d’apprentissage m’ont aidée à comprendre que les enfants du spectre autistique, considérés en tant que groupe, souffrent d’un trouble aux multiples facettes pouvant affecter n’importe lequel des systèmes majeurs de l’organisme, et parfois tous les organes en même temps. La variation interindividuelle est leur caractéristique la plus permanente. En d’autres termes, chaque enfant est unique. La notion de « traitement unique qui conviendrait à tous » ne leur est absolument pas adaptée. Voici certains des facteurs à prendre en compte pour évaluer des enfants atteints de TSA :
– Sont-ils autistes « depuis la naissance » ou ont-ils « régressé » après une période de normalité ?
– Sont-ils de bas, moyen ou haut niveau sur les plans comportemental et cognitif, en tenant compte de leur niveau de langage, réceptif et expressif et de leurs aptitudes à l’apprentissage ?
– Quels sont leurs profils biochimiques, tels que les révèlent des analyses de laboratoire corrélées aux symptômes ?
– Quels sont les antécédents familiaux en matière de maladies auto-immunes, d’allergies, etc. ?
– Quelle est l’histoire personnelle de l’enfant dans le domaine médical et comment s’est-il développé ?
Ces catégories contribuent à nous faire cibler les bons protocoles de diagnostic et de traitement. La plupart des chercheurs et des médecins évoqués ci-dessus, pour ne citer qu’eux, se sont rassemblés dans un réseau baptisé Vaincre ­l’autisme maintenant ! (Defeat Autism Now ! ou DAN !) et initié par le Dr Bernard Rimland, docteur ès sciences, directeur de l’Institut de recherche sur l’autisme (ARI) de San Diego. Je suis fière d’en faire partie. Les membres du mouvement DAN ! partagent la conviction que l’autisme et les TSA associés sont avant tout des troubles d’ordre médical et que les déficiences comportementales et cognitives qui les accompagnent sont des sous-produits des maladies physiques dont souffrent les enfants concernés. En d’autres termes, à part les rares cas d’origine génétique tels que l’autisme issu du syndrome de l’X fragile, il s’agit d’enfants malades physiquement et atteints de véritables problèmes médicaux. Du fait qu’ils sont malades physiquement, ils ont besoin d’une intervention biomédicale pour maximiser leur potentiel de guérison. Nous sommes parvenus à la conclusion qu’il existe de nombreux « autismes ».
Mon expérience clinique, combinée à la recherche récente et à l’expérience de dizaines de praticiens du DAN ! (Defeat Autism Now), m’a amenée à ­élaborer des protocoles biomédicaux pour des évaluations diagnostiques et les traitements qui en découlent. Je qualifie ma démarche « d’approche à large spectre ». Mes patients et leurs parents ont été mes plus grands professeurs ; certains traitements devenus des piliers incontournables de ma pratique m’ont été inspirés au départ par des parents à la recherche d’un médecin à l’esprit ouvert, et prêt à essayer de nouvelles analyses et de nouveaux traitements dont je n’avais jamais entendu parler. Presque chacun des enfants avec lesquels j’ai travaillé avait souffert de dérèglements immunitaires, de déficiences nutritionnelles et de problèmes gastro-intestinaux. J’ai toutefois découvert que tout enfant est notablement différent de ses « pairs » du spectre, non seulement au regard de son profil biomédical – que révèlent les résultats de laboratoire – mais aussi dans ses réactions aux différents traitements. À une époque où le modèle de référence de l’autisme est en mutation, il n’est pas étonnant que les parents forment eux aussi un groupe très hétérogène, qu’il s’agisse de leur ouverture à un nouveau paradigme médical, de leur accord pour les analyses prescrites – avec les frais ­financiers induits – ou de leur aptitude à donner suite aux traitements ­recommandés. En un mot, le protocole doit être personnalisé pour chaque enfant, compte tenu de son contexte familial et de ses conditions de vie.
En 2003, j’ai été invitée à animer une formation sur mes analyses de laboratoire et mes protocoles biomédicaux à l’attention de médecins et autres praticiens de santé. Trente professionnels de santé assistaient à cette première formation, y compris l’infirmière diplômée, Maureen McDonnell, coordonnatrice des grandes conférences semestrielles du mouvement DAN ! (Defeat Autism Now !) qui ont lieu sur la côte est et sur la côte o uest des États-Unis. Maureen était adepte du manifeste initial et a largement contribué à la concrétisation du réseau DAN ! Elle a reconnu la nécessité du type de formation évoquÉ ci-dessus et, brillante comme à son habitude, elle a proposé que nous organisions une série de mini-rencontres DAN ! dans l’ensemble du pays, en des lieux éloignés des deux sites littoraux hébergeant habituellement les rencontres majeures. D’autres médecins ont rejoint l’équipe des formateurs et Maureen a démarré un cycle de formation pour les infirmiers, parallèle à celui destiné aux médecins. À ce jour, environ 2 000 médecins de ce pays ont été formés lors de ces cycles et les formateurs ont à leur tour organisé des sessions de formation en Europe, en Australie, en Israël, en Écosse, à Hong Kong et dans bien d’autres sites pour diffuser les enseignements biomédicaux dont les chercheurs et médecins du DAN ! ont été les pionniers.
Que peut attendre un parent des interventions biomédicales ?
Si l’on en croit mon expérience et celle de nombreux médecins et aidants du DAN !, les symptômes comportementaux et cognitifs de la plupart des enfants atteints de TSA peuvent nettement s’améliorer avec des traitements biomédicaux pertinents. Il arrive que l’amélioration soit telle que l’enfant perde son diagnostic de TSA. C’est un constat surprenant, je vais donc m’expliquer afin de ne pas soulever de faux espoirs. Je ne promets pas que chacun des enfants va connaître une guérison complète. Je ne promets pas non plus que chaque enfant va manifester une amélioration majeure. Mon message d’espoir est le suivant : si vous essayez les traitements décrits dans ce livre, il est fort probable que votre enfant aille mieux, dans une certaine mesure au moins ; et certains enfants atteints de TSA connaîtront peut-être une amélioration remarquable, voire guériront même de leur autisme.
Plus spécifiquement :
– Un parent ne peut connaître les progrès potentiels de son enfant à moins d’essayer les différentes méthodes de diagnostic et les divers protocoles de traitement.
– Tous les enfants ne vont pas connaître d’améliorations majeures. Mais beaucoup vont le faire. La plupart des parents vont constater une amélioration. Il est possible que certains parents n’en constatent pas, ou que des améliorations surviennent, mais après un délai plus long.
– Il arrive parfois qu’un enfant aille plus mal avant d’aller mieux. Nous avons récemment découvert que nombre de ces régressions constatées pendant le traitement – si ce n’est toutes – sont dues à des pathologies gastro-intestinales que les recherches en cours nous dévoilent de plus en plus. Une fois que ces pathologies sont identifiées et traitées, l’amélioration reprend souvent.
– Les producteurs de compléments alimentaires s’efforcent de découvrir de nouveaux stimulants immunitaires, de meilleurs enzymes, de meilleures formulations et de meilleurs mélanges d’autres nutriments vitaux qui apporteront leur contribution aux divers traitements.
– Plus l’évaluation intervient tôt et plus le traitement est pris précocement, plus l’état de l’enfant a des chances de s’améliorer.
Malheureusement, bien des pédiatres et autres médecins n’ont aucune expérience dans le diagnostic de l’autisme et des TSA associés. Certains médecins redoutent même de poser ce diagnostic car ils ont appris pendant leurs études que l’autisme était incurable. Par ailleurs, et bien que ces enfants soient tout sauf bien portants, j’entends parfois un parent me déclarer : « Mais mon enfant autiste ne tombe jamais malade, contrairement à mes autres enfants ». Je l’ai remarqué. Bien que nombre d’enfants qui me consultent aient souffert d’otites récurrentes pendant leur première année, ce schéma précoce semble suivi d’une période d’immunité apparemment forte. Des infections chroniques mineures peuvent en effet générer une hyper- immunité. J’ai aussi constaté, et c’est incroyable, qu’un enfant atteint de TSA pouvait paraître en bonne santé, alors qu’il souffre depuis des années de diarrhée chronique et se choisit lui-même un régime limité à quelques aliments, généralement non nourrissants, tels que des frites, des sodas et des chips. Par conséquent, des médecins pressés, qui se contentent d’un rapide examen physique, peuvent affirmer que l’enfant a l’air bien portant et expliquer aux parents que les selles molles permanentes de leur enfant ne sont que « de la diarrhée infantile, situation qui cessera avec la croissance ». Chez un enfant neurotypique, ce peut effectivement être le cas. Mais chez un enfant atteint de TSA, un traitement intestinal ou un changement de régime s’avèrent non seulement justifiés, mais indispensables pour que l’enfant connaisse une amélioration. De la même manière, il arrive qu’un pédiatre qualifie un bébé qui ne parle pas à un an et demi ou deux ans de « parleur tardif ». Dans certains cas, ceci peut également s’avérer exact ; mais je suis d’avis de faire passer une évaluation pour les TSA à tout enfant qui n’essaie pas de parler à un an et demi, raison de plus à deux ans, surtout s’il présente d’autres symptômes d’ordre comportemental, intestinal ou cognitif, aussi subtils soient-ils.
Ce niveau de sensibilité diagnostique est important, car la période la plus propice pour un traitement efficace se limite à une fenêtre restreinte qui malheureusement diminue – sans disparaître totalement – au fur et à mesure que l’enfant grandit. Ceci se vérifie à la fois pour les interventions pédagogiques et pour les interventions biomédicales. Si votre enfant souffre de diarrhée chronique, se réveille souvent la nuit, se choisit lui-même un régime alimentaire peu varié, a connu des otites ou autres infections répétées durant sa première année ou juste après avoir été sevré d’un allaitement au sein, n’essaie absolument pas de prononcer des mots alors qu’il a déjà dix-huit mois, a toujours mal réagi aux vaccins, ne semble pas intéressé par les autres petits et ne manifeste pas le genre de curiosité et de relation aux autres qu’expriment généralement les enfants, alors trouvez un médecin qui lui fera passer dès que possible des tests de dépistage des TSA.
Mon expérience personnelle et celles d’autres médecins du réseau DAN ! (Defeat Autism Now !) conduisent à un principe important pour les parents : n’acceptez pas l’avis de votre médecin s’il vous propose d’attendre et vous promet que votre enfant va « rattraper » son retard. Il est particulièrement urgent de chercher de l’aide si votre enfant a connu une période de développement normal et puis a régressé. S’il a manifesté n’importe lequel des traits décrits ci-dessus ou s’il a déjà été diagnostiqué comme autiste ou atteint de TSA, ce livre va vous guider pour rechercher des interventions pouvant s’avérer immensément bénéfiques. Certaines de ces méthodes peuvent être mises en œuvre par les parents. Mais les diagnostics et les traitements comportant des analyses en laboratoire ou la prescription de médicaments exigent évidemment la collaboration d’un professionnel de santé. Si vous n’habitez pas à proximité d’un médecin faisant partie du mouvement DAN ! (Defeat Autism Now !) ou si vous ne réussissez pas à obtenir rapidement un rendez-vous avec l’un d’eux, comprenez bien que de nos jours – grâce à Internet, le fax ou le téléphone – un médecin n’a nul besoin de vous rencontrer très souvent pour s’occuper extrêmement bien de votre enfant. Il peut valoir la peine de se déplacer une à deux fois par an, même assez loin de chez vous, pour rencontrer quelqu’un d’expérimenté et de compétent, plutôt que de continuer à dépenser du temps et de l’argent avec des professionnels n’ayant pas reçu de formation récente sur le traitement biomédical des enfants autistes.
Mon implication personnelle et professionnelle dans l’approche biomédicale de l’autisme
Ma petite-fille Chelsey a été diagnostiquée comme autiste en 1996, à l’âge de trente-trois mois. Depuis des années, je travaillais en Californie, dans un cabinet privé, en tant que médecin certifié par l’American Board of Psychiatry and Neurology. J’avais à cœur de me tenir informée de toutes les nouvelles études et de tous les nouveaux médicaments disponibles dans le registre de la psychiatrie biologique, ainsi que dans celui des approches psychothérapeutiques des maladies émotionnelles et mentales. Au début des années 1990, je m’étais mise à explorer la médecine alternative et me suis familiarisée avec l’emploi des hormones naturelles, des vitamines et d’autres nutriments pour aider les cerveaux et corps vieillissants à rester jeunes et sains. Cette recherche m’a aidée, tant sur le plan personnel que pour mon travail actuel avec les enfants atteints de TSA.
Mais au moment où Chelsey a reçu son diagnostic, je ne connaissais quasiment rien à l’autisme. En trente ans de pratique clinique, je n’avais rencontré que quelques personnes porteuses de ce diagnostic ; et à l’époque, on m’avait surtout demandé de prescrire des médicaments destinés à contrôler les comportements de ces personnes mystérieusement handicapées. Avec le recul, je réalise que j’étais d’une ignorance crasse sur l’autisme. En 1996, en commençant à rechercher de l’aide pour Chelsey, j’ai découvert, à ma grande consternation, que mes collègues pratiquant la pédiatrie n’en savaient guère plus que moi. Leur pronostic pour ma petite-fille était bien sombre. Tant les parents de Chelsey que moi-même avons fait preuve de déni quant à son diagnostic et je le regrette amèrement aujourd’hui. Les informations biomédicales disponibles sur l’autisme étaient par ailleurs apparemment bien rares. Bref, nous avons perdu un temps précieux avant de mettre en œuvre des traitements efficaces.
En réalité, c’est l’importance du temps qui m’a essentiellement poussée à écrire ce livre. Il doit permettre aux parents d’engager plus tôt des traitements efficaces pour leu r enfan t . Si vous êtes parent, ce livre va vous aider à comprendre la logique qui sous-tend les nouveaux traitements actuellement disponibles. Si vous êtes médecin, il contribuera peut-être à vous guider dans le processus consistant à décider par quelles analyses et quels traitements commencer, et dans quel ordre introduire les suivants. Cet ouvrage renseigne aussi sur les sources d’informations complémentaires relatives à certains états compliqués, liés aux TSA, et qui dépassent le champ de cette présentation.
La longue liste d’attente que je constate, tout comme le font mes autres ­collègues spécialistes de l’autisme, m’a également poussée à étayer par écrit mon approche à large spectre. Bien des familles inquiètes ont entendu parler des nouveaux traitements mais ne savent pas vers qui se tourner pour soulager leur enfan t . J’espère que ce livre donnera aux parents l’énergie de mettre la pression sur leurs médecins et leurs compagnies d’assurance maladie, afin que ces derniers explorent les informations désormais disponibles et offrent de nouveaux espoirs aux enfants atteints de TSA.
À l’époque où nous avons reçu le diagnostic de Chelsey, tout le monde pensait – et dans certains cercles, c’est malheureusement toujours le cas – que l’autisme était incurable et dû à des mères glaciales dépourvues de toute compétence ­maternelle. Je n’ai jamais accepté que ma petite-fille ou d’autres enfants atteints de TSA soient incurables. Je sais aussi sans l’ombre d’un doute que la mère de ­Chelsey n’était pas une mère réfrigérateur et le Dr Bernie Rimland savait lui aussi que sa Gloria bien-aimée ne l’était pas non plus quand leur fils Mark a été diagnostiqué comme autiste . Elisabeth a trois autres enfants neurotypiques, épanouis et heureux et elle se consacre avec amour à tous ses enfants. Au cours des dix dernières années, j’ai rencontré des centaines de parents d’enfants atteints de TSA et j’ai été impressionnée par la manière dont les défis que représente l’éducation de tels enfants font souvent éclore leurs plus belles ressources. Ils engagent une volonté et une persévérance incommensurables pour aider a u maximum leur enfan t au développement difficile et ce sont les aidants les plus aimants et les plus compétents que je connaisse.
En 1964, l’ouvrage du Dr Rimland Infantile Autism : The Syndrome and Its ­Implications for a Neural Theory of Behavior a renversé la croyance générale selon laquelle l’autisme était le résultat psychologique de « mères réfrigérateurs » – des femmes froides et insensibles qui obligeaient leur enfan t à se retirer dans une coquille protectrice d’indifférence. Bien au contraire, il a conclu que ce trouble, caractérisé par des difficultés de langage et l’inaptitude à gérer des relations sociales, résultait d’un défaut biochimique fondamental sous-jacent, peut-être dû à des gènes défectueux, mais au final déclenché par des agressions environnementales. Bernie Rimland fut parmi les premiers à conclure que les États-Unis subissaient une épidémie d’autisme, l’incidence de ce trouble étant passée d’un rare cas parmi des milliers de naissances à un cas sur 166 – taux actuellement confirmé par le gouvernement. À sa manière courageuse et avant-gardiste habituelle, l’initiateur et dirigeant du mouvement biomédical DAN ! (Defeat Autism Now !) a conclu que le principal coupable était le mercure dans les vaccins et a mené une campagne acharnée parmi les parents pour que soient retirés des vaccins les métaux lourds destinés à tuer des bactéries.
Le Dr Rimland était aussi un ardent partisan de la thérapie comportementale intensive pour les enfants autistes, thérapie dont beaucoup de parents affirment qu’elle a permis à leur enfan t de redevenir normal.
Fin 2006, nous avons tous subi une énorme perte quand le Dr Rimland est décédé d’un cancer à l’âge de soixante-dix-huit ans. Les hommages ont afflué alors et se perpétuent encore, en provenance de l’ensemble des États-Unis et du monde entier. Chacun vénère ce psychologue chercheur incroyablement dévoué, talentueux et courageux, auquel le monde de l’autisme sera à jamais immensément redevable.
Mon cas le plus difficile
Au fil des années, nous avons essayé bien des formes de thérapies pour ­Chelsey, certaines semblant apporter de l’amélioration et beaucoup d’autres sans résultat. Ma petite-fille bien-aimée, inspiratrice de ce livre, reste mon premier cas et mon cas le plus difficile. À l’époque de son diagnostic, nous ne connaissions que quelques types de thérapies comportementales, que nous avons immédiatement mises en œuvre et poursuivies à plein-temps pendant plusieurs années. Bien qu’une intervention pédagogique précoce et une analyse comportementale appliquée l’aient aidée à se concentrer et à acquérir certaines compétences verbales limitées, elle restait très handicapée sur le plan relationnel et continuait à souffrir de diarrhée chronique et d’un régime alimentaire extrêmement limité. Je sais maintenant que la diarrhée chronique est très fréquente chez ces enfants et indique à coup sûr que leur biochimie dysfonctionne. Juste avant ses cinq ans, nous avons fini par instaurer un régime dépourvu de certains aliments courants, dont nous savions qu’elle ne les supportait pas, même si les tests d’allergie habituels ne révélaient rien. Les résultats ont été impressionnants : pour la première fois, ses intestins se sont mis à fonctionner normalement. Cette leçon m’a appris l’importance de prendre conscience de l’hypersensibilité alimentaire et de ­procéder à des tests d’allergie alimentaire très en amont du traitement.
Bien des aspects biomédicaux de mon protocole actuel de traitement n’ont pas été mis au point avant que Chelsey ait dépassé ses cinq ans ; elle n’a donc pas profité des thérapies précoces biomédicales et de détoxication qui ont suscité des progrès, spectaculaires parfois, dans mes fournées ultérieures de jeunes patients. Je constate malheureusement que l’amélioration biomédicale semble plus lente à se manifester et de façon moins complète chez les enfants plus âgés ; les dysfonctionnements biochimiques et les présences toxiques sont déjà intégrés dans leur fonctionnement cellulaire et donc, plus difficiles à modifier. Chelsey guérit moins rapidement que certains de mes patients plus jeunes, mais je reste ouverte aux nouvelles découvertes qui ne manqueront pas d’advenir dans ce domaine en évolution permanente, tout en continuant à l’aimer de tout mon cœur, quelle que soit la manière dont elle va grandir. La courte fenêtre idéale d’intervention à laquelle je faisais précédemment allusion se situe en général entre dix-huit mois et cinq ans. Gardez toutefois à l’esprit que, même si cette tranche d’âge est une période optimale pour commencer le traitement, cela ne signifie aucunement que des enfants plus âgés ne puissent pas progresser. Il est possible de soulager des enfants plus grands et même des adultes, avec des résultats parfois remarquables. Il n’est jamais trop tard pour offrir à toute personne atteinte de TSA les bénéfices des nouveaux diagnostics et des nouvelles thérapies désormais disponibles.
Comme la plupart des autres médecins du réseau DAN ! (Defeat Autism Now !), je suis maintenant convaincue que des agressions précoces – dans certains cas, in utero ou néonatales – infligées aux systèmes immunitaires immatures de ces enfants par des produits toxiques ou des agents pathogènes déclenchent une série d’évènements biochimiques qui génèrent plus tard des déficits neurocognitifs et des difficultés comportementales. Bien qu’il puisse exister une prédisposition génétique chez la plupart – si ce n’est la totalité – des enfants du spectre autistique, de plus en plus d’études démontrent qu’un conservateur à base de mercure toxique employé depuis longtemps dans les vaccins a été le « déclencheur » pour un sous-groupe d’enfants vulnérables, et ce, surtout depuis 1981, quand la vaccination contre l’hépatite B est devenue obligatoire pour tous les nouveau-nés. Je rejoins bien des experts de l’autisme et nombre de parents convaincus que l’épidémie actuelle d’autisme régressif a débuté avec cette obligation. Les statistiques révèlent une élévation progressive de l’incidence à partir de 1988, au moment où le vaccin ROR est devenu obligatoire, même si celui-ci ne contient pas de mercure. Teresa Binstock et moi-même exposerons les découvertes récentes concernant le vaccin ROR dans d’autres chapitres de ce livre. Quoi qu’il en soit, l’incroyable élévation brutale de l’incidence date de 1991 et coïncide avec l’obligation de faire vacciner les nouveau-nés contre l’hépatite B, parfois quelques heures après leur naissance. Nous sommes convaincus que l’agression précoce infligée par les produits toxiques – probablement précédée par une prédisposition génétique et aggravée par des allergies, certaines maladies et la prise répétée d’antibiotiques – est l’un des facteurs déclencheurs d’une cascade de problèmes, à commencer par un système immunitaire affaibli et un appareil intestinal enflammé. Un système immunitaire déficient ouvre la voie à des infections bactériennes et virales, la surconsommation d’antibiotiques, l’explosion de levures intestinales, l’inflammation de l’intestin et un statut nutritionnel carencé. Le syndrome d’hyperperméabilité intestinale fréquemment constaté et ses divers effets permettent aux toxines de se répandre dans l’ensemble de l’organisme, y compris dans le cerveau. En outre, chez un enfant provisoirement ou chroniquement vulnérable, les immunisations avec des virus vivants, telles que pratiquées dans le vaccin ROR, posent un autre problème. Nous sommes face à un scénario complexe doté de multiples éventualités : le mercure associé au vaccin, ou les virus, ou d’autres produits toxiques, ou même les composants du propre système immunitaire suractivé de l’enfant – l’auto- immunité – peuvent attaquer les neurones et interférer ainsi avec le développement synaptique et le signalement nerveux. Ces facteurs peuvent se combiner avec de multiples variantes d’un enfant à l’autre et déclencher une malnutrition cérébrale, suivie des déficiences cognitives typiques des enfants atteints de TSA.
En résumé, cet ouvrage va :
– a ider les parents à comprendre pourquoi leur enfant a souffert de maladies chroniques et en quoi l’intervention biomédicale peut s’avérer bénéfique ;
– i dentifier des outils diagnostiques importants pouvant fournir des informations cruciales, qui permettront ensuite aux parents et aux médecins de choisir la séquence de traitement la plus appropriée ;
– e xpliquer ces thérapies et identifier des options de traitement, efficaces et sans risques, que peuvent engager des parents ou des aidants avant même que ne soient prescrites des analyses en laboratoire. Ceci est important pour les parents qui ont du mal à trouver un médecin formé au traitement des TSA chez les enfants. L’intervention biomédicale pour l’autisme est récente.
Bien des médecins n’ont jamais entendu parler de ces traitements ou ne savent pas encore comment les employer. Toutefois, de plus en plus d’entre eux prennent désormais le temps de s’y former, ne serait-ce qu’à cause du nombre exponentiel d’enfants diagnostiqués comme atteints de TSA et ayant besoin de soins. La prise de conscience croissante des parents accélère ce processus ;
– e ncourager les parents à se faire les avocats de leur enfan t afin que ce dernier reço ive de véritables soins médicaux – les parents savent déjà le faire en matière d’éducation. Les inciter à se battre pour une réforme des assurances-maladie qui leur permettra d’obtenir les soins nécessaires. Les inviter à adhérer à des groupes de soutien, qu’ils soient locaux ou par Internet ; ils y trouveront la compagnie réconfortante et extrêmement instructive d’autres parents qui comprennent intimement ce que signifie aimer et s’occuper d’un enfant aux besoins particuliers.
Chapitre I
DES MODÈLES DE CAUSALITÉ
L’épidémie mondiale de troubles du spectre autistique ( TSA)
Un changement de régime pourrait-il calmer votre enfant, l’aider à revenir dans notre monde, à concentrer son attention, à mieux se comporter ? L’apport de certains compléments alimentaires l’aiderait-il à faire des pas de géant dans le développement de son vocabulaire ? L’élimination du mercure et des métaux lourds présents dans son organisme serait-elle susceptible de préparer le terrain afin qu’il surmonte son diagnostic de troubles du spectre autistique ( TSA) ?
Eh bien, oui. Ces traitements, parfois employés seuls mais le plus souvent en combinaison les uns avec les autres, ont permis à certains enfants de se débarrasser complètement de leur diagnostic d’autisme ou de TSA. Bien d’autres petits sont demeurés dans le spectre autistique, mais en faisant des progrès notables dans les domaines cognitif et comportemental et en matière de santé physique.
Ce message d’espoir est plus nécessaire que jamais. Nous sommes au cœur d’une épidémie mondiale de TSA 1 . En une seule année ‒ de 1998 à 1999 ‒ selon le ministère de l’Éducation américain, le nombre d’enfants autistes d’âge scolaire s’est accru de 26,01 % 2 . En Californie, le nombre d’enfants d’âge scolaire diagnostiqués comme autistes s’est accru de 210 % en onze ans 3 . Pendant la dernière décennie, les TSA ont été multipliés par sept 4 . Des accroissements comparables de l’incidence de l’autisme et des TSA ont été observés sur le continent européen. Sont inclus dans les TSA les troubles déficitaires de l’attention, avec ou sans hyperactivité ( TDA ou TDAH). Aux États-Unis, six millions d’enfants souffrent de TDA ou de TDAH. Et plus de deux millions d’entre eux prennent en routine de la Ritaline, soit pour les TDA, soit pour les TDAH.
Définition des TSA et incidences respectives de l’autisme classique et de l’autisme régressif
La plupart des autorités médicales s’accordent pour reconnaître que l’autisme répond aux critères de diagnostic suivants : une grave anomalie du lien social réciproque ; une grave anomalie du développement de la communication (y compris du langage) ; des comportements et schémas de comportement, des centres d’intérêt, des activités et une imagination limités et répétitifs ; et un déclenchement précoce de ces troubles ‒ avant l’âge de trois à cinq ans. De nombreux auteurs prennent en compte un critère supplémentaire, celui des réactions anormales aux stimuli sensoriels 5 .
Les troubles du spectre autistique ( TSA) regroupent toute une gamme de troubles du développement, depuis l’autisme total tel que décrit ci-dessus jusqu’au trouble déficitaire de l’attention, avec ou sans hyperactivité ( TDA ou TDAH) et au trouble envahissant du développement ( TED). Le TED est un diagnostic fourre-tout qu’on applique aux enfants qui ne satisfont pas de manière adéquate aux étapes-types du développement et manifestent des symptômes d’autisme, tout en conservant toutefois certaines aptitudes au langage et à la communication. Un enfant diagnostiqué comme atteint de TDA a du mal à rester concentré. Un enfant TDA hyperactif est qualifié de TDAH. Tous deux sont considérés comme porteurs de formes mineures de TSA. En général, les parents ne recherchent pas d’aide pour les enfants présentant ces caractéristiques, jusqu’à ce qu’ils prennent conscience que leur enfant ne parle pas ou ne se développe pas aussi rapidement que les autres petits.
À l’extrémité supérieure du spectre autistique, figure le syndrome d’Asperger. C’est le terme qu’on emploie pour désigner un enfant au fonctionnement de haut niveau. Ces enfants sont souvent extrêmement intelligents. Ils emploient et comprennent un vaste vocabulaire mais présentent des centres d’intérêt très limités et manifestent bien des carences sur le plan social. Un enfant atteint du syndrome d’Asperger pourra, par exemple, devenir un expert mondial en machines à laver, mais les machines à laver resteront toujours son seul sujet de conversation.
Il existe deux grands types d’autisme : l’autisme de naissance ‒ l’autisme classique baptisé autrefois syndrome de Kanner ‒ et l’autisme régressif, qui se manifeste en général entre douze et quatorze mois, après une période de développement et de comportement normaux. L’incidence de l’autisme de naissance reste faible, c’est un évènement rare, de l’ordre d’un ou deux cas pour 10 000 naissances. C’est l’incidence de l’autisme régressif et des troubles du spectre autistique associés qui a monté en flèche, touchant un enfant sur 150 ‒ en 2008 ‒ selon des dizaines d’études.
Certaines études présentent des évaluations encore supérieures. Une recherche récente indique qu’un enfant californien sur 150 serait touché par l’autisme régressif 6 . Le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) a fait état de chiffres comparables dans une étude menée sur un canton de la côte est. Cette étude a identifié 6,87 cas de TSA sur 1 000 enfants, ce qui représente environ un cas sur 150 7 . Quant au nombre total d’enfants atteints de TSA, voici ce que le D r Jeff J. Bradstreet a annoncé à une Commission du Congrès : « Les données du gouvernement lui-même indiquent qu’aux États-Unis, le nombre d’enfants souffrant d’un retard important de développement assimilable aux TSA s’élève à deux millions. » Le magazine U.S. News & World Report formule ainsi la situation : « En Amérique, un enfant sur six souffre de problèmes tels que l’autisme, l’agressivité, la dyslexie et le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité » 8 .
La plupart de ceux qui travaillent aujourd’hui avec de grands nombres d’enfants atteints de TSA estiment que le TDA, le TDAH, le TED et le syndrome d’Asperger résultent tous d’une version atténuée du même schéma de prédisposition génétique que les TSA, à laquelle s’associent des déclencheurs environnementaux, ceux-l à m êmes dont nous sommes convaincus qu’ils provoquent les TSA. Les agressions environnementales qui déclenchent les dommages se produisent parfois avant la naissance, pendant que le fœtus se développe, ou bien lorsque le bébé est encore nourrisson ou encore pendant la petite enfance. Quel que soit le moment, ces agressions environnementales surchargent des systèmes immunitaires non développés ou tout juste en développement ; le système immunitaire de l’enfant se retourne alors contre son propre organisme. Quand le système immunitaire commence à endommager son propre corps, on parle de maladie auto-immune. Les allergies, l’arthrite et le diabète sont d’autres exemples de maladies auto-immunes. Bien des enfants autistes ou atteints de TSA ont dans leurs familles des antécédents de maladies auto-immunes.
Quelles sont les causes de l’autisme et des autres troubles autistiques ?
Personne ne prétend tout comprendre des causes de cette épidémie mais il existe des théories dont les parents ‒ et les médecins ‒ devraient être informés car ce sont les bases des traitements que vous trouverez décrits dans les prochains chapitres. Nous constatons un consensus croissant sur le fait que la plupart des cas d’autisme et de TSA résultent d’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Les facteurs génétiques préparent peut-être le terrain pour les TSA, mais dans de nombreux cas, les facteurs environnementaux sont des déclencheurs indispensables qui permettent aux gènes de faire apparaître le trouble.
Il existe de nombreuses théories quant à l’identité exacte et aux mécanismes d’action des agresseurs environnementaux qui déclenchent la cascade de dysfonctionnements physiques, mentaux et émotionnels ayant pour résultat le cerveau carencé d’un enfant. Mais aucune étude n’a formellement désigné UN produit toxique ou contaminant environnemental spécifique qui serait la cause irréfutable de l’autisme ; il est d’ailleurs peu probable qu’un seul produit toxique puisse être désigné comme coupable. À l’inverse, de nombreuses preuves incriminent non pas un, mais plusieurs produits toxiques et mécanismes d’entrée, comme étant les principaux responsables des dommages dont souffrent nombre de nos enfants.
La génétique seule ?
Les scientifiques ont longtemps considéré que l’autisme était une maladie génétique. Pourtant, la recherche génétique s’est avérée incapable d’identifier un chromosome spécifique ou une localisation sur un gène qui hébergeraient le défaut essentiel de l’autisme. Ces enfants présentent rarement des traits faciaux et corporels dysmorphiques, caractéristiques en revanche des enfants aux anomalies chromosomiques survenant en tout début de gestation, tels que la trisomie 21, le syndrome de William ou celui de l’X fragile. Il est vrai que nous ne comprenons pas encore totalement la contribution spécifique de la génétique à l’autisme, mais il est déjà clair que bien des enfants atteints de TSA présentent probablement une « prédisposition » ou vulnérabilité génétique. Nous le savons grâce aux études de Reed P. Warren, et aussi parce que l’autisme a tendance à apparaître plus fréquemment chez les jumeaux que dans le reste de la population. En outre, l’autisme est presque quatre fois plus prévalent chez les garçons que chez les filles. Ces quelques découvertes suggèrent une corrélation entre autisme et divers facteurs génétiques mais n’affirment nullement que la génétique joue un rôle clair dans chacun des cas d’autisme. Chez un enfant donné, une accumulation de déclencheurs environnementaux peut avoir été étiologiquement déterminante pour la survenue des TSA. Chez beaucoup de ces enfants ‒ avec ou sans prédisposition génétique ‒ , l’un ou plusieurs des déclencheurs environnementaux peuvent induire une pathologie soignable, qu’il s’agisse d’une infection virale subclinique ou d’une intoxication aux métaux lourds, par exemple.
En dehors de quelques syndromes purement génétiques qui peuvent provoquer l’autisme, les chercheurs ont découvert un assortiment de marqueurs génétiques communs à de nombreux enfants autistes, mais pas à tous. L’un des gènes qui contrôle le fonctionnement et la régulation du système immunitaire, le gène C4B, contribue à éliminer de l’organisme des agents pathogènes tels que les virus et les bactéries. Il a été prouvé qu’une forme déficiente du gène C4B est plus fréquente en cas d’autisme, de TDAH et de dyslexie 9 .
Nous évoquons des enfants atteints de TSA qui auraient une « prédisposition génétique », tout en réalisant qu’une « prédisposition génétique » pourrait ne pas exister dans les cas individuels. Il est vrai que les recherches portant sur les types de prédispositions, acquise et génétique, en sont à leurs débuts. Comme on pouvait s’y attendre, la littérature sur l’autisme comporte déjà des études portant sur les gènes liés au système immunitaire 10 .
Le modèle de toxicité chimique
Quel choc de réaliser que les futures mères boivent peut-être de l’eau contaminée, respirent dans leur logement de l’air parfois plus dangereux que si elles habitaient sous le vent d’une cité industrielle et risquent d’absorber avec leurs aliments des substances chimiques toxiques qui agiront comme des bombes à retardement dans leurs organismes et ceux de leurs futurs enfants !
Un groupe de médecins de Boston a récemment publié un rapport selon lequel des millions d’enfants américains manifesteraient des troubles de l’apprentissage, un QI bas ainsi que des comportements destructeurs et agressifs, du fait d’une exposition à des produits toxiques 11 . Le rapport établit un lien entre des expositions toxiques pré et postnatales et des déficiences pendant toute la vie. En outre, un rapport de l’Académie nationale des sciences (NAS) affirme qu’une combinaison de substances neurotoxiques et de facteurs génétiques serait responsable de près de 25 % des problèmes de développement 12 . Ceci inclut les troubles du spectre autistique. Les polychlorobiphényles (PCB) et les pesticides organophosphorés constituent un groupe majeur de produits chimiques toxiques. Le rapport de la NAS prouve que des bébés porteurs de taux importants de PCB sont moins performants que leurs homologues non contaminés, qu’il s’agisse de tests visuels de reconnaissance faciale, de l’aptitude à se couper des distractions ou du niveau d’intelligence d’une manière générale. Le rapport poursuit en affirmant que les pesticides tels que le Dursban et le Diazinon peuvent provoquer des dommages cérébraux. L’Agence de protection environnementale (EPA) n’a interdit l’usage domestique du Dursban qu’en l’an 2000. De 1956 à 2000, c’était l’un des composants des poisons qu’une majorité de ménages achetaient très couramment contre les cafards et les fourmis de leurs logements.
Le modèle de contamination aux métaux lourds
Il est encore plus choquant de découvrir que les systèmes immunitaires de nourrissons génétiquement vulnérables ont pu être attaqués par des métaux lourds tels que le plomb et le mercure.
‒ Le plomb : le rapport des médecins de Boston évoqué au paragraphe précédent affirme qu’un million d’enfants américains présentent actuellement dans le sang des doses de plomb supérieures au seuil dont l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA) reconnaît qu’il affecte négativement le comportement et les fonctions cognitives. D’où vient ce plomb ? Bien des maisons et des appartements construits avant 1978 comportent des peintures au plomb. Bien que ces dernières soient interdites depuis la fin des années 1970, la présence de plomb dans les logements plus anciens constitue un risque sérieux, surtout pour les jeunes enfants. L’ouverture ou la fermeture d’un cadre de fenêtre peint font parfois tomber des petites miettes de peinture ou de la poussière de plomb qui peuvent être inhalées ou se déposer sur le sol. Les nourrissons et les tout-petits à quatre pattes mettent souvent la main à la bouche et ingèrent la poussière et les miettes de peinture car elles ont un goût sucré. Le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et le Service américain de santé publique ont fait une déclaration conjointe : « L’intoxication au plomb reste la maladie environnementale la plus répandue et la plus calamiteuse sur le plan sociétal pour les jeunes enfants. » Nous savons maintenant que des taux sanguins autrefois considérés comme inoffensifs peuvent induire des effets néfastes pour la santé chez de très nombreux enfants. L’exposition à long terme de faibles doses de plomb peut provoquer une accumulation dans le cerveau et d’autres tissus, occasionnant des atteintes neurologiques chez l’enfant avant même sa naissance ; c’est ce qu’explique un fascicule de l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA), que les vendeurs de logements et les propriétaires doivent distribuer aux acheteurs ou locataires de logements susceptibles de contenir encore des peintures au plomb 13 . Par conséquent, l’exposition des enfants au plomb peut retarder et altérer leur développement mental et physique. « L’exposition au plomb a déjà divisé par deux le nombre d’enfants américains qui auraient pu avoir des QI très élevés ‒ de l’ordre de 125 ou plus, deux millions d’enfants sont ainsi concernés », affirme Herbert Needleman, docteur en médecine, professeur de psychiatrie et de pédiatrie à l’Université de Pittsburg 14 . Dans une étude publiée en juin 2000, le Dr Needleman a découvert que les jeunes délinquants présentaient dans les os des taux de plomb nettement supérieurs à ceux des jeunes non délinquants 15 .
‒ Le mercure : le mercure, cette substance que l’on trouve dans les thermomètres d’autrefois, est présent partout dans l’environnement. Les poissons accumulent de fortes doses de mercure, c’est bien connu. Selon le magazine U.S. News & World Report , un toxicologue nommé David Brown a participé à la préparation d’une étude des taux de mercure dans les lacs de huit États du nord-est des États-Unis et de trois provinces canadiennes. Il a découvert dans les poissons des taux de mercure bien plus élevés que ceux auxquels on s’attendait dans les eaux prétendues cristallines de ces lacs. Brown en a conclu qu’« une femme enceinte qui consommerait un seul poisson de ce lac pourrait, en théorie, absorber suffisamment de mercure pour porter atteinte à son futur enfant » 16 .
Une autre source d’exposition prénatale réside dans le mercure que contiennent les amalgames dentaires des mères enceintes. Personne n’était conscient du danger potentiel à l’époque, mais Elisabeth, ma fille, est allée chez le dentiste pour se faire soigner des dents pendant qu’elle attendait Chelsey et on lui a posé plusieurs amalgames contenant du mercure lorsqu’elle était à quatre mois de grossesse. D’autres pays, tels que la Suède et le Canada, ont des législations bien plus strictes concernant les amalgames pour les femmes en âge de porter des enfants. Compte tenu de ce que nous savons désormais du mercure, nous pensons que ces amalgames ont pu être un déclencheur de l’autisme de Chelsey. Quels que soient le chemin ou la combinaison de chemins, je suis convaincue qu’une grande partie de l’épidémie actuelle d’autisme régressif et d’ASD en général est la conséquence directe du mercure ou d’autres métaux lourds ayant pénétré dans les organismes de nos enfants. Je consacre une part importante de ma pratique actuelle à l’évaluation et au traitement des métaux lourds toxiques présents chez ces enfants. J’y reviendrai au chapitre VII.
Les vaccins
Chez les bébés et les jeunes enfants à la prédisposition accrue, les vaccins comportant des virus vivants peuvent contribuer à la régression autistique. Avant l’existence des injections de virus vivants, un autre facteur participait très probablement au problème : l’éthylmercure ‒ sous forme de thimérosal ‒ était jusqu’à récemment employé comme conservateur dans les flacons multidoses de certains vaccins obligatoires pour les nouveau-nés. La corrélation entre les traits autistiques et ceux résultant de l’intoxication au mercure est extrêmement significative et inclut divers degrés d’auto- immunité. De fait, tous les traits qui définissent ou sont associés à l’autisme ont été précédemment décrits dans la littérature concernant l’intoxication au mercure ‒ voir les annexes B et C.
Pendant des années, le mercure a été utilisé dans les peintures pour ses qualités antifongiques ; mais du fait de sa toxicité, il a été exclu des peintures intérieures en 1991. De la même manière, les audiences de l’Agence des denrées alimentaires et des médicaments (FDA) ont conduit, en 1982, à interdire le merthiolate car il contenait de l’éthylmercure. Malheureusement, personne n’a pensé à retirer l’éthylmercure des nombreux vaccins obligatoires pour protéger nos enfants des maladies infantiles. Le mercure contenu dans ces vaccins est un composant du thimérosal a , qui est constitué pour 49 % ‒ en poids ‒ d’éthylmercure et qu’on utilisait comme conservateur pour retarder la date de péremption, de « détérioration » des vaccins dans les flacons multidoses. L’éthylmercure vaccinal a « détérioré » en revanche les vies de milliers d’enfants et celles de leurs familles.
De fait, la cohorte actuelle d’enfants diagnostiqués comme atteints de TSA a été exposée à des doses de mercure vaccinal bien supérieures à celles que l’Agence de protection de l’environnement considère comme sans danger pour les adultes. C’est dû au fait que les enfants d’aujourd’hui reçoivent au total beaucoup plus de vaccins ‒ vingt-deux avant l’âge de deux ans ‒ et bien plus précocement que ce n’était le cas dans le passé.
Avant 1991, les bébés qui apprenaient à ramper étaient exposés aux émanations de mercure provenant des peintures intérieures vendues dans le commerce. Comme nous l’avons déjà mentionné, cette année-là, l’Agence des denrées alimentaires et des médicaments (FDA) a fait pression sur les fabricants de peintures pour qu’ils suppriment le mercure des peintures domestiques intérieures. Ces fabricants s’y sont pliés. Il est paradoxal et tragique que cette même année, le gouvernement fédéral ait imposé la pratique sans précédent d’inoculer le vaccin contre l’hépatite B aux nouveau-nés, le jour même de leur naissance. Jusqu’à 2001, ce vaccin contenait du thimérosal. Ainsi, tandis qu’un service du gouvernement exigeait que le mercure soit retiré des peintures intérieures, un autre service imposait que les nouveau-nés reçoivent des injections du vaccin contre l’hépatite B contenant du mercure. Selon le programme d’immunisation recommandé par le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), les nourrissons recevant toutes leurs injections étaient exposés à 12,5 microgrammes de mercure à la naissance, 62,4 microgrammes à deux mois, 50 microgrammes à quatre mois, 62,5 microgrammes à six mois et 50 microgrammes à dix-huit mois environ. Je suis convaincue que le vaccin contre l’hépatite B contenant du mercure et inoculé à la naissance, à un moment où le système immunitaire et le foie sont immatures, a agi comme un « déclencheur ». Ceci a induit la cascade d’évènements ayant pour résultats les déficiences gastro-intestinales et neurologiques constatées dans l’épidémie actuelle d’autisme. Un lien de causalité entre le thimérosal et l’épidémie actuelle d’autisme n’a pas encore été formellement établi, mais des données épidémiologiques soutiennent cette corrélation. Plus récemment, l’équipe de l’Institut de médecine a conclu que l’hypothèse était effectivement plausible. De mon point de vue, ce n’est qu’une question de temps avant que les effets indésirables du thimérosal soient reconnus, je dirais même « confirmés ».
Quand pour la première fois, le médecin anglais Andrew Wakefield a suggéré une corrélation entre le vaccin ROR, la pathologie intestinale acquise et l’autisme, on a rapidement dénigré son travail par une série de réfutations assemblées à la hâte. Et pourtant, des études particulières de tissus intestinaux enflammés chez un sous-groupe d’enfants atteints de TSA ont démontré que le virus de la rougeole (MV) était présent dans les tissus intestinaux faisant l’objet des biopsies et que la souche de ce virus était effectivement celle du vaccin contre la rougeole 17 . D’autres recherches ont établi une corrélation entre les TSA et des infestations intestinales par le virus de la rougeole. Récemment, le gastro-entérologue d’Harward Timothy Buie, docteur en médecine, a décrit une cohorte de près de 400 enfants et annoncé qu’un sous-groupe souffrait effectivement de l’hyperplasie iléale lymphoïde que Wakefield et ses collègues avaient été les premiers à décrire 18 . Autre fait d’importance, l’équipe de chercheurs japonais du professeur Kawashima a affirmé que la souche du vaccin contre la rougeole était elle aussi présente dans les cellules mononucléées du sang périphérique d’un sous-groupe d’enfants atteints de TSA 19 , ce qui pouvait contribuer à l’inflammation de la barrière hémato-encéphalique et à de faibles taux d’infiltration virale dans le système nerveux central (SNC).
La plupart des enfants vaccinés ont été inoculés avec une version affaiblie du virus de la rougeole. Chaque année, le virus de la rougeole infecte quarante millions de personnes et en tue un million en supprimant le système immunitaire et en affectant le SNC. La plupart des personnes sérieusement atteintes par les formes les plus virulentes du virus de la rougeole vivent dans des pays sous-développés. Au total, le vaccin contre la rougeole a sauvé des millions de vies. Toutefois, ce vaccin est désormais inoculé dans une combinaison de « trois en un », qui contient aussi le vaccin contre les oreillons et celui contre la rubéole. Le vaccin combiné s’appelle ROR. On prétend qu’il continue à sauver des millions de vies, mais ‒ compte tenu des données sur les pathologies intestinales associées aux souches vaccinales du virus de la rougeole ‒ il a sans doute aussi provoqué ou contribué à provoquer de l’autisme régressif chez des milliers d’enfants. Le Dr Wakefield en est convaincu, lui qui pendant des années a travaillé en tant que gastro-entérologue et chercheur au Royal Free Hospital de Londres, en Angleterre. Il a déménagé aux États-Unis et travaille maintenant au centre pédiatrique de Thoughtful House à Austin, au Texas.
Ce médecin chercheur extrêmement estimé a découvert une corrélation possible entre l’autisme et la souche virale de la rougeole spécifiquement associée au vaccin ROR. Comme je l’ai mentionné ci-dessus, le Dr Wakefield a découvert des génomes viraux dérivés du vaccin à l’intérieur des tissus intestinaux et des cellules mononucl éée s du sang périphérique d’un sous-groupe d’enfants autistes. Ces découvertes ont suscité un modèle pour l’autisme, selon lequel le vaccin ROR pourrait déclencher des réactions auto-immunes de l’organisme contre la protéine basique de la myéline (PBM) chez un certain groupe d’enfants prédisposés. Ce modèle est cohérent avec les données établies par V. K. Singh, chercheur de longue date sur l’autisme et dont les articles décrivent qu’un fort pourcentage d’enfants atteints de TSA présent e des teneurs élevées en anticorps contre la PBM et que ces dernières coexistent souvent avec des teneurs élevées contre le virus de la rougeole ou l’herpès virus humain de type 6.
De nombreux experts, dont Bernard Rimland, sont convaincus que les découvertes du Dr Wakefield ont élucidé des processus étiologiquement significatifs pour un sous-groupe d’enfants atteints de TSA. En dépit des protestations médicales officielles du contraire, bien des parents, des médecins et des chercheurs sont convaincus : d’une part, que le vaccin ROR peut réellement contribuer à l’incidence croissante de l’autisme ; d’autre part, que ses conséquences néfastes s’avèrent plus probables si les vaccins s’ajoutent les uns aux autres ‒ par exemple, ROR et Diphtérie-Coqueluche-Tétanos, tou s le même jour ‒ et si le nourrisson ou le tout-petit souffrent d’une prédisposition plus forte, qu’elle soit acquise et/ou génétique, au moment de la vaccination.
Le modèle d’auto- immunité ou d’allergie
Avec la généralisation du profilage biomédical, il devient clair que les enfants du spectre autistique se répartissent en « sous-groupes » bien définis. Par exemple, bon nombre d’enfants du spectre autistique présentent des teneurs élevées contre diverses protéines cérébrales. De la même manière, nombre d’entre eux ont des antécédents familiaux de maladies auto-immunes ou allergiques ; de nombreux enfants autistes portent eux-mêmes des signes ou des symptômes d’auto- immunité ou d’allergie 20 .
Une allergie apparaît quand le système immunitaire du corps réagit de façon excessive à ce qu’il perçoit comme un envahisseur extérieur. Lorsqu’une substance fait réagir le système immunitaire de l’organisme, on la qualifie d’« allergène ». Quand un allergène tel que de la poussière ou du pollen de plante est inhalé, il est rapidement identifié par le système immunitaire comme un envahisseur. Le système immunitaire génère alors un anticorps ‒ un défenseur ‒ pour combattre ce qu’il a perçu comme un envahisseur. Par exemple, en réaction à un pollen végétal tel que celui de l’ambroisie, un anticorps baptisé « immunoglobuline E » ou simplement IgE est formé. Les anticorps IgE s’accrochent aux cellules des tissus nommées mastocytes ou à d’autres cellules du flux sanguin nommées basophiles. Les mastocytes et les basophiles ‒ les globules blancs en général ‒ ciblent l’allergène et partent en croisade, transportant l’IgE jusqu’à leur cible. Quand elles atteignent l’allergène, l’IgE s’y attache et les mastocytes et les basophiles libèrent alors de l’histamine. Cette substance chimique provoque un gonflement des muqueuses nasales et il se forme un excès de mucus. La personne affectée souffre de congestion, éternue, ses yeux la piquent, s’enflamment et s’irritent et sa peau la démange parfois dans les zones exposées à l’allergène. Nous prenons des antihistaminiques pour combattre ces symptômes, mais c’est grâce à ces symptômes que les allergènes piégés peuvent être expulsés avec le mucus.
De nombreux enfants du spectre autistique, du moins au départ, semblent souffrir d’un dérèglement de leur système immunitaire, lequel s’avère d’un côté hyperactif, et de l’autre sous-optimal. Certains chercheurs et médecins défendent la théorie suivante : quand un enfant particulièrement vulnérable subit une agression environnementale telle que l’exposition au mercure ou même aux virus affaiblis présents dans les vaccins, le système immunitaire de l’enfant réagit en attaquant non seulement les véritables antigènes, mais aussi des substances qui leur ressemblent mais sont en réalité des structures moléculaires à l’intérieur du cerveau de l’enfant.
On repère qu’un processus auto-immun est en cours lorsque les analyses de sang ‒ et c’est le cas de nombreux enfants autistes ‒ contiennent des anticorps d’une protéine du système nerveux central baptisée protéine basique de la myéline (PBM) 21 . Dans une étude contrôlée 22 qui a comparé trente-trois enfants autistes avec dix-huit enfants neurotypiques, vingt enfants retardés mentalement et douze enfants trisomiques, on a découvert des anticorps anti-PBM chez dix-neuf des trente-trois enfants autistes (soit 58 %), mais chez huit seulement des quatre-vingt-huit autres enfants (soit 9 %). C’est un résultat étonnant car la myélinisation représente une partie essentielle du développement du cerveau humain. Les nerfs ne peuvent efficacement conduire les influx d’énergie que s’ils sont correctement lubrifiés par de la myéline. Tel l’isolant d’un câble électrique, la couche grasse de myéline contribue au confinement des impulsions électriques et maintient ainsi l’intégrité du signal électrique du nerf. Si l’isolation d’un câble est endommagée ou détruite, il est possible que le flux de courant électrique soit interrompu ou qu’un court-circuit survienne. Lorsque le système immunitaire attaque la myéline de l’organisme lui-même, le cerveau peut connaître des « courts-circuits ». Les axones cessent de fonctionner correctement.
Les découvertes de l’auto- immunité dans l’autisme procurent des arguments en faveur d’autres sous-groupes et de leurs modèles de causalité. Comme évoqué précédemment, les vaccins qui contenaient de l’éthylmercure ou des virus vivants ont pu nuire à certains enfants et induire chez eux un dérèglement immunitaire, un statut nutritionnel altéré et une vulnérabilité accrue 23 . En outre, de plus en plus de données cliniques suggèrent que certains enfants autistes souffrent d’infections chroniques et apparemment subcliniques qui jouent un rôle étiologiquement significatif dans les facteurs négatifs qui les caractérisent.
Le modèle viral
Les infections virales jouent un rôle significatif dans les TSA, les données cliniques le confirment indéniablement. Les docteurs en médecine Sidney Baker et Michael Goldberg ont dirigé deux cabinets médicaux très importants consacrés à l’autisme. Ils ont tous deux affirmé qu’environ 30 % de leurs patients autistes réagissaient positivement à l’Acyclovir ou au Valtrex (variante de l’Acyclovir). Des études d’efficacité ont prouvé que l’Acyclovir était efficace contre ‒ en ordre décroissant d’utilité ‒ le virus de l’herpès simplex, la varicelle, le virus d’Epstein-Barr et l’herpès virus humain de type 6. Ma propre expérience clinique rejoint ce que Baker et Goldberg ont constaté. Quand j’ai commencé à recevoir des clients autistes, je prescrivais de l’Acyclovir ou du Valtrex à tous ceux qui détenaient des titres viraux élevés et j’obtenais une réaction positive dans un tiers des cas. À cette époque, je ne maîtrisais pas encore complètement la question et je n’ai peut-être pas prescrit à certains de ces enfants une dose suffisante d’antiviraux, ni assez longtemps. C’était mon principal mode de traitement, après le régime, les compléments alimentaires et la guérison des intestins, toutes ces étapes précédant l’élimination des métaux lourds par la chélation.
Comme nous le verrons au chapitre VIII, ces découvertes cliniques ont des implications majeures pour le traitement des enfants atteints de TSA. Tout d’abord, l’Acyclovir est sans danger pour la plupart des enfants et les adultes. Il est donc facile d’essayer ce traitement. En second lieu, divers virus d’herpès sont associés à la déficience verbale, aux convulsions, à la démyélinisation et à d’autres caractéristiques du spectre autistique. Tout ceci doit être envisagé dans le contexte du portrait médical global d’un enfant. Il est essentiel d’atténuer la pathologie intestinale, d’améliorer le statut nutritionnel et d’éliminer les métaux lourds via une chélation supervisée par un médecin. Ces traitements ont un impact très positif et le statut immunitaire de l’enfant s’améliore parfois au point que son infection subclinique disparaît par immunosuppression. En général, même s’il existe des exceptions notables en lien avec le tableau médical et les résultats d’analyses de tel ou tel enfant, je commence toujours par soigner les intestins et optimiser l’apport nutritionnel ; puis j’administre la chélation si je détiens la preuve d’une intoxication aux métaux lourds ; je traite enfin les virus, plus tard dans le programme thérapeutique. Mon expérience clinique m’a toutefois enseigné que certains enfants ont besoin d’un antiviral pharmaceutique comme Acyclovir ou d’antiviraux végétaux alternatifs au cours du processus de chélation et parfois même avant lui. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que les virus jouent un rôle important dans les tableaux cliniques de nombre de nos enfants et prouvent bien les dérèglements immunitaires dont ils souffrent. Du fait que ces infections sont difficiles à soigner, je préfère faire baisser la charge toxique afin que l’organisme de l’enfant retrouve une santé optimale, dans l’espoir que son propre système immunitaire puisse initier le processus d’immunosuppression virale.
Le modèle gluten/ caséine, manque d’enzymes et prolifération de levures
La plupart des enfants autistes sont incapables de digérer le gluten et/ou la caséine. Le gluten est un mélange de protéines contenues dans le blé, le seigle, l’avoine et l’orge et présentes dans bien d’autres produits. La caséine est une protéine du lait. Alan Friedman, docteur ès sciences, et ses collègues chercheurs ont élaboré une théorie selon laquelle un enzyme vital pour la digestion de ces substances ‒ le « DPP-IV » ‒ serait absent, probablement pour des raisons génétiques, ou inactivé, peut-être à la suite d’un mécanisme auto-immune. Le modèle de Friedman énonce que l’absence ou l’inactivation de l’enzyme DPP-IV permettent l’accumulation dans le corps de substances opiacées ou proches de la morphine baptisées dermorphines. La formation et l’accumulation de ces substances pourraient en partie expliquer pourquoi les enfants autistes ont souvent l’air de « planer ». L’autisme se caractérise par le fait que les enfants ignorent en général les autres et semblent vivre dans leur propre monde intérieur. Indépendamment de l’hypothèse de Friedman, de nombreux enfants du spectre autistique présentent une ou plusieurs hypersensibilités alimentaires, mises en évidence par des tests d’allergies aux aliments et par des régimes favorisant l’élimination. La plupart des enfants atteints de TSA souffrent d’inflammations de l’appareil gastro-intestinal et il ne fait aucun doute que certains aliments auxquels ces enfants sont sensibles, tels que le gluten et la caséine, irritent leur intestin. Des études ont démontré que les antibiotiques irritent également la paroi intestinale et endommagent le système immunitaire. Face à l’incapacité à digérer le gluten et la caséine, il faut absolument commencer par instaurer un régime sans gluten et sans caséine (SG/SC). Le chapitre V explique comment introduire ce régime et le maintenir dans le temps.
Les enfants au système immunitaire déficient et aux intestins enflammés sont particulièrement vulnérables aux invasions fongiques, en particulier celles des levures de l’espèce Candida . Les cultures de selles et d’autres analyses en laboratoire mettent souvent en évidence des proliférations de Candida albicans . Effectivement, certaines études démontrent que l’espèce Candida et d’autres champignons constituent vraisemblablement une cause significative de bien des comportements fâcheux et des problèmes de santé que présentent les patients autistes. Bon nombre des histoires médicales de ces enfants contiennent de nombreux épisodes d’otites, avec usage répété d’antibiotiques. De ce fait, leur flore bénéfique ou « probiotique » a très probablement été détruite, préparant ainsi le terrain pour des champignons nocifs et des colonisations bactériennes. De la même manière, les composés organomercuriels peuvent avoir des effets néfastes sur la flore intestinale. Par conséquent, l’éthylmercure vaccinal ‒ qui s’élimine du corps essentiellement via l’appareil intestinal ‒ peut également endommager la flore intestinale. Quand l’intoxication à l’éthylmercure vaccinal s’accompagne d’un abus d’antibiotiques, la flore probiotique a toutes les chances de décliner, ouvrant la voie à une colonisation intestinale néfaste et au développement de levures intestinales.
En se multipliant, ces espèces de levures excrètent des toxines. William Shaw, docteur ès sciences, a mené des recherches innovantes sur les levures et leurs effets sur les enfants autistes ; il a souligné que ces toxines sont capables d’endommager le système nerveux central et le système immunitaire 24 . Une autre connexion négative possible avec le mercure réside dans le fait que, tout comme d’autres métaux lourds, il détruit les leucocytes et les neutrophiles, ces globules blancs spécialisés qui protègent normalement contre les champignons et les bactéries.
Nous savons que la prolifération de Candida provoque des soucis de santé, dont la diarrhée, les maux d’estomac, les douleurs liées à la flatulence, la constipation, les maux de tête, la fatigue et la dépression. Elle génère également des problèmes de comportement te ls que les difficultés à se concentrer, l’hyperactivité, une capacité d’attention limitée, l’irritabilité et l’agressivité.
Il existe de nombreuses manières non agressives de soigner la prolifération de levures. En particulier par la prise de « probiotiques », ces compléments alimentaires qui repeuplent l’appareil intestinal avec de « bons » microbes ; on peut aussi combattre des Candida obstinés avec des compléments alimentaires antifongiques ou des médicaments doux prescrits sur ordonnance. Certains enfants doivent adopter des régimes spéciaux, faibles en sucre et autres aliments qui font proliférer les levures. Après avoir soigné leurs infections aux levures, j’ai constaté toute une gamme d’améliorations chez des patients affectés, depuis la baisse de l’hyperactivité et de l’autostimulation jusqu’à un meilleur contact visuel, une plus grande concentration et un développement du langage.
La théorie de la métallothionéine
Ce paragraphe traite des travaux de William Walsh, docteur ès sciences, biochimiste de renom qui travaille au Centre médical Pfeiffer à Naperville dans l’Illinois. Fort de ses découvertes portant sur des milliers de personnes et presque mille enfants du spectre autistique, le Dr Walsh a élaboré la théorie selon laquelle un petit peptide baptisé métallothionéine serait le « chaînon manquant » dans ce trouble.
La métallothionéine (MT) est une protéine qui joue de nombreux rôles dans l’organisme 25 . Elle est impliquée dans :
‒ la régulation des taux de zinc et de cuivre dans le sang ;
‒ la détoxication du mercure et d’autres métaux toxiques ;
‒ le développement et le fonctionnement du système immunitaire et des neurones cérébraux ;
‒ la production d’enzymes qui décomposent la caséine et le gluten ;
‒ la réaction à une inflammation intestinale.
La MT agit aussi sur la région de l’hippocampe du cerveau, qui régule le contrôle comportemental, la mémoire émotionnelle et la socialisation. La MT est une substance tellement vitale que, selon le Dr Walsh, ses dérèglements pourraient constituer l’une des premières causes de l’autisme. Il propose la théorie suivante : l’autisme résulterait de la combinaison d’une anomalie génétique provoquant un fonctionnement marginal ou défectueux de la MT, et d’une agression environnementale au cours du développement précoce, laquelle désactiverait la MT.
En étudiant les profils chimiques de 503 patients atteints de TSA, Walsh et ses collègues chercheurs du Centre médical Pfeiffer de Naperville ont découvert que 99 % de ces patients présentaient un métabolisme anormal des métaux et la preuve d’un dysfonctionnement de la MT. Lors de la conférence d’octobre 2001 du mouvement DAN ! (Defeat Autism Now !) qui s’est tenue à San Diego, il a affirmé que les agressions environnementales pendant la gestation, la toute petite enfance et le jeune âge pouvaient endommager le système protéique de la métallothionéine, interrompre par conséquent le développement neuronal et susciter le déclenchement de l’autisme.
Ces dernières années, des résultats de recherches et des données cliniques de laboratoire ont révélé que nombre d’enfants atteints de TSA présentaient des taux anormaux de cuivre et de zinc dans le sang. On sait que la MT joue un rôle important dans la régulation de l’équilibre entre cuivre et zinc chez les individus en bonne santé ; le fait que la majorité des patients étudiés par le Centre médical Pfeiffer présentent des déséquilibres entre cuivre et zinc confirme le lien entre dysfonctionnement de la MT et pathologie des TSA. Les découvertes de Walsh sur la MT et les données cliniques de laboratoire qui les confortent ont des implications importantes en matière de traitement. Le Dr Walsh et ses collègues soulignent que le fonctionnement de la MT peut être nettement amélioré grâce à un processus en deux étapes : d’une part, l’élimination du cuivre et des autres métaux toxiques en excès ; d’autre part, des thérapies nutritionnelles employant le zinc ainsi que d’autres compléments alimentaires réputés pour encourager la production et l’efficacité de la MT. Le Centre Pfeiffer poursuit activement ses recherches d’alternatives en matière de prévention et de traitement de l’autisme.
Comment les modèles de causalité génèrent-ils des traitements efficaces ?
Les experts s’accordent à dire que les troubles du spectre autistique sont des troubles multifactoriels. Très peu de scientifiques sont, par exemple, convaincus du fait que le mercure serait la seule agression environnementale ou le seul déclencheur de ces troubles. En réalité, même si de nombreux enfants vont mieux quand on élimine de leur organisme et de leur cerveau le mercure et les autres métaux lourds qui s’y sont accumulés, ce n’est pas le cas de tous. Ce simple fait suggère d’autres causes chez d’autres sous-groupes et nous oblige à rester conscients d’autres modèles de causalité pour l’autisme. Dans les écoles et les facultés de médecine, les professeurs expliquent souvent aux étudiants : « Il n’existe rien d’aussi pratique qu’une bonne théorie. » C’est parce qu’une théorie représente une tentative pour expliquer un groupe de faits ou un phénomène. Une fois que nous disposons d’un modèle quant aux éventuelles causes d’une maladie, il est possible d’élaborer des diagnostics et des traitements conformes aux schémas de la pathologie biomédicale.
Au cours de l’histoire, les théories médicales valides n’ont souvent été largement acceptées qu’après des décennies. Par exemple, au xix e siècle, le médecin hongrois Ignaz Philipp Semmelweiss a élaboré la théorie suivante : la fièvre de l’accouchement, qui tuait un nombre incalculable de femmes juste après l’accouchement, était d’une manière ou d’une autre transmise par les mains de leurs médecins. À cette époque, ces derniers ne se lavaient pas très souvent les mains et l’on n’avait pas encore accepté la théorie des germes pour expliquer les maladies. En ce temps-là, bien des médecins pratiquaient des autopsies sur des femmes décédées de fièvre de l’accouchement et s’en allaient ensuite immédiatement pratiquer un autre accouchement, sans s’être lavé les mains entre - temps ! Semmelweiss s’est fait ridiculiser par ses confrères du fait de ses convictions. Il a fallu des années et le décès de milliers de femmes avant que sa théorie ne soit acceptée. De nos jours, grâce aux travaux de chercheurs tels que Louis Pasteur, la théorie de l’origine microbienne de certaines maladies est reconnue.
Au fil de ma pratique, j’en suis venue à penser que bien des enfants du spectre autistique n’ont nul besoin de médicaments tels que la Ritaline ou d’autres traitements antipsychotiques. À chaque fois que c’est possible, je m’efforce de prendre le problème à la racine, plutôt que de corriger simplement le comportement ou les autres symptômes. Selon moi, le dénominateur commun qui sous-tend les troubles de développement de presque tous ces enfants, indépendamment de leur étiologie, est qu’aucune nourriture correcte n’est acheminée à leurs cellules nerveuses. Comme nombre de mes confrères, je constate que presque tous les enfants connaissent une amélioration lorsque nous adoptons la stratégie suivante : soigner leur système digestif enflammé ; renforcer leur système immunitaire en leur fournissant les compléments vitaminés, minéraux et autres nutriments dont ils ont besoin ; supprimer les produits toxiques de leur alimentation et éliminer les métaux lourds de leur organisme.
J’ai découvert les travaux innovants du Dr Rimland sur l’importance de la vitamine B6 pour un fonctionnement cérébral correct, ainsi que ses recommandations quant aux bienfaits de la diméthylglycine (DMG) pour un certain sous-groupe d’enfants autistes. Ces informations m’ont incitée à rechercher des données sur les déséquilibres biochimiques qui sous-tendent les troubles du spectre autistique. Ces enfants étant tellement nombreux à limiter eux-mêmes leur régime à quelques aliments rares et généralement non nutritifs, il est évident qu’il faut leur apporter des nutriments et compenser les vitamines et minéraux qui leur manqu ent . Il m’est apparu clairement que l’affaiblissement immunitaire de ces enfants était lui aussi un facteur causal, comme l’illustraient leurs antécédents, de fréquentes infections et de nombreux traitements antibiotiques, ainsi que leurs déficiences immunitaires révélées par des analyses en laboratoire. Je recherchais activement quel rôle les virus pouvaient jouer dans ces troubles quand j’ai entendu parler des dangers de l’intoxication au mercure via les amalgames dentaires, les poissons pollués au mercure et les vaccins. Grâce à des échanges par e-mails avec le Dr Amy Holmes de Baton Rouge à Los Angeles, j’ai commencé à entrevoir un tableau nouveau et bien plus clair. J’ai entendu parler de l’emploi et des bienfaits de la chélation orale pour réduire les charges en métaux lourds dont étaient accablés ces enfants, et j’ai appris tout ce que je pouvais sur les dommages que pouvait causer le mercure à un sous-groupe d’enfants vulnérables.
La présence de virus opportunistes, démontrée par les titres viraux élevés présentés par nombre de ces enfants, s’est imposée parallèlement à l’idée de l’intoxication au mercure, du fait que le mercure est de nature à servir de déclencheur pour toute cette cascade de maladies. Une immunité défaillante, l’inflammation de l’intestin, un taux d’infections plus élevé, l’emploi plus fréquent d’antibiotiques, un statut nutritionnel déficient, une mauvaise digestion, une mauvaise absorption et une faible aptitude à gérer les produits toxiques, qu’il s’agisse de métaux lourds ou d’agents pathogènes, virus y compris : voilà la séquence commune à la plupart des enfants atteints de TSA. J’ai également commencé à saisir que les toxines présentes dans le cerveau, qu’elles soient dues à des métaux lourds, des virus ou d’autres agents pathogènes, instaurent des conditions qui empêchent les nutriments d’accéder aux cellules cérébrales, même si les problèmes intestinaux laissent passer quelques nutriments jusqu’au cerveau. Les cellules cérébrales des enfants du spectre autistique « meurent littéralement de faim », faute de nutriments. Une partie importante de mon programme de guérison s’élabore autour de la restauration d’une alimentation saine pour leur cervea u carenc é . Il faut soigner les intestins, fortifier le système immunitaire de l’enfant par un régime sans risques et des compléments alimentaires calibrés sur mesure, et puis bloquer l’absorption de nouveaux produits toxiques, tout en faisant baisser la charge de ceux qui se sont déjà accumulés. C’est seulement alors que le cerveau devient capable d’absorber les nutriments dont il a besoin.
Avant que les parents et les médecins ne se mettent d’accord sur le traitement optimal, un bon diagnostic représente une étape décisive. De nombreuses options de traitement sont à notre portée et j’ai découvert que la plupart de ces enfants ont besoin de multiples thérapies, certaines appliquées simultanément et d’autres de manière séquentielle, pour optimiser le résultat. Les différents modèles de causalité présentés dans ce chapitre m’aident à classer les enfants en sous-groupes, ce qui me permet d’ organiser une succession optimale de traitements : je commence par les problèmes les plus probables et j’avance vers des traitements moins familiers, qui sont parfois plus chers et exigent des analyses plus invasives si l’enfant n’a pas fait les progrès que nous escomptions. Le régime sans gluten, sans caséine et sans soja est un bon exemple. En m’appuyant sur mon expérience directe et celle de beaucoup d’autres, je peux vous assurer que presque tous les enfants tirent profit de la suppression de la caséine et du gluten de leur alimentation ; avant de conseiller l’adoption de ce régime, je n’ai donc nul besoin de conseiller une endoscopie ni une biopsie intestinale qui prouveraient l’inflammation. Heureusement, des chercheurs dévoués ont déjà fait le travail pour nous.
Les antécédents de l’enfant et ceux de sa famille, les symptômes et les analyses du patient m’aident à organiser mes protocoles de traitement, sur la base des modèles de causalité les plus susceptibles d’être à l’œuvre dans chaque cas. Comme d’autres médecins du mouvement DAN ! (Defeat Autism Now !), je m’appuie sur des analyses en laboratoire pour définir le profil biomédical de chaque enfant du spectre autistique et le traiter spécifiquement. Ces résultats d’analyses et l’efficacité des traitements révèlent des schémas et génèrent des modèles de causalité dont la médecine conventionnelle s’emparera peut-être un jour pour définir ses futurs protocoles pour l’autisme.
Références
1 Il n’existe pas de règle officielle quant au nombre de cas nécessaires pour qu’un foyer soit considéré comme une épidémie. La définition classique du terme a été proposée en 1980 par un épidémiologiste nommé Benenson. Il a qualifié d’épidémie « la survenue dans une communauté ou une région d’un groupe de maladies… de nature comparable, à une échelle nettement supérieure à la normale ». En d’autres termes, une épidémie existe à chaque fois que le nombre de cas dépasse ce qui est attendu, sur la base de l’expérience passée, dans une population donnée.
2 22nd Annual Report to Congress on the Implementation of the Individuals with Disabilities Education Act, Table AA11, “Number and Change in Number of Children Ages”, p. 6-21, Served Under IDEA, Part B.
3 U.S. News & World Report , June 19, 2000, p. 47 .
4 Testimony on April 25, 2001 before the U.S. House of Representatives Committee on Governmental Reform by James J. Bradstreet, M. D. , director of research for the International Autism Research Center.
5 Gillberg, C. and Coleman, Mary, “The Biology of the Autistic Syndromes”, 3rd Edition, 2000, Mac Keith Press , Chapter, Clinical Diagnosis .
6 Report on Autism to the California Legislature , 1999.
7 Centers for Disease Control (CDC), April, 2000, “Prevalence of Autism in Brick Township, New Jersey, 1998: Community Report”, available on the CDC website, http://www.cdc.gov/nceh/progragrams/cddh/dd/report.htm
8 Shelia Kaplan and Jim Morris, “Kids At Risk”, U.S. News & world Report , June 19, 2000, p. 47.
9 Warren, R . P . et al. , 1996, “Immunogenetic studies in autism and related disorders ” , Molecular and Chemical Neuropathology , 28, p. 77-81 .
10 Ibid.
11 In Harm’s Way: Toxic Threats to Child Development , published in 2001 by the Greater Boston Physicians for Social Responsibility organization.
12 National Academies of Science Report, 2000.
13 “Protect Your Family from Lead in Your Home”, EPA and United States Consumer Product Safety Commission pamphlet , 747-K-94-001, May, 1995.
14 Maury M. Breecher, PhD, M.P.H., Healthy Homes in a Toxic World , John Wiley & Sons, Inc.
15 U.S. News & World Report , June 19, 2000, p. 48.
16 Shelia Kaplan and Jim Morris, “Kids at Risk: Chemicals in the Environment Come Under Scrutiny as the Number of Childhood Learning Problems Soars”, U.S. News & World Report , June 19, 2000, p. 51.
17 Wakefield, A . J . et al. , “Ileal-lymphoid-nodular hyperplasia, non-specific colitis, and pervasive developmental disorder in children”, Lancet , 1998 Feb. 28; 351 (9103): 637-41.
18 www.feat.org/ FEATnews: Report of Oasis 2001. Conference for Autism in Portland OR “Harvard Clinic Scientist Finds Gut/Autism Link, Like Wakefield Findings.”
19 Kawashima H. et al. , “Detection and sequencing of measles virus from peripheral mononuclear cells from patients with inflammatory bowel disease ” , Dig. Dis. Sci. , 2000 Apr.; 45 (4): 723-9 .
20 Comi, A . M . et al. , “Familial clustering of autoimmune disorders and evaluation of medical risk factors in autism”, Jour. Child. Neurol. , 1999 Jun.; 14 (6): 338-94 .
21 Singh V . K. , Lin S. X., Yang V. C., “ Serological association of measles virus and human herpesvirus-6 with brain autoantibodies in autism ”, Clin. Immunol. Immunopathol. , 1998 Oct.; 89 (1): p. 105-8 .
22 “ Brain, Behavior and Immunity ”, v olume 7, p. 97-103, 199 3 .
23 Kawashima, H. et al. , “Detection and sequencing of measles virus from peripheral mononuclear cells from patients with inflammatory bowel disease and autism ” , Dept. of Pediatrics, Tokyo Medical Univ., Japan, Dig. Dis. Sci. , 2000 Apr.; 45 (4): 723-9 .
24 Sha w William, Chapter 3, “ Biological Treatments for Autism and PDD”, revised 2002 edition, Lenexa , KS 66214 .
25 Booklet, “Metallothionein and Autism ” , Pfeiffer Treatment Center, Naperville IL Oct 2001 .
Chapitre II
PATHOLOGIE GASTRO-INTESTINALE CARENCES NUTRITIONNELLES
Les carences nutritionnelles, un dénominateur commun
Dans ce chapitre, nous allons expliquer comment la recherche médicale et les médecins du réseau DAN ! (Defeat Autism Now !) éclaircissent et résolvent certaines pièces du puzzle du spectre autistique. Notre exposé va élargir et approfondir la compréhension de quelques thèmes rapidement survolés au premier chapitre. Le lecteur, plus intéressé par le traitement de l’autisme que par ses origines biomédicales, peut utiliser ce chapitre comme matériel de référence pour ce qui va suivre. Nos progrès récents en matière de traitements sont tangibles car nous comprenons de mieux en mieux comment employer les analyses diagnostiques et définissons donc des traitements de plus en plus efficaces pour chaque cas individuel. Chaque enfant fait partie d’un sous-groupe illustrant les processus pathologiques sous-jacents, à l’œuvre dans ce trouble complexe. Le symptôme commun à tous ces sous-groupes apparemment disparates est le fait, cliniquement étayé, que la plupart des enfants du spectre autistique possèdent ce que j’appelle désormais un cerveau carencé. Comparés au groupe témoin d’enfants neurotypiques, ces enfants présentent, selon les recherches, des anomalies fréquentes. On repère en particulier plus souvent des :
‒ t aux plus élevés de cuivre dans le sérum ;
‒ c arences en zinc ;
‒ c arences en magnésium ;
‒ c arences en fer ;
‒ ratios cuivre sur zinc plus élevés ;
‒ c arences en vitamine B12 ;
‒ t aux de glutamine inférieurs à la normale ;
‒ t eneurs faibles en sulfate dans le plasma ;
‒ t eneurs faibles en vitamine B6 ;
‒ t eneurs faibles en acides aminés de type : tyrosine, carnosine, lysine, hydroxylysine ;
‒ t aux moindres de méthionine ;
‒ t aux plus élevés de glutamate ;
‒ c arences en acides gras ;
‒ c arences en calcium ;
‒ t aux insuffisants de vitamines D, E et A.
Je ne soulignerai jamais assez que le cerveau ne fonctionne pas de manière isolée. Il joue en équipe ; il a besoin de recevoir des nutriments vitaux et des informations. Pour satisfaire ses besoins, le cerveau dépend fortement d’interactions complexes entre les systèmes immunitaire, endocrinien et gastro-intestinal.
Les antécédents médicaux précoces de bien des enfants du spectre autistique indiquent des difficultés gastro-intestinales et/ou des otites moyennes récurrentes. Quand on associe ces renseignements avec les résultats concernant l’élimination des aliments et l’étude des modifications et faiblesses immunitaires, on ne peut que remarquer l’interaction significative entre santé intestinale, statut nutritionnel et immunocompétence. Cet amalgame d’interactions est pertinent pour les diagnostics et les traitements des enfants atteints de TSA, nombre d’entre eux présentant les signes d’un système immunitaire défaillant et d’un cerveau carencé sur le plan nutritionnel.
Les parents, d’autres médecins et moi-même avons découvert que la clé du meilleur résultat possible pour bien des enfants autistes tout au long de leur croissance réside dans des diagnostics biomédicaux précoces, suivis de traitements destinés à fortifier le système immunitaire, guérir l’intestin et restaurer un statut nutritionnel sain. La combinaison correcte de ces traitements permet souvent au cerveau de recevoir les nutriments et les entrées neuronales dont il a besoin pour fonctionner correctement. J’ai baptisé cette série de traitements « approche à large spectre » ; certains médecins du réseau DAN ! (Defeat Autism Now !) s’y réfèrent en tant que « protocole DAN ! », avec de multiples variantes propres à chaque médecin.
Cette philosophie s’appuie sur des années d’expérience s en laboratoire et de traitements cliniques par tâtonnements impliquant des milliers de patients. Après avoir partagé leurs connaissances concernant plusieurs milliers de cas, de nombreux médecins du DAN ! ont finalement compris que ‒ sans négliger une variabilité interindividuelle importante ‒ leurs patients autistes souffraient d’une combinaison de dérèglements immunitaires et de difficultés gastro-intestinales, avec des implications neurologiques. Pour développer un modèle biomédical susceptible de soulager des enfants atteints de TSA, l’observation maintes fois répétée qu’un grand nombre d’entre eux souffraient de diarrhée ou de constipation rebelles, de douleurs abdominales, de gaz et de ballonnements ainsi que, très souvent, de selles très malodorantes et de couleur claire, constituait une première piste. Dans le contexte historique du modèle des mères réfrigérateurs suivi du modèle « de la génétique probable », bien des pédiatres n’ont pas fait le lien entre ces symptômes et la maladie. À l’inverse, nombre de ‒ si ce n’est tous les ‒ praticiens du réseau DAN ! et moi-même sommes convaincus qu’il nous faut traiter les problèmes gastro-intestinaux si nous voulons engager ces enfants sur la voie de la guérison.
Une seconde pièce du puzzle réside dans le fait que nombre d’enfants autistes, au grand désespoir de leurs parents, ont du mal à dormir toute la nuit. Dans bien des cas, la première et la seconde pièce du puzzle sont connectées. La gêne intestinale peut perturber le sommeil. Des médecins du réseau DAN ! ont récemment participé à une célèbre conférence sur l’autisme, destinée à la formation de médecins et qui s’est tenue à San Diego en octobre 2001. Nombre d’entre eux ont été d’accord avec le Dr Karl Reichelt : ce dernier a affirmé que bien des enfants autistes qui se réveillent pendant la nuit en gémissant et en pleurant souffrent d’œsophagite par reflux 1 . En d’autres termes, les habitudes de mauvais sommeil s’installent parce que, pendant la nuit, l’acidité de l’estomac s’accroît et brûle l’œsophage, ce tube en membrane musculaire que traversent les aliments pour parvenir à l’estomac. Il n’est pas étonnant que ces enfants se réveillent en pleurant, souvent incapables de nous dire où ils ont mal !
Les causes des problèmes gastro-intestinaux chez les enfants atteints de TSA
Les causes des problèmes gastro-intestinaux dont souffrent les enfants autistes peuvent s’avérer multiples. De nombreuses études ont révélé une mauvaise absorption, une mauvaise digestion, des proliférations intestinales pathogènes ‒ qu’elles soient fongiques, bactériennes ou virales ‒ et une perméabilité intestinale anormale chez nombre d’enfants atteints de TSA. Bien des parents ne réalisent pas d’entrée qu’il existe une connexion entre l’autisme de leur enfan t et ses troubles gastro-intestinaux. Malheureusement, de nombreux médecins l’ignorent encore eux-mêmes. Les parents évoquent souvent la constipation et la diarrhée, et parfois les deux par alternance, ainsi que des quantités anormales de gaz, de ballonnements et de selles malodorantes. Les biopsies cliniques révèlent que bien des enfants autistes souffrent d’hyperplasie iléale spécifique à l’autisme 2, 3, 4 . Nombre de médecins du DAN ! et de chercheurs en médecine sont convaincus que l’affaiblissement du système immunitaire constitue une cause essentielle des troubles gastro-intestinaux chroniques des enfants. Quoi qu’il en soit, du fait que ces deux systèmes sont étroitement corrélés, il est souvent impossible de savoir lequel des deux, dérèglement immunitaire ou pathologie gastro-intestinale, s’est manifesté le premier. Comme nous l’avons déjà mentionné au premier chapitre, des antécédents d’intolérances ou d’allergies alimentaires, l’incapacité à digérer le gluten et la caséine, ainsi que des mycoses chroniques aux levures sont des signes qu’une défaillance du système immunitaire ‒ qu’elle soit acquise ou génétique ‒ contribue à la pathologie gastro-intestinale. Des recherches de plus en plus nombreuses confirment que certaines influences extérieures ‒ vaccins contenant des métaux lourds ou antibiotiques répétés, par exemple ‒ jouent un rôle de déclencheur dans l’apparition des problèmes immunitaires et gastro-intestinaux. Les effets de ces facteurs environnementaux sont amplifiés chez des enfants porteurs d’une vulnérabilité accrue, qu’elle soit transitoire, chronique, acquise ou génétique.
Du fait de l’interaction de ces domaines complexes ‒ gastro-intestinal, immunitaire, infectieux et nutritionnel ‒ , il est important de rassembler autant d’informations que possible, non seulement sur le passé médical et vaccinal de l’enfant et les symptômes correspondants mais aussi sur les antécédents médicaux familiaux. Nous devons en particulier découvrir s’il existe ou non un passé familial de maladie auto-immune, allergique ou infectieuse. Au chapitre IV, je fournirai plus de renseignements sur ma philosophie des analyses ainsi que sur les analyses elles-mêmes : leur utilité, leur coût, ainsi que la succession d’analyses que je recommande habituellement.
Comment les systèmes immunitaire et gastro-intestinal interagissent-ils ?
Afin de bien saisir pourquoi une approche à large spectre s’avère indispensable pour traiter les enfants atteints de TSA, il peut être utile de comprendre certaines notions de base concernant les interactions entre système immunitaire et appareil gastro-intestinal. Le système immunitaire est la principale défense de l’organisme contre les bactéries pathogènes, les champignons et les virus. À l’intérieur du corps, il fait la distinction entre les molécules de l’organisme et celles de l’extérieur et mobilise des armées de cellules défensives et d’anticorps contre ces molécules étrangères. Il n’est toutefois supposé entrer en action que si quelque chose ne va pas. Une large part ‒ et peut-être la plupart ‒ des enfants autistes souffrent d’une certaine forme de dysfonctionnement du système immunitaire. Ce dernier se trompe, en identifiant comme cellules étrangères des cellules qui sont en réalité celles de son propre corps. Dans ce type de dysfonctionnement immunitaire, le système immunitaire attaque le corps de son hôte. C’est un processus, parmi d’autres, qui peut provoquer l’inflammation de l’appareil gastro-intestinal. Celle-ci se traduit, par exemple, par la persistance virale à l’intérieur des tissus intestinaux 5 ou bien des colonisations néfastes par des agents pathogènes fongiques ou bactériens. Comme nous l’avons déjà évoqué, l’inflammation gastro-intestinale et ses causes sous-jacentes contribuent à une cascade d’autres difficultés qui constituent une part essentielle du processus pathologique chez bien des enfants du spectre autistique.
Du fait que l’appareil intestinal représente une barrière importante entre les agents pathogènes externes et nos organes internes, la nature a incorporé un certain nombre de mécanismes immunitaires dans l’épithélium, cette paroi intestinale destinée à empêcher les agents pathogènes externes de nous faire du tort. Quand les cellules immunitaires spécialisées qui tapissent l’appareil intestinal détectent des antigènes inconnus ou potentiellement nocifs, des signaux sont émis et des renforts immunitaires envoyés. Au final, cette réaction peut faire intervenir une « armée » de cellules pour combattre les antigènes envahisseurs. Cette « armée » comporte plusieurs types de « soldats » spécialisés. Par exemple, les chercheurs ont identifié des cellules tueuses naturelles (NK), des lymphocytes T cytotoxiques, des cellules T auxiliaires et des cellules B. Certaines cellules T construisent des molécules spéciales qui contribuent à identifier et éliminer les agents pathogènes, tandis que d’autres produisent et relâchent des anticorps intervenant seulement dans le processus d’élimination. Abordons une distinction supplémentaire : on peut classer de nombreuses cellules T selon leur rôle principal, les cellules Thymus 1 (Th1) participant à l’immunité via les cellules et les Th2 contribuant aux défenses via des anticorps. Des études récentes démontrent qu’un profil immunitaire ayant tendance à comporter davantage de cellules Th2 favorise les mycoses chroniques 6 . Certaines recherches sur l’autisme ont prouvé que les décomptes de cellules immunitaires de nombreux enfants autistes illustrent un profil de type Th2 7 . Il n’est pas surprenant que les analyses de selles de nombreux enfants autistes révèlent des colonisations par les Candida .
Sudhir Gupta, chercheur de longue date sur l’autisme, docteur en médecine, docteur ès sciences ‒ professeur de neurologie, pathologie, microbiologie et génétique moléculaire à l’Université de Californie à Irvine ‒ a documenté des anomalies immunitaires chez des enfants du spectre autistique 8 . Il a découvert que, comparés à des enfants neurotypiques, un grand groupe de patients autistes présentaient relativement plus de cellules Th2 que de cellules Th1. Le Dr Gupta est convaincu que la diminution des cellules Th1 expliquerait la vulnérabilité des enfants autistes aux infections virales et fongiques. En outre, l’augmentation de leurs cellules Th2 expliciterait également leurs réactions auto-immunes accrues envers les tissus cérébraux, comme l’indiquent les découvertes du Dr Singh mentionnées au premier chapitre et relatives aux anticorps contre la protéine basique de la myéline (MBP).
Le Dr Gupta souligne également que le système immunitaire contrôle la libération de plusieurs médiateurs inflammatoires, y compris l’interleukine 1, l’interleukine 8 et le facteur de nécrose tumorale (TNF), tous causant des niveaux importants d’inflammation dans l’intestin. Ses données et ses observations permettent d’identifier quelques-uns au moins des dérèglements immunitaires et des pathologies inflammatoires intestinales qui font souffrir tellement d’enfants autistes. Le Dr Gupta a expliqué en outre que les cerveaux autopsiés de patients autistes révélaient des altérations dans les neurotransmetteurs et les neuropeptides, peut-être même une perte de myélinisation ‒ la couche protectrice ‒ sur les fibres nerveuses, comparable à celle que l’on découvre en autopsiant les cerveaux de patients atteints de sclérose en plaques. Les cerveaux de nombreux patients autistes présentaient aussi une augmentation des niveaux de TNF, responsable d’un état inflammatoire tout au long de la barrière hémato-encéphalique. Le Dr Gupta a affirmé que l’augmentation de TNF provoquait une inflammation, générant à son tour un flux sanguin plus faible et une blessure mitochondriale à l’intérieur des cellules, un taux moindre de glutathion intracellulaire et une conduction anormale, voir e l a mort cellulaire. De toute évidence, des cellules cérébrales ischémiques ‒ dépourvues d’oxygène ‒ seraient incapables d’absorber une gamme complète de nutriments, même si le régime alimentaire la leur fournissait.
En quoi la prolifération de levures peut-elle endommager le système gastro-intestinal ?
Il est bien connu qu’un système immunitaire affaibli ‒ que la déficience soit due à une prédisposition génétique ou acquise du fait de problèmes intestinaux ‒ laisse les enfants sujets à des infections chroniques. Rien d’étonnant à ce que des chercheurs canadiens aient découvert une forte corrélation entre l’incidence de l’autisme et la prévalence des otites. En fait, ils ont prouvé que l’incidence accrue d’otites était corrélée avec les formes les plus graves d’autisme 9 . Des études comparables d’autres symptômes caractéristiques du spectre autistique suivent le même schéma. Par exemple, des études portant sur des enfants atteints de TDAH démontrent qu’une fréquence élevée d’otites pendant les premières années d’un enfant est corrélée avec des degrés supérieurs d’hyperactivité 10 .
Même s i chez les individus les plus affectés, les infections ne représentent probablement pas la cause première d’autisme ou de TDAH, elles peuvent en constituer une première étape, du fait que l’otite moyenne, généralement considérée comme d’origine infectieuse, bactérienne, est donc couramment traitée par des antibiotiques. Paradoxalement, les études de grande ampleur menées par Tasnee Chonmaitree et ses collègues sur la réaction en chaîne de la polymérase (PCR) ont démontré qu’environ 35 % des otites ne sont pas d’origine bactérienne. En outre, et bien que les antibiotiques aient sauvé des millions de vies depuis la seconde G uerre mondiale, de multiples études révèlent une prescription abusive d’antibiotiques par la plupart des médecins. En conséquence de cet abus, de nombreuses bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques. Par ailleurs, ces « remèdes miracles » tuent les bactéries protectrices ‒ les probiotiques ‒ de l’intestin en même temps que les bactéries pathogènes. Il est temps de se préoccuper sérieusement de la destruction des bactéries intestinales. Ce processus ouvre la voie à des proliférations de champignons et de bactéries. Dans bien des cas, la diarrhée ou la constipation chroniques de l’enfant peuvent être le signe d’une prolifération de levures.
En quoi des colonisations intestinales néfastes par des champignons et/ou des bactéries pathogènes doivent-elles nous alerter ? William Shaw, docteur ès sciences, chercheur émérite et directeur de laboratoire clinique, a écrit : « Des sous-produits anormaux de levures et de bactéries résistantes aux traitements, absorbés dans l’organisme par l’intestin à la suite d’une consommation excessive d’antibiotiques, sont la cause de ces épidémies 11 ». Je souscris, certes, à l’opinion selon laquelle l’épidémie actuelle d’autisme est due à de nombreux facteurs et à diverses causes, mais je suis par ailleurs convaincue que chez bien des enfants autistes, les proliférations fongiques et bactériennes sont étiologiquement significatives dans la cascade d’évènements qui mènent à l’autisme ou à l’un des autres troubles du spectre autistique.
Quand nous sommes en bonne santé, les Candida vivent en équilibre instable avec nos mélanges de bactéries bénéfiques et de bactéries potentiellement néfastes, ils sont en état de trêve. En outre, tout comme certaines espèces de bactéries, les Clostridia , par exemple, les Candida peuvent survivre sans oxygène et le font en mutant sous une forme fongique anaérobie. La plupart des antibiotiques ne tuent que les bactéries aérobies ‒ celles qui respirent de l’oxygène. Les Candida survivent aux antibiotiques et peuvent se propager comme une traînée de poudre après la disparition soudaine des bactéries intestinales. Si, pour une raison ou pour une autre, un bébé ou un tout-petit disposent déjà d’un système immunitaire affaibli, les colonisations qui en résultent, qu’elles soient fongiques et/ou bactériennes, peuvent s’avérer nocives pour l’intestin.
Hyperperméabilité intestinale, perméabilité accrue de la muqueuse intestinale et mauvaise absorption
De nombreuses espèces de levures secrètent des sous- produits toxiques qui peuvent provoquer un certain nombre de maladies digestives, dont le syndrome du côlon irritable, la constipation chronique ou la diarrhée. L’un de ces sous- produits toxiques est un enzyme qui permet à la levure de s’enfoncer dans la paroi intestinale, participant ainsi à ce qu’on qualifie de syndrome d’hyperperméabilité intestinale. Les toxines générées par les levures creusent littéralement des trous dans la paroi intestinale et s’infiltrent dans le flux sanguin de l’enfant 12 . Au final, les substances toxiques peuvent enflammer ou traverser la barrière hémato-encéphalique et, en interférant avec le flux de nutriments destinés au cerveau, altérer la conscience, les aptitudes cognitives, le langage ou le comportement.
Une autre cause du c erveau carencé de certains enfants réside dans la mauvaise absorption des nutriments protéinés par l’intestin. Un système digestif sain est capable d’accueillir des aliments complexes et de les décomposer sous des formes que les cellules du corps sauront absorber et métaboliser en énergie. Comme précédemment évoqué, nombre d’enfants autistes ont du mal à digérer la caséine ou le gluten. La caséine est une protéine du lait et le gluten est une protéine végétale présente dans le blé et les céréales apparentées. Les protéines sont constituées d’éléments de base appelés acides aminés ; des bandes ou chaînes courtes d’acides aminés s’appellent des peptides. Pendant la digestion, de nombreuses protéines sont décomposées en acides aminés simples ; d’autres sont transportées sous forme de chaînes légèrement plus longues. Quand les protéines ingérées ne sont que partiellement digérées, les chaînes plus longues de peptides demeurent. Certains chercheurs sur l’autisme ont publié dans la littérature scientifique des articles sur la mauvaise absorption, la mauvaise digestion et les découvertes qui en résultent, à savoir la présence de protéines et de peptides dans les urines de personnes autistes 13 . Chez bien des enfants autistes, ces protéines et peptides indigestes proviennent de la caséine et du gluten ; le soja et le maïs peuvent également poser problème.
De nombreuses chaînes de peptides sont évacuées avec l’urine. Toutefois, du fait que bien des enfants autistes souffrent d’hyperperméabilité intestinale, un taux inacceptable de ces substances peut pénétrer dans le flux sanguin. Les chercheurs déjà mentionnés au premier chapitre et qui ont décelé un taux inhabituel de protéines et de peptides dans l’urine de patients autistes ont également découvert que ces substances, quand elles arrivent au cerveau, ont un effet comparable à celui des opiacés, mais considérablement décuplé par rapport à celui de la morphine ; ils ont donc baptisé ces peptides inhabituels opioïdes .
Les études de Paul Shattock, docteur ès sciences, de l’Unité de recherche sur l’autisme à l’École des sciences médicales de l’Université de Sunderland au Royaume-Uni, révèlent « une certaine corrélation entre le taux d’opioïdes dans l’organisme des enfants autistes et le niveau de gravité de leurs déficiences » 14 . Ces substances naturelles apparentées à la morphine semblent droguer les enfants et interférer avec leur motivation, leurs émotions, leurs perceptions, leurs réactions et le développement normal de leur cerveau. Le Dr Shattock affirme que les peptides opioïdes stimulent de façon excessive les synapses nerveuses et bloquent les transmissions normales de signaux au cerveau.
Chez certains enfants, l’incapacité de l’intestin à digérer correctement le gluten et la caséine peut résulter en partie d’un faible taux d’enzymes digestifs. De telles déficiences peuvent être acquises ou, chez certains enfants, génétiques. On traite les enfants à la digestion défectueuse en complétant leur régime alimentaire avec certains enzymes digestifs. Toutefois, selon une étude récente, même si les enzymes digestifs apportent un mieux, ils s’avèrent deux fois moins efficaces que le simple fait d’éliminer le gluten et le blé de l’alimentation. Le Dr Shattock signale en outre que, selon une étude menée pendant deux ans, de nombreux enfants autistes connaissent une amélioration grâce à un régime sans gluten ni caséine ; mais certains régressent dès qu’ils recommencent à consommer du blé et des produits laitiers.
Dans mon propre cabinet, j’ai constaté des améliorations spectaculaires chez des patients dont les parents les encouragent ‒ allez, soyons honnêtes, les forcent ‒ à adopter des régimes alimentaires plus sains. Même des enfants de deux ans atteints de TSA sont en général des mangeurs tatillons. Indépendamment de l’âge, il est souvent difficile, du moins au début d’un nouveau programme de traitement, d’encourager l’enfant à se déshabituer des boissons sucrées et des nuggets de poulet. Mais les bénéfices potentiels en valent vraiment la peine. Comme je ne cesserai de le répéter, je recommande désormais vivement à tous les parents d’enfants autistes d’éliminer totalement le gluten et la caséine des régimes alimentaires de leur enfan t pendant une période d’essai d’au moins quatre à six mois. Dans le chapitre V, je vous expliquerai comment y parvenir.
Éléments complémentaires quant à la connexion entre mercure et vaccination
De nombreux documents et ouvrages de recherche approfondie ont décrit les effets toxiques du mercure. Lors de la conférence de l’automne 2001 du mouvement DAN ! (Defeat Autism Now !), le Dr Sudhir Gupta a affirmé : « Les gènes chargent le pistolet, l’environnement appuie sur la détente. » Il a expliqué que des groupes sulfhydriles sont présents dans les mitochondries cellulaires, que le mercure relie ces groupes, nécrosant l’ADN, modifiant la perméabilité des membranes cellulaires et affectant le transport du calcium. Le mercure provoque un glissement de l’immunité Th1 vers l’immunité Th2, dérégule les mécanismes de signalement et provoque l’auto- immunité. Ce chercheur émérite a assuré : « Le thimérosal est un poison mitochondrial et l’autisme est un trouble des mitochondries. » Ce poison perturbe le ratio entre mort et renaissance des cellules. Gupta a fourni un graphique issu de ses recherches et qui montre un accroissement de mort cellulaire directement proportionnel au taux de thimérosal présent. Le mercure vaccinal pourrait avoir joué un rôle de déclencheur pour toute une génération d’enfants qui, du fait de leur vulnérabilité individuelle, auraient succombé à cette forme inattendue d’intoxication au mercure ; de plus en plus de recherches le prouvent. Au chapitre III, je développerai la question des mécanismes de détoxication défectueux et du mercure.
Assemblons les pièces du puzzle
Qui se manifeste en premier, la « poule » ou l’« œuf » ? Cette devinette peut tout à fait s’appliquer à la controverse quant aux causes premières de l’autisme et des autres troubles du spectre autistique. Partons de l’hypothèse que des espaces anormalement larges entre les cellules des parois de l’intestin ‒ résultant de la génétique ou de colonisations pathogènes néfastes ‒ permettent à des opioïdes et à d’autres substances toxiques de pénétrer dans le flux sanguin. Du fait que ces produits ne sont « pas à leur place », le système immunitaire les identifie comme étrangers et produit des anticorps contre eux. J’ai précédemment omis de préciser que le système immunitaire est également doté d’une « mémoire ». Quand il observe ce qu’il considère comme un envahisseur pour la deuxième fois, la troisième fois ou même plus, il mobilise des armées d’anticorps encore plus conséquentes pour riposter. Dans notre système gastro-intestinal, les anticorps censés nous protéger de ces protéines et peptides anormaux s’attaquent aux aliments qui les ont générés. Il semble que les allergies et sensibilités alimentaires puissent apparaître ainsi.
Bien sûr, ces anticorps déclenchent des réactions inflammatoires dans l’appareil gastro-intestinal dès que des aliments problématiques sont ingérés. Ainsi, une inflammation chronique, due, à l’origine, à des levures ou bien d’autres micro - organismes envahisseurs, continue à s’auto-entretenir. L’inflammation permanente affaiblit les enveloppes protectrices d’un autre type d’anticorps ‒ l’immunoglobuline A ou IgA ‒ normalement présent dans des intestins sains. L’IgA est fabriquée dans la moelle osseuse et le tissu lymphoïde, elle nous protège des infections bactériennes et virales en facilitant la phagocytose ‒ l’absorption et la destruction de cellules pathogènes par les cellules immunitaires. L’IgA inhibe aussi les effets inflammatoires du facteur de nécrose tumorale et c’est un mécanisme majeur de défense pour prévenir la colonisation par des levures et des Clostridia . Les patients souffrant de pathologie gastro-intestinale présentent souvent des teneurs réduites en IgA. Un enfant ainsi affecté sera moins résistant aux virus, aux bactéries, aux parasites et aux levures.
Même si quelques agents pathogènes intestinaux continuent à traverser l’intestin perméable et à rejoindre le flux sanguin, ils sont généralement détruits par la réaction immunitaire. Pourtant, leurs fragments de parois cellulaires peuvent générer une inflammation et, dans une certaine mesure, être transportés à tout endroit du corps, y compris dans le foie, la barrière hémato-encéphalique et le cerveau lui-même. Quand elles atteignent des quantités assez importantes, ces substances toxiques peuvent limiter et même supprimer totalement la capacité du foie à les éliminer. Je suis convaincue que l’accumulation de ces débris pathogènes provoque certains symptômes de type « cerveau embrumé », perte de mémoire et confusion. Comprenez donc bien que peu importe l’organe par lequel nous engageons le processus analytique et d’évaluation de l’organisme ; les pathologies sous-jacentes des enfants autistes sont complexes et incroyablement intriquées. Ce qui compte avant tout, ce sont les messages transmis par ces divers processus ; ils nous indiquent quels traitements thérapeutiques introduire.
Les données cliniques de laboratoire relatives aux enfants souffrant de pathologies intestinales, d’hypersensibilités alimentaires ou d’hyperperméabilité intestinale révèlent souvent toute une liste de carences en vitamines et minéraux. En fait, de nombreux médecins du réseau DAN ! (Defeat Autism Now !) et moi-même sommes convaincus que la pathologie gastro-intestinale est responsable des profils nutritionnels atypiques de la majorité des enfants autistes. Diverses analyses et études ont prouvé qu’ils présentent des carences en nombreuses vitamines, minéraux et oligoéléments importants, dont le calcium, le cuivre, le magnésium et le zinc. De la même manière, d’autres recherches ont démontré que les enfants atteints de TSA manquent de vitamines B6 et B12 ; certains présentent des carences en acides gras. Toutes ces carences sont des manifestations physiques de problèmes médicaux qu’on peut soigner. Nous évoquerons dans le chapitre IV les analyses qui permettent de détecter ces carences, et dans le chapitre VI, les traitements nutritionnels de substitution.
Tout comme dans l’énigme classique « de la poule et de l’œuf », nous resterons peut-être toujours dans l’ignorance de ce qu’est la cause et de ce qu’est l’effet dans l’étiologie du développement des TSA de bien des cas individuels. L’important est toutefois que nous démêlions et comprenions de mieux en mieux ces processus complexes. Nous n’avons nul besoin d’une compréhension parfaite pour engager des traitements efficaces. Du fait que les résultats des recherches et ceux des analyses cliniques pointent de plus en plus dans des directions similaires, nous disposons désormais de suffisamment de preuves pour essayer plusieurs approches de traitement de bon sens.
Dans le contexte actuel d’une élucidation de plus en plus prometteuse, le concept de sous-groupes est d’une importance majeure. Nous savons que certains enfants réagissent à certains traitements, alors que d’autres réagissent à des traitements différents. La variabilité des réactions peut être en lien avec la nature du déclencheur initial, l’intensité de l’agression, le caractère tout récent ou plus ancien du trouble et l’ampleur des dommages causés aux systèmes immunitaire et gastro-intestinal ainsi qu’à divers organes du corps au moment du début du traitement.
Nous ne pouvons perdre de vue l’essentiel : même s’ils manifestent des réactions variables aux divers traitements, la plupart des enfants connaissent une amélioration dès qu’ils reçoivent un traitement biomédical. C’est pourquoi il faut adopter ‒ et si possible poursuivre ‒ plusieurs approches différentes de traitement, même si certaines d’entre elles se chevauchent. Plus les parents commencent tôt le traitement, plus ils ont de chances que leur enfant aille mieux. On constate souvent un effet de synergie entre les traitements. Une démarche de traitement composite peut donc s’avérer plus efficace que la mise en place d’un seul protocole de traitement à la fois.
Je présenterai les rôles des autres produits toxiques dans l’annexe C.
Références
1 Karl Reichelt, M.D., PhD, at the DAN Fall, 2001 conference, Oct. 5-7, San Diego, CA.
2 Wakefield A . J . et al. , “Enterocolitis in children with developmental disorders ” , Amer Jour Gastroenterology , 2000 Sep.; 95 (9): 2285-95 .
3 Furlano R . I . et al. , “Colonic CD8 and gamma delta T-cell infiltration with epithelial damage in children with autism ” , Jour. Pediatrics , 2001 Mar.; 138 (3): 366-72 .
4 Buie, Tim, Pediatric Gastroenterologist, Mass Gen Hosp, Harvard Med School, Presentation Oasis II Conference, 14 Oct. 2001 .
5 Wakefield A . J . et al. , “Detection of herpesvirus DNA in the large intestine of patients with ulcerative colitis and Crohn’s disease using nested polymerase chain reaction ”, Jour. Med. Virology , 1992 Nov.; 38 (3): 183-90 .
6 Gupta, Sudhir, M.D. , PhD, Professor of microbiology and molecular genetics at Univ CA at Irvine, Presentation at Defeat Autism Now! Conference, Oct. 5, 2001, San Diego .
7 Ibid.
8 Ibid.
9 M. Kontstantareas and S. Homatidis, “Ear Infections in Autistic and Normal Children”, Journal of Autism and Developmental Diseases , v ol. 17, p. 585, 1987.
10 R. Hagerman and A. Falkenstein, “An Association Between Recurrent Otitis Media in Infancy and Later Hyperactivity”, Clinical Pediatrics, v ol. 26 , p. 253-257, 1987.
11 William Shaw, Biological Treatments for Autism and PDD , self-published, 1998.
12 D’Eufemia P. et al. , “Abnormal intestinal permeability in children with autism ” , Acta Paediatr , 1996 Sep.; 85 (9): 1076-9.
13 Malabsorption , Walsh B. , “85 % of 500 autistic patients meet criteria for malabsorption”, J. Autism/Childhood Schizo , 1971 1 (1): 48-62; Maldigestion ‒ elevated urinary peptides P Shattock ( Brain Dysfunct 1990; 3: 338-45 and 1991; 4: 323-4) K. L. Reicheldt ( Develop Brain Dys 1994; 7: 71-85, and others) Z. Sun and R. Cade ( Autism 1999; 3: p. 85-96 and 1999 ; 3 : 67-83) .
14 DAN Fall, 2001 conference, Oct. 5-7, San Diego, CA .
Chapitre III
LES OBSTACLES À LA DÉSINTOXICATION , LES ACCUMULATIONS TOXIQUES ET LA POLITIQUE
Menaces toxiques pour le développement de l’enfant
Si l’on en croit de plus en plus de données cliniques, nombre d’enfants atteints de TSA ne savent pas éliminer efficacement les substances toxiques qui pénètrent dans leurs organismes. Par exemple, quand des métaux s’accumulent, ces enfants présentent des pathologies dues aux diverses formes d’intoxication aux métaux lourds. Des analyses de laboratoire prouvant l’efficacité du processus d’élimination des métaux à la suite d’une chélation révèlent que de nombreux enfants atteints de TSA ont accumulé du plomb, de l’étain, du mercure et/ou quelques autres métaux lourds. Il suffit de traiter ces enfants avec une chélation supervisée par un médecin ‒ opération aujourd’hui baptisée détoxication ‒ après des étapes préalables de guérison intestinale et de soutien nutritionnel, pour que nombre d’entre eux manifestent une atténuation majeure de leurs caractéristiques du spectre autistique. Ce protocole a même permis à certains enfants de dépasser leur diagnostic d’autisme 1 .
Pourquoi la détoxication naturelle est-elle défaillante chez de nombreux enfants atteints de TSA ? Nous l’ignorons encore. Toutefois, les antécédents médicaux et la littérature médicale fournissent de fortes présomptions. Le rapport récent publié par le « Groupe des médecins de l’agglomération de Boston pour une responsabilité sociale », intitulé In Harm’s Way: Toxic Threats to Child Development 2 et déjà évoqué dans le premier chapitre, établit un lien entre l’apparition de handicaps qui dureront toute la vie et le fait d’avoir été exposé pendant la petite enfance ou même avant la naissance à des substances toxiques telles que le plomb, le mercure, d’autres métaux lourds et des pesticides omniprésents dans notre environnement. Le rapport des médecins de Boston affirme que « les troubles de l’apprentissage et du comportement s’accroissent en fréquence ». Il cite des recherches prouvant que des substances toxiques comme le mercure, le plomb et les pesticides contribuent à de nombreux troubles neurocomportementaux et cognitifs. Le rapport poursuit : « À l’inverse de l’adulte, l’enfant en développement, qu’on expose à des produits chimiques neurotoxiques pendant des fenêtres de vulnérabilité décisives pour son développement, peut souffrir pendant toute sa vie de leur impact sur ses fonctions cérébrales. »
Des conclusions de recherches et des communiqués de presse émanant de l’Agence des denrées alimentaires et des médicaments (FDA) ainsi que de l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA) ont souligné que les femmes enceintes devraient consommer le moins de poisson possible afin de réduire l’absorption de mercure alimentaire pouvant affecter le développement fœtal. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que l’éminent immunologiste Hugh Fudenberg, docteur en médecine et docteur ès sciences, recommande depuis longtemps l’élimination des métaux chez les enfants autistes. En outre, Stephen Edelson, docteur en médecine 3 , et ses collègues ont publié des études validées par des pairs selon lesquelles certaines caractéristiques du spectre autistique disparaissaient de manière significative en réaction à la chélation et d’autres thérapies associées. Plus récemment, un document révolutionnaire, d’abord rédigé par des parents d’enfants autistes puis publié en l’an 2000, a attiré l’attention sur les points communs entre les caractéristiques du spectre autistique et celles induites par l’intoxication au mercure 4 . S’appuyant sur des données de la FDA relatives à la présence d’éthylmercure dans certains vaccins destinés aux enfants, ce document a également suggéré que ce produit, injecté avec les vaccins, aurait pu provoquer, au moins chez les bébés et tout-petits particulièrement vulnérables, des dommages intestinaux et neurologiques.
Cette étude innovante a indéniablement suscité un intérêt croissant pour l’élimination des métaux toxiques chez les enfants atteints de TSA, stratégie dont les résultats cliniques sont fort encourageants à ce jour. Et effectivement, en vertu d’une séance consacrée à l’éthylmercure vaccinal en date du 16 juillet 2001, l’Institut de médecine ‒ Service de l’Académie des sciences ‒ a jugé plausible l’hypothèse de corrélation entre mercure et autisme et a donc financé deux études cliniques en cours, lors desquelles des enfants du spectre autistique reçoivent une thérapie par chélation, associée à une guérison intestinale et à un soutien nutritionnel. Toutes ces évolutions s’avèrent pour le moins enthousiasmantes et extrêmement importantes pour le traitement des TSA. Pour comprendre plus en profondeur en quoi le processus de détoxication peut être déficient, des informations de base sur les métaux lourds vont s’avérer utiles.
Les métaux lourds pénètrent dans nos organismes quand nous mangeons et respirons. Effectivement, les aliments et l’air contiennent de faibles quantités de métaux lourds. Ces derniers peuvent même être absorbés par la peau. En outre, les métaux lourds sont « bioaccumulables ». Ceci signifie qu’ils peuvent s’associer chimiquement à des molécules présentes dans l’organisme de certains mammifères ; ces derniers ont du mal à les éliminer et les transmettent donc aux êtres humains via la chaîne alimentaire. C’est pourquoi l’on nous alerte sur les dangers de l’accumulation du mercure dans le poisson, surtout dans le thon et les grands poissons prédateurs tels que le requin et l’espadon. Quand les métaux lourds pénètrent dans les tissus du corps et s’y accumulent plus vite que l’organisme ne peut les éliminer, un état de toxicité peut s’installer, qui porte atteinte aux tissus nerveux et aux cellules nerveuses. Comme nous l’avons souligné dans les chapitres précédents, de plus en plus de médecins, de chercheurs et de parents sont aujourd’hui convaincus qu’une détoxication défaillante et une accumulation excessive de métaux lourds représentent des facteurs étiologiques déterminants pour bien des cas d’autisme et d’autres troubles du spectre autistique.
Une étude récente de James Adams, docteur ès sciences, étaie cette hypothèse. Lors d’une recherche financée par l’Université d’État de l’Arizona, il s’est intéressé à la question suivante : « Le mercure et d’autres métaux lourds participent-ils aux causes et/ou aux symptômes de l’autisme ? » 5 . Le Dr Adams et ses collègues ont étudié cinquante-cinq enfants atteints de TSA et âgés de trois à vingt-quatre ans et les ont comparés à un groupe témoin de trente enfants neurotypiques. Les parents des deux groupes d’enfants ont rempli un questionnaire destiné à évaluer leur exposition connue aux métaux lourds. Tous les enfants ont également subi des analyses de cheveux, des examens dentaires et des tests psychologiques, dont l’Échelle d’évaluation de l’autisme de Gilliam, test couramment utilisé pour évaluer le degré de gravité de l’autisme. Comparés aux enfants neurotypiques, les enfants autistes avaient développé dix fois plus d’otites pendant les trois premières années de leur vie. 18 % des enfants du spectre autistique avaient aussi manifesté de graves réactions aux vaccins, contre 0 % chez les enfants neurotypiques. Les enfants du spectre autistique présentaient aussi des taux plus faibles de mercure et de plomb dans les cheveux que les enfants neurotypiques, signe que l’élimination ne se produisait pas de la même manière que dans le groupe témoin. Le Dr Adams a souligné que les antibiotiques, souvent employés pour traiter les otites des enfants, « réduisent considérablement l’élimination du mercure ». Il a affirmé que les enfants atteints de TSA éliminent « cinq fois plus de mercure » que les enfants neurotypiques quand on leur donne du DMSA, agent chélateur oral employé pour éliminer les métaux lourds de l’organisme.
« En résumé, notre étude suggère que les enfants atteints de TSA souffrent d’une carence d’élimination d es métaux lourds », a déclaré le Dr Adams aux scientifiques réunis lors une rencontre internationale sur l’autisme qui s’est tenue à San Diego, en Californie, en novembre 2001. « Globalement, le mercure apparaît comme un facteur de risque majeur pour les TSA », a conclu son équipe de chercheurs 6 .
Des recherches sur le plomb et le mercure portant sur des animaux ont révélé que les scientifiques avaient précédemment sous-évalué le niveau d’exposition des êtres humains à ces métaux 7 . Si l’on se réfère aux seuils définis par l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA), beaucoup de nouveau-nés, de bébés et de tout-petits ont reçu des taux dangereux d’éthylmercure lors de leurs injections vaccinales. Avec le recul, certains de ces enfants, plus vulnérables que d’autres, ne pouvaient que développer des effets indésirables à la suite de ces injections 8 . En résumé, les enfants de notre pays ont connu des expositions sans précéden t aux métaux lourds. Cette réalité peut induire diverses épidémies dont l’augmentation ne peu t ê tre imputée à la seule « génétique ». Les esprits de nos enfants sont en danger. L’épidémie d’autisme, des troubles du spectre autistique et même celle de la maladie d’Alzheimer et d’autres pathologies pourraient bien être le reflet d’une exposition croissante aux métaux lourds.
Le mécanisme de la toxicité aux métaux lourds
Comme nous l’avons souligné, le mercure et d’autres métaux lourds peuvent engendrer des effets nocifs sur les systèmes gastro-intestinal, immunitaire, nerveux et endocrinien. Les métaux lourds modifient la fonction cellulaire et de nombreux processus métaboliques du corps, y compris ceux qui sont liés aux systèmes nerveux central et périphérique 9 . Une grande partie des dégâts occasionnés par les métaux lourds vient de la prolifération de radicaux libres oxydatifs. Un radical libre est une molécule déséquilibrée sur le plan énergétique, elle comporte un électron non apparié qui « dérobe » un électron à une autre molécule. Les radicaux libres apparaissent naturellement quand les molécules des cellules réagissent avec l’oxygène ‒ elles s’oxydent. Toutefois, une production excessive de radicaux libres se produit lorsqu’une personne est exposée à des métaux lourds ou quand un adulte ou un enfant souffrent de carences génétiques ou acquises en antioxydants. Lorsqu’on ne les maîtrise pas, les radicaux libres peuvent provoquer des lésions tissulaires dans tout l’organisme, y compris au cerveau. Heureusement, des études cliniques et de laboratoires ont démontré que certains antioxydants tels que les vitamines A, C et E et le co- enzyme Q10 peuvent protéger contre les lésions dues aux radicaux libres, et dans une certaine mesure, y remédier 10 . Une autre substance importante pour une détoxication efficace est le glutathion, que nous étudierons dans un autre chapitre.
Des métaux lourds spécifiques : le plomb et le mercure
Le plomb
Le plomb est connu en tant que neurotoxine ‒ en termes plus simples, c’est un tueur de cellules cérébrales. Chez certains enfants, des taux excessifs de plomb dans le sang ont été corrélés à des déficiences dans l’apprentissage, des syndromes de trouble déficitaire de l’attention ( TDA) et d’hyperactivité, un niveau d’intelligence plus faible et des résultats scolaires plus médiocres. Le plus grand risque de préjudices, même avec une simple exposition instantanée ou de courte durée, concerne les nourrissons, les jeunes enfants, les femmes enceintes et leurs fœtus. Après un siècle d’études intensives, « on sait maintenant définir avec une quasi-certitude les dommages provoqués par le plomb » 11 . Du fait que l’exposition des enfants au plomb a été permanente depuis l’introduction de la peinture au plomb dans les années 1890, cinq générations d’enfants ont été atteintes, tandis que la science progressait lentement vers le constat actuel de l’ampleur des préjudices. Ce même schéma de reconnaissance des dommages après coup s’est répété pour le mercure.
En 1984, une étude fédérale pilotée par le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a conclu que trois à quatre millions d’enfants américains présentaient des taux de plomb inacceptables dans le sang. Ce nombre est encore plus élevé que celui du rapport des médecins de Boston évoqué précédemment. Le Dr Suzanne Binder, membre du CDC, a affirmé : « Bien des gens étaient convaincus qu’avec l’interdiction de la peinture au plomb dans les logements ‒ en 1978 ‒ et la suppression du plomb dans l’essence ‒ à la fin des années 1970 ‒ les problèmes d’intoxication au plomb allaient disparaître. Mais ils avaient tort. Nous savons que dans tout le pays, des enfants de toutes races, toutes origines ethniques et tous niveaux sociaux sont affectés par du plomb déjà présent dans l’environnement » 12 .
En 1989, l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA) a fait savoir que plus d’un million d’écoles élémentaires, secondaires et d’universités employaient encore des réservoirs d’eau doublés de plomb ou des éléments contenant du plomb dans leurs distributeurs d’eau de boisson. L’EPA estime que l’eau de boisson représente environ 20 % de l’exposition au plomb des jeunes enfants 13 . D’autres sources fréquentes sont les résidus de peinture au plomb dans les immeubles anciens ‒ nombreux dans les centres-villes ‒ et le fait de vivre à proximité de zones industrielles ou d’autres sources d’exposition à des produits chimiques toxiques, les secteurs d’agriculture intensive, par exemple.
Le mercure
Il serait faux d’affirmer que les industries chimiques et pharmaceutiques ignoraient les dangers du mercure. Un personnage historique comme Isaac Newton lui-même avait, semble-t-il, été intoxiqué au mercure. Les historiens rapportent des changements majeurs dans la personnalité de Newton à l’âge de trente-cinq ans, puis à cinquante et un an s , alors qu’il menait des expériences associant du mercure chauffé. Plus récemment, des scientifiques ont analysé une mèche de cheveux de Newton et y ont découvert des taux anormalement élevés de mercure, probablement dus à l’inhalation de vapeurs dangereuses 14 . Même l’auteur du xix e siècle, Lewis Carroll, savait que le mercure représente l’une des substances les plus toxiques sur Terre. De fait, il a indirectement évoqué ses dangers via le personnage du « chapelier fou » dans Alice au pays des merveilles. Quand Lewis Carroll a écrit ce livre, les producteurs de chapeaux employaient du mercure lors du processus de fabrication. L’un de leurs risques professionnels était une forme de démence induite par le mercure et baptisée « la maladie du chapelier fou ». De nos jours, les fabricants ont eux-mêmes reconnu les dangers du mercure.
Comme indiqué précédemment, le mercure est préoccupant à cause de ses effets sur le cerveau, le système nerveux et le système gastro-intestinal. L’intoxication au mercure provoque des déficits cognitifs et sociaux, y compris la perte de langage ou l’incapacité à le développer, une mémoire déficiente, une mauvaise concentration, la difficulté à comprendre les mots et toute une gamme de comportements comparables à ceux de l’autisme, dont les troubles du sommeil, les comportements d’automutilation ‒ se cogner la tête, se mordre ‒, de l’agitation, des pleurs sans raison et des instants de fixité du regard 15 .
Sont source d’exposition au mercure : la pollution de l’air et de l’eau, les amalgames dentaires 16 , les batteries, les cosmétiques, les shampoings, les bains de bouche, les dentifrices, les savons, les diurétiques au mercure, les appareils et relais électriques, les explosifs, les résidus dans les aliments ‒ céréales en particulier ‒ les fongicides, les lampes fluorescentes, les poissons d’eau douce tels que le bar, le brochet et la truite, les insecticides, les pesticides, les peintures, les produits pétroliers, les poissons de mer tels que le flétan, la crevette, le vivaneau, l’espadon, le requin, le thon et les crustacés. Selon les estimations de l’EPA, aux États-Unis, environ 1,16 million de femmes en âge de porter des enfants consomment suffisamment de poisson contaminé au mercure pour mettre en danger le développement cérébral de leur enfan t 17 .
Les amalgames dentaires sont une source importante de contamination au mercure. Ils libèrent des particules microscopiques et des vapeurs de mercure. Ce délestage de mercure s’accroît lorsqu’on mastique et qu’on avale des boissons chaudes. Les vapeurs sont absorbées par les racines dentaires, les muqueuses de la bouche et celles des gencives, elles sont inhalées et avalées puis atteignent l’œsophage, l’estomac et les intestins. Des chercheurs de l’Université de Calgary affirment que 10 % du mercure des amalgames finissent par s’accumuler dans les organes du corps 18 .
Des années après le retrait du mercure de leurs amalgames, certains de mes clients adultes ont présenté une forte excrétion de mercure dans l’urine au cours d’une chélation ; effectivement, leur santé s’est améliorée après cette thérapie.
Le mercure ingéré peut être transmis au fœtus depuis l’utérus de la femme enceinte, à partir des amalgames quand la mère mâche, et surtout quand elle subit des soins dentaires comportant la pose ou le retrait d’amalgames. En mars 2002, les parents d’un enfant de cinq ans ont porté plainte contre l’Association dentaire américaine, affirmant que le mercure présent dans les neu f amalgames dentaires de la mère avait provoqué l’autisme de leur fils. Étaient également accusées l’Association dentaire californienne et plus de vingt entreprises produisant des matériaux constituant les amalgames dentaires, qui contiennent environ 50 % de mercure en poids. La plainte les accusait d’escroquerie, de négligence et de pratiques commerciales illégales et frauduleuses. De nombreuses poursuites avaient déjà été engagées contre certaines sociétés pharmaceutiques, sur la base de la corrélation entre l’autisme et les vaccins contenant du mercure ; mais tant les avocats que les scientifiques habitués à ce type de procédures ont expliqué que ce procès-là était le premier à affirmer l’existence d’un lien entre autisme et amalgames dentaires.
« Je ne sais pas si ce lien est prouvé, mais il est crédible, extrêmement crédible », a assuré le Dr Boyd Haley, ex-président du Département de chimie de l’Université du Kentucky et expert en toxicité mercurielle. Il a poursuivi ainsi : « Le mercure est l’un des composés connus les plus neurotoxiques pour l’être humain. » Le Dr Haley a cité des études révélant que certaines personnes porteuses d’amalgames présentaient des taux de mercure sanguin et urinaire quatre à cinq fois supérieurs à ceux de personnes dépourvues d’amalgames.
Le mercure dans les vaccins
Aux chapitres I et II, j’ai déjà mentionné le conservateur à l’éthylmercure présent dans plusieurs vaccins et soupçonné d’avoir insidieusement provoqué des intoxications au mercure. Dans cette partie, je vais exposer plus en détail ce qui nous a conduits à cette situation terrifiante.
Le thimérosal est composé, en poids, de 49,6 % d’éthylmercure ; depuis les années 1930, on l’a employé comme conservateur dans les vaccins pour les protéger d’une contamination bactérienne dans les présentations multidoses 19 . La fiche de données de sécurité des fabricants relative au thimérosal expose que la substance est « hautement toxique » et met en garde contre le danger « d’effets cumulatifs » et « d’une exposition prolongée ou répétée » au mercure. En effet, en matière de toxicité au mercure, un point critique est atteint lorsque le taux d’exposition est supérieur au taux d’élimination. Cet « effet de seuil » soumet alors le système immunitaire à un choc neurotoxique, qui peut persister pendant des mois après l’exposition. Comme je l’ai suggéré précédemment, ceci pourrait expliquer que des enfants diagnostiqués avec la forme « régressive » de l’autisme aient connu un développement normal depuis la naissance, puis se soient mis à régresser brutalement après de nouvelles agressions de leurs systèmes immunitaires induites par d’autres vaccins, en particulier les virus vivants contenus dans le vaccin ROR.
Nous l’avons évoqué, de multiples preuves accusent le thimérosal d’être l’un des principaux déclencheurs étiologiques responsables de l’épidémie actuelle d’« autisme régressif » et dont la tendance s’est fortement accélérée au début des années 1990. En outre, les archives, au fil de l’histoire, démontrent clairement que les anciens « seuils d’exposition sans danger » pour les substances neurotoxiques connues sont constamment « revus à la baisse », au fur et à mesure de l’avancée des connaissances scientifiques 20 .
Paradoxalement, alors que, pendant tout le xx e siècle, la neurotoxicité du mercure a été de plus en plus prouvée et que tout le monde s’est inquiété de la présence croissante et généralisée du mercure dans l’environnement, personne n’a pensé à remettre en cause son innocuité dans les vaccins ‒ pas même après qu’un comité d’experts de l’Agence des denrées alimentaires et des médicaments (FDA) ait conclu en 1982 que le thimérosal était dangereux et devait être retiré de tous les produits délivrés sans ordonnance ! De fait, lors de l’audience de l’Institut de médecine sur la corrélation entre thimérosal et autisme en date du 16 juillet 2001, le responsable officiel des vaccins pour les États-Unis, le Dr Neal Halsey, s’est excusé de ne pas avoir réalisé plus tôt combien les vaccins au thimérosal contenaient des taux d’éthymercure extrêmement élevés et dangereux. Personne n’a remarqué que cette substance toxique était présente dans les vaccins, ce qui a généré une véritable tragédie.
La situation s’est emballée en 1991, quand la vaccination contre l’hépatite B est devenue obligatoire pour tous les nouveau-nés. Ce vaccin était chargé de thimérosal. Pendant les six premiers mois de leur vie, les nourrissons ne recevaient pas une, mais trois doses de vaccin contre l’hépatite B, ainsi que trois doses du vaccin anti-HIB ou vaccin contre la grippe humaine contenant lui aussi du thimérosal. Indépendamment de l’exposition maternelle, chez bien des nourrissons, les taux de mercure dépassaient les recommandations de l’EPA pour des expositions « sans danger » chez les adultes . L’accumulation de mercure dans leurs petits organismes a parfois excédé le seuil de leur capacité d’élimination du produit toxique. Les enfants ne présentant pas les symptômes des TSA étaient peut-être dotés de seuils plus élevés ou de systèmes immunitaires plus forts. On a démontré que les bébés nourris au sein étaient moins susceptibles de déclarer le trouble et quelques mères ont fait savoir que leur bébé était devenu autiste peu après la fin de l’allaitement au sein, dont on sait qu’il confère bien des avantages immunitaires.
Une personne sensée supposerait que les instances sanitaires américaines tireraient des leçons des expériences d’autres pays. En France, par exemple, plus de 15 000 procès ont été intentés à l’encontre du programme de vaccination obligatoire contre l’hépatite B ; dès octobre 1998, le ministre français de la santé a donc mis fin à ce programme pour tous les enfants français scolarisés 21 . Malgré cela, le mercure n’a été retiré du vaccin contre l’hépatite B et de la plupart des autres vaccins que fin 2001 aux États-Unis. À ce moment-là, une génération entière d’enfants avait été mise en danger. Pourtant, ce retrait n’est pas intervenu avant que Bernard et ses collègues n’aient envoyé leur rapport sur la corrélation entre thimérosal et autisme aux instances du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), à celles de l’Agence des denrées alimentaires et du médicament (FDA), de l’Association médicale américaine (AMA) et de l’Institut national de la santé (NIH). La version longue de ce rapport contenait plus de 400 citations. Il comportait également un tableau comparatif décrivant la manière dont l’intoxication au mercure provoque des déficiences du langage et de l’audition, des perturbations sensorielles ‒ y compris la sensibilité aux bruits forts et l’aversion au toucher, ainsi que des dérèglements cognitifs et comportementaux. Ces mêmes problèmes sont présents, à des degrés variables, chez les enfants affectés par l’autisme et les troubles du spectre autistique. En bref, la littérature médicale décrivant l’intoxication au mercure comportait toutes les caractéristiques définissant l’autisme ‒ se référer aux troubles mentaux définis par le Diagnostic and Statistical Manual ou DSM-IV ‒ et d’autres traits généralement associés aux TSA. La justification scientifique était écrasante. L’éthylmercure n’aurait jamais dû être injecté à des êtres humains, quel que soit leur âge.
La saga de plusieurs parents d’enfants autistes et le « pouvoir des parents »
Plusieurs parents d’enfants du spectre autistique ont été les premiers à comprendre le rôle de l’éthylmercure vaccinal. Albert et Sima Enayati, Sallie Bernard, Hiedi Roger et Lynn Redwood ont entendu l’Agence des denrées alimentaires et du médicament (FDA) annoncer en 1999 que certains vaccins contenaient du thimérosal. Ils ont alors compris que l’intoxication au mercure avait pu contribuer à la régression autistique de leur enfan t . Avec Teresa Binstock, ils ont engagé des recherches et ont rédigé le rapport qui serait plus tard connu sous le nom de « Document de Bernard et ses collègues sur la corrélation entre mercure et autisme ». Tandis que les résultats des recherches s’accumulaient et que le rapport prenait forme, ce groupe a pris contact avec les instances du CDC, de la FDA, de l’AMA et du NIH. Curieusement, des membres de chacun de ces organismes ont accepté de rencontrer les c oa uteurs et certains de leurs sympathisants. Le document avait attiré l’attention sur un danger potentiellement important. Dans l’année qui a suivi la publication largement accessible de la version longue de ce rapport sur la corrélation entre mercure et autisme, les fabricants de vaccins ont commencé à retirer le thimérosal de la plupart des vaccins. On a limité la vaccination des nouveau-nés contre l’hépatite B. Les effets indésirables du thimérosal ont été évalués par l’Institut de médecine, à l’occasion d’une séance parlementaire dirigée par Dan Burton, de l’Indiana, ainsi que par le Comité de réforme de la chambre gouvernementale. L’implication et la persévérance de ce petit groupe de parents ont alerté le monde quant à la probable corrélation entre l’épidémie d’autisme et l’éthylmercure vaccinal. Quand les coauteurs, Bernard et ses collègues, ont calculé les doses de mercure reçues par un enfant lors de chacune de ses vaccinations conseillées, ils ont découvert que des nourrissons pouvaient être exposés à des taux de mercure supérieurs aux recommandations de l’EPA, limitées à 0,1 microgramme de méthylmercure par kilogramme de poids corporel de nourrisson et par jour. Sally Bernard, Lyn Redwood, Albert Enayati et Heidi Roger ont alors créé un groupe de défense baptisé « Safe Minds » (« Aucun risque pour les cerveaux »), qui se bat sans relâche contre les vaccins contenant du mercure.
Depuis la distribution et la publication du D ocument sur la corrélation entre mercure et autism e , des milliers de parents en sont venus à penser que la régression de leur enfan t à un stade autistique avait été provoquée ou aggravée par des vaccins contenant du mercure. Nombre d’entre eux ont vu leur conviction renforcée après que des analyses de laboratoire associées à une chélation aient confirmé que leur enfan t présent ait de fortes doses de mercure. En 1999, l’Agence des denrées alimentaires et des médicaments (FDA) a envoyé un courrier aux fabricants de vaccins, leur demandant, mais sans l’exiger , que le thimérosal contenant du mercure soit retiré des vaccins. Finalement, en l’an 2000, la FDA a cité une déclaration conjointe de l’Académie américaine de pédiatrie et du Service américain de santé publique « appelant au retrait du thimérosal des vaccins le plus tôt possible » 22 . Même après toutes ces démarches, les médecins et hôpitaux du pays ont gardé le droit jusqu’à la fin 2001 d’épuiser leurs stocks de vaccins contenant du mercure, y compris le vaccin contre l’hépatite B. En d’autres termes, malgré la connaissance de la toxicité du mercure et de ses composés organiques, bien des enfants ont certainement été lésés pendant cette période supplémentaire de deux ans. Pourtant, dès 1999, la FDA avait reconnu que de nombreux vaccins destinés aux nourrissons et aux tout-petits contenaient des taux élevés d’éthylmercure.
Il est intéressant de noter qu’en vertu des lois fédérales de sécurité des médicaments, une coalition de plus de trente-cinq cabinets juridiques dans vingt-cinq États ont engagé une action en justice en octobre 2001 pour obliger les compagnies pharmaceutiques à étudier en quoi la présence de mercure avait affecté les enfants 23 . Au Texas et en Floride, d’autres groupes d’avocats ont intenté des procès aux fabricants de vaccins et de thimérosal, en vertu des dommages, des frais médicaux et des soins infirmiers associés à l’autisme de certains jeunes enfants et découlant, selon eux, du thimérosal. La menace de poursuites juridiques a peut-être contribué à convaincre finalement les fabricants de retirer le mercure de la plupart des vaccins destinés aux enfants. Quoi qu’il en soit et en dépit de cette frénésie de procès, le fait capital est que nombre d’enfants du spectre autistique connaissent une amélioration spectaculaire lorsqu’ils suivent une chélation supervisée par un médecin et associée à une guérison intestinale et un soutien nutritionnel. La publicité télévisée des avocats demandant : « Votre enfant pourrait-il avoir développé son autisme à cause des vaccins ? » a suscité une prise de conscience chez bien des parents qui ignoraient jusque-là la saga concernant les vaccins et l’autisme. De ce fait, nous sommes face à un besoin accru de médecins prêts à évaluer ces enfants sur le plan biomédical, et donc à prescrire des analyses de laboratoire pour détecter l’accumulation de métaux lourds. Nous traiterons de ces analyses et d’autres tests dans le chapitre IV ainsi que dans le chapitre VII.
Références
1 Amy Holmes, M.D. , Jane El-Dahr, M.D. , Stephanie Cave, M.D. , “ Defeat Autism Now! ” Conference Panel Presentation, San Diego CA, Oct. 2001 .
2 Greater Boston Physicians for Social Responsibility, May 2000, “In Harm’s Way: Adverse Toxic Chemical Influences on Developmental Disabilities”, 11 Garden St, Cambridge MA 02138, phone 617-497-7440 .
3 Edelson S . B ., Cantor D . S . “Autism: xenobiotic influences ” , Toxicol Ind Health , 1998; 14: 553-563 .
4 Bernar d S., Enayati A., Redwood L., Roger H., Binstock T., “Autism: A Novel Form of Mercury Poisoning” , Med. Hypotheses , 2001 Apr.; 56 (4): 462-71. Original long version, online at http://www.autism.com/ari/mercury.html Impaired Detoxification, Toxic Accumulations, and Politics .
5 Interview with D r Adams, 01-18-2002. Copy of handout about the study is available at http://eas.asu.edu/~autism/
6 Ibid.
7 “ Greater Boston Physicians for Social Responsibility”, May 2000, In Harm’s Way: Toxic Threats to Child Development , p. 7.
8 Hattis D. et al. , “Distributions of individual susceptibility among humans for toxic effects. How much protection does the traditional tenfold factor provide for what fraction of which kinds of chemicals and effects?” Ann NY Acad Sci , 1999; 104: s2: 38190 .
9 Klassen C . D ., editor. Casaret & Doull’s Toxicology: the Basic Science of Poisons, 5 th ed.; McGraw-Hill, 1996 .
10 James W. Anderson, M.D. and Maury M. Breecher, PhD, MPH, D r , Anderson’s Antioxidant, Antiaging Health Program , 1996, Carroll & Graf, Inc., NYC, p. 6 .
11 Ibid. , p. 119 .
12 Breecher M., Linde S., 1992, Healthy Homes in a Toxic World , John Wiley and Sons, Inc.
13 Ibid.
14 Maury M. Breecher, PhD, MPH and Shirley Linde, PhD, 1992, Healthy Homes in a Toxic World , John Wiley and Sons, Inc., p. 141.
15 Bernar d S., et al. , “Autism: a Novel Form of Mercury Poisoning”, Med. Hypotheses , 2001 Apr.; 56 (4): p. 462-71. Original long version, Jun. 2000, http://www.autism.com/ari/mercury.html
16 Eggleston D. et al. , “Correlation of dental amalgams with mercury in brain tissue”, J. Pros. Dent. , 58: 704-7, 1987 .
17 Greater Boston Physicians for Social Responsibility, May 2000, In Harm’s Way: Toxic Threats to Child Development , p. 4.
18 Kupsinel, Roy M.D. , “Mercury amalgam toxicity”, J. Orthomol. Psychiat , 13 (4): p. 140-57; 1984 .
19 Vaccine Fact Sheets, National Vaccine Program Office, Centers for Disease Control website http://www.cdc.gov/od/nvpo/fs_tableVI_doc2.htm (This so-called “fact sheet” also contains the blunt statement that “There is no evidence that children have been harmed by the amount of mercury found in vaccines that contain thimerosal” ) .
20 Greater Boston Physicians for Social Responsibility, May 2000, In Harm’s Way: Toxic Threats to Child Development , p. 14.
21 http://www.909shot.com/hepfrance.htm
22 Letter from Center for Biologics Evaluation and Research, a department within the U.S. Food and Drug Administration, July 4, 2000.
23 Bob Wheaton, “Mom Says Mercury in Vaccine Harmed Child ” , The Flint (Michigan) Journal , Oct. 22, 2001.
24 Westphal G. A. et al. , “ Homozygous gene deletions of the glutathione S-transferases M1 and T1 are associated with thimerosal sensitization ”, Int. Arch. Occup. Environ. Health , 2000 Aug.; 73 (6): 384-8 .
25 Cave, Stephanie (with Deborah Mitchell), “What Your Doctor May Not Tell You About Childhood Vaccinatiions”, Warner Books , Sep. 2001 .
Chapitre IV
ÉVALUATION CLINIQUE ET DIAGNOSTIQUE
Résumons brièvement les trois premiers chapitres : j’ai décrit en quoi les troubles du spectre autistique sont une maladie médicale complexe, multi-systèmes, présentant des problèmes immunologiques, gastro-intestinaux et neurologiques. Ce trouble est de plus en plus reconnu comme associé à toute une gamme d’étiologies, dont les mécanismes précis sont toujours en cours d’investigation, qu’ils soient d’origine génétique ou environnementale. Plus les scientifiques font de découvertes sur l’autisme, plus ce trouble apparaît complexe. Nous sommes malgré tout nombreux à accepter le postulat suivant : une étiologie commune émerge d’un état de vulnérabilité génétique, que déclenchent une ou plusieurs atteintes dues à l’environnement, des agressions pathogènes et/ou des expositions à des produits toxiques pendant la gestation ou la toute petite enfance. Les TSA pouvant impliquer une multitude de fonctions corporelles majeures, je suis convaincue qu’un enfant affecté devrait faire l’objet une évaluation clinique et diagnostique extrêmement détaillée. Il s’agit d’identifier les systèmes corporels affectés et les pathologies sous-jacentes, afin de pouvoir définir les traitements à venir. Dans ce chapitre, je décris mes procédures habituelles d’évaluation et d’analyse.
Évaluation biomédicale
Les parents doivent savoir dès le départ que la complexité des TSA induit des diagnostics et des traitements qui ne seront ni simples ni rapides. Rien ne se fera sans une bonne dose de dévotion, de temps, de patience et de travail intense ; les pressions sur les ressources économiques et émotionnelles seront probablement fortes. Les traitements prolongés reposent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sur les épaules des parents, même lorsqu’ils ont eu la chance de découvrir un praticien de santé bienveillant et compétent qui va guider le traitement de leur enfant.
Les parents qui envisagent d’entreprendre ce parcours d’une approche biomédicale des TSA doivent faire face à une autre difficulté. Presque tous les enfants affectés, mais pas tous , font des progrès. Au point où nous en sommes en 2007, rien ne permet de déterminer si un enfant va connaître des améliorations majeures, mineures, ou bien aucune. Toutefois, les améliorations que connaissent de nombreux enfants autistes diagnostiqués et traités par une approche biomédicale auront toutes les chances de ne pas se produire si les parents et le médecin référent de l’enfant n’explorent pas toutes les possibilités dont nous disposons aujourd’hui.
En appliquant mon approche clinique à des centaines ou même des dizaines d’enfants du spectre autistique, je constate une grande variabilité d’un enfant à l’autre. Ces variations dans les antécédents médicaux, le statut de santé et le profil biomédical plaident en faveur d’une approche évaluative personnalisée pour chaque enfant. La première étape de mon évaluation biomédicale d’un nouveau patient consiste à lister de manière exhaustive les antécédents familiaux et le passé médical de l’enfant, grâce à un questionnaire approfondi suivi d’un entretien, de préférence en présence physique, sinon par téléphone pour ceux qui habitent loin. Ces antécédents fournissent souvent des clés importantes pour déterminer si l’enfant fait partie ou non de l’un des sous-groupes biomédicaux du spectre autistique. La famille présente-t-elle des antécédents d’auto- immunité ou d’allergies ? Y a-t-il des indications de présence virale, de toxicité aux métaux lourds ou d’autres catégories particulières ? Quelqu’un d’autre, dans la famille de l’enfant, est-il affecté par un trouble du spectre autistique ? Les réponses à ces questions nous aident souvent à élaborer un traitement qui aura toutes les chances de s’avérer efficace.
Antécédents familiaux et médicaux
La famille
Un questionnaire très détaillé doit décrire les antécédents familiaux, et préciser en particulier si certains parents proches ont pu être atteints de troubles du spectre autistique (