Happy thérapie
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Description


Mécanisme de défense pour les grands émotifs, travers insupportable pour les autres, la bouderie assombrit notre quotidien dans tous les domaines. Au bureau, en famille, dans le couple, la bouderie n'épargne personne... surtout pas ceux qui disent ne jamais en user.



Et vous, faites-vous la gueule ?




  • Jamais !


  • Un peu... quand on me froisse.


  • Beaucoup, je suis facilement blessé(e).


  • Tout le temps, je ne vois pas comment faire autrement !



Que vous soyez victime de boudeurs en série ou de vos propres réflexes, les auteures de ce livre vous proposent de dissiper la mauvaise humeur. Au menu, une HAPPY THERAPIE à suivre sans modération pour mettre du soleil dans votre vie.




  • On fait tous la gueule et alors ?


  • La guerre des nerfs (au travail)


  • Bouder n'est pas jouer (en famille)


  • Je boude, tu trinques ! (en couple)


  • Faire le point pour relativiser


  • Changer, c'est possible


  • En route vers le bonheur


  • Du bon usage du rire


  • Conclusion : qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 janvier 2016
Nombre de lectures 74
EAN13 9782212537574
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Mécanisme de défense pour les grands émotifs, travers insupportable pour les autres, la bouderie assombrit notre quotidien dans tous les domaines. Au bureau, en famille, dans le couple, la bouderie n’épargne personne… surtout pas ceux qui disent ne jamais en user.
Et vous, faites-vous la gueule ?

Que vous soyez victime de boudeurs en série ou de vos propres réflexes, les auteures de ce livre vous proposent de dissiper la mauvaise humeur. Au menu, une HAPPY THÉRAPIE à suivre sans modération pour mettre du soleil dans votre vie.
Joëlle Cuvilliez
Martine Medjber-Leignel
HAPPY THÉRAPIE
Mettez du soleil dans votre vie !
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Avec la collaboration d’Alice Breuil
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans l’autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2016
ISBN : 978-2-212-56117-3
SOMMAIRE

PRÉFACE
INTRODUCTION
CHAPITRE 1 ON FAIT TOUS LA GUEULE ET ALORS ?
Bouder, c’est inné !
Les secrets de la mauvaise humeur
Et les autres dans tout ça ?
CHAPITRE 2 LA GUERRE DES NERFS (AU TRAVAIL)
Petites rancœurs et grosses colères
Exigez un peu de plaisir...
... et une bonne dose de clarté
CHAPITRE 3 BOUDER N’EST PAS JOUER (EN FAMILLE)
Faire bonne figure auprès des siens
Quand les tout-petits font la moue
Le monde sans parole des ados
Devenir adulte, c’est trouver les mots
CHAPITRE 4 JE BOUDE, TU TRINQUES ! (EN COUPLE)
L’amour n’est pas une bataille d’ego
Qu’il est doux de complimenter !
Slow sex ?
Jouer, c’est jouir
CHAPITRE 5 FAIRE LE POINT POUR RELATIVISER
Les mille et une raisons de faire la gueule
L’art d’identifier ses besoins
S’épanouir avant tout
Bien respirer, c’est se relaxer
Il est temps de se mettre à la méditation
CHAPITRE 6 CHANGER, C’EST POSSIBLE
Persévérance et assiduité
Nous récoltons ce que nous semons
Si j’arrête, qu’est-ce qui se passe ?
Vivre sans être dominé
CHAPITRE 7 EN ROUTE VERS LE BONHEUR
Les émotions sont nos alliées
Exprimez votre gratitude
Trouvez les clés pour sortir de la crise
Pratiquez le judo mental
Mais comment font les gens heureux ?
Adoptez une attitude écologique
La psychologie positive
CHAPITRE 8 DU BON USAGE DU RIRE
Les vertus du rire
Le rire et l’humour pour sortir du silence
La méditation du rire
CONCLUSION : QU’EST-CE QU’ON ATTEND POUR ÊTRE HEUREUX ?
À PROPOS DES AUTEURES
BIBLIOGRAPHIE
SITES WEB
PRÉFACE
Bouder, il faut bien se l’avouer, n’est pas déplaisant. Certes, on a conscience que ce n’est pas une réaction optimale mais il y a une sorte de jouissance à s’y adonner. S’isoler est non seulement une réaction instinctive en cas de problème, comme le confirme l’observation du monde animal, mais aussi une forme élaborée de communication.
Pouvoir se retirer, couper le contact, mettre de la distance avec les autres sont autant de stratégies de survie. Henri Laborit n’a-t-il pas choisi d’intituler son livre phare Éloge de la fuite ? Mais lorsque l’on boude, il est moins question de fuite que de communication. Et c’est bien là le problème.
Paul Watzlawick, de l’école de Palo Alto, a identifié un principe fondamental de toute communication, dont la formulation est restée célèbre : « On ne peut pas ne pas communiquer. » En d’autres termes, il ne nous est pas possible de ne pas communiquer lorsque nous sommes en présence d’une autre personne. Pourquoi ? Parce que notre corps, notre posture, notre gestuelle, nos mimiques, notre habillement, les accessoires que nous portons, tout cela communique à notre insu. Le langage non verbal parle à notre place.
Ainsi, notre silence devient mode de communication à part entière. Ce que l’on pourrait appeler : le paradoxe du boudeur. Car se taire parce que l’on n’a rien à dire n’est pas équivalent à se taire pour signifier à l’autre que l’on est fâché, frustré ou déçu. C’est alors un silence chargé, lourd de sens. Encore faut-il que l’autre comprenne que l’on est fâché contre lui ou déçu ! Celui qui boude tente de s’isoler ou de couper le contact tout en souhaitant que les autres se rendent compte de ce qu’il fait. Rien de pire que de bouder dans le vide, que les autres, à qui ce comportement est adressé, ne le remarquent pas.
Pour plagier Sacha Guitry, pour qui « le silence après Mozart, c’est encore du Mozart », le silence du boudeur est encore une tentative de communication – et criante qui plus est. C’est bien là l’apport crucial du texte de Martine et de Joëlle : faire comprendre de manière claire et ludique que la bouderie est un mode de communication, mais pas très efficace, car il génère davantage d’inconvénients que de bienfaits.
Plus qu’une « simple » leçon d’anti-bouderie, ce livre se parcourt comme un voyage où les rencontres sont nombreuses et enrichissantes. Des auteurs de tous bords, philosophes, psychologues, penseurs, écrivains, apparaissent au détour d’une réflexion pour l’éclairer d’un mot d’esprit ou d’une citation.
Mieux encore, il s’inspire largement des découvertes réalisées par la nouvelle science du bonheur, la psychologie positive. Et justement, celle-ci nous apprend, entre autres, que le bonheur, c’est du bien-être dont on prend conscience (d’après la formule de Christophe André). Or, lorsque l’on s’adonne à la bouderie, c’est exactement l’inverse que l’on vit : on exacerbe la conscience de notre mal-être ; on s’y complaît, on s’y vautre, on l’alimente, on le fait durer plutôt que de le laisser s’évanouir. En quelque sorte, la bouderie, c’est du malheur que l’on fabrique.
Communication paradoxale et inefficace, sentiments pénibles à la clé, la bouderie n’est donc pas à encourager. Alors, que faire à la place ? J’espère que vous aurez envie de lire cet ouvrage pour le savoir. Vous ne serez pas déçu...
Yves-Alexandre Thalmann, spécialiste de la psychologie positive
INTRODUCTION
Nous (Martine et Joëlle) nous connaissons depuis cinq ans maintenant. Nous coanimons un club de rire, regroupement sympathique et bienveillant où chaque mardi soir des gens qui ont envie de rire, sans raison, sans chichis, se retrouvent à Vincennes, au centre de loisirs du 21, rue d’Estienne-d’Orves. Dans ce monde parfois déconcertant, nous avons choisi de faire nôtre le rire, le bien-être et la psychologie positive : 1) pour faire du bien et nous faire du bien ; 2) parce que nous pensons que notre contribution à un monde meilleur passe par une façon d’être et de penser constructive. Voilà le lien qui nous unit, notre point commun. Nous revendiquons toutes les deux notre soif d’émerveillement, de fantaisie, de liberté et de légèreté.
En dehors du club, à intervalles réguliers, nous nous retrouvons dans un café pour échanger. Un jour, nous avons parlé de la crise économique qui sévit, des difficultés relationnelles, de la « sinistrose ambiante », du mal-être. Des gens qui font la gueule. Nous nous sommes raconté les expériences les plus désagréables que nous avons pu subir en la matière. Et puis, entre deux éclats de rire, il nous a bien fallu reconnaître qu’il n’y avait pas que les autres qui faisaient la tête. Nous-mêmes...
J’ (Joëlle) ai raconté à Martine comment je n’ai pas adressé la parole à ma fille une après-midi entière quand j’ai appris qu’elle séchait les cours de latin au collège. Je me sentais humiliée. Trahie. À un point qui allait bien au-delà de la colère, des mots... Jusqu’à ce que mon regard accroche son museau désolé qui tentait désespérément de m’arracher une parole, un sourire, un pardon.
J’ (Martine) ai raconté à Joëlle comment j’ai fait la tête à Anne qui m’avait fait attendre. Je poireautais dans le froid sous la porte cochère de son bureau, ne sachant pas combien de temps durerait son retard. Avais-je ou non le temps de faire les magasins ou d’aller boire un verre ? Aucune réponse à mon SMS ! Je fulminais en rentrant chez moi, je ne me sentais pas respectée et j’étais furieuse que l’amie de mes 20 ans fasse passer son boulot avant moi. Finalement, je me suis rendu compte que je n’avais pas actualisé ma nouvelle puce : je ne pouvais donc recevoir aucun message ni en émettre...
Les anecdotes se sont enchaînées. À chaque fois, nous découvrions que nous avions toujours, apparemment, une très bonne raison de faire la gueule, soit que nous nous défendions, soit que nous n’arrivions pas à exprimer notre émotion, notre colère, notre déception.
Nous nous sommes alors demandé ce que l’on aurait pu faire au lieu de faire la gueule. Le tour du pâté de maisons en courant à fond, histoire de recevoir une bonne dose d’endorphines ? Se forcer à sourire ? Frapper un oreiller ? Parler, tout simplement ?
Parfois, on fait la tête parce qu’il pleut. Oui, c’est sûr, la pluie, ça mouille... Mais faire la tête, est-ce que ça dissout les nuages ? Pourquoi recommençons-nous à nous fermer comme des huîtres si nous savons que cette habitude, ce réflexe, cette attitude sont toxiques ? Pourquoi n’opposons-nous pas une (petite) résistance à la bouderie ? Pourquoi est-il plus facile de couper court au dialogue que d’exprimer nos émotions ? Pourquoi se taire plutôt que d’expliquer ? Est-ce si difficile de formuler nos désirs ? Comment faire pour ne pas rejeter systématiquement la faute sur l’autre, le considérer autrement que comme un adversaire ? Et puis, faire la gueule, est-ce un phénomène naturel ? culturel ? universel ?
Aborder ce sujet, c’était comme tirer sur une ficelle : plus nous tirions et plus notre pelote grossissait. Nous nous sommes dit que s’il y avait tant de questions, c’est qu’il y avait beaucoup de réponses. Alors pourquoi ne pas coucher tout ça sur le papier ? Faire la gueule, avouons-le, c’est pénible pour tout le monde. Dès lors, pourquoi ne pas tenter de voir comment y remédier ? « Qui trop embrasse mal étreint », dit le proverbe. On pourrait ajouter : « Et qui fait trop la gueule finit par se la casser. »
Nous avons depuis développé le sujet dans tout un tas de creux, dans d’improbables aspérités. Nous avons cherché des clés, des trucs, des outils et nous en avons trouvé. Pour apprendre à dire sereinement, avec douceur, ce que nous voulons, ce que nous pensons. Pour retrousser nos manches avec courage, doper notre propre dynamisme et créer des contacts plus fluides et plus harmonieux avec les autres.
Nous vous les proposons pour sortir du grand silence, du verrouillage réactif, et nous vous invitons à oser vos couleurs, vos sourires, vos chants. À ouvrir votre cœur.
Au fil des pages, nous proposerons des conseils et des pratiques pour en finir avec la bouderie. Nos conseils sont apéritifs, ils ouvrent une palette de saveurs, un spectre de possibilités qu’il ne tient qu’à vous d’enrichir. Vous pouvez adopter toutes ces propositions, choisir celles qui vous plaisent ou ciseler les vôtres. Laissez ensuite votre intuition vous guider. Le seul principe qui doit animer votre volonté est le plaisir d’essayer puis de pratiquer en douceur, à votre rythme. Lao-tseu a dit : « Pour faire mille kilomètres, il faut commencer par un petit pas. » Préférez donc les petits pas aux pas de géant. C’est petit à petit, au fil du temps, que l’on construit de nouvelles habitudes. Les exercices qui égrainent ce livre répondent de toute façon à une logique graduée. Il s’agit d’abord de faire le point sur votre humeur et votre état d’esprit. Puis de (re)découvrir des pratiques qui passent par le ressenti physique et émotionnel et des pistes pour s’ancrer dans l’instant au présent.
CHAPITRE 1
ON FAIT TOUS LA GUEULE ET ALORS ?
« Il n’est pas d’affront plus grave que celui d’éconduire un chat qui vient choisir un genou pour y passer la soirée. »
Denise Hawkins

Lorsque j’ (Martine) ai annoncé à mon mari que j’allais coécrire un livre sur le fait de faire la gueule, sa réaction a été immédiate : « Super ! Tu vas avoir plein de choses à dire ! » Je me suis sentie vexée : « Comment ça ? Tu insinues que je suis experte en la matière ? » Lui : « Ben oui, tu fais souvent la gueule quand même ! » Moi : « Moi ? Ça va pas ! C’est plutôt toi qui es tout renfrogné, fermé, hermétique... »
Pour le coup, j’étais dans le vif du sujet. Je n’ai pas le sentiment de faire la gueule et pourtant c’est l’impression qu’en ont mes proches. Je ne suis donc pas différente des autres. Sans m’en rendre compte, le message que j’envoie à mon mari quand je suis contrariée, quand j’ai mal quelque part, quand j’ai des soucis, quand je réfléchis, quand je ne suis pas intéressée par ce qu’il me dit ou me propose, quand je suis stressée ou indisponible, est un signe de fermeture. Puisqu’il me le dit, il faut bien que je le prenne en compte. Dur à encaisser ! Moi qui pensais être sympa tout le temps... J’ai bien essayé de tergiverser en me disant que, dans un couple, on ne sait jamais vraiment qui de la poule ou de l’œuf met en route le processus, mais finalement je me suis rendue à l’évidence et j’ai reconnu que j’étais la poule et l’œuf, la plupart du temps. Jai dû dès lors me pencher sur la question, non seulement pour coécrire ce livre mais aussi pour améliorer mon comportement.
Cette prise de conscience m’a renvoyée à la fin de mon enfance, à mes 12 ans. À l’époque, ma mère et son mari se disputaient souvent. Il était devenu alcoolique et il lui arrivait d’être violent. Un soir, la police ayant constaté les coups que mon beau-père avait portés à ma mère, il a été interdit de séjour dans la ville et prié d’aller vivre ailleurs que dans la maison familiale. Au bout d’un an et pour des raisons qui ne regardent qu’elle, ma mère a décidé de lui pardonner et de revivre avec lui. Adolescente, j’étais obligée de suivre. Faire la gueule à mon beau-père était devenu la seule attitude possible pour moi. Hormis les « bonjour » et « bonsoir » sur lesquels ma mère ne cédait pas, j’ai vécu quatre ans dans la proximité de cet homme sans lui adresser la parole. Évidemment, ce souvenir a mis en évidence le fait que je suis devenue une experte pour faire comme si l’autre n’existait pas. J’ai développé un comportement qui, à l’époque de ma jeunesse, était sûrement le plus écologique pour moi ou a priori le moins pire. Je ne suis pas responsable de ce qui m’est arrivé enfant, mais je suis responsable de ce que j’en fais maintenant. Quand je constate que j’instaure une ambiance glaciale à la maison, je dois me demander si c’est vraiment ce que je souhaite. Comme la réponse est non, je dois décider de modifier quelque chose dans mon attitude, d’agir autrement. Je me suis lancée dans le challenge et j’ai obtenu des résultats. Pour cela, j’ai dû franchir plusieurs étapes : l’étape du miroir, le choc de la vérité, la réminiscence du passé, la prise de conscience et le repérage de mes comportements toxiques actuels. Des étapes qui répondent aux questions suivantes si l’on y réfléchit bien : quand, où et par quoi est déclenché cet automatisme avec les conséquences que cela induit ? Pour obtenir des résultats positifs, j’ai aussi dû prendre la décision de ne pas reproduire un comportement nocif pour moi et pour les autres, de trouver les moyens de passer à autre chose et d’inventer de nouvelles options, d’ouvrir d’autres voies pour m’offrir des perspectives plus joyeuses.
Avant d’aller plus loin, commençons donc par nous interroger sur les raisons qui nous poussent à faire le nez. Pour évaluer votre capacité à bouder, n’hésitez pas, lancez-vous dans le test suivant.

Test : faites-vous la gueule un peu, beaucoup, passionnément ?
1. Vous participez à une conversation où l’une des personnes présentes avance des arguments que vous n’approuvez pas.
Vous intervenez pour dire que vous n’êtes pas d’accord.
Vous ricanez, vous levez les yeux au ciel, vous soupirez pour exprimer votre désapprobation.
Vous vous désintéressez de la conversation et pensez au menu que vous allez préparer ce soir.
Vous écoutez tranquillement sans montrer vos sentiments en attendant le moment où vous pourrez prendre la parole à votre tour et dire ce que vous pensez.
2. Votre conjoint, pour la deuxième fois en un mois, arrive avec trois quarts d’heure de retard à votre rendez-vous.
Vous le lui faites remarquer et vous exprimez votre mécontentement.
Vous le toisez des pieds à la tête et vous vous abîmez dans un silence pesant durant toute la soirée.
Vous hurlez que vous en avez ras-le-bol.
Vous le regardez tristement et, dès qu’il fait mine de vous expliquer ce qu’il s’est passé, vous fondez en larmes.
3. Laquelle de ces citations préférez-vous ?
« Est-ce qu’on peut bouder l’amour ? Aimer, c’est naître ; aimer, c’est savourer, aux bras d’un être cher, la quantité de ciel que Dieu mit dans la chair » (Victor Hugo).
« Bouderie : une grève de gamins » (Jules Renard).
« L’art de se faire aimer consiste en tergiversations, en bouderies, en colères » (Cesare Pavese).
« Le pardon de l’amitié est le plus sain et le plus doux des bienfaits » (George Sand).
4. Lequel de ces personnages de BD préférez-vous ?
Rantanplan.
Obélix.
Le capitaine Haddock.
Achille Talon.
5. Parfois, vous aimeriez être plus :
Dominateur.
Insouciant.
Courageux.
Déterminé.
6. Vous avez demandé à votre aîné de faire la vaisselle mais, à votre retour du travail le soir, elle traîne toujours dans l’évier.
Vous appelez votre enfant et vous lui demandez de faire ce qu’il n’a pas fait.
Vous ne dites rien, mais vous n’en pensez pas moins.
Vous lui annoncez qu’il ne perd rien pour attendre.
Vous retroussez vos manches et vous vous y mettez en soupirant que, décidément, vous n’êtes pas gâté.
7. Vous êtes en train de raconter à un groupe d’amis un incident qui vous est arrivé quand soudain l’un d’entre eux éclate de rire.
Vous lui demandez agressivement ce qui le fait rire comme ça.
Vous lui jetez un regard noir et vous décidez de vous taire : puisque c’est comme ça, personne ne connaîtra la suite de votre histoire.
Vous pensez immédiatement qu’il se moque de vous mais vous lui souriez gentiment.
Vous riez avec lui puis vous reprenez le cours de votre histoire.
8. Vous soupçonnez votre conjoint de vous tromper.
Vous ne dites rien et commencez à fouiller dans ses affaires et à l’espionner.
Vous lui parlez de vos craintes.
Vous décidez de le quitter.
Vous prenez un(e) amant(e).
9. Vous êtes engagé dans une discussion un peu vive. Le ton monte et, tout d’un coup, votre interlocuteur se met à hurler.
Vous tournez les talons et vous le plantez là.
Vous éclatez de rire.
Vous lui répondez calmement, en baissant la voix pour ramener la conversation à un niveau sonore convenable.
Vous lui demandez de baisser d’un ton, vous n’êtes pas sourd.
10. Vous avez confié un secret à votre meilleure amie qui s’est empressée d’aller le répéter.
Vous décidez de ne plus jamais lui adresser la parole.
Vous l’appelez pour lui dire que vous êtes au courant et que vous êtes blessé.
Vous décidez, œil pour œil, dent pour dent, de révéler un de ses secrets.
Vous lui pardonnez aussitôt : après tout, c’est votre meilleure amie !
11. Vous croisez votre voisine de palier qui ne vous salue pas.
Vous la saluez joyeusement, comme à votre habitude.
Vous lui demandez si tout va bien.
Vous pensez : « Pour qui elle se prend, celle-là ? », en marmonnant un vague bonjour.
Vous décidez qu’elle n’aura ni bonjour ni bonsoir de votre part de toute la semaine.


Calculez maintenant votre nombre de points (vous n’avez droit qu’à une seule réponse par question).
Comptez 3 points pour les réponses suivantes :
1d ; 2a ; 3a, 3b, 3d ; 4a ; 5c ; 5d ; 6a ; 7c, 7d ; 8b ; 9b ; 10d, 11a.
Comptez 2 points pour les réponses suivantes :
1a ; 5b ; 9c ; 10b, 11b.
Comptez 1 point pour les réponses suivantes :
1c ; 2d ; 4b, 4d ; 6b, 6d ; 7a ; 9d ; 11c.
Comptez 0 point pour les réponses suivantes :
1b ; 2b, 2c ; 3c ; 4c ; 5a ; 6c ; 7b ; 8a, 8c, 8d ; 9a ; 10a, 10c ; 11d.
Si vous avez entre 22 et 33 points : vous pouvez être rassuré, la tête de cochon, ça n’est pas vous ! Vous privilégiez l’écoute et le dialogue à toute autre réaction et vous avez une bonne maîtrise de vos émotions, signe que vous êtes en capacité de les identifier. Être en désaccord avec autrui ne vous pose pas de problème car vous dites tranquillement ce que vous pensez et souhaitez. Les attaques, les critiques vous laissent de marbre car vous considérez que ce que dit l’autre n’est que le reflet de sa perception des choses : ne vous sentant pas concerné, vous n’en faites pas une affaire personnelle. Votre capacité à prendre du recul avec les gens et les événements, votre intuition et votre ouverture aux autres font de vous une compagne ou un compagnon précieux. Ne refermez pas ce livre ! Restez avec nous ! Cet ouvrage, à défaut de vous être utile, vous amusera peut-être...
Si vous avez entre 11 et 21 points : faire la tête est ce que vous utilisez en dernier recours quand les autres moyens n’ont pas marché. Vous n’avez pas les caractéristiques d’un véritable boudeur même si, parfois, vous avez la tentation d’y avoir recours : il arrive ainsi que vous vous renfrogniez, que vous fronciez les sourcils ou que vous disparaissiez du champ de vision de votre interlocuteur pendant quelques minutes. Mais ces crispations qui indiquent que vous êtes contrarié n’ont pas grand-chose à voir avec une vraie bouderie. Attention cependant à ne pas pratiquer l’évitement qui, à terme, vous desservirait ! À force de ne pas exprimer clairement votre ressenti, vous risqueriez de vous aigrir ou de vous replier sur vous-même... Apprenez à « décevoir » l’autre par votre franchise, vous ne pourrez que gagner en sérénité avec vous-même et en qualité relationnelle avec ceux qui vous entourent. En clarifiant vos propos, en formulant simplement vos souhaits, vous multiplierez les chances de vous faire comprendre et d’obtenir ce que vous voulez en toute sérénité. Et si cela contrarie votre interlocuteur, proposez-lui de faire ce test !
Si vous avez entre 0 et 10 points : vous pouvez légitimement vous inquiéter. Faire la gueule est une seconde nature pour vous, un réflexe, une façon d’être, une (mauvaise) habitude (rayez la mention inutile). Lorsque les circonstances ne correspondent pas à votre attente, vous déclenchez la guerre du silence. Et quand vous en sortez, la machine à broyer du noir se remet en branle et vous empêche d’oublier ce qui a provoqué votre contrariété, de passer à autre chose. Vous ne pouvez pas ne pas ressasser le mal qu’on vous a fait, entretenir le ressentiment vis-à-vis de ceux qui vous ont blessé. « J’aurais pu... », « J’aurais dû... », « Si j’avais su... » sont des phrases qui tournent en boucle dans votre esprit et vous avez du mal à accueillir les pensées positives et à relativiser l’importance des coups qui vous ont été portés. Bilan des courses : non seulement vous vous prenez la tête, mais vous la faites aux autres. Le tout est désormais de savoir si faire la gueule est pour vous un moyen de défense ou d’attaque... et surtout d’en sortir.
BOUDER, C’EST INNÉ !
C’est la première question qui nous est venue à l’esprit : est-ce que bouder c’est naturel, dans nos gènes, ou est-ce une habitude que l’on acquiert par mimétisme ? Quand ma fille était petite, j’ (Joëlle) allais au zoo de Vincennes, où se trouvait l’incontournable rocher des babouins qui faisaient rire tout le monde avec leurs pitreries et leurs fesses rouges. Un jour, j’ai assisté à une belle correction : un jeune singe avait chipé le fruit que mangeait un adulte. Le mâle dominant s’est précipité sur lui et l’a mordu. L’autre est parti en bondissant et en criant puis s’est assis loin du groupe en lui tournant le dos. Était-ce un réflexe, un hasard, ou faisait-il réellement la gueule ?
Au fait, en dehors des singes, les animaux boudent-ils ? On a tous notre petite idée sur la question pour avoir eu des chats ou des chiens à la maison. Les tortues et autres poissons rouges ne comptent pas mais le docteur Nicolas Massal, vétérinaire comportementaliste que nous avons interrogé, a porté un avis scientifique corroborant notre analyse empirique. Auteur, entre autres, de Mon chat est jaloux et Mon chien a peur 1 , il s’est montré catégorique : « Bien sûr que les animaux font la tête ! Cela va de soi chez les singes, mais aussi chez les chats ou les chiens. S’ils n’ont pas l’usage de la parole, ils ont la capacité de refuser l’interaction ritualisée qui est attendue par l’autre. Quand votre chat ou votre chien est déçu de ce que vous avez mis dans son écuelle, il part s’installer quelque part et il vous tourne le dos. Il coupe ainsi le contact visuel pour manifester son mécontentement. Et ce qu’il fait avec vous, il le fait aussi avec ses congénères. Faire la tête, pour les humains comme pour les animaux, permet en réalité d’envoyer un message précis... »

Le petit dico des synonymes
En français, les synonymes de « faire la gueule » abondent : bouder, faire le nez, faire du boudin, faire la tronche, faire la tête, faire sa mauvaise tête, faire sa tête de cochon, faire la lippe, faire la mine, battre froid, être en rogne, être de mauvaise humeur, être d’une humeur de chien, tirer une tête de six pieds de long... Est-ce à dire que les Français sont un peuple de boudeurs ?
Les nourrissons sourient en dormant. Ils passent du sourire à la grimace en un instant quand quelque chose ne va pas. Ce qui nous amène à penser que sourires et grimaces sont des réflexes conditionnés – ce que les spécialistes tendent à confirmer : le sourire n’a pas besoin de stimuli extérieurs puisqu’il apparaît aussi chez des enfants sourds et aveugles de naissance. Des recherches effectuées sur de vrais jumeaux permettent en outre d’affirmer l’existence d’une large composante génétique à la base de l’humeur individuelle. Selon le docteur Henri Rubinstein, médecin neurologue que nous avons interviewé à Paris, « on retrouve une concordance émotionnelle élevée, allant de 50 à 80 %, pour des jumeaux séparés à la naissance et élevés dans des structures et des environnements différents. Cette concordance est la même que pour des jumeaux élevés ensemble. Si nous ne savons pas encore comment fonctionnent les gènes du bonheur, il semble qu’ils soient responsables d’au moins 50 % de notre aptitude au bien-être ».
Une théorie corroborée par le docteur généraliste Sylvie Deshons qui nous a également donné son point de vue : « Si nous naissons avec un matériel génétique qui participe de notre développement psychique, notre cerveau émotionnel, qui régit notre bien-être psychologique et nos comportements, est soumis à des influences négatives comme le stress et la dépression, ou positives comme le rire, le bonheur... Ce qui signifie fort heureusement que nous ne sommes définitivement pas destinés à faire la gueule toute notre vie durant ! »

La règle de trois
C’est l’hiver, il est 7 heures du matin, il fait gris, nuit et froid dehors, vous devez sortir de sous la couette pour aller travailler et déjà la mauvaise humeur vous guette... Hop, commencez votre journée par les trois gestes suivants : bâillez, étirez-vous de tous vos membres comme un chat, puis éclatez de rire. Le soir, juste avant d’éteindre la lumière, souvenez-vous de trois choses très positives qui vous sont arrivées dans la journée (trois, pas une de plus, pas une de moins, qu’elles soient grandes ou petites – par exemple avoir laissé fondre lentement sur sa langue un carré d’excellent chocolat noir, ça compte).
LES SECRETS DE LA MAUVAISE HUMEUR
Faire la gueule est l’une des conséquences possibles de la mauvaise humeur, qui ne dépend pas uniquement des contrariétés que nous infligent les autres... La biologie n’est pas étrangère aux sautes d’humeur : à partir de 25 ans environ, certaines hormones, sources de vitalité, diminuent à un rythme différent selon les individus.
L’INFLUENCE DES HORMONES
Les hormones et les neurotransmetteurs ont une réelle influence à la hausse ou à la baisse sur notre moral et sur notre humeur. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de les stimuler pour provoquer en nous des sensations de bien-être. Notre hygiène de vie, notre alimentation, l’exercice physique régulier et une bonne gestion du stress permettent en outre de conserver un taux hormonal élevé plus longtemps. Le rire, la danse par exemple, en activant la production de sérotonine, agissent positivement sur nos états d’âme. La sérotonine, « molécule du bonheur », est un neurotransmetteur qui joue un rôle important et bénéfique dans le cycle veille/sommeil, les comportements alimentaires et sexuels. Elle est produite par les cellules intestinales (d’où le lien entre mauvaise humeur et constipation ?). À concentration élevée, elle rend optimiste et serein ; à l’inverse, elle peut entraîner des troubles dépressifs. Par ailleurs, on sait aujourd’hui que les personnes qui possèdent des télomères plus longs que les autres – les télomères se trouvent à l’extrémité de nos chromosomes – sont plus heureuses que les autres.