Sagesse et pouvoirs du cycle féminin
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Description

Nouvelle édition revue et corrigée. Ce livre est une véritable référence ! De quoi apprendre à connaître et aimer notre intimité féminine, phase par phase et chaque jour de notre cycle, et prendre soin de notre santé de façon naturelle. Les auteures, à partir de vingt années de recherches et d’expérience, partagent avec nous de nombreux conseils et une multitude d’outils concrets pour nous réapproprier le fonctionnement de notre cycle, apprécier nos règles, nous libérer des syndromes prémenstruels, gérer naturellement notre contraception, traverser l’épreuve d’un avortement, ou encore booster notre fertilité et augmenter notre libido…Le guide de la santé féminine au naturel ! Ce livre regorge d’informations pertinentes à la fois théoriques et pratiques sur les spécificités du corps féminin et de solutions naturelles pour vivre sa féminité dans la joie et la fierté. Un ouvrage essentiel que toute femme devrait lire et consulter régulièrement pour comprendre le fonctionnement de son corps.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 juin 2017
Nombre de lectures 29
EAN13 9782840585350
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
Titre
Marie Pénélope PÉRÈS et Sarah-Maria LEBLANC










Sagesse et pouvoirs du cycle féminin
Présentation du livre
Voici enfin LE livre qui manquait aux femmes !
De quoi apprendre à connaître et aimer notre intimité féminine , phase par phase et chaque jour de notre cycle, et prendre soin de notre santé de façon naturelle.
Les auteures, à partir de vingt années de recherches et d’expérience, partagent avec nous de nombreux conseils et une multitude d'outils concrets pour nous réapproprier le fonctionnement de notre cycle, apprécier nos règles, nous libérer des syndromes prémenstruels, gérer naturellement notre contraception , traverser l'épreuve d'un avortement, ou encore booster notre fertilité et augmenter notre libido…
Découvrons comment nous connecter aux énergies féminines , nous harmoniser grâce aux plantes, aux pratiques corporelles et aux relaxations , et organiser un quotidien créatif autour de notre cycle !
Dédicace


Je dédie ce livre aux femmes de ma lignée, Evelyne et Gisèle, Louise et Thérèse, à Florence, à Jade, petit bouton de rose et Ambre, ma fille, mi-gazelle mi-louve.
Marie Pénélope Pérès
Je dédie ce livre à ma mère Denise LeBlanc, à mes sœurs de cœur, aux femmes qui suivent les enseignements de Rythmes , et à toi, femme qui se cherche.
Sarah-Maria LeBlanc
Sommaire
Introduction
Chapitre 1 : Être une femme

1. Mon corps de femme
Le bassin féminin
L’utérus : l’enveloppe de Vie
Le périnée : la région des passages
Les seins
Comment effectuer un auto-examen du sein ?
2. Connaître et aimer mon cycle
Féminin versus masculin ?
Mon cycle m’apprend à mieux me connaître
Parlons de nos règles !
Mille et une manières de vivre ses règles
Les autres sécrétions vaginales au cours du cycle
Les petits maux du cycle
3. Les hormones dans mon corps
Comment fonctionne le cycle menstruel ?
Zoom sur les hormones
Les principales hormones impliquées dans l’équilibre hormonal féminin
La part subtile des hormones
4. Les peurs liées au cycle
La peur des règles
La survalorisation de l’état de grossesse
La fabrication d’un fonctionnement linéaire
5. Les bonnes habitudes à prendre pour la santé féminine
Les xéno-œstrogènes et polluants
Comment supprimer les xéno-œstrogènes de notre environnement ?
Une meilleure hygiène de vie
6. Les aliments qui nourrissent le cycle féminin
Les verdures foncées
Les légumes amers
Le sésame
Les Acides Gras Essentiels (AGE)
Les fibres
Les brassicacées
Les algues
Les végétaux phyto-œstrogènes
Les compléments alimentaires
7. Les plantes incontournables de la santé des femmes
Framboisier ( Rubus idaeus )
Ortie ( Urtica dioica )
Trèfle rouge ( Trifolium pratense )
Pissenlit ( Taraxacum officinale )
Agripaume ( Leonorus cardiaca )
Chapitre 2 : Bien vivre ma fertilité
1. Osons nous regarder simplement
Observons l’anatomie de notre bassin
Développons nos perceptions internes
2. Fertile ou infertile ?
La glaire cervicale
Le col de l’utérus
La température
Les autres modifications repérables
3. Combiner les indices et tenir un calendrier de chaque cycle
De quoi avez-vous besoin ?
Explications
Comment lire le calendrier ?
Comment l’interpréter ?
4. Mes périodes de fécondité en pratique
Repérez deux moments importants dans votre journée
Comment personnaliser le tableau du cycle de fertilité ?
Modifications du profil de fertilité au cours de la vie
5. Enrichir encore mon calendrier
Observer le mouvement de son monde intérieur
Noter ses rêves
Noter les phases de la Lune
S’harmoniser avec la Lune
6. Les plantes amies de la fécondité
Les plantes phyto-hormonales
Aller à la source
Les plantes régulatrices du cycle hormonal
Les plantes toniques de la fertilité
Que sont les pertes blanches et comment les traiter ?
7. Retrouver de vrais cycles après l’arrêt de la pilule ou le retrait d’un stérilet
Accompagner mon corps avec un programme-santé sur trois mois
8. Les contraceptions non agressives et naturelles
La méthode sympto-thermique
La méthode Billings
Le diaphragme
La danse contraceptive
9. L’avortement dans la vie des femmes
L’aide des plantes
La symbolique des quatre phases du cycle
Chapitre 3 : Vivre en harmonie avec mon cycle
1. Après mes règles, je renais
Une énergie qui ressemble à un printemps
Les images féminines liées à l’énergie du printemps : les déesses vierges et la Princesse
La symbolique de la Vierge et la Princesse en moi
Les plantes amies après mes règles
Les pratiques corporelles pour bien démarrer mon cycle
2. Lors de l’ovulation, je rayonne
La beauté d’abondance et la générosité de la terre en été
Les images féminines liées à l’énergie de l’été : la Mère et la déesse de la fertilité
La symbolique de la Mère et la déesse de fertilité en moi
Les plantes amies durant l’ovulation
Les mouvements revitalisants à pratiquer pendant l’ovulation
3. Avant mes règles, je suis intuitive
La sensibilité et la beauté magique de l’automne
Les images féminines liées à l’énergie de l’automne : Celle-qui-voit, la Fée, l’Enchanteresse
La symbolique de Celle-qui-voit, la Fée, l’Enchanteresse en moi
Les plantes amies avant mes règles
Comment prendre soin de son corps pour aller vers soi
4. Avec mes règles, je me pose
La pause hivernale, un temps de retrait essentiel
Les images féminines liées à l’énergie de l’hiver : les déesses du monde souterrain et la Sorcière
La symbolique de la Sorcière en moi
Les plantes amies durant mes règles
Soutenir mon corps durant les règles
5. Je crée un mandala de mon cycle
En pratique
6. La mémoire des femmes
Les femmes et les plantes depuis la nuit des temps
Les femmes et les danses de fertilité
Les femmes et le réel
Vers demain
Glossaire
Remerciements
Ressources complémentaires

Introduction
Ce livre ouvre un espace de réflexion, de partage et de transmission sur le corps féminin, et plus particulièrement sur le cycle menstruel qui rythme une quarantaine d’années de notre vie.
Mais quelle drôle d’idée, vous direz-vous peut-être ? C’est vrai, pour beaucoup d’entre nous, le cycle menstruel n’a aucun intérêt. Soit tout va bien, on ne souffre ni de règles douloureuses ni du fameux syndrome prémenstruel, et on a alors « la chance » de ne jamais y penser ! Soit notre cycle est source de douleurs et de contraintes, auquel cas il vaut mieux prendre des comprimés et tenter de l’oublier !
Et pourtant. Pourtant nous sommes aussi nombreuses à ressentir un manque, un vide… à avoir l’impression de ne pas trouver ni où ni comment contacter notre essence de femme, notre féminité profonde.
Et si la grossesse espérée ne vient pas, que le ventre reste désespérément vide, alors surgissent d’obsédantes questions : qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? Qu’est-ce qu’être fertile ? Et même, suis-je vraiment une femme ?
On désire l’épanouissement sexuel, on entend parler de la sexualité masculine et féminine. Mais comment être féminine sexuellement quand, justement, la clé de cette énergie nous échappe ? Et si la clé se trouvait précisément là où nous croyons que rien d’intéressant ne s’y passe… dans notre cycle menstruel ?
C’est notre conviction, qui s’est sans cesse trouvée confirmée à travers nos expériences d’accompagnement de groupes de femmes, depuis une vingtaine d’années.
Ce livre en est le fruit. Il s’adresse à toutes les femmes, car il contient les clés que nous devrions toutes recevoir, au début de notre cheminement de femme.
Ce livre est un livre guide, il vous permet d’entrer dans votre cycle et de vous réapproprier son fonctionnement, son langage, ses voies intimes et sexuelles, ses énergies, ses rythmes et le sens qu’il revêt dans votre vie. C’est un livre ressource, rempli de conseils, de recettes de plantes médicinales, d’exercices corporels, d’idées pratiques pour apprendre à aimer, à prendre soin et à harmoniser votre intimité féminine, phase par phase, et chaque jour de votre cycle.
Cet ouvrage vous aidera aussi à trouver les mots et les méthodes pour instruire vos filles qui grandissent. Il pourra aussi passionner votre compagnon, lui permettre de mieux vous comprendre et entraîner de riches discussions entre vous. Ce guide sera tout aussi précieux si vous êtes ménopausée, pour revoir votre passé de femme fertile et en retirer un enseignement nourrissant pour votre féminité du présent. Il peut enfin servir de base de travail pour votre groupe ou cercle de femmes, ou vous aider si votre métier ou votre vocation est d’accompagner d’autres femmes.
C’est aussi un livre engagé, qui se situe dans la continuité des mouvements de libération de la femme, mais aussi dans une perspective plus vaste qui relie notre mémoire collective aux enjeux écologiques d’aujourd’hui.
Les auteurs
Marie Pénélope Pérès
Il y a vingt ans, lorsque j’ai commencé à me sentir happée par cette passionnante quête du sens du cycle féminin, j’étais loin de m’imaginer que j’écrirais un jour ce livre !
À cette époque je pratiquais intensément les disciplines énergétiques en recevant l’enseignement de Karfung Wu, une femme tout à fait extraordinaire, formée dans les temples chinois. J’ai découvert grâce à elle les parts subtiles du corps, et fait l’expérience de gestes et de postures qui déclenchent les mémoires cellulaires qu’il porte. Parallèlement, je suivais l’enseignement d’Alexandro Jodorowski, à travers lequel je découvrais la puissance du symbole et m’initiais à la voie de l’imaginaire.
Bien que m’apportant une richesse infinie, ces expériences attisaient aussi en moi un feu brûlant, rendant aigu et insupportable le sentiment d’étrangeté et d’absence de lien avec mon cycle. J’ai appris à déchiffrer ce dernier avec la méthode sympto-thermique et à utiliser des plantes pour remédier à mes douleurs. Je continuais de chercher, mais sans savoir ce que je cherchais. C’est à 26 ans que j’ai eu une grande révélation : j’appris qu’Aviva Steiner avait trouvé une série de mouvements permettant le déclenchement des règles, volontairement, en guise de contraception. J’ai appris ces mouvements et j’ai déclenché mes règles ! Ce fut une révolution intérieure : nous ne sommes donc pas enchaînées à notre fertilité, la nature nous veut libre et nous pouvons cocréer avec notre cycle !
Tout en continuant à me former au yoga, à la danse contemporaine et ses multiples branches, au mouvement sensoriel, à l’art-thérapie et à l’aromathérapie énergétique, j’ai développé peu à peu ma pédagogie corporelle et une approche globale du cycle féminin, incluant mes recherches sur les aspects symboliques et psycho-énergétiques. J’utilise beaucoup de pratiques créatives pour ouvrir des chemins d’exploration de nos énergies féminines et sexuelles qui, telles des graines endormies, attendent que nous investissions notre cycle pour se réveiller et nous éveiller.
Ces dernières années, la nécessité de ce livre s’est imposée à moi. J’ai donc synthétisé les connaissances anatomiques et hormonales nécessaires pour apprendre à s’auto-observer avec lucidité, fierté et amour, et j’ai donné forme écrite à ce voyage qui vous présente ce qu’est réellement le cycle féminin, dans toutes ses dimensions.
Je souhaite qu’il vous évite bien des errances, qu’il vous inspire et vous offre de réenchanter votre cycle !
Sarah-Maria LeBlanc
D’aussi loin que je m’en souvienne, les plantes et la femme m’ont toujours passionnée.
J’ai vécu très jeune une série d’initiations : la lecture de Mater Materia de Jacques Languirand, la découverte de la Wicca, puis de la beauté de mes cycles à l’arrêt des contraceptifs, des voyages initiatiques et un appel très fort venu de l’intérieur pour devenir herboriste. Ces événements, et d’autres plus tragiques, constituent les jalons de mon éveil spirituel et de la voie professionnelle que j’ai choisie.
J’ai d’abord étudié les plantes de façon autodidacte, puis je les ai cultivées, connues intimement en vivant en forêt, fait plusieurs longs stages auprès de mentors herboristes québécoises, créé une petite compagnie d’herboristerie artisanale, puis terminé mes études de façon académique dans des écoles de formation en phytothérapie, l’Herbothèque et Flora Medicina, au Québec. Depuis, presque vingt ans plus tard, je continue à approfondir mon lien avec les plantes médicinales. Je les cultive, les écoute, les transforme, les suggère, les administre, les enseigne, les « raconte ». Je pratique maintenant depuis plusieurs années comme Herboriste-Thérapeute en clinique, spécialisée en santé des femmes. Je suis toujours passionnée d’endocrinologie et de gynécologie féminine. Je collabore aussi à différentes publications, de type plus scientifique ou plus spirituel.
À l’âge de 18 ans, j’ai réalisé que comprendre et aimer mon cycle grâce à la méthode sympto-thermique et les plantes médicinales, avait eu raison de mes horribles crampes menstruelles. Quelques années plus tard, ayant été transformée par une loge d’enseignement autochtone qui parlait des phases du cycle en lien avec la lune, je me suis mise à faire mon propre calendrier lunaire et m’accompagner avec les plantes. En 2007, naissait « Rythmes », un mariage des connaissances théoriques du cycle et des plantes avec des processus expérienciels, pour soutenir les femmes dans leur chemin vers « l’empuissancement ». Depuis, ce cours s’est donné plusieurs fois par année et dans différentes régions du Québec, un cours avancé s’est créé, ainsi qu’une communauté de « Rythmeuses » portée par d’anciennes étudiantes.
Depuis quelques années, je rêvais d’écrire un guide qui soutiendrait les femmes dans la connaissance et l’amour de leur cycle, et faciliter leur autonomie en matière de santé. Quelle grande joie d’avoir reçu la proposition de collaborer à cet ouvrage. Je suis heureuse de partager avec vous mes connaissances comme clinicienne, enseignante et surtout comme femme !
Chapitre 1 Être une femme
C’est dans un monde de beauté et d’intelligence que nous vous emmenons. Au cœur de ce monde, de puissantes forces de créativité et d’ingéniosité se déploient et œuvrent pour que s’accomplisse chaque mois un mouvement de création et de décréation. Ce monde c’est votre corps, et ce mouvement c’est la signature de la Vie, le cycle de la vie qui pulse dans le microcosme de votre ventre. Oublions un instant ce que nous savons. Partons en voyage. Un voyage au cœur du corps féminin.
1. Mon corps de femme
Le bassin féminin
On l’appelle aussi le « pelvis », ce qui veut dire le « chaudron ». C’est une structure osseuse , qui offre un cadre d’insertion au plancher musculaire pelvien, et qui abrite et protège les organes et les viscères du fond de l’abdomen : vessie, utérus, rectum.
Ma géographie corporelle
Le bassin a une forme sculptée, complexe et très belle. Il est formé par le sacrum à l’arrière, qui est l’extrémité basse de notre colonne vertébrale, et se termine par le petit os du coccyx. Sur les côtés, deux grandes pièces osseuses qui forment son envergure, que l’on appelle les « ailes Iliaques », évoquent deux hélices. Pendant que je suis assise, je m’amuse à sentir leurs deux extrémités les plus basses : c’est sur ces deux os (les ischions) que je suis assise. Et si je pose mes mains à ma taille, je vais sentir leurs extrémités les plus hautes (dans le langage populaire, on dit « mettre ses mains sur ses hanches »). Ainsi je pose mon attention sur ma hauteur de bassin.
En dessous du bas-ventre, les ailes iliaques se rejoignent, formant le pubis.
Dans cet ensemble, on va encore distinguer deux régions : le petit bassin, qui est ce petit espace délimité par le sacrum, pubis et ischion ; et le grand bassin qui comprend le grand espace formé par l’évasement des ailes iliaques.
Le tout forme une structure dense et solide, mais qui comporte néanmoins une capacité à s’articuler. Elle est infime par rapport aux articulations comme la cheville ou l’épaule, mais elle existe, et sera amplifiée durant la grossesse, et surtout au moment de l’accouchement.
La structure osseuse du bassin féminin se différencie du bassin masculin par sa forme plus évasée, un espace intérieur plus vaste, qui permet et témoigne de l’intense activité de cette région du corps de la femme : les nombreux changements lors du cycle menstruel, les transformations de l’utérus lors de la grossesse, et l’activité sexuelle qui se vit à l’intérieur et non à l’extérieur.
C’est aussi le centre du corps, son centre de gravité. Tous nos mouvements devraient se produire à partir de ce centre. C’est aussi là que devrait se faire le mouvement de notre respiration, en temps normal, dans le bas-ventre.
C’est un lieu d’intense activité circulatoire, une zone carrefour où se croisent les flux veineux, lymphatiques et artériels qui montent et descendent pour diffuser dans tout le corps.
C’est dans le bassin que se concentre et se concrétise l’énergie du désir sexuel.
C’est la zone terminale, où se font les évacuations postdigestives par l’urètre et l’anus, et génitales par le vagin. C’est l’endroit d’où l’on vient, tous, le lieu du « naître au monde ».
Le bassin est ainsi relié à nos racines, nos origines et il symbolise notre force vitale.
Du côté des énergies
Le bassin est l’un des trois centres d’énergie les plus importants du corps. Ces centrales d’énergie, nommées les « Dan Tian » en médecine chinoise, sont situées respectivement dans le bassin, dans la cage thoracique et dans la tête. Dans le système ayurvédique (médecine de l’Inde ancienne) le bassin correspond aux trois premiers chakras (Muladhaha, Svadhisthana, Manipura).
Le bassin est le siège de la joie animale de vivre, de l’autonomie, du contact avec la réalité, et de l’incarnation de la dimension sacrée de la sexualité.
Dans notre culture occidentale, le vocabulaire anatomique qui distingue les éléments physiques de la zone du bassin, révèle le poids symbolique, la charge inconsciente, où se heurtent de fortes contradictions : « le nerf honteux » côtoie le « sacrum » (du latin « sacré »).
Dans notre très lointain passé, la vie génitale et sexuelle concentrée dans cette zone relevait du sacré et était sujette à des transmissions mères-filles et des rites de passage qui formaient le socle de la communauté (on peut encore observer cela dans certaines sociétés « primitives »). Cette lointaine couche de notre histoire est recouverte par la longue période chrétienne caractérisée par le rejet du corps et, tout particulièrement, de cette région et de son activité.
L’utérus : l’enveloppe de Vie
Au centre du petit bassin
C’est un organe très particulier, musculeux et creux. Il est l’enveloppe du bébé, et assure son développement et sa protection. Il possède aussi une fonction d’évacuation (du sang des règles, du bébé) et une fonction de stockage du sang et des nutriments. Les Chinois l’appellent d’ailleurs « l’entraille curieuse ».
Sa forme pourrait ressembler à une petite poire ou à une grosse figue. On en distingue trois parties : en haut sa partie la plus volumineuse, le « corps de l’utérus », qui se prolonge par les deux trompes et les ovaires. Un rétrécissement (comme « la taille » d’une poire), qui s’appelle « l’isthme ». En bas, sa partie la plus rétrécie, qui communique avec le vagin, le « col de l’utérus ».
C’est un organe musclé !
L’intérieur est tapissé d’une muqueuse (comme dans l’intérieur des joues) qui se modifie au cours de chaque cycle. Elle se gonfle, s’épaissit, se vascularise de plus en plus au cours du cycle, puis, s’il n’y a pas de grossesse, desquame et s’évacue avec les contractions rythmiques de ses fibres musculaires ; c’est la menstruation.
Il a une certaine mobilité , qui varie elle aussi au cours du cycle, et qui peut être influencée par la mobilisation du bassin et par la respiration.
C’est un organe qui est doué d’une extensibilité et d’une puissance exceptionnelles.
En temps ordinaire, sa taille varie de trois centimètres environ au début du cycle au double de son volume en fin de cycle, juste avant les règles. Durant la grossesse, il va s’étirer jusqu’à la cage thoracique (sur environ 30 cm) et aura une capacité de 4 à 5 litres environ (et plus encore en cas de grossesse gémellaire). Au moment de l’expulsion, il fournira un effort prolongé pour se contracter et expulser le bébé.
Du côté des énergies
L’utérus fait partie d’un réseau qui participe à la distribution de notre énergie dynamique, ainsi qu’à l’équilibre du cycle menstruel, la santé gynécologique et la vitalité génitale et sexuelle.
En médecine traditionnelle chinoise, on appelle ces circuits les « merveilleux vaisseaux » : il y a (entre autres) le vaisseau conception à l’avant du corps, le vaisseau gouverneur à l’arrière, et le vaisseau pénétrant qui remonte du périnée jusqu’à la gorge, à travers l’abdomen. Ils passent par l’utérus puis se diffusent dans le tronc et la tête. Quant au vaisseau ceinture, comme son nom l’indique, il circule en un trajet qui ceinture le bas de l’abdomen, de la taille au bassin.
Il y aussi un petit réseau interne, le méridien de l’utérus et le vaisseau de l’utérus, qui relie respectivement l’utérus au rein et l’utérus au cœur. L’état énergétique de l’utérus dépend donc aussi de la qualité de l’énergie du rein et du sang du cœur.
Dans les pratiques corporelles équilibrantes pour le cycle menstruel, nous tenons compte de cette interaction énergétique entre les organes, et nous veillons à toujours replacer une partie du corps observée pour elle-même dans le corps tout entier, afin de favoriser les circulations énergétiques qui nous unifient et sont la base de notre santé.
Parce qu’il a une double fonction de stockage et d’évacuation, l’utérus aura toujours une propension à se faire réceptacle de nos émotions puis à chercher à les évacuer. C’est son mouvement à lui, en résonance avec le rythme du cycle menstruel : il accumule, puis il évacue.
De ce fait, il est d’autant plus important que le sang et l’énergie circulent bien dans notre utérus et dans notre bassin. Si ce n’est pas le cas, il est réellement gêné dans son mouvement naturel, et cela se répercute sur notre cycle menstruel, qui peut devenir inconfortable ou sur notre santé gynécologique, qui peut garder l’empreinte de ces émotions bloquées sous forme de pathologies.
Rétablir la libre circulation dans cette région, en pratiquant des exercices en conscience, en s’aidant de plantes alliées qui ont une action ciblée sur l’utérus, éventuellement en se faisant accompagner d’un thérapeute énergéticien, nous permet de récupérer de l’énergie et nous fait entrer dans un cercle vertueux avec notre utérus !
Organe de la sensualité
Dans les temps anciens, l’utérus a souvent été considéré comme une créature indépendante ! On trouve encore des restes de ces croyances dans des légendes et des contes où l’utérus est apparenté à un animal qui mène sa propre vie. Cette vision vient peut-être du fait que l’utérus peut se mettre en mouvement et en vibration dans certaines circonstances, comme lors de la jouissance, ou lors de certains états de conscience liés au cycle menstruel (notamment juste avant les règles).
L’état naturel de l’utérus est la sensualité, et dans des moments d’ouverture, d’élargissement de nos perceptions, il peut induire des états extatiques où fusionnent corps et conscience, érotisme et transcendance. C’est peut-être de cet état énigmatique dont on parle à propos de certains personnages saints, comme sainte Thérèse d’Avilla, représentée en extase par Le Bernin. Sans chercher nécessairement cette expérience, on peut néanmoins entrer dans une démarche de relation perceptive avec notre utérus. Dans cette intimité intérieure, on peut découvrir un espace de douceur, de chaleur et de profonde sécurité.
Ce retour perceptif, intérieur, dans l’utérus, nous fait entrer dans son giron et bénéficier de son énergie matricielle et maternante pour nous-même. Symboliquement, notre utérus devient alors un espace où enfanter de soi-même. Cela peut prendre la forme concrète d’une étape de guérison intérieure ou de l’accomplissement d’un projet de vie ou d’une œuvre créatrice 1 .
Le périnée : la région des passages
C’est un tissage de fibres musculaires qui ferme le fond du bassin et soutien le bas de l’abdomen. De fait, on l’appelle fréquemment « le plancher musculaire pelvien ».
Ce plancher musculaire est inséré à l’intérieur du petit bassin en deux couches musculaires qui se superposent et s’entrecroisent. On distingue donc le plancher musculaire pelvien profond, qui est fixé à mi-hauteur du petit bassin, qui est large et puissant et dont la forme peut faire penser à un hamac. Et le plancher musculaire pelvien superficiel, fixé sur les parties saillantes les plus basses du petit bassin, que l’on peut toucher facilement soi-même (le pubis, les ischions, le coccyx) juste derrière la peau.
Ces muscles entrecroisés entourent les orifices de l’urètre, du vagin, de l’anus. Ils contribuent ainsi au contrôle sphinctérien.
Force et souplesse
Pour pouvoir soutenir les organes, le périnée possède une grande qualité contractile. Et pour permettre les passages, vers l’intérieur ou l’extérieur, il est doué d’une grande élasticité.
Il est aussi le muscle antagoniste du diaphragme, le muscle de la respiration (on l’appelle d’ailleurs parfois le « diaphragme pelvien »). C’est-à-dire qu’il se fait souple au moment de l’inspire, et se contracte au moment de l’expire. Là aussi, sa force et sa souplesse sont requises, afin qu’il puisse jouer son rôle de partenaire avec le diaphragme et assurer ainsi une respiration abdominale nécessaire pour entretenir la pompe circulatoire dans toute la partie inférieure du corps.
Le huit du périnée
Dans sa partie superficielle, le plancher musculaire pelvien forme un axe du pubis au coccyx. Sur cet axe sont placés les orifices : urètre, vagin, anus. Les fibres musculaires enveloppent ces orifices en dessinant une grande boucle qui part du pubis et contient tout le sexe, et une petite boucle qui contient l’anus et se fixe au coccyx. Cela forme un « huit ».
Le point d’entrecroisement de ces deux boucles, entre la vulve et l’anus, est une zone très dense, qu’on appelle « le centre tendineux du périnée ». C’est la zone la plus résistante du muscle. Cet endroit est aussi le lieu d’un point énergétique tout à fait spécifique et remarquable de la médecine chinoise, qui est considéré comme une porte d’entrée des énergies Yin (mais qui peut être aussi une zone de fuite d’énergie si le périnée est lésé ou trop atone). Dans ce point s’entrecroisent les trois merveilleux vaisseaux évoqués au paragraphe de l’utérus, le vaisseau conception, le vaisseau gouverneur, et le vaisseau d’assaut. En agissant sur ce point, nous stimulons l’ensemble de ce réseau impliqué dans l’équilibre vital, génital et sexuel. Sa stimulation permet aussi de bénéficier des propriétés de ce point pour tonifier le périnée. De plus, pour pratiquer cette stimulation (voir chapitre 3, pages 183-184) on intégrera fréquemment le travail de contracté-relâché du périnée, dont la pratique en elle-même tonifie le muscle : on entre ainsi dans un cercle vertueux avec son périnée.
La relaxation avec le huit du périnée détend et ressource profondément (voir aussi p. 208-209).
Les seins
Ce sont des enveloppes rondes et souples faites de glandes dont le rôle est de fabriquer du lait. Les tissus mous (tissus conjonctifs) qui les contiennent sont très vascularisés, et renferment aussi des graisses et des canaux reliant les glandes au mamelon (d’où le lait peut s’écouler), lui-même entouré d’une aréole : disque de peau rosé ou brunâtre fait d’une multitude de petites glandes sudoripares, sécrétant la sueur (qui lubrifie le mamelon) et diffusant des phéromones (phéromones : voir p. 49).
Les seins ne contiennent pas eux-mêmes de muscles pour les soutenir, uniquement des ligaments qui les maintiennent au thorax. Ils sont fixés sur le muscle « grand pectoral » qui s’insère sur les côtes hautes et le sternum et que l’on sent passer le long du creux de l’aisselle pour aller se fixer sur l’intérieur du bras 2 .
Les vaisseaux lymphatiques sont nombreux dans le sein. Ils rejoignent des réseaux de ganglions (les « ganglions lymphatiques ») situés de part et d’autre du sein, principalement dans la région de l’aisselle, dessous et sur les côtés du muscle pectoral.
La lymphe est un liquide qui a de nombreux rôles, dont l’intégrité de l’immunité et le nettoyage du corps. C’est un système de circulation qui est lent et qui n’est pas propulsé par une pompe (comme le cœur pour la circulation sanguine). Ce sont essentiellement les mouvements, la respiration, les étirements doux et les massages qui assurent et favorisent sa circulation (pour des soins naturels des seins : voir p. 30 et pp. 183-184).
Les seins changent au cours du cycle
Les seins sont reliés à notre cycle menstruel, ils suivent son mouvement. En première partie du cycle, sous l’influence des œstrogènes, ils récupèrent de l’épaisseur ; en seconde partie du cycle, ils développent davantage de glandes mammaires sous l’influence des progestérones ; puis au moment des règles, avec la chute hormonale, ils retrouvent une densité moindre. Les seins et l’utérus ont une activité cyclique liée et très ressemblante de croissance et de décroissance.
Au sein du désir
Connectés à notre désir, les seins expriment et participent à notre vie sensuelle et sexuelle.
Ils sont intimement liés à l’utérus et au clitoris.
La médecine chinoise considère que les seins sont énergétiquement reliés aux reins, qui sont eux-mêmes considérés comme la réserve de l’énergie sexuelle. Les massages des seins stimulent donc à leur tour les reins qui stimulent les glandes sexuelles.
Dans notre culture, les seins sont aussi objets de désir. Leur rondeur, leur douceur émeut, inspire, attire, captive. Il y a toute une esthétique culturelle autour des seins. Ils sont honorés et sublimés par le poète, mais aussi, malheureusement, enfermés dans des clichés étroits qui les stigmatisent par le monde de l’image publicitaire et de la mode…
Le terme « sein », vient du mot latin « sinus » qui désignait le pli du drapé sur la poitrine. Une manière de voir cette partie du corps comme étant celle qui habille et décore une personne. C’est une vision bien différente de ce que nous évoque son nom originel : « mamma », qui donnera mamelle et mammifère, et qui nous ramène dans le rôle nourricier du sein.
Du lait et de l’amour
Par transformation du sang, le sein élabore le lait dans ses glandes, l’achemine par ces canaux jusqu’au mamelon où il sera expulsé et tété par le bébé. C’est ce qu’on appelle « la montée de lait ». Certaines femmes connaissent vraiment un jaillissement impressionnant du lait ! Le sein devient alors une fontaine de lait.
Cet élixir du bébé, le sein le fabrique à volonté, autant que le bébé en demande. L’expérience de l’allaitement peut faire surgir des sentiments bouleversants de bonheur et d’amour : le bonheur du don, d’être soi-même la source de l’abondance.
Ce sentiment, ce désir intense de nourrir, peut même permettre à une femme qui n’a pas eu de grossesse d’allaiter un petit si elle le souhaite. L’intensité de son désir, joint à la succion du bébé, déclenche tout le processus hormonal nécessaire à la fabrication du lait.
En Afrique, en Asie, encore aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des grands-mères relayer les mères et donner le sein 3 .

Les seins sont donc liés à notre cycle menstruel. En échos au biorythme de croissance/décroissance impulsé par la lune, les seins et l’utérus croissent et décroissent chaque mois. Sensibles et vibrants, ils dessinent un chemin du désir qui les relie au clitoris et à l’utérus.
Fontaine d’abondance, ils sont aussi à la conjonction du cœur et des pensées et concrétisent toute la force symbolique qui leur est associée depuis toujours : symbole du don de soi, de la générosité, de l’amour pur et désintéressé, ils sont un hymne universel aux qualités maternantes de la féminité.
Comment effectuer un auto-examen du sein ?
Au cours de la dernière décennie, de nombreuses façons de pratiquer l’auto-examen du sein ont été présentées par diverses associations de santé. Plusieurs femmes font leur auto-examen, ce qui est à notre sens très important, mais sont mal informées sur la façon de le faire et quand le faire. Voici donc ce qu’il faut savoir lorsqu’on souhaite pratiquer l’auto-examen des seins.

Il est préférable de pratiquer l’auto-examen à chaque cycle menstruel. Il est crucial de le faire toujours à la même période : 5 à 7 jours après le début des menstruations. Les glandes mammaires étant moins stimulées par les œstrogènes, il nous est plus facile de distinguer les tissus, graisses et glandes, ou des anomalies s’il y a lieu. De plus, l’absence de progestérone à ce moment-là du cycle fait que le sein n’est pas sensible au toucher.
Il y a deux étapes dans l’auto-examen des seins : l’observation visuelle et la palpation.
L’observation visuelle
L’examen des seins est comparatif : on observe premièrement les seins entre eux (si les deux seins sont symétriques à l’observation et la palpation c’est, en général, bon signe), et on compare l’état des seins à celui des mois passés. Il s’agit de voir l’examen comme une façon d’aimer nos seins, de les honorer, de mieux les connaître.
On se regarde sous tous les angles : devant, de côté, de proche, de loin. On amène les deux mains l’une dans l’autre à hauteur du nez, les doigts appuyés sur le poignet inverse, puis on effectue une pression, paume contre paume, pour voir si le sein est bien mobile, ou s’il y a des rétractions.
Ce qu’on observe : tout d’abord, la beauté de nos seins, à ne jamais oublier !
Puis, s’il y a asymétrie, masse apparente, aplatissement, différence dans la couleur de la peau, et dans la grosseur et la rougeur des mamelons, s’il y a peau d’orange, pilosité ou écoulements. Toutes ces particularités sont susceptibles d’être des signes de déséquilibre et doivent être rapportées à un(e) spécialiste de la santé.
La palpation
Il est important de ne pas utiliser des produits comme le savon, les gels ou les huiles, ou même l’eau de la douche ou du bain, car ils peuvent brouiller la capacité des mains à discerner les subtilités des tissus du sein. Donc on pose sa main directement sur la peau.
La meilleure façon de pratiquer une palpation est couchée, détendue, avec le bras du même côté que le sein examiné allongé vers le haut, et la main opposée au sein qui palpe avec trois doigts.
Il est très important de toujours palper de la même façon : circulaire, en escalier ou en rayons. Une différence dans la manière de palper peut en effet fausser les observations. Il y a trois types de pression : la superficielle, la moyenne et la profonde. La superficielle, à peine comme appuyer ses doigts sur la peau, permet de toucher les tissus sous la peau et les anomalies de la peau. La moyenne permet d’identifier les différents tissus : glandes, tissus adipeux ou kystes s’il y a lieu. C’est à ce niveau que nous pouvons habituellement percevoir les changements dans nos seins. En profondeur, on peut palper les côtes et ainsi voir s’il y a des adhérences. Bref, c’est vraiment à force de palper les mêmes régions et de la même façon, que nous pourrons être en mesure d’identifier les différences et subtilités et que nous deviendrons des expertes de notre propre corps !
Soin bien-être des seins
• On applique de l’argile verte sur les seins. On peut aussi broyer de la lavande et la mélanger à l’argile ou ajouter quelques gouttes d’huile essentielle de lavande.
• On utilise de l’huile de calendula (souci) ou de rose (macération de fleurs séchées dans l’huile de tournesol ou d’olive pendant un mois) en massage sur les seins.
On peut rajouter quelques gouttes des huiles essentielles de sauge sclarée ou thé des bois (gaulthérie) en cas de sensibilité ou de congestion menstruelle. Ou bien des huiles essentielles d’orange, de rose ou de sapin pour la célébration !
On se masse les seins, l’un après l’autre ou en même temps, en étendant l’huile peu à peu et en leur donnant de l’amour.
2. Connaître et aimer mon cycle
Notre système hormonal se met en place très tôt, dès les premiers instants de la vie embryonnaire. Puis il mâture tout au long de l’enfance, pour être prêt vers l’âge la préadolescence : 14 ans dans les temps passés, 12 ans de nos jours, ou même de plus en plus tôt, conséquences de la pollution dans laquelle nous vivons (voir « Xéno-œstrogènes et polluants », p. 59).
Avec l’arrivée de nos premières règles, nous entrons dans nos cycles de fertilité pour une quarantaine d’années de notre vie ! à partir de ce moment et jusqu’à la ménopause, notre corps va être réglé, dans le sens de « rythme », par l’écoulement du sang menstruel à intervalle régulier, d’où le nom de « règles ». On pourrait presque dire que la femme va vivre durant toute cette période « selon ses règles » au sens propre et au sens figuré !
Féminin versus masculin ?
L’écosystème biologique et énergétique de la femme est tout entier au service du cycle menstruel, c’est la priorité de son corps.
Tandis que les hommes vont se constituer un capital musculaire, réparti dans l’ensemble de leur corps, les femmes, elles, se constituent un capital de fertilité : de la matière (tissus conjonctifs et graisses) et beaucoup de fluides nutritifs concentrés au centre du corps. Ainsi, les femmes qui pratiquent intensément des sports difficiles à très haut niveau, n’ont souvent plus de règles, car le corps féminin ne peut pas tout faire ! Fabriquer à nouveau tous les mois pendant une quarantaine d’années les conditions de la fertilité, c’est un énorme travail ! La femme fait son cycle comme l’abeille fait son miel…
Nos propos vont faire se dresser sur la tête les cheveux de toutes celles qui ont œuvré avec tant de courage pour l’abolition des inégalités hommes-femmes, inégalités qui prenaient racine justement sur ces différences biologiques pour exclure les femmes de tout un pan de la vie sociale. Nous ne renions nullement ce qui a été accompli, mais nous pensons que c’était une étape (voir aussi pp. 52 à 59 sur « Les peurs », le chapitre 2 sur la contraception et le chapitre 3 sur les rythmes psycho-énergétiques féminins). Nous sommes convaincues qu’on peut aujourd’hui continuer sur le chemin de l’équité et développer une véritable communication homme-femme faite d’empathie, de respect et d’authenticité, tout en réinvestissant notre singularité féminine, qui passe principalement par la réappropriation de notre corps féminin et de ses rythmes naturels 4 . Nous pensons même que c’est la condition pour que nous puissions être authentiques l’un en face de l’autre. Car, sans cet ancrage dans le réel de notre corps, nous sommes très facilement happées par le conditionnement social qui veut nous façonner comme des poupées Barbie, des wonder women , des prostituées, etc., bref, toutes les caricatures odieuses de la « féminité culturelle » qui n’ont rien à voir avec la femme vraie, la femme qui ose entrer dans ses rythmes, dans ses cycles, dans ses énergies !
Mon cycle m’apprend à mieux me connaître
Nous avons peu investi le corps en Occident. Nous ne l’avons pas honoré, nous l’avons plutôt traité comme une machine. Nous découvrons aujourd’hui par les médecines sensibles, l’art-thérapie, les pratiques corporelles qui s’adressent au psychisme à travers le corps (les méthodes somato-psychiques), le décodage biologique, etc., qu’il n’est pas une banale tuyauterie ni une quelconque mécanique.
Pour beaucoup d’entre nous, imaginer que le corps a des choses à nous apprendre, qu’on ne peut apprendre autrement qu’en l’écoutant, c’est un fait nouveau. Et lorsqu’on s’engage sur cette voie, on est stupéfait par l’ampleur du champ d’expériences qui s’ouvre devant nous. Pour nous femmes, le cycle menstruel est un lieu fabuleux d’apprentissage de soi. Un apprentissage qui se passe de mots, qui est fait d’expériences. Il développe nos facultés d’observation, nous met en contact avec nos ressources instinctuelles, nous apprend l’adaptation. Il nous enseigne ce dont nous avons besoin, nous prépare à l’ensemble des vécus féminins et nous relie aussi à notre créativité profonde et au grand cycle de la Vie (voir « enrichir encore mon calendrier » pages 108-113, tableau récapitulatif des quatre phases du cycle page 224 et « je crée un mandala de mon cycle » page 225).
Notre cycle peut devenir pour nous comme un jardin dont on s’occupe chaque jour avec amour : chaque état, chaque sensation, chaque symptôme aura du sens et guidera nos actions.
Tout au long de ce livre, nous revisitons ensemble les chemins de notre corps féminin et prenons le temps de décrypter son langage, afin de pouvoir toutes tisser un lien riche et plein d’enseignements avec ce monde rond qui pulse dans notre ventre.
Parlons de nos règles !
Qu’est-ce que le sang des règles ?
C’est un fluide rouge qui contient un peu de sang mais qui n’est pas du sang. Il est effectivement composé de fragments de muqueuse (d’où un peu de sang), mais surtout de cellules nourri-cières et de cellules souches et glandulaires, d’anticorps, du liquide lymphatique et de plein de nutriments : des vitamines, des protéines, des glucides, des sels minéraux, du cuivre, du magnésium, du potassium 5 …

Quid de l’ovule non fécondé ?
Contrairement à une idée assez répandue, l’ovule qui n’a pas été fécondé ne se retrouve pas expulsé avec le sang des règles. Lorsqu’il n’y a pas eu de fécondation, il se dégrade immédiatement et est absorbé par les tissus des trompes. Il ne parvient jamais dans l’utérus.
Il peut arriver qu’on expulse un ovule fécondé, mais dont le processus s’est arrêté très vite. Dans ce cas, on peut apercevoir un caillot rouge et translucide, en général accompagné de règles plus abondantes que d’habitude.
Que sont les cellules souches ?
Les cellules souches sont des cellules capables, en se multipliant, de se différencier et de se « spécialiser » (par exemple en cellules musculaires, cellules cutanées, cellules hépatiques,…). Actuellement les chercheurs se penchent sur les cellules souches issues des règles pour trouver des solutions aux problèmes des greffes.
Des règles normales et « équilibrées »
En Occident on n’a pas grand-chose à dire sur les règles normales. Il faut qu’elles soient pathologiques pour qu’elles intéressent la médecine. Alors c’est du côté des médecines énergétiques d’Inde ou de Chine qu’il faut se tourner pour obtenir des indications sur ce qui est normal, c’est-à-dire équilibré.

Les règles « normales » selon la médecine chinoise
Leur durée serait de trois à quatre jours. Au-delà, la médecine chinoise considère qu’il y a un déséquilibre dans la physiologie de la production du sang.
Quantité : entre 30 et 80 ml (en tout). La coupe menstruelle permet de prendre la mesure ! Quand on n’utilise plus de protection, on peut tout simplement recueillir le sang dans un petit récipient pour calculer son volume. Concrètement, on s’aperçoit que beaucoup d’entre nous ont donc des règles trop abondantes.
La couleur doit être rouge sombre au début, rouge profond au milieu et rosâtre à la fin. La consistance n’est ni épaisse ni diluée, et ne comporte pas de caillots.
Considérez ces données comme un repère de « santé idéale » vers lequel tendre. Comme tout ce qui relève de la santé, il s’agit d’une recherche d’équilibre, toujours changeant : car l’équilibre n’est pas un état fixe. Le mouvement c’est le propre de la vie ! Vous allez trouver au fil des pages de nombreuses propositions pour cheminer vers votre équilibre menstruel. Au fil de chaque cycle, vous allez vous rendre compte que votre sang menstruel devient différent. En vous référant à ce « modèle idéal », vous pourrez constater les effets équilibrants de ce que vous mettez en place, et voir ce qui vous convient le mieux. Ainsi, le moment des règles sera l’occasion d’un petit bilan sur le cycle passé. Vous pourrez apprécier les nouvelles choses que vous avez expérimentées, relire vos notes, et comparer votre cycle présent avec les anciens.
Mille et une manières de vivre ses règles
Tout en conservant l’aspect ultra pratique des tampons périodiques modernes, mais non exempts de dangers (les tampons contiennent de la dioxine, l’un des plus dangereux polluants, en contact direct avec nos délicates muqueuses et les capillaires sanguins !), nous avons aujourd’hui à notre disposition des nouvelles protections tout à fait écologiques et peu onéreuses.
La coupe menstruelle
On peut utiliser une coupe menstruelle pour recueillir son sang. Aujourd’hui plusieurs marques en fabriquent et elles sont de plus en plus simples à se procurer en boutique bio ou sur le net.
Une coupe ne se sent pas une fois installée (sinon elle est mal positionnée). Elle n’est pas irritante, ni asséchante, et ne modifie pas la flore vaginale. Contrairement à un tampon qu’on cherche à placer bien haut dans le vagin, on place la coupe repliée entre nos doigts à l’entrée du vagin. Elle se déplie. On lui fait faire un tour complet pour qu’elle s’ouvre complètement. Et voilà. Elle va d’elle-même monter et se placer dans le vagin. Pour la retirer : NE PAS TIRER ! On la pince pour faire entrer un peu d’air, elle se dégage de son adhésion aux parois. On peut alors la retirer sans soucis.
Une coupe peut être insérée avant que les règles n’arrivent : par exemple, vous savez que vos règles vont arriver dans la journée mais que vous ne serez alors pas chez vous. Vous pouvez installer votre coupe dès le matin après votre toilette, comme ça lorsqu’elles arrivent vous êtes déjà prête !
L’avantage de la coupe permet de bien voir et donc d’observer son sang, ce qui est très utile pour savoir si tout va bien dans votre corps, ou s’il y a des modifications à opérer dans votre hygiène de vie, votre alimentation…
Une fois le sang recueilli, on peut avoir plaisir à le donner à la terre, directement au jardin ou dans nos pots de fleurs d’intérieur. C’est un geste tout simple qui fait du bien. Et puis nos plantes sont visiblement très contentes vu leur vigueur ! Le sang menstruel est d’ailleurs reconnu comme un des engrais les plus puissants pour les végétaux.
Les éponges et les tampons en fibres naturelles
Il existe aussi des éponges naturelles, toutes petites, qui s’insèrent en guise de tampons, puis se retirent et se lavent. Elles s’insèrent exactement comme un tampon.
Quant aux tampons, on en trouve en fibres naturelles et écologiques.
Les serviettes « home-made »
On peut aussi avoir beaucoup de plaisir à se confectionner ses propres serviettes, seule ou entre amies. Certaines créatrices en textile en fabriquent de très originales que l’on peut voir en allant sur le net pour prendre des idées !
Les règles en tant qu’expérience
C’est aussi important de se donner des moments, de temps en temps, pour vivre l’écoulement des règles. Pour cela il ne faut donc pas de protection qui s’insère dans le vagin. On peut choisir une position dans laquelle on se sent bien, ou bien vaquer à des activités qui laissent le champ libre à nos perceptions intracorporelles. Et sentir, ressentir. Laisser couler. On vit alors une expérience qui nous apprend à nous abandonner. C’est une expérience essentielle qu’on retrouvera souvent dans le vécu féminin : à travers la sexualité, la grossesse, l’accouchement, l’allaitement… On peut aussi se laisser inspirer par l’image poétique de la femme ruisseaux, la femme humide, la femme-source…
Maîtriser le flux, c’est possible !
Le flux menstruel s’écoule par intermittence. En se mettant à l’écoute du corps, on peut repérer la manière dont fonctionne pour nous l’instant de l’écoulement. Plus précisément, on peut apprendre à percevoir le moment d’accumulation du flux dans le fond de l’utérus puis le moment ou le col relâche le flux, qui s’écoule alors dans le vagin. Une fois que l’on a bien senti ce phénomène, on peut vivre ses règles en se passant complètement ou partiellement de protections périodiques. Bien sûr, il faut alors que nous puissions être libres d’aller aux toilettes au gré de nos besoins. C’est un type de relation à ses règles qui est très libérateur pour toutes celles qui ont du mal à se sentir bien avec le côté incontinence des règles. Cela peut être source de paix avec ses règles et de fierté intérieure.
Au niveau physique, les femmes qui sont continentes remarquent plusieurs choses :
Le flux est moins abondant, et dure moins longtemps. Le saignement ne se fait pas lorsque l’on dort. Il y a moins de fatigue, parfois même on ressent une force particulière, différente de celle ressentie habituellement.
Nous avons constaté au fil des ans, au contact des femmes que nous avons rencontrées, que certaines vivaient spontanément leurs règles de cette façon. Elles s’étaient découvert cette capacité en modifiant leur hygiène de vie. Certaines pratiquaient le bain dérivatif (de l’eau fraîche sur la région pelvienne), d’autres étaient devenues végétariennes, d’autres crudivores, d’autres encore s’étaient mises à pratiquer des exercices corporels centrés sur le bassin, etc.
Nous en concluons que ces changements permettent tout simplement au corps de retrouver, par lui-même, des tissus et des muscles toniques plus proches de l’état naturel. Le saignement est alors plus harmonieux, moins volumineux, et notre action de rétention plus facile sur un col et un périnée tonique et souple.
Les autres sécrétions vaginales au cours du cycle
Il y a un autre moment du cycle où l’on peut sentir un écoulement vaginal, mais cette fois constitué de glaire. Parfois il est si abondant, qu’on peut avoir l’impression que les règles arrivent, pour peu que l’on soit perdue dans le déroulé du cycle ! Mais non, ce n’est pas l’heure des règles, c’est la glaire cervicale, la sécrétion qui nous permet d’être fertile, et qui correspond plutôt au milieu du cycle. Nous détaillons toute cette période de fertilité dans la partie II du livre.
En dehors de la glaire cervicale, toute autre sécrétion fait partie des leucorrhées, c’est-à-dire des pertes génitales qui traduisent un déséquilibre (voir chapitre 2 « que sont les pertes blanches et comment les traiter » page 123).
Les petits maux du cycle
Vous pourrez reconnaître des petits maux qui reviennent de façons récurrentes au cours des cycles et qui disparaissent à nouveau. Vous pourrez aussi vous en découvrir que vous ne connaissiez pas en commençant à vous observer.
Tout au long de ce livre, vous trouverez des pistes, des informations, des conseils pour à la fois comprendre ce que ces maux veulent dire et comment les faire évoluer et/ou en guérir, par le biais des plantes, de l’hygiène de vie, des pratiques corporelles. Dans la partie III, vous pourrez vous immerger davantage dans chaque étape du cycle, et faire le lien entre ce qui se passe dans le corps et ce qui se passe dans le mouvement intérieur de votre être : vos émotions, vos énergies, votre inconscient.
3. Les hormones dans mon corps
Comment fonctionne le cycle menstruel ?
En général, nous avons toutes appris cela en cours de biologie au collège. Mais un petit récapitulatif peut être utile. Cela permet aussi d’accorder ce que l’on perçoit par nos sens avec ce que la tête a compris ! Ainsi, nos sens, par le biais d’une auto-observation de plus en plus fine et d’une attention soutenue aux phénomènes changeants, vont éveiller notre capacité à nous percevoir de l’intérieur.
C’est ce qui va nous conduire à la fois à prendre en charge notre santé vitale et sexuelle et à gérer de manière naturelle notre fertilité.
I Le début du cycle Hormone œstrogénique
Les ovaires se réveillent : ils reçoivent des stimulations des glandes hypophyses et hypothalamus (cerveau) et sécrètent des hormones œstrogènes.
Entre 20 et 30 ovules (œufs) entrent en croissance : chaque ovaire gonfle et leur surface est pleine de bulles.
La muqueuse de l’intérieur de l’utérus se restaure, reprend de l’épaisseur. Les seins aussi.
Les cryptes à l’intérieur du col de l’utérus commencent à fabriquer la glaire cervicale.
Le col évolue, se ramollit, s’entrouvre.
La température basale est basse.
Phénomène énergétique : période où le sang et le « yin » se concentrent dans le petit bassin.
II L’ovulation Pic hormonal
La production d’œstrogènes augmente très fortement.
Un ovule est élu dans un ovaire. C’est le seul qui continue sa maturation (mais il arrive mystérieusement que deux ovules soient élus).
Dans les cryptes du col, les sécrétions fabriquent une glaire de type très fertile (voir pp. 85-87).
Au toucher, la muqueuse vaginale est gonflée, douce et accueillante, le col est maintenant très haut au fond du vagin et très ouvert.
Un pic hormonal (œstrogène + LH) déclenche l’expulsion de l’ovule mûr hors de l’ovaire.
La trompe capture l’ovule.
Phénomène énergétique : les fluides et l’énergie nourricière (le sang et le « yin ») pénètrent les vaisseaux qui régissent la fertilité.
III Période prémenstruelle Hormone progestéronique
L’enveloppe de l’ovule restée vide dans l’ovaire va sécréter l’hormone progestérone (on l’appelle « le corps jaune »).
La température monte immédiatement et reste plus élevée, le plateau haut s’installe (voir pp. 87-88).
La muqueuse utérine se gorge d’éléments nutritifs, la paroi s’épaissit encore, des glandes se développent.
Les cryptes du col s’assèchent : la glaire cervicale disparaît.
Le col utérin se referme, descend et devient dur.
Un bouchon muqueux rend le col totalement hermétique.
Les seins sont très irrigués, de nouvelles glandes mammaires sont créées.
Phénomène énergétique : l’énergie « yang » s’élève (aspect thermique et dynamique), l’énergie du foie se met en mouvement.
IV Les règles Chute hormonale (Fin d’un cycle et début d’un autre.)

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