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L'image en art-thérapie

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Entre la photographie qui s'offre au regard et le regard qui la capte, il se passe quelque chose. Comment réel et imaginaire vont-ils s'articuler ? Comment passer de l'émotion à la cognition ? Le processus de créativité observé auprès d'enfants, en milieu scolaire et thérapeutique, contient des réponses. Mots, récits, dessins d'enfants en sont le terreau. En clinique, la méthodologie est inspirée en partie par celle, revisitée, de Jacques Porte. Cet ouvrage propose des outils utiles à tout adulte accompagnateur d'enfants.

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Ajouté le 01 juin 2010
Nombre de lectures 112
EAN13 9782296258006
Langue Français
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LKimage en art-thérapie
Michèle GUILLIN-HURLIN
L2image en art-thérapie
« La photographie comme médium relationnel »
LKHarmattan
Du même auteur
La musicothérapie et son au-delà. « L;art comme médium libérateur », LKHarmattan, 2004.
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Merci à Frédéric FRANÇOIS et à Claude GUILLIN. Sans eux, ces expériences nauraient pu être initiées.
En hommage à feu Jacques PORTE et à feu docteur Claude WIART. Sans eux, ces expériences nauraient pu être développées.
Merci au professeur J. VELIN, à Marie-Louise BERTHODIN et Nicole MOREAU, aux professionnels de santé qui ont accueilli et soutenu la mise en application de ces méthodes dintervention.
Cet ouvrage est dédié au docteur Jacqueline VERDEAU-PAILLES, psychiatre des hôpitaux, chargée denseignement à lUniversité Paris V René Descartes, qui, par son esprit douverture à lensemble des disciplines darts thérapies, encourage les actions menées en ce domaine, et promeut, inlassablement, avec un profond humanisme, la musicothérapie en France et dans le monde.
Les photographies à la base de notre travail sont reproduites, en couleur, dans le cahier central. La tonalité de chaque image résulte en partie de sa vibration colorique et lKextrême réceptivité des regards enfantins sKest fondée sur « lKambiance » des images. Sans la couleur, lKexpérience nKaurait pu être ce quKelle est. En offrant au lecteur ces reproductions en couleur, lKauteur lKinvite à sKy référer largement.
Les photographies sont toutes lKuvre de Claude Guillin.
AVANTPROPOS « Une image vaut dix mille mots ». (Proverbe chinois) Cet ouvrage n’a aucune prétention pédagogique, thérapeutique ou autre. Il aboutit cependant à une question ouverte : « L’Art pourraitil s’inscrire 1 comme interface entre émotion et cognition ? ». Il raconte simplement des images. Desimages « ambiguës ». « Ambiguës », parce que le réel n’est pas perceptible d’emblée : il s’agit de macrophotographies. Nous avons proposé ces images photographiques au regard d’enfants de 7 et 11 ans. Dans un premier volet, l’ouvrage montre comment de jeunes 2 enfants, normalement scolarisés ont établi unefiliationréel/imaginairedans leurs récits élaborés à partir des photographies inductrices présentées. Dans un second volet, il montre comment de jeunes enfants, en échec scolaire, ont démarré un « processus de transformation » avec leurs propres productions (dessins, puis dessins racontés) à partir de ces mêmes photographies inductrices. Ces images photographiques ont fonctionné comme amorce de communication lors de séances de rééducation orthophonique.
1 Ce sont les rapports entre ce que l’on sépare d’habitude avec les termes « d’émotion », de « cognition », « d’imagination » et de « relation » que nous voudrions essayer de cerner, dans la mesure où justement la perception de la photographie recrée l’unité du ressenti et de l’objet. 2 École Notre Dame de France — Rue Léon Maurice Nordmann – Paris 13e.
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Pourquoi avonsnous choisi ce médium visuel ? Tout d’abord, parce que l’image est désormais omniprésente. Elle est universelle. Elle est vecteur privilégié de communication. Elle est accessible à tous, quelle que soit la langue. Ensuite, parce que nous constatons que lejeune dyslexique, en difficulté avec la langue, est réceptif à l’univers des images. Mal à l’aise avec le langage verbal, il est très à l’aise avec les bandes dessinées. Ce n’est qu’un exemple. En réalité, il semble bien qu’il ait développé une« pensée enimages » et, d’une certaine façon,l’image semble réduire sa souffrance d’enfant placé en situation d’échec scolaire, malgré tous ses efforts.D’où l’idée de prendre appui sur ses compétences plutôt que sur ses déficits : « De l’image au mot »… À la différence du mot, l’image apporte des informations nombreuses. Elle est globale. Sa perception résulte d’une démarche synthétique. L’analyse vient seulement après. L’image, surtout, suscite des interprétations, fort différentes. Il y a présence à la fois de subjectivité et d’objectivité. « L’image est une somme de messages plus un état affectif». Les expériences relatées dans cet ouvrage sont une première approche. Elles peuvent être mieux développées maintenant à la lumière des avancées neuro scientifiques, avec une ouverture aux sciences humaines. Dans la conjoncture présente, notre propos est tout à fait d’actualité… Les images sont de plus en plus reconnues comme base d’un nouveau rapport au monde. C’est un constat. Pour autant, nous ne savons pas toujours les décrypter, et quelquefois ce sont donc elles qui nous possèdent… Ainsi, notre paysage peuplé de tant d’images tend à faire de nous de simples spectateurs alors que, fondamentalement, nous sommes des acteurs !
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S’agissant des enfants, nous observerons simplement que si dans nos écoles on apprend théoriquement à lire, on n’apprend encore pas à voir, c’estàdire à «regarder activement»… Songeons aux deux tableaux de « l’Oiseleur »: l’un – figuratif — appartenant aux Archives de l’Opéra 3 L’autre – plus abstrait – attribué à Paul Klee. La reconnaissance de la réalité du premier tableau –figuratif – ne pose pratiquement pas de problèmes chez le jeune dyslexique, alors que le deuxième tableau –plus abstrait– le place en situation difficile de ce point de vue, car la réalité n’y est pas perceptible d’emblée. Le jeune dyslexique peut ne pas avoir de compétence à « voir » ce qui n’existe pas concrètement, c’estàdire à « voir » ce qui n’est pas perceptible d’emblée. La question, pour lui, d’avoir envie de chercher ce qui se cache derrière ce qui est donné à voir, fait encore plus sens. D’où l’intérêt de nos photographies « ambiguës » comme base de travail partagé. Pour les jeunes dyslexiques qui nous sont confiés, apprendre à lire, n’estce pas aussi apprendre à développer la fonction du « voir » ? Entre perception etreprésentation.Les lettres sont des symboles abstraits. Contrairement à l’image, elles forment des mots qui ne ressemblent pas à l’objet représenté. Or, presque pareillement, ce que montrent nos macrophotographies ne ressemble pas non plus à l’objet référent. Cependant, la ressemblance n’en est pas trop éloignée : il est donc possible de découvrir la « réalité représentée », et ceci de façon à la foissérieuse et ludique. Entre le «voir» et le «lire», n’y at’il pas le «dire» ? Dire ce que l’on voit, ce qui est visible à tous, ce qui est invisible aux autres, peu importe. Dans un premier temps, il n’y a ni « bon voir » ni « mal voir ». Il y a unressenti.
3 Clés et codes de l’image,Yveline Baticle, Magnard Université, 1985.
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Unressentiqui sera reçu par l’autre, sans jugement, par résonance. Ceressentije peux l’exprimer par mes dessins, mesvoir », , à partir du « modelages. Je peux l’exprimer par la parole. Je peux le dire, je peux l’écrire, puis le lire, le faire lire. L’entendre et le revoir, pareil ou autrement… ; l’image initiale sera la même, la lettre sera la même, mais moi j’aurai bougé. J’aurais trouvé mes repères… Les images, désormais reconnues comme base d’un nouveau rapport au monde, il me faudra donc apprendre à les lire, apprendre à chercher ce qui se cache derrière. Et ceci, que je sois dyslexique ou non. À mon tour, je pourrai apprendre à fabriquer mes propres images, en phase avec uneréalitéextérieureet intérieure. De spectateur, je serai en quelque sorte devenu créateur. J’aurai eu le temps de me donner une représentation mentaleintérieure de l’image (et du mot) vers l’élaboration, pour ce qui intéresse le petit DYSlexique, d’une articulation image/mot. Une pensée va pouvoir se construire, que l’enfant soit DYS ou non. L’image d’art, comme amorce à ce processus, nous a semblé être un médium intéressant. Dans le courant des années 1980, la reconnaissance de l’image comme média artistique était un phénomène récent. Ainsi, lors de l’ouverture du Centre Pompidou, en 1977, la collection photographique ne dépassait pas quelques dizaines de clichés. Bien sûr, il s’agissait d’images argentiques, pas encore d’images numériques ! Quel saut avonsnous fait depuis ! Pour autant, même si ces images numériques introduisent de nouveaux éléments et confirment la prévalence et la démocratisation de l’image — (3 milliards de photographies prises à travers le monde en 2005), la problématique reste la même.
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